Le vignoble de Banyuls-dels-Aspres (Pyrénées-Orientales)

Localisation des différentes anciennes plantations de vigne reconnues en sondage sur la commune de Banyuls-dels-Aspres. © F. Audouit et P. Sarazin, Inrap La commune de Banyuls-dels-Aspres (Pyrénées-Orientales) est réputée de nos jours pour sa production de vin doux naturel, d’une part, et de vins de caractère sousl’appellation Côtes du Roussillon. Les travaux d’archéologie préventive menés avant la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV 66, Perpignan-Espagne), en 2005, ont occasionné la découverte de sept anciennes plantations de vigne dans la partie nord de son territoire, à hauteur du Village Catalan et jusqu’au ravin de la Font del Llop. 

Vue générale en direction du nord-est de la plantation 1, au lieu-dit Al Ciurer de Banyuls-dels-Aspres. Les fosses de plantations, organisées en rangs réguliers, ont été en partie creusées dans le comblement sombre d’un ancien chemin creux attribué au second âge du Fer (époque gauloise). © J. Kotarba, Inrap

Les fosses de plantation n’ont été reconnues que sur des surfaces restreintes, souvent au droit de talus, dans les parties remblayées par les mises en culture suivantes. Elles appartiennent en effet à une phase antérieure à la mise en terrasse des versants. À l’arrière de murs de terrasse ou de talus végétalisés, le recouvrement sédimentaire qui les a préservées peut atteindre 1 m au-dessus de leur niveau d’apparition. Elles présentent toutes les mêmes caractéristiques : des fosses oblongues de 0,15 à 0,20 m de large pour 0,40 à 0,60 m de long et alignées dans le sens de leur longueur. Elles sont conservées sur des hauteurs variables, rarement Vue vers le nord d’une tranchée longue et étroite et de fosses de plantation, dans la plantation 5, au lieu-dit Mas d’en Ramis de Banyuls-dels-Aspres. Au premier plan, la tranchée n’apparaît plus, parce qu’elle a été arasée par le décapage, alors qu’on distingue nettement les fosses de plantation, légèrement surcreusées.  © J. Kotarba, Inrap
plus de 0,20 m. Creusées dans un limon souvent compact parfois dans du cailloutis dense, leur remplissage apporte de la terre de surface plus sablonneuse, voire de la fumure pour rendre plus rapide la croissance de jeune plant. 

Plan des traces des plantations 1 et 2 reconnues à Banyuls-dels-Aspres et proposition de délimitation des deux parcelles. On remarque, en haut à droite, qu’une rangée de fosses au tracé sinueux, associée à la plantation 2, pénètre largement dans la plantation 1. Les zones de contact entre deux plantations font souvent l’objet de reprises visant sans doute à compléter des manques (par la technique du marcottage ?).  © F. Audouit et P. Sarazin, Inrap Au niveau des plantations 1 et 2, les fosses montrent une forte dissymétrie liée à l’usage d’une sorte de houe. Pour la plantation 4, le décapage réalisé laisse entrevoir une plantation faite à partir d’une saignée creusée à la main ou d’une raie labourée dans laquelle des petites fosses ont été surcreusées pour disposer les jeunes plants. 

La datation de ces plantations est encore malaisée, notamment en l’absence de stratigraphie. Les moindres Vue vers le sud-est du contact entre les plantations 1 et 2 au lieu-dit Al Ciurer de Banyuls-dels-Aspres. Les fosses de la plantation 1, en bas de l’image, sont alignées de la droite vers la gauche, tandis que celles du centre de l’image correspondent à une prolongation de la plantation 2 qui se développe au second plan. © J. Kotarba, Inrap indices présents doivent être recueillis et comparés avec ceux découverts dans la couche superficielle du sol (« horizon labouré supérieur »), où le travail de la charrue, ou d’autres pratiques agricoles plus modernes, a mélangé les éléments anciens, minéraux, organiques ou archéologiques, avec des apports contemporains. Implantée en bas de versant, dans un terrain livrant en surface des petits tessons médiévaux et modernes, la plantation 3 de Banyuls offrait une disposition favorable à un essai de datation. Le sédiment comblant un ensemble de fosses homogènes a été extrait puis tamisé à l’eau révélant des tessons et des morceaux de tuile qui ont été comparés au refus d’un même volume de terre pris dans l’horizon labouré supérieur. Le tesson le plus récent associé à cette plantation est attribué au XVIe siècle. On n’y retrouve, par contre, aucun débris plus tardif comme les petites scories légères présentes dans l’horizon labouré.

Jérôme Kotarba (Inrap)

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