Créneau

Créneau

Au Moyen Âge, le mot créneau, ou en ancien français quernal, aquarniau, carnel ou créniau, désignait toute ouverture pratiquée au sommet d'une tour ou d'une courtine, couverte ou découverte, et qui servait à la défense. Il ne désigne plus maintenant que les vides pratiqués dans un parapet pour permettre aux défenseurs des murailles de voir les assaillants et de leur lancer des projectiles.

Les intervalles pleins laissés entre les créneaux sont les merlons ou carnel, Cependant le nom de créneau désignait indistinctement les vides laissés entre les merlons ou les merlons eux-mêmes.

Les crénelages étaient dimensionnés par rapport à la taille des hommes : les merlons ont une hauteur voisine de deux mètres pour être plus grands que les défenseurs. Les appuis des créneaux sont à un mètre du sol du chemin de ronde, et leur largeur varie d'un mètre à soixante-dix centimètres. Les largeurs des merlons sont très variables.

Epoque Gallo-romaine 

Les créneaux qui couronnent les fortifications gallo-romaines sont percés habituellement dans des parapets d'environ 50 cm d'épaisseur, construits en moellons taillés et en brique, couronnés par une dalle de recouvrement formant une saillie tout autour du merlon.

Les merlons ont alors que la largeur suffisante pour cacher un seul homme. Les Romains employaient des archers et des frondeurs : chaque défenseur, muni de ces deux armes, avait son merlon pour se mettre à couvert pendant qu'il s'apprétait à tirer. Multiplier, autant que faire se pouvait, les merlons et les créneaux permettait ainsi d'augmenter le nombre de défenseurs.

Les murailles antiques de la ville de Pompéi, bâties sous la République présentent des crènelages dont chaque merlon est muni d'une traverse en pierre pour garantir le tireur contre les traits tirés obliquement. Chaque archer possédait ainsi sa cellule percée d'un créneau. Ce système de crènelages paraît ne pas avoir été suivi pendant l'Empire.


Moyen-Age 

Jusque vers la fin du XIe siècle, il ne semble pas qu'on ait apporté des modifications sensibles à ces crènelages romains. À cette époque, les expéditions en Orient, et notamment la confrontation avec les machines de guerre byzantines et arabes firent connaître de nouveaux moyens de défense et d'attaque. C'est pourquoile système de la défense supérieure des tours et des murs de l'Occident se modifia totalement après les premières croisades. Le système de crènelage est changé et se combine avec le système de mâchicoulis mobiles en bois, connus sous le nom de hourds. Les merlons s'allongent, les créneaux deviennent plus espacés et, entre eux, au milieu des merlons, de petites ouvertures (archières) sont pratiquées pour le tir de l'arbalète à main; les tablettes saillantes qui couronnaient les merlons antiques sont évitées car ces saillies facilitaient l'escalade ou donnaient prise aux grappins que les assaillants jetaient au sommet des murailles pour renverser les parapets.

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