Piece de théatre du XIII°siècle

Le Garçon et l'Aveugle est un "jeu" de la seconde moitié du XIIIe siècle, considéré comme la première farce française, de 265 octosyllabes. Cette pièce fut composée à Tournai.

Armand Strubel considère ce texte comme inclassable, au "statut bancal". E. Faral y voyait "une véritable pièce".

"L'ensemble est cruel et sordide et les deux personnages n'attirent pas la sympathie" (B. Rey-Flaud).

"Le public médiéval riait des malheurs de l'aveugle et des mauvais tours du garçon" (J. Frappier).

Synopsis

Un aveugle prend à son service un garçon qui devra quêter pendant que lui-même chantera. Ils se disputent puis se réconcilient. Au cynisme et à l'avarice du maître répondent les mauvais tours de son aide qui le martyrise en se faisant passer pour un autre.

Éditions 

  • Le Garçon et l'Aveugle. Jeu du XIIIe siècle, texte traduit, présenté et commenté par Jean Dufournet, Paris, Champion, 2005.

Ouvrages critiques

  • Bernadette Rey-Flaud, La Farce ou la machine à rire. Théorie d'un genre dramatique, Genève, Droz, 1984, p. 208-209.
  • Marie-Claude Hubet, Le Théâtre, Paris, A. Colin, 2003.
  • Armand Strubel, Le Théâtre au Moyen Âge, naissance d'une littérature dramatique, Rosny, Bréal, 2003.

 

 

Le Jeu de Robin et Marion

Le Jeu de Robin et Marion est une pièce de théâtre entrecoupée de chansons écrite par le jongleur arrageois Adam de la Halle dans les années 1270 ou 1280. Il s'agit de l'une des onze pièces dramatiques du XIIIe siècle occidental qui nous soit parvenue.

Résumé

Un chevalier, Aubert, rencontre Marion, une jeune bergère, au bord d'une forêt. Il tente de la séduire. Mais celle-ci, amoureuse de Robin, un paysan de son village, repousse ses avances. Tandis que le chevalier s'éclipse, Robin arrive, et les deux jeunes gens déjeunent sur l'herbe.

Robin part ensuite chercher leurs amis au village, en vue de donner une fête champêtre. Le chevalier revient tandis que Marion est restée seule. Il l'enlève, mais devant la détermination de la jeune femme à ne pas se laisser séduire, il la laisse repartir, non sans avoir auparavant rossé Robin, qui est revenu entretemps.

Une fois le chevalier définitivement reparti, les villageois s'amusent à différents jeux, un moment interrompus par la nouvelle qu'un loup a dérobé une des brebis de Marion. Robin ramène l'animal endolori, mais sauf, et les jeux reprennent. Il est convenu que Robin épousera Marion.

Éléments d'analyse

Le Jeu de Robin et Marion aurait été écrit par Adam de la Halle en Sicile, entre 1282 et 1284, donc après Le Jeu de la Feuillée (1276 environ), alors que le jongleur était entré au servie du comte d'Artois. Mais certains spécialistes contestent cette postériorité du Jeu de Marion et de Robin, en lequel ils voient plutôt une préfiguration du chef d'œuvre d'Adam de la Halle[1].

La trame de la pièce trouve sa source dans deux traditions poétiques médiévales :

  • la pastourelle, qui met en scène une bergère appelée par convention Marion en butte aux assiduités d'un chevalier qui entreprend de la séduire et qui parvient à ses fins ou bien en la séduisant, ou bien en la violant[2].
  • La bergerie, genre lyrique qui chante les fêtes de villages, envisagées comme des imitations comiques des fêtes courtoises[3].

Les chansons qui rythment la pièce ne sont pas, pour la plupart d'entre elles, de la plume d'Adam de la Halle, mais des chansons connues du public de l'époque que l'auteur a sélectionnées pour les faire coller à l'argument de sa pièce[4].

Bibliographie

  • Estelle Doulet, Valérie Méot-Bourquin, Danièle James-Raoul, Adam le Bossu / Jean Bodel, Atlande, 2008
  • Jean Dufournet, Adam de la Halle à la recherche de lui-même ou le jeu dramatique de la feuillée, Honoré Champion, coll. « Essais sur le Moyen-Âge », 2008

Liens externes

  • Le Jeu de Robin et de Marion (texte et musique) (édition d'Olivier Bettens)
  • Manuscrit du Jeu de Robin et Marion (132 enluminures sur 11 folios)
  • Discographie du Jeu de Marion et Robin, commentée par Isabelle Ragnard (2009)

Notes et références 

  1. C'est la cas notamment de Jean Dufournet, dans son article « Du Jeu de Robin et Marion au Jeu de la feuillée », recueilli dans son ouvrage Adam de la Halle à la recherche de lui-même ou le jeu dramatique de la feuillée, Honoré Champion, coll. « Essais sur le Moyen-Âge », 2008, p.437-466.
  2. Jean Dufournet, introduction au Jeu de Robin et Marion, GF, Paris, 1989, p.13.
  3. Estelle Doulet, Valérie Méot-Bourquin, Danièle James-Raoul, Adam le Bossu / Jean Bodel, Atlande, 2008, p.60.
  4. Estelle Doulet, op. cit., p.61.



Le Jeu de saint Nicolas

Le Jeu de saint Nicolas est une pièce de théâtre écrite par Jean Bodel qui dépeint la conversion des Sarrasins au christianisme.

Contexte historique 

Le Jeu de saint Nicolas aurait été une commande faite par la confrérie de Saint-Nicolas d’Arras[1] et écrite par Jean Bodel autour des années 1200, après la fin de la troisième croisade (1189-1192). Cette pièce est la première pièce non liturgique en français : elle est « à la fois une épopée dramatisée, une pièce réaliste et, dans l’histoire du théâtre, déjà un « miracle » édifiant »[2].

Structure 

La structure du Jeu de saint Nicolas est déterminée par l'entrée et la sortie des personnages, ainsi que par les changements de lieu, pour que les spectateurs du Moyen Âge puissent comprendre la pièce sur scène.

Il y a 3 lieux, indiqués par le dialogue des personnages :

  1. le palais
  2. la taverne
  3. la prison du palais.

Le Jeu de saint Nicolas, ainsi que Courtois d'Arras, une génération plus tard, obéissent à deux schémas structurels en même temps : celui du récit circulaire et celui du récit linéaire. Le résultat est une forme entre les deux : la structure en « U », décrite par Northrop Frye[3]. Cette théorie propose que la pièce retourne au même endroit qu’au début, mais avec un changement fondamental de la situation.

Les trois lieux 

Le Palais

On trouve le monde tel qu'il est, et celui qui doit être sauvé. Dans Le Jeu de saint Nicolas, le monde perdu est représenté par les Sarrasins (vers 1-572).

La Taverne

Au milieu de la pièce, le « point de non-retour » est atteint lorsque le crieur Connard annonce que le trésor n’est pas gardé. C’est à ce moment que trois voleurs décident de le voler (vers 573-1184).

La prison du palais

À la prison du palais le roi demande que le Prud’homme soit torturé et tué à cause du vol du trésor (vers 1184 -1273).

La Taverne

À la taverne, les doutes et les révélations sont portés par l’ordre donné par saint Nicolas aux voleurs de rapporter le trésor au palais. Par gratitude, le roi, qui a retrouvé son trésor (maintenant doublé), sauve la vie du Prud'homme (vers 1274-1378). Il se convertit grâce au miracle de la restitution de son trésor.

Le Palais

Finalement on revient au état de stabilité ou le monde est sauvé, grâce à la conversion des Sarrasins (vers 1378-1533).

Interprétations

Une façon de lire Le Jeu de saint Nicolas est d’y voir une pièce de propagande qui encouragera les citoyens à participer à la quatrième croisade car « en 1200, au moment où Jean Bodel écrit Le Jeu de saint Nicolas, la mentalité qui anima trois croisades est morte »[4]. L’Ange dit au public d’Arras qu’il doit imiter les croisés dans leur mort héroïque :

C’est sur vous que tout le monde
doit prendre modèle en mourant ainsi,
car Dieu reçoit avec une grande douceur
ceux qui veulent venir avec lui.
Qui le servira de bon cœur
ne perdra jamais sa peine,
mais il sera couronné dans les cieux
de la couronne que vous avez (Bodel, lignes 475-481).

Au contraire, une autre lecture du Jeu de Bodel y reconnaît un appel pour une croisade non-violente. Le personnage qui finalement vaincra les païens et assurera la victoire de Dieu est le Prud’homme, incarnation de la foi naïve[5]. L’Ange proclame :

Saint homme, sois joyeux, n’aie pas peur
tu convertiras le roi et délivreras ses barons
de leur folle religion, et ils seront fidèles à la foi
des chrétiens… (Bodel, lignes 550-556).

Le théâtre de participation 

Le Jeu se termine sur une prière commune, prononcée par acteurs et public ensemble : c’est donc dans la communion et la participation que se résout l’action, et c’est dans cette union entre scène et communauté civique, entre monde céleste et monde terrestre que peut être entendue la singularité de la pièce. A la fois représentative du théâtre arrageois du XIIe siècle et annonciatrice des mystères et miracles des siècles suivants pour sa dramaturgie, elle présente au monde nouveau des villes sa propre représentation idéalisée. Lorsqu’à la fin de la pièce tous chantent ensemble une prière à saint Nicolas Te Deum laudamus, le théâtre s’est fait liturgie civique.

« Au Moyen Âge le théâtre… est avant tout le domaine de l’image… [et] la vue est la sens fondamental… [Un] caractère du théâtre médiéval et donc d’être un spectacle. Mieux : un spectacle de la participation… Le théâtre au Moyen Âge met en jeu les hommes du Moyen Âge, leurs désirs, leurs peurs, leurs obsessions, leurs espoirs. Ainsi le Jeu de saint Nicolas interpelle directement les hommes d’Arras au seuil du XIIIe siècle et ces hommes ressentent profondément que leur vie se joue dans la pièce représentée pour eux, mais aussi avec eux… Ce public n’est donc pas passif… Le théâtre du Moyen Âge a donc eu une fonction sociale exceptionnelle… [et] le théâtre de Jean Bodel peut certes être considéré comme un miroir de la société »[6].

Notes 

  1. A. Jeanroy, Le Théâtre religieux en France, p. 17
  2. Dictionnaire des littératures de la langue française, 1984
  3. The Great Code : the Bible and Literature, Toronto, Academic Press, 1982
  4. Pour une dramaturgie du Moyen Âge, p. 142
  5. Pour une dramaturgie du Moyen Âge, p. 144
  6. Henri Rey-Flaud, Pour une dramaturgie du Moyen Âge, p. 16-18



Le Miracle de Théophile

Le Miracle de Théophile est une pièce de théâtre écrite au XIIIe siècle par Rutebeuf.

La pièce appartient aux drames religieux, et plus particulièrement au genre des miracles, des pièces tirées de la vie des saints ou de la vie de la vierge. Les Miracles de Théophile sont tirés de la vie de la vierge, et de la vie de St. Théophile d'Adana. En effet, Théophile a vendu son âme au diable et, en éprouvant des remords, prie la vierge de récupérer le pacte maudit. Elle y parviendra.

 

 

Le Ressentiment de Dou E

Le Ressentiment de Dou E ou Dou E Yuan est une pièce de théâtre de l'époque des Yuan écrite par Guan Hanqing dans la seconde moitié du XIIIe siècle. C'est la pièce chinoise la plus célèbre, adaptée par la suite dans le genre kunqu et à l'Opéra de Pékin.

Une petite fille, Duanyun, est confiée par son père veuf à une veuve aisée, Madame Cai qui change son prénom en Dou E et qui la marie une fois adulte à son fils.

Dou E devient veuve à son tour et vit avec Madame Cai qui est sauvée des griffes du Docteur Charlatan auquel elle a prêté de l'argent, par le père Zhang et son fils, Zhang l'âne. Le père Zhang exige que, par reconnaissance, Madame Cai devienne sa femme et Zhang l'âne veut pour lui Doue E qui n'en veut pas.

Zhang l'âne profite d'une maladie de Madame Cai pour verser, dans un bouillon qu'elle a demandé à Dou E, un poison acheté auprès du Dr Charlatan. Malheureusement, Madame Cai fait goûter le bouillon au père Zhang qui meurt presque de suite.

Dou E est accusée, et condamnée à avoir la tête tranchée. Avant son exécution, un mois de juin, elle déclare qu'il se mettra à neiger si le Ciel témoigne de son innocence.

La neige tombe mais elle est décapitée quand même.

Elle revient ensuite vers son père, sous forme de fantôme, pour lui demander la révision de son procès.

Le juge fautif est pour toujours dégradé de ses fonctions et subit la bastonnade ; Zhang l'âne et le Dr Charlatan sont mis à mort et Dou E est réhabilitée.

Commentaires (3)

1. negarosdfgdh 01/12/2011

merci pour ces infos^^

2. negarosdfgdh 01/12/2011

merci pour ces infos^^

3. btissam 04/03/2011

a mon avis c'est un beau site vraiment je l'aime beaucoup cette pièce de théâtre et je me remercie le narrateur qui était écrit cette pièce et merci à tousbtissam [b][/b]

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