Chrétien de Troyes

Chrétien de Troyes, né à Troyes vers 1135 et mort vers 1190, est un trouvère et poète français, considéré comme un des premiers auteurs de romans de chevalerie.

Sa vie est très peu connue. Il se désigne lui-même sous le nom de « Chrétien de Troyes » [1] ; au début du Chevalier à la charette, il affirme avoir écrit sur le « comandemant de ma dame de Champaigne », c'est-à-dire Marie de Champagne, fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII, qui a épousé en 1164 le comte de Champagne Henri le Libéral. Dans le prologue de sa dernière oeuvre, le Conte du Graal, il indique être au service de Philippe d'Alsace, comte de Flandres.

Il écrit de nombreux romans chevaleresques en vers octosyllabiques. S'inspirant des légendes bretonnes et celtes autour du roi Arthur et de la quête du Graal, Chrétien de Troyes produit Lancelot ou le Chevalier de la charrette (1176), Yvain ou le Chevalier au lion (vers 1176), ou encore Perceval ou le Conte du Graal (vers 1180). Ces aventures mythiques sont parfaitement réadaptées dans le cadre de la littérature courtoise. Les héros sont souvent confrontés à un choix difficile entre leur amour et leur devoir moral de chevalier.

Sa source d’inspiration se trouve dans la tradition celtique et les légendes bretonnes (la matière de Bretagne). Mais il leur confère une dimension chrétienne nouvelle, fortement imprégnée par les chansons de geste en langue d’oïl de la seconde moitié du XIIe siècle. Le secret de son art réside dans sa capacité à opérer, selon ses propres mots, la bonne conjointure, c'est-à-dire l'alliage savamment dosé entre la matière et le sens.

Œuvres et inspirations

Sa principale œuvre est celle des romans de la table ronde avec pour représentant le roi Arthur. Ce personnage, a priori principal, n'est pourtant pas au centre des quêtes qu'invente Chrétien de Troyes. À l'inverse, on y trouve des chevaliers inconnus comme Yvain ou Lancelot, dont la ligne de conduite réside dans la courtoisie. La base de ses romans est bien souvent la quête implicite du personnage vers la reconnaissance et la découverte de soi, comme vers la découverte des autres, à l'image d'une intégration à la cour et de l'amour de la reine Guenièvre. À l'inverse de la chanson de geste, dont le thème est patriotique (histoire de Charlemagne par Roland par exemple) et dont la quête est dite "collective", le roman du XIIIe siècle propose une quête personnelle du chevalier, quasi-intime.

La cour du roi Arthur est un lieu fixe dans tous les romans de Chrétien de Troyes. Cette dernière est bien sûr imaginée par l'auteur, qui se base sur des croyances populaires celtes et anglo-normandes. La cour est un point de repère idéal pour les romans de la table ronde, elle est le lieu de la plénitude où règnent la grande vie et les biens en abondance. Les aventures de la table ronde trouvent leur source d'existence dans la femme, dans l'être aimé. On peut penser que ces œuvres ont ouvert à la littérature le monde de l'Amour avec un A majuscule. Chrétien de Troyes oppose déjà cet Amour à la Raison, et c'est ce symbole qui marquera durablement la littérature française. Si le thème de la courtoisie disparaitra peu à peu de l'histoire littéraire, au fil de l'avancement des mœurs populaires, le thème de l'amour, lui, s'y ancrera très profondément.

Ouvrages 

  • un roman del roi Marc et d'Ysalt la blonde (Tristan et Iseult) (perdu) ;
  • Érec et Énide, vers 1170 ;
  • Cligès ou la Fausse morte, vers 1176 ;
  • Lancelot ou le Chevalier à la charrette, roman de Lancelot, vers 1175-1181 (inachevé) ;
  • Yvain ou le Chevalier au lion, roman d'Yvain, vers 1175-1181 ;
  • Perceval ou le Conte du Graal ou roman de Perceval, vers 1182-1190 (inachevé).
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