Mystère ( Théatre )

Le mystère, initialement orthographié mistère du latin ministerium (ministère, service public), est un genre théâtral apparu au XVe siècle. Il se composait d'une succession de tableaux animés et dialogués écrite pour le peuple, mettant en œuvre des histoires et des légendes dont l'imagination et la croyance populaires s'étaient nourries. Le surnaturel et le réalisme s'y côtoyaient. La Passion du Christ était un de ses sujets traditionnels.

Au Moyen Âge, l'Église offrait à la population des fêtes-spectacles de plusieurs jours destinées à faire vivre l'Histoire Sainte devant un public illettré, complétant ainsi l'enseignement des bas-reliefs et des vitraux. Du Xe au XVe siècle on passa du chœur des églises, au parvis puis à la rue. Aux Miracles (vies des Saints) succédèrent les Mistères dont l'action se déroulait entre la gueule de l'enfer et la mansion figurant le paradis. Le « théâtre » représentait plusieurs lieux juxtaposés et les décors y prirent une place de plus en plus importante.

Les mystères étaient d'une longueur invraisemblable : 30 000, 40 000, 60 000 vers. Les personnages étaient au nombre de 100, 200, 500, sans compter les figurants, et une semaine s'écoulait souvent entre les deux parties du même spectacle, qui se tenait le plus souvent dans l'après-midi du dimanche. Les comédiens bénévoles se regroupaient en confréries d'amateurs. Dans telle famille d'artisans, on tenait, de père en fils, le rôle du Christ (ou de Judas) dans le Mistère de la passion.

La représentation des mystères fut interdite par arrêté du 18 novembre 1548 du Parlement de Paris. Il nous reste le texte d'environ soixante d'entre eux.

Au fil des siècles et des rééditions, de nombreux ouvrages ont vu leur titre se modifier pour passer du Mistère original au Mystère contemporain. Pour certains il est possible des les trouver sous telle ou telle orthographe en fonction de l'édition.

On divise les mystères en trois cycles :

  • Les mystères sacrés : sujets bibliques, tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament.
  • Les mystères religieux : tirés pour la plupart des vies de saints, miracles qui ont pris la forme du mystère.
  • Les mystères profanes : ils puisent leur sujet dans l'Histoire.

Principaux mystères :

  • Le Mystère de la Passion, attribué à Eustache Marcadé (v. 1425) ; 24 944 vers, 4 journées de représentation
  • Le Mystère du siège d'Orléans, dont on ne connaît pas l'auteur (1439)
  • Le Mystère de Troie, de Jacques Millet (1463)
  • La Passion, d'Arnoul Gréban (1452); 34 574 vers, 400 personnages, 4 journées de représentation
  • Le Mystère des Actes des Apôtres, de Simon et Arnoul Gréban; 60 000 vers, 494 personnages
  • La Passion, de Jean Michel (1486) ; 65 000 vers,
  • La Résurrection, de Jean Michel ; 20 000 vers, 105 personnages, 3 journées de représentation
  • Le Mystère de Saint Louis, de Pierre Gringoire ou Gringore (1514)

en Espagne :

  • Misteri d'Elx, qui est donné en valencien à Elche. Il a été déclaré Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Bibliographie

  • Petit de Julleville, Les Mystères, Paris, Hahette, 1880, 2 vol.

Musique

  • Heinrich Ignaz Franz Biber, né en 1644 en Bohème, a composé un cycle de 15 sonates pour violon et basse continue sur les mystères du Rosaire (Mystery Rosenkranzsonaten) qui reprennent la tradition des mystères religieux.
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