Le vin au Moyen âge

3057911gal-8-jpg-1.jpgÀ partir du IVe siècle, le christianisme concourt au renforcement de la valeur attachée au vin, prenant la relève d'un Empire romain anéanti. La liturgie de la communion sous les deux espèces pratiquée jusqu’au XIIIe siècle, est l’un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Le Moyen Âge se fait le témoin des progrès de qualité du vin. Alors que les vins de l’Antiquité étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes et d’aromates, le vin sous la forme que nous le consommons aujourd'hui, apparaît au Moyen Âge. L’expansion de la civilisation chrétienne est à l’origine de l’expansion de la viticulture dans le monde.

En 800, Charlemagne prend des mesures pour améliorer la qualité du vin dans une ordonnance qui stipule : « Que nos intendants se chargent de nos vignes qui relèvent de leur ministère, et les fassent bien travailler, qu’ils mettent le vin dans une bonne vaisselle et qu’ils prennent toutes les précautions pour qu’il ne soit gâté d’aucune manière. » Mais les véritables dépositaires de la qualité sont les moines qui perpétuent la tradition viti-vinicole. Les cathédrales et les églises étant propriétaires des vignobles, sous couvert de l’activité du « vin de messe », les moines gèrent de nombreux vignobles monastiques, contribuant ainsi à la création de vignobles de qualité existant encore aujourd’hui.

À la fin du Xe siècle, Bordeaux, seule région viticole à ne pas être sous influence de l’Église, commence à se développer. Le grand Duché d’Aquitaine, uni à la couronne d’Angleterre, remplit les flottes anglaises de clairet dont les Anglais raffolent. Le vignoble bordelais prend son véritable essor à la fin du XIIe siècle.

Au début du XIIe siècle a lieu un acte très important pour le vignoble de Champagne : l'établissement de la grande charte champenoise par52142561histoire-vin-moyen-age-jpg-2.jpg laquelle Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-sur-Marne, confirme les domaines agricoles et viticoles de l'abbaye Saint-Pierre-aux-Monts. Cette charte est considérée comme l'acte fondateur du vignoble de Champagne.

Progressivement les goûts évoluent et les vins capiteux sont délaissés pour des vins plus clairs et plus légers. Le vin fait l’objet d’une véritable bataille commerciale dans laquelle les différents vins affirment leur personnalité. S'il est difficile d’imaginer le goût des vins médiévaux, l'on peut supposer au vu des techniques employées, que les vins actuels en soient proches, le premier classement de crus jamais effectué consacrant en 1224 des vignobles encore réputés aujourd’hui.

Pendant toute la période du Moyen Âge, la France est le premier exportateur de vin. Paris et l'Île-de-France sont le plus grand vignoble de
 France, qui approvisionne les villes, grandes consommatrices de vin.

Les monastères, qui se développent entre le 9e et le 13e siècle, font une grande consommation de vin. Il est utilisé pour la liturgie, mais figure également au menu du monastère. En effet, si certains monastères particulièrement ascétiques en interdisent la consommation, le vin est généralement admis comme une des bases de la nourriture quotidienne au Moyen Age. Le vin est également utilisé pour le soin aux malades et des vieillards. Son intérêt est également économique : les surplus de vin sont vendus et participent à la trésorerie du monastère.

Desmond Servard a dénombré en France 109 appellations de vins d'origine monastique. Il y en aurait également 45 en Allemagne, 27 en Autriche, 17 en Italie, 12 en Suisse, 9 au Portugal, 7 en Espagne, 5 en Grèce et 4 en Grande Bretagne).

Bourgogne, une grande région d'abbayes, une grande région de vins :

  • Chanoines de l'église cathédrale d'Autun : Aloxe, Pommard, Volnay, Meursault, Chassagne
  • Clunisiens : Beaune, Vosne-Romanée
  • Cisterciens de l'abbaye de St Vivant : Romanée, Romanée-Conti
  • Cisterciens de l'abbaye de Pontigny : Chablis
  • Cisterciens de l'abbaye de Cîteaux : Clos Vougeot
  • Abbaye de Bèze : Chambertin
  • Abbaye de Saulieu : Corton-Charlemagne
  • Clunisiens du prieuré de La Charité sur Loire : Pouilly Fumé.

Loire

  • Abbaye de Bourgueil : Bourgueil. C'est à Bourgueil que Rabelais situe son abbaye de Thélème.

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  • Abbaye de Notre Dame de Filly : Crépy et vin de Savoie cru Marignan.

  • Abbaye de Cluny : Roussette de Savoie, cru Frangy et cru Monterminod.

  • Abbaye d'Arvières : Seyssel.

  • Evèque de Grenoble : Vin de Savoie cru Cruet.

Côtes du Rhône
  • Clergé de Tournon : Cornas
  • Cisterciens de l'abbaye de Valcroissant : vin de Die (qui deviendra plus tard Clairette)
  • Papes d'Avignon : Châteauneuf-du-pape.

Languedoc Roussillon

  • Templiers : Banyuls
  • Abbaye d'Elne : Rivesaltes.

Sud-Ouest

  • Bénédictins de l'abbaye de St Michel : Gaillac
  • Bénédictins de l'abbaye de Madiran : Madiran
  • Cisterciens et hospitaliers : Moissac, Jurançon.

Divers

  • Couvent de Montmartre : vin de Montmartre (Paris)
  • Bénédictins de la congrégation de Saint-Vanne : Champagne.
Commentaires (1)

1. blaise ruffieux 06/06/2012

je trouve cet article très interessant. le numéro 29 de "histoire et images médiévales" est entièrement consacré au vin (tonnelerie, cuisine, etc).
Merci pour votre blog.

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Date de dernière mise à jour : 14/01/2012

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