La Leffe au Moyen âge.

Le nom

Leffe est le nom donné à l'époque à un faubourg de Dinant, situé sur la rive droite de la Meuse en aval

De la ville. Ce nom de Leffe provient du ruisseau de Leffe jouxtant le prieuré, qui prend sa source aux environs d'Achêne, et cascade jusqu'à la Meuse.


Un peu d'histoire

Au moyen âge, une brasserie dans un monastère était avant tout un moyen d'être sûr de consommer des boissons qui n'allaient pas entrainer Henri l'Aveugle, Comte de Namur et de Luxembourg. l'une ou l'autre épidémie comme le typhus, par exemple, car on n'était alors jamais certain de la potabilité de l'eau de source. Par la fermentation, on assainissait ainsi ses boissons.

En 1152, les Pères Prémontrés fondèrent l’Abbaye Notre-Dame au confluent de la Meuse et de la Leffe. En l'an 1152, le comte de Namur et de Luxembourg, Henri l'Aveugle, ayant en haute estime l'ordre des Prémontrés, de fondation récente, fait cadeau à l'Abbaye de Floreffe (où les religieux de cet ordre s'étaient établis en 1121) d'une église et de toutes ses dépendances et revenus, Ste Marie de Leffe. Le Comte cherche ainsi à s'assurer les derniers bastions qui lui restent à Dinant, ville dominée par l'Evêque de Liège. Henri l'Aveugle pose comme condition à sa donation l'obligation pour l'abbé de Floreffe, d'y fonder un prieuré de Prémontrés.

L’année suivante, en 1153, l’empereur d’Allemagne, Frédéric Barberousse, confirma Les premiers abbés de Leffe (archives de l'abbaye) et approuva la donation. Elle fut également confirmée par une Bulle du Pape Adrien IV, le 22 avril 1155, et par le Pape Alexandre III, le 12 mai 1178. Tout cela ayant été réglé à la satisfaction des deux parties, la nouvelle communauté religieuse vint habiter Leffe en 1152, sous la direction d’un prieur et sous la dépendance de l’abbé de Floreffe.

L’an 1155 vit s’élever une nouvelle église construite par les arrivants sur l’emplacement de l’ancienne. En l’espace d’environ cinquante ans, le nombre des novices s’était tellement accru que Jean d’Auvelais, Ve abbé de Floreffe, jugea convenable d’ériger le prieuré en abbaye vers 1200 (elle prit le nom d’Abbaye de Leffe). C’est Wéric, prieur de Floreffe, qui fut proclamé premier abbé de Leffe. 

Saint Norbert, évêque de Magdeburg qui fonda l'ordre des Prémontrés L'origine de cette église, et d'une autre toute proche, est attribuée à St Materne, au moment de l'évangélisation de ces régions. L'église Ste Marie de Leffe, depuis deux siècles, y hébergeait des chanoines.

C’est en 1240 que la Leffe coula pour la première fois. Les moines de l’Abbaye ont commencé à brasser leur bière pour deux raisons: la peur de boire de l’eau qui véhiculait des maladies et des épidémies mortelles et la loi de l’hospitalité envers les pèlerins et les voyageurs.

Le 1er mars 1240, l’Abbaye de Leffe rachète la brassine de Saint-Médart située de l’autre côté de la Meuse toute proche à un clerc du nom
de Gossuin. (Un document permet de dater de façon certaine les débuts de la brasserie à l'Abbaye de Leffe. Il est conservé aux archives de l'Etat à Namur. Un facsimilé est d'ailleurs visible au petit musée de la bière Leffe.)

Les pères peuvent alors commencer le brassage de la bière qui compense une eau à la qualité peu certaine. La méthode utilisée est alors celle de la haute fermentation, procédé qui est toujours en vigueur chez la célèbre marque.

Brassine On déplace cette brassine rapidement dans les environs de l'Abbaye. Les chanoines y brassent alors, probablement eux-mêmes, de la bière à l'intention de la communauté, des voyageurs et des pèlerins. A l'époque la seule méthode de brassage est la fermentation haute, une technique encore utilisée de nos jours pour produire la Leffe.

L'utilité d'une brasserie ou "brassine" au Moyen âge est avant tout d'ordre sanitaire. En effet, il est impossible à l'époque de vérifier si l'eau de source est propre ou non à la consommation. Grâce à la cuisson et au processus assainissant de la fermentation, l'eau est purifiée et la bière constitue une boisson saine. De plus, la bière possède des qualités nutritives élevées, qui lui vaut le surnom de " pain liquide ". Qualités précieuses à une époque où il y eu de terribles famines (1125, 1195-97, 1315-16). A noter également en 1348, les ravages de la plus terrible épidémie de peste noire qui tua 1/3 de la population du continent à cette époque (soit environ 25 millions d'êtres humains)

Ruisseau de Leffe

Ce cours d'eau permet d'actionner plusieurs moulins, dont l'abbaye fait l'acquisition au cours du

13e siècle. Ceux-ci fournissent à l'Abbaye ce dont elle a besoin, comme de la farine et de l'huile.

Ils fournissaient par ailleurs l'énergie permettant l'activité de forges et polissoirs - notamment pour le polissage du " marbre noir de Dinant" ( voir ci-contre ), cette pierre calcaire, le petit granit, qui fut exportée pendant des siècles dans toute l'Europe, principalement en France.

Ils servent également à moudre les céréales nécessaires à la fabrication de la bière L'essor de ce prieuré est tel que, moins d'un siècle plus tard, en 1200, il devient indépendant de Floreffe et devient Abbaye. Wéric, prieur de Floreffe, en devient alors le premier abbé. Elle devient également propriétaire de terres et de bois, elle procure du travail salarié à des dizaines de serfs affranchis. En bref, elle joue un rôle considérable dans la région. 

La prospérité de l'Abbaye prend fin au XVe siècle.

Le 7 août 1460, l’église de Leffe fut tellement dévastée par une forte et soudaine inondation qu’il n’en resta plus que les quatre murs. L’abbé du monastère, Jean Ghorin, se noya. Les autres religieux eurent beaucoup de peine à se sauver en se réfugiant dans la tour.

Depuis 1430, les relations entre la Principauté de Liège, dont Dinant fait partie, et le Duché de Bourgogne sont assez tendues. Lorsque le Gravure de l'abbaye de Leffe. Duc de Bourgogne, Philippe le Bon, impose son neveu Louis de Bourbon, comme évêque de Liège, les Liégeois, encouragés par le Roi de France Charles XI, se révoltent et proclament la déchéance du neveu en 1465. Mais ils ne reçurent aucune aide de la France alors que l'armée Bourguignonne occupait la principauté et restaurait Louis de Bourbon sur son trône la même année.

Charles le Téméraire Dinant se révolte et la réaction de Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, ne se fait pas attendre. Le 17 août 1466, il installe son quartier général à Leffe, exilant par la même les religieux. Dinant fut dès lors assiégée, prise d'assaut, La ville dut se rendre le 23 août 1466, livrée au pillage et entièrement détruite.

L’abbaye subit le sort de la ville : elle fut dévastée et vit son église incendiée et presque entièrement détruite, avec ses dépendances. L’abbé Wauthier de Wespin et ses religieux furent capturés. Pendant six mois, le monastère resta abandonné. Quand, après ce temps, les religieux, remis en liberté, purent rentrer au monastère, ils ne retrouvèrent presque plus que des ruines. Le duc de Bourgogne avait ordonné de saisir le trésor de l’abbaye et demandait cent florins du Rhin pour la rançon de l’abbé et la restitution des objets du culte. Il fallut les emprunter.

S'ensuivirent des guerres incessantes, des famines, des épidémies, et la montée du protestantisme....

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