La stratégie militaire au Moyen-âge.

On a souvent dans les films médiévaux fantastiques ou pseudo-médiévaux, de formidables images de combat en armes et de batailles rangées dans un face à face insoutenable entre les gentils et les méchants… Qu’en est-il de la réalité du terrain ?

Évidemment, il est difficile de répondre exactement à cette question tant les manières de combattre ont évolué au cours de la période médiévale et des progrès techniques. Toutefois, on peut élaborer un portrait général de ces différentes  stratégies.

Les batailles rangées

Contrairement à ce que laisse imaginer le cinéma, rares étaient les batailles de front. Sauf quelques rares exceptions comme Azincourt ou Crécy, on évite absolument les champs de bataille massifs car les pertes matérielles et d’hommes sont trop importants. De plus, on ne dispose pas encore de connaissances cartographiques terrestres suffisantes pour permettre un bon déroulement en temps réel de ce type de bataille.

D’après l’article L’Art de la guerre au Moyen-âge sur  le site Histoire de France on distingue trois types de combattants lors des batailles rangées, qu’il qualifie de point culminant de toute campagne.  

La cavalerie montée : Constituée de 3 ou 4 rangs de cavaliers formant une « bataille ».L’ensemble était constitué de petits groupes tactiques appelés « conrois » groupés autour d’une bannière représentant une famille ou un seigneur. On formait alors des blocs de cavaliers et de lances le plus serré possible. Les cavaliers se mettaient lentement en route pour conserver l’alignement, puis accélérant au moment d’arriver sur l’ennemi. Le but était de disperser l’ennemi, pour former des groupes isolés facile à vaincre.

La cavalerie démontée : La tactique était d’attendre l’attaque de l’adversaire. Cela pouvait durer longtemps… Elle était très utilisée par les Anglais, les Français, quant à eux l’appréciaient peu et l’employèrent bien trop tardivement.

L’infanterie : Le corps d’infanterie avait trois dispositifs de combats : en ligne de front sur quelques rangs formant une sorte de rempart ; en cercle très en usage chez les Suisses, employé par les Français à Bouvines ; en bloc comme la bataille en forme de quadrilatère, auquel s’ajoute un triangle d’hommes faisant face à l’adversaire. Une telle formation de 10 000 hommes occupait une surface de 60 m sur 60.

Les raids, pillages.

Majoritairement, les chefs de guerre privilégient les actions ponctuelles à l’issue d’un déplacement plus ou moins long, et notamment les raids et  les embuscades.

L’enjeu de ceux-ci n’est pas forcément de gagner dans l’immédiateté,  mais plutôt d’affaiblir l’adversaire militairement et économiquement. De fait,  les demandes de rançons étaient très fréquentes. L’impact sur la population d’un pillage est un moyen de pression sur l’ennemi autant qu’un moyen de ravitaillement,  aussi  est-il régulièrement pratiqué.

Les places fortes : enjeux stratégiques.

La période médiévale est propice à la  guerre de siège.  En effet, les places fortes ont un rôle très important, à la fois défensif et offensif.  Elles permettent d’assoir sa domination sur le fief.

Elles offrent des solutions de repli aux tentatives des chevaliers pour percer les lignes de front. Elles sont également des positions  de relai permettant un redéploiement vers un champ de bataille de plus grande envergure.

Ainsi, la guerre au Moyen-âge consiste  à prendre ces places ou les reprendre.  Comme sur un échiquier, la répartition et la prise des points stratégiques jouent un rôle fondamental dans la réussite de l’expédition.

Que seraient nos bons vieux films sans la fameuse scène de la prise du château du seigneur du lieu ? Sans doute bien ternes, vous en conviendrez.  Cela mérite donc un petit paragraphe dédié.

Le château fort permet à un petit nombre de personnes de résister pendant longtemps à l’assaut, et bien souvent de survivre grâce aux approvisionnements qu’il renferme et aux zones de culture à l’intérieur de ses murs. Le siège est donc capital pour couper court l’arrivée de vivres supplémentaires éventuels et  faciliter ainsi une prise rapide. Il suffit d’attendre l’épuisement des stocks pour que le défenseur se rende.

Et pourtant, cela n’est pas si évident. Le risque de maladie et d’appauvrissement en vivre de l’attaquant est grand : il est donc capital de prendre le château le plus rapidement possible. Pour cela, l’époque médiévale dispose d’armes de siège (tour de siège, bélier, baliste, trébuchet…) dont la description fera l’objet d’un article spécifique.

On n’hésitait pas à acheter la garde, ou faire pénétrer des espions dans la faction ennemie pour se faire ouvrir les portes.  J-M. ROUAND explique très bien la technique de la sape pour percer les défenses du seigneur du lieu.

Cette technique, très efficace, consistait à creuser une galerie sous le mur d’enceinte en étayant au fur et à mesure avec des poutres de bois. Ensuite, les mineurs mettaient le feu aux poutres ce qui provoquait l’écroulement d’une partie du mur. Afin de pouvoir s’approcher des fortifications, les mineurs s’abritaient sous une « chatte », galerie de bois recouverte de peaux. Pour se protéger de ce type d’attaque, il fallait construire sur une base solide (rocher) ou bien faire des murs très larges du bas. Il était aussi possible de construire une contre-mine afin de repousser les mineurs adverses avant de combler le tunnel. Malheureusement, cela pouvait également accélérer l’effondrement du mur et ouvrait un passage vers l’intérieur du château.

Ces différentes techniques pour prendre places fortes et châteaux relèvent de la poliorcétique, l’art du siège et de la défense face à celui-ci.

  Ecrit par : Cernunnos : http://passionmedievale.sixieme-cercle.com/   

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