Triboulet

Triboulet dans une gravure du XIXe siècle

Ferrial ou Le Févrial alias Triboulet (1479-1536) fut le bouffon de la cour de France sous les règnes de Louis XII et François Ier. À sa mort, le nouveau fou du roi, Brusquet, le remplaça à la cour de François Ier. Simple d’esprit, le fou du roi devient célèbre pour ses bons mots. Depuis Louis XII puis sous François Ier, Triboulet appelle le roi de France Mon Cousin sans lien de parenté cependant.

 

La naissance d'un nouveau héros 

Triboulet est tout le contraire d'un héros ordinaire : c'est un bouffon de cours, difforme un être cruel qui encourage François Ier dans les pires débauches, il est ridicule, narcissique et veut tuer le roi. Il présente des qualités antihéroïques. Il est à la fois un monstre mais aussi un homme aux sentiments admirables. En effet, le choix de la mise en scène, notamment une atmosphère inquiétante, révèle les sentiments de désespoir et de colère de Triboulet : il veut venger sa fille ; il fait preuve d'amour paternel. Triboulet est un être double comme le souligne cette exclamation paradoxale : "Jouis, vil bouffon, dans ta fierté profonde". Victor Hugo donne naissance à un héros tragique,loin du héros traditionnel.

Carnaval

Le « Triboulet » est l'emblème du carnaval de Monthey en Suisse. Habillés en rouge, les triboulets se déplacent en groupe et n'hésitent pas à noyer les passants sous un flot de confetti. Lors du cortège du dimanche, les triboulets capturent des spectateurs et les obligent à tirer un char, ou les « victimes » sont enfermées dans une cage et « martyrisées » par les fous.

Le Roi s'amuse, Hugo

La pièce Le Roi s'amuse, de Victor Hugo, a pour personnage principal Triboulet. Le bouffon est chargé de faire rire de manière grotesque. Ici, il s'oppose à un ordre injuste, celui du droit de cuissage. À travers la bouche de Triboulet, Hugo dénonce la société de l'époque.

Le drame romantique

Dans Le roi s'amuse, les registres typiques du drame romantique sont représentés. Il y a de l'ironie tragique : en effet, le public connaît le malheur qui vient de tomber sur Triboulet alors que le personnage lui-même ignore et se réjouit de "tenir et toucher" sa vengeance. De plus, Triboulet est un personnage pathétique qui s'imagine très puissant "O Terre [...] la terre répondrait : Triboulet !". Il y a également le registre épique comme lorsqu'il célèbre ses exploits "Quels temps ! [...] Un meutre sur la terre !". Enfin, Victor Hugo maîtrise l'art de la dramatisation. Le décor mis en place donne des indices au public sur la fin de la scène : l'orage s'est calmé, la pluie a cessé, le tonnerre n'est plus qu'un bruit de fond et le personnage est plongé dans une profonde rêverie. L'action est tendue et le spectateur est tenu en haleine.

Par exemple, la fin de la scène 3 acte III : Triboulet se réjout de sa vengeance avant de découvrir, dans le sac apporté par le tueur, le corps de sa fille.


Cette pièce a inspiré Francesco Maria Piave pour le livret de Rigoletto, musique de Giuseppe Verdi, opéra représenté pour la première fois en 1851.

Michel Zévaco 

Dans le roman de Michel Zévaco « Triboulet », suivi de « La cour des miracles », où Triboulet est le personnage principal.

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