hourd

Hourd

Système des hourds sur un croquis d'Eugène Viollet-le-Duc à la cité de Carcassonne
Hourd reconstruit, à Carcassonne, France

Au Moyen Âge, le hourd est un échafaudage solide, fait de planches.

Dans l'architecture militaire du Moyen Âge, c'est un ouvrage en bois, dressé en encorbellement au sommet des courtines ou des tours, destiné à recevoir des défenseurs, surplombant par une avancée le pied de la maçonnerie et donnant un flanquement plus étendu, une saillie très favorable à la défense. Pour éviter que les flèches enflammées ne brûlent les hourds les défenseurs les recouvraient de peaux de bêtes humides. Ce qui offrait une protection accrue au feu sans pour autant rendre les hourds indestructibles.

Il y a tout lieu de croire que, dès l'époque romaine, les hourds étaient en usage, car il est question, dans les Commentaires de César, d'ouvrages en bois qui sont de véritables hourds. Dans l'ouvrage en bois qui couronnait les fossés du camp de César devant les Bellovaques, les galeries réunissant les tours sont des hourds continus protégeant un parapet inférieur. La nécessité pour les défenseurs de commander le pied des remparts, d'enfiler les fossés et de se mettre à l'abri des projectiles lancés par les assiégeants, dut faire adopter les hourds dès l'époque gallo-romaine.

Les crénelages supérieurs ne pouvaient, en cas de siège, présenter une défense efficace, puisque en tirant, les archers ou arbalétriers étaient obligés de se découvrir. Si l'assiégeant se logeait au pied même des murs, il devenait de toute impossibilité aux assiégés non seulement de lui décocher des traits, mais même de le voir, sans passer la moitié du corps en dehors des créneaux. À la fin du XIe siècle déjà et au commencement du XIIe, nous remarquons, au sommet des tours et remparts, des trous de hourds percés au niveau des chemins de ronde. Souvent alors ces trous sont doubles, de manière à permettre de poser, sous la solive en bascule, un lien destiné à soulager sa portée.

À la fin du Moyen Âge, les hourds, qui sont des constructions provisoires, vulnérables au feu, sont remplacés par leur équivalent en pierre, les mâchicoulis : un encorbellement couronne systématiquement le sommet des murailles et des tours, les créneaux sont plus étroits, des meurtrièresmerlons. La protection est ainsi permanente, invulnérable au feu, résiste mieux aux projectiles envoyés par les catapultes sont pratiquées dans les diverses, protège mieux les défenseurs, et ne risque pas de se décrocher du mur.

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