Les enseignes

Les enseignes, bien que souvent belles, esthétiques, ne servaient pas seulement à la décoration des villes. Elles avaient une fonction sociale très utile pour la population et représentaient un langage clair et sans ambiguïté, langage qui devait être reconnu par tous et surtout par les illettrés, soit la majorité de la population.

               Les enseignes se sont imposées tout naturellement pour indiquer les échoppes des différents corps de métiers, mais elles servaient également d’adresses à une époque où les rues des villes manquaient non seulement de géométrie mais de noms et de numéros.
               Les enseignes ont des formes d’objets qui présentent aux passants le travail fait par l’artisan : Ce sera par exemple une chaise, une cuiller, un plat d’étain, une clé pour le serrurier, un clou pour celui qui en fabrique, une queue de renard pour le fourreur…. Un charcutier aura un cochon ou une saucisse, un vigneron une grappe, un négociant en vin un tonneau, une boulangerie aura une brioche….l’imagination des fabricants d’enseignes était sans limite, surtout si le client était fortuné. Elles étaient fabriquées principalement en fer forgé, tôle, bois, pierre.
 
               Un épisode bien connu pour les connaisseurs de Villon, le mauvais garçon, est celui du vol des enseignes dans Paris par l’auteur du Testament et ses complices. Pourquoi un tel vol ? L’histoire ne le dit pas, mais on peut penser qu’il s’agissait d’une farce d’étudiants comme il en existe partout et à toutes les époques. En quelques années, ils en dérobèrent près de 200 et parmi ces enseignes disparates, on y trouve, selon le Testament, quelques unes bien particulières : un Cheval Blanc, une Mule, un Ane rayé… ayant des significations à connotations grivoises. La Belle Haumière, louée par Villon et tout Paris avait pour enseigne une queue de Renard. Le larcin découvert, Villon rate de peu la prison voire pire. Il est sommé avec ses complices de les remettre à leur place. Les enseignes sont replacées mais au petit bonheur la chance au grand désarroi de la population. Voici un petit échange extrait du livre « Moi, François Villon » de Jean Teulé :  
 
- Bonjour, madame, je voudrais un pain de six livres.
- Mais, monsieur, vous êtes dans une fabrique de clous !
- Ah bon ? Pourtant, voyez votre enseigne : « A la miche d’or ». 
Qui a marié les enseignes ? Plus personne ne va se retrouver ! Les domestiques illettrés sont désemparés…
 
Quelques expressions :
 
A bonne enseigne (1382) : à bon titre, avec des garanties.
 
A bon vin il ne faut point d’enseigne : un bon produit n’a pas besoin de publicités
 
Etre logé à la même enseigne que quelqu’un.
 
Et pour terminer la définition :
 
Enseigne : nom féminin ou masculin, date du 11ème siècle. 
Vient du latin insignia, signifie décoration, parure.
Indice servant à faire reconnaître quelque chose.
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