Présentation

1180, vignerons et travail de la vigne, Psautier Normandie La Haye.	Sous les Mérovingiens, au haut Moyen Âge, le vignoble régresse sur tout le territoire. On doit sa survivance au travail des moines d’abbayes établis dans les campagnes, qui entreprennent de poursuivre la culture de la vigne et replantent activement. Dans les villes et à proximité, les terres à vigne appartiennent aux évêques, premiers personnages des cités, ainsi qu’à quelques seigneurs. Si le vin est utilisé rituellement dans la liturgie, il manifeste également la générosité et le prestige de l’hôte face aux voyageurs et visiteurs de qualité.

Un vignoble au service des seigneurs

Au Moyen Age, les seigneurs (les nobles et les maisons religieuses) sont les véritables propriétaires du sol, mais ils ne le travaillent que rarement eux-mêmes. Contre le paiement du cens annuel, les familles paysannes peuvent tenir et cultiver les vignes de ces seigneurs. La viticulture fonctionne alors principalement dans le cadre d'une polyculture de subsistance: le vin est considéré comme un aliment, et sa production sert essentiellement à subvenir aux besoins annuels de la famille, de la maisonnée ou de la congrégation. Les échanges commerciaux sont quasi inexistants.

À partir du IVe siècle, le christianisme apporte son renfort dans la valeur attachée au vin et prend la relève de l'Empire romain anéanti. La communion sous les deux espèces, pratiquée jusqu'au XIIIe siècle, sera l'un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Le Moyen Âge va être le témoin du développement de la qualité du vin. Alors que les vins de l'Antiquité étaient coupés d'eau et agrémentés d'herbes et d'aromates, c'est le vin tel que nous le connaissons qui fait son apparition au Moyen Âge. L'expansion de la civilisation chrétienne va être à l'origine de l'expansion de la viticulture dans le monde.

En 800, Charlemagne prend des mesures pour améliorer la qualité du vin dans une ordonnance qui stipule : « Que nos intendants se chargent de nos vignes qui relèvent de leur ministère, et les fassent bien travailler, qu'ils mettent le vin dans une bonne vaisselle et qu'ils prennent toutes les précautions pour qu'il ne soit gâté d'aucune manière. » Mais les vrais dépositaires de la qualité sont les moines, qui perpétuent la tradition viti-vinicole. Les cathédrales et les églises étant propriétaires des vignobles, sous couvert de l'activité « vin de messe », les moines s'occupent des vignobles monastiques et contribuent à la naissance de nombreux vignobles de qualité existant encore aujourd'hui.

A la fin du Xe siècle, Bordeaux, seule région viticole à ne pas être sous influence de l'Église, commence à se développer. Le grand Duché d'Aquitaine, uni à la couronne d'Angleterre, remplissait les flottes anglaises de clairet, vin dont les anglais raffolaient. Le vignoble bordelais prend son véritable essor à la fin du XIIe siècle.

À partir du XIe siècle, les moines étendent leurs domaines bien au-delà des sites propices à la viticulture, en Bretagne, Flandres, dans les régions septentrionales de l’Angleterre, jusqu’en Poméranie ou dans le sud du Danemark ! 

Les revenus tirés de la culture de la vigne ne sont pas négligeables. Le vin devient dès lors un facteur de richesse, tant et si bien qu’évêques, souverains et seigneurs, soucieux de leurs intérêts, se voient nantis de nombreux privilèges liés au vin (possession des pressoirs) et à sa vente (avantages, taxes). 

Avec l’essor des bourgeoisies des pays du Nord, très consommatrices de vins blancs, la production des vignobles rhénans et du nord de la France ne suffit plus. Les grandes régions viticoles que l’on connaît aujourd’hui, de Bourgogne et de Bordeaux, se développent alors.

Un vignoble organisé aux dimensions du 19e siècle

Dès l'an mil, les documents attestent d'un vignoble étendu et d'une véritable organisation viticole. Les vignes ne sont pas des parcelles disparates, mais des ensembles structurés et surveillés, dont certains sont équipés de clos et de pressoirs. Vers 1300, les vignobles de la haute vallée du Rhône ont déjà les dimensions qu'on leur connaîtra dans la seconde moitié du 19ème siècle. L'épidémie de peste qui ravage le Valais en 1350 ne semble pas avoir de répercussions importantes sur eux.

Peu à peu, les goûts évoluent et les consommateurs délaissent les vins capiteux de l'époque pour se porter vers des vins plus clairs et plus légers. Le vin fait l'objet d'une véritable bataille commerciale, et les différents vins commencent d'affirmer leur personnalité. Il est bien sûr difficile d'imaginer le goût des vins du Moyen Âge, mais au vu des techniques employées, on peut supposer que les vins actuels s'en rapprochent. Fait qui peut être confirmé par le premier classement des crus jamais effectué (en 1224), qui consacre des vignobles encore réputés aujourd'hui.

À la fin du Moyen Âge, la consommation de vin augmente ; une viticulture populaire se met en place, avec la plantation de cépages plus grossiers mais au rendement important. Au XVe siècle, Paris ne compte pas moins de quatre mille tavernes !

Pendant toute la période du Moyen Âge, la France est le premier exportateur de vin. Paris et l'Île-de-France sont le plus grand vignoble de France, qui approvisionne les villes, grandes consommatrices de vin.

 

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