Guiot de Dijon

Guiot de Dijon est un trouvère bourguignon du début du XIIIe siècle.

On ne sait presque rien de la vie de ce poète : sa chanson Bien doit chanter est dotée d'un envoi à Erard de Chassenay, ce qui indique qu'il était sans doute un protégé de cette famille seigneuriale de Champagne méridionale.

Les manuscrits médiévaux (en particulier le Chansonnier de Berne[1] ; et le Chansonnier du roi[2] lui attribuent vingt-trois chansons. Huit sont considérées comme authentiques :

  • Amors m'ont si enseignié
  • Bien doi chanteir quant fine amor m'ensaigne
  • Chanterai por mon corage
  • Chanteir m'estuet por la plux belle
  • Chanteir me fait comant ke me destraingne : a sans doute été composée d’après la chanson en langue d’oc Si be•m sui loing et entre gent estraigna du troubadour Peirol.
  • He las c'ai forfait a la gent
  • Li douz tans noviaus qui revient
  • Quant je voi plus felons rire

Sept sont considérées d’attribution plus incertaine[3]  :

  • A l'entree dou douz conmencement
  • De moi dolereus vos chant
  • Joie ne guerredons d'amors
  • Penser ne doit vilenie
  • Quant li dous estéz define
  • Quant voi la flor botoner
  • Uns maus c'ainc mais ne senti

Quatre des chansons de Guiot : Amours m'a si enseignié, Quant je plus voi felon rire, Joie ne guerredon et Quant li dous estés ont deux mélodies distinctes, et il est impossible de déterminer laquelle est de Guiot.

Chanterai por mon corage, dite aussi « Chanson d’outrée », est la plus connue des chansons de Guiot. C'est une chanson de croisade, à rotrouenge (refrain), en vers de sept pieds, très subtilement construite ; elle met en scène une jeune femme, remplie d’épouvante devant le départ de l’aimé qui « est en pelerinage » et qui redoute sa mort :

Dex ! quant crieront outrée
Sire, aidies au pelerin
Por cui sui espoentée
Car felon sunt Sarrazin. (refrain)

Elle est non moins désespérée par son propre avenir, puisque sa famille parle déjà de la marier à un autre. Guiot introduit une évocation brûlante de sensualité avec le motif de la chemise de corps laissée en ultime cadeau. La quatrième strophe est une adaptation quasi littérale de la première cobla d'une canso du troubadour Bernart de Ventadour, visiblement perçu comme le référent littéraire de la passion d’amour.


Notes

  1. Berne, Stadtbibliothek, Ms. 389
  2. Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits français 844.
  3. Selon les manuscrits, les chansons sont attribués à Guiot de Dijon ou à un autre trouvère, Jocelin de Dijon.

Bibliographie

  • Les chansons de croisade, éd. Joseph Bédier et P. Aubry, Paris, 1909, p. 107-117.
  • Les chansons attribuées à Guiot de Dijon et Jocelin, éd. Elisabeth Nissen, Paris, Champion, 1929.
  • Guiot de Dijon, Canzoni. Ed. Maria Sofia Lannutti, Firenze, SISMEL–Edizioni del Galluzzo, 1999 (édition critique des quinze chansons avec leur mélodie).
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