Martin Schongauer

Martin Schongauer (statue par Bartholdi (1860), à Colmar)
Statue de Martin Schongauer, détail.

Martin Schongauer (Colmar, vers 1450 - Vieux-Brisach, 1491) était un peintre et graveur alsacien de la fin du Moyen Âge. Graveur (sur bois et sur cuivre) le plus illustre de son temps, sa renommée s'étendait jusqu'en Italie (Michel-Ange l'admirait) et aux Pays-Bas. Albrecht Dürer voulut devenir son disciple, mais Schongauer mourut prématurément alors que Dürer n'était plus qu'à quelques jours de voyage de Colmar.

Fils de Gaspard Schongauer, un orfèvre colmarien ayant acquis le droit de bourgeoisie en 1445, le jeune Martin Schongauer étudia à l'université de Leipzig vers 1465 avant de suivre une formation itinérante dont on sait peu de choses, mis à part sa probable présence à Beaune, en Bourgogne, où il copia le Jugement dernier de Rogier van der Weyden en 1469. De retour à Colmar peu de temps après cette dernière date, Schongauer y réalisa la Vierge au buisson de roses (1473) et fit l'acquisition de la maison dite « Au Cygne » (1477). Bien qu'il fût l'élève d'un peintre alsacien (peut-être Gaspard Isenmann de Colmar), Martin Schongauer rapporta de ses voyages (qui l'emmenèrent peut-être jusqu'aux Pays-Bas) une connaissance approfondie de l'art flamand du XVe siècle qu'il intégra avec beaucoup de finesse à un style pictural joignant l'expressionisme et l'idéalisme du gothique international au naturalisme de la Renaissance nordique.

Les œuvres les plus célèbres de Schongauer sont les retables de Jean d'Orlier (Musée d'Unterlinden, Colmar) et de la Vierge au Buisson de Roseséglise des Dominicains, Colmar), ce dernier tableau considéré par beaucoup comme un chef d'œuvre de la peinture allemande de tous les temps en raison de son caractère harmonieux, délicat et équilibré, et de la finesse de sa composition (dont la perception cependant est aujourd’hui faussée par le fait que le tableau, à l'origine rectangulaire et de dimensions colossales, a été par la suite découpé des quatre côtés) et de son coloris. Les musées de Berlin, de Vienne (Autriche) et de Munich possèdent quant à eux de petits tableaux, représentant eux-aussi des motifs religieux. (

Monogramme de Martin Schongauer.

La cathédrale de Vieux-Brisach (ville dont le peintre acquit le droit de bourgeoisie en 1489) est ornée de ses fresques représentant le Jugement dernier, sa dernière œuvre, inachevée et très dégradée, mais qui n'en est pas moins impressionnante par ses grandes dimensions (v.1489-1491).

Martin Schongauer a été surnommé « le beau Martin » (Hübsch Martin - orthographes alternatives Hüpsch ou Hipsch, litt. « joli Martin »), en raison de la grâce et du fini de son travail, mais plus probablement encore en raison du raccourcissement de son patronyme en Martin Schön (schön = beau).

Le peintre Hans Burgkmair fut son élève entre 1488 et 1490.

Bibliographie

  • Christian Heck, Martin Schongauer, éd. SAEP, Colmar, 1985, 64 p., (ISBN 2856691218)
  • S.R de Bussierre, Martin Schongauer - maître de la gravure rhénane, catalogue de l'exposition du Petit Palais, Paris-Musées, 1991, 272 p., (ISBN 2-87900-046-7)

Galerie

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

banniere-1.png

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×