Piece de Théatre du XV°siècle

Elckerlijc est une moralité écrite vers 1470 en néerlandais, et imprimée pour la première fois en 1495. La pièce eut beaucoup de succès, elle est à l'origine de la pièce anglaise Everyman. Elckerlijc est attribué à Pieter van Diest, un écrivain des Pays-Bas bourguignons.

La pièce reçut le premier prix au concours Rederijker à Anvers en 1485. En tant que moralité, elle met en valeur un message didactique. Elle emploie l'allégorie du héros, "monsieur tout-le-monde" (un être humain typique). Elle est rédigée dans un style Rederijker modérément élevé.

Traductions 

  • Everyman, en anglais (XVIe siècle).
  • Hecastus, adaptation en latin (1536) par Macropedius.
  • Jedermann, adaptation par Hugo von Hofmannsthal (1911)

 

 

La Farce du cuvier est une œuvre de la littérature médiévale, demeurée anonyme. Elle compte parmi les oeuvres du genre farcesque les plus connues.

Histoire

Jacquinot, homme du peuple, doit faire face à sa femme et à sa belle mère, qui désirent le soumettre à toutes les tâches domestiques du logis. Elles lui imposent donc un "rôlet", liste des tâches qu'il aura à effectuer.

Finalement, soumis, Jacquinot trouve un jour sa femme qui, le surveillant en train de faire sa lessive, bascule dans le cuvier. Criant à l'aide, tempêtant et suppliant son époux, elle est sur le point de mourir noyée. Jacquinot lui répond simplement que la sortir de l'eau ne fait pas partie de sa liste de commissions.

Il ne se décide finalement à tirer sa femme du cuvier qu'après la promesse qu'il serait dorénavant maître chez lui, et qu'elle serait sa « servante ».

Extrait

  • LA MÈRE - Ensuite, Jacquinot, il vous faut pétrir, cuire le pain, lessiver,...
  • LA FEMME - Tamiser, laver, décrasser...
  • LA MÈRE - Aller, venir, trotter, courir, et vous démener comme un diable.
  • LA FEMME - Faire le pain, chauffer le four...
  • LA MÈRE - Mener la mouture au moulin...
  • LA FEMME - Mettre le pot au feu et tenir la cuisine nette .
  • JACQUINOT - Si je dois mettre tout cela, il faut le dire mot à mot.
  • LA MÈRE - Bon ! Écrivez donc, Jacquinot : pétrir...
  • LA FEMME - Cuire le pain...
  • LA MÈRE - Lessiver

 

 

La Farce de Maître Pathelin

Maître Pathelin au tribunal, gravure du Moyen Âge

La Farce de Maître Pathelin (ou La Farce de Maistre Pierre Pathelin, Farce Maître Pierre Pathelin, Farce de Maître Patelin) est une pièce de théâtre (du type farce) composée à la fin du Moyen Âge, vers 1460. La 1re édition imprimée date de 1464. On attribue parfois la paternité de cette oeuvre, souvent considérée par ailleurs comme anonyme, à Guillaume d'Alecis[1], voire à François Villon[2]. Les références au monde de la justice (procès, juge, avocat...) émaillant la pièce, certains avancent qu'elle a pu être écrite par un homme de justice. La pièce constitue le meilleur et l’un des plus anciens chefs-d’œuvre du théâtre comique médiéval et est, en outre, souvent considérée comme la première pièce comique de la littérature française.

La Farce de maître Pathelin est écrite en vers octosyllabiques (elle comporte 1599 vers), en dialecte d’Île-de-France. La popularité de la pièce est attestée par le nombre des éditions qui en furent faites avant la fin du XVe siècle. Plusieurs ont été données à Lyon et à Paris, sans date vers l’an 1480[3] ; la première est datée de 1485 et a pour titre Maistre Pierre pathelin in-4 goth. sans bois de 44 feuilles non chiffrée de 26 lignes à la pleine page (imprimé à Lyon par Guillaume Le Roy) ; la seconde est datée de 1490, et a pour titre Pathelin le grant et le petit (imprimé à Paris le 20 décembre 1490, in-4 goth. de 34 feuilles de 29 lignes à la page); elle est illustrée[4]. Plusieurs de celles qui suivent, au XVIe siècle, offrent des remaniements de texte et des variantes de titre ; c’est le Nouveau Pathelin, la Vie et le Testament de Maître Pierre Pathelin, la Comédie des tromperies, finesses et subtilités de Maître Pierre Pathelin, etc. De France, elle s'est répandue à l’étranger et on la trouve imitée, en Allemagne.

Satire féroce et jubilatoire, la Farce de Maître Pathelin est une joyeuse école de friponnerie universelle, une suite de ruses et de fraudes faisant ricochet, sans autre morale que le plaisir de voir tromper un trompeur. La pièce refuse toute position morale : les personnages présentés sont de réjouissantes canailles, et maître Pathelin, avocat sans cause, l’est plus encore que tous les autres réunis. Le principal personnage est resté comme un type de fourberie flatteuse et cauteleuse et c’est de cette pièce que l’adjectif patelin a revêtu l’acception péjorative de douceur insinuante et hypocrite. Une foule d’expressions de cette perle littéraire du vieux théâtre - comme « Revenons à nos moutons » - sont devenues proverbiales.

Galerie

Personnages

Les différents personnages de l'histoire :

  • Maître Pierre Pathelin, pauvre avocat malin
  • Guillemette, sa femme
  • Maître Guillaume Joceaulme, drapier
  • Thibault Agnelet, berger de maître Guillaume
  • Le Juge

Description

Maître Pathelin, avocat sans cause et rusé, décide de refaire sa garde-robe sans que cela lui coûte un sou. Il gruge le drapier Guillaume ; Pathelin emporte une pièce de tissu dont il invite le marchand à venir se faire payer chez lui . Devant Guillaume Pathelin et sa femme jouent la comédie du mourant et de la femme en pleurs, et Guillaume repart en courant. Le berger Thibault l'Agnelet vient trouver Pathelin pour lui demander le défendre dans un procès contre son maître, pour avoir égorgé ses moutons. Pathelin propose une ruse à Thibault : qu'il se fasse passer pour simple d'esprit, devant le Tribunal, et réponde à toutes les questions en bêlant comme un mouton. A l’issue du procès, plaidé par Maître Guillaume, et gagné par le berger, Pathelin ne parviendra pas à se faire payer, car l'Agnelet, plus rusé que lui, répondra en bêlant à toutes les demandes de son défenseur. A malin, malin et demi.

Notes et références

  1. Richard T. Holbrook, Guillaume Alecis et Pathelin, University of California press, 1926, cité par The Modern Language Journal, Vol. 13, No. 8 (May, 1929), pp. 688-690 [archive]
  2. C'est le cas de Jean Deroy dans son ouvrage François Villon, coquillard et auteur dramatique, Nizet, Paris, 1977.
  3. (in-4° et petit in-4°, goth.)
  4. (Paris, pet. in-4°, goth. fig. sur bois)



Farce des deux savetiers

Illustration de l'édition d'origine (source : Gallica)

La farce des deux savetiers (titre original : Farce nouvelle très-bonne et fort joyeuse des deux savetiers à troys personnages, c'est assavoir, le riche, le pauvre, le juge[1]) est une pièce de théâtre (du type farce), en vers octosyllabes, composée vers la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance (fin du XVe ou début du XVIe siècle) par un auteur inconnu[2].

Personnages 

Le pauvre de Maurice Sand pour la farce des deux savetiers

La farce met en scène trois personnages :

  • le riche, c'est un savetier
  • le pauvre, c'est aussi un savetier, nommé Drouet, il est d'humeur joyeuse,
  • le juge, c'est le prévôt de la ville qui va faire office de juge.

La scène

La farce était jouée sur une scène représentant la place d'un village avec une chapelle dans un enfoncement et la maison du juge sur un des côtés.

L'histoire

Le savetier pauvre est en train de chanter joyeusement la chanson de Jean de Nivelle et son voisin, le savetier riche, est étonné de le voir chanter alors qu'il est si pauvre. Il s'ensuit une discussion où le riche essaye de convaincre le pauvre de l'avantage d'avoir de l'argent. Finalement, le pauvre devient intéressé et demande comment l'on fait pour avoir de l'argent. Il voudrait avoir cent écus, ni plus ni moins.

Voulant se moquer, le riche lui dit qu'il suffit de prier le bon Dieu pour obtenir de l'argent. Le pauvre va alors prier devant un autel, derrière lequel est caché le riche qui, par plaisanterie, lui envoie l'argent demandé. Le pauvre attrape l'argent mais lorsque le riche veut le récupérer, le pauvre refuse, déclarant que c'est le bon Dieu qui lui a donné cet argent. Le riche veut alors qu'un jugement lui rende son argent. Le pauvre estime qu'il n'est pas assez bien habillé pour passer devant un juge et le riche lui prête une robe.

Le juge arrive et finalement donne raison au pauvre qui peut garder l'argent, en effet puisque le riche a donné l'argent au nom du bon Dieu, il doit demander au bon Dieu de le rendre :

Va dire à Dieu qu'il te les rende
Puisque les a donnez pour luy

Et le pauvre pourra même conserver la robe du riche.

La farce se termine sur cette sentence du pauvre :

Pardonnez-nous jeunes et vieux,
Une autre foys nous ferons mieux.

Le personnage du savetier dans les farces

Le savetier est un personnage que l'on retrouve dans plusieurs farces, par exemple[3] :

  • Farce nouvelle, très bonne et fort joyeuse, à trois personnaiges, c'est assavoir : le Chaulderonnier, le Savetier et le Tavernier
  • Farce joyeuse, très bonne et recreative pour rire, du Savetier, à troys personnaiges, c'est assavoir : Audin, savetier ; Audette, sa Femme, et le Curé
  • Farce nouvelle d'ung Savetier nommé Calbain, fort joyeuse, lequel se maria à une savetière à troys personnaiges, c'est assavoir Calbain, la Femme et le Galland

Jean de la Fontaine, utilisera aussi le personnage dans sa célèbre fable : Le Savetier et le Financier, qui présente d'ailleurs certains traits communs avec la farce des deux savetiers.

Texte complet

Le texte complet de la pièce est imprimé dans l'ouvrage de François et Claude Parfaict : Histoire du théatre françois depuis son origine jusqu'à présent (1749) Tome second, page 145, texte disponible en ligne sur le site web Google Books.

Éditions

  • Date inconnue : édition originale imprimée par Pierre Sergent en caractères gothiques, il en existe un exemplaire à la bibliothèque de Dresde en Allemagne qui l'avait acheté en 1743 ou 1744 lors de la vente des livres de l'auditeur des comptes Jean-Louis Barré ; la farce des deux savetiers y est relié à la farce de Mundus, Caro, Demonia.
  • 1612 : réimpression mise en meilleur langage de Nicolas Roussel
  • 1827 : réimpression en fac-simile de l'édition originale, édité par Firmin Didot à Paris
  • 1838 : réimpression en fac-simile de l'édition originale, édité par Silvestre à Paris, imprimerie Crapelet

Notes et références

  1. Le comte de Douhet et l'abbé Migne, Dictionnaire des mystères ou Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières, J.P. Migne 1854, 1576 pages, p. 1524 - disponible en ligne [archive] sur Google Books
  2. L.L. Buron, Histoire de la littérature en France, Librairie classique de Perisse Frères (Paris et Lyon), 1851, 606 pages, p. 222 - disponible en ligne [archive] sur Google Books
  3. Catalogue de la bibliothèque elzevirienne, chez P. Jannet, libraire, Paris, juin 1857, page 25, dans le Recueil de poésies françoises des XVe et XVIe siècles réunies et annotées par M. Anatole de Montaiglon, P. Jannet, libraire, Paris 1857 - disponible en ligne [archive][pdf] sur Gallica



Le Mystère des Actes des Apôtres fut commandé par le roi René d'Anjou, comte du Maine à Simon Gréban, frère d'Arnoul Gréban et chanoine du Mans. L'œuvre a dû être écrite en 1460-1470. Comprenant plus de 60 000 vers, c'est le plus copieux de tous les drames français du Moyen Âge. L'auteur a réparti en 9 livres l'histoire des apôtres de Jérusalem, leurs voyages en Orient, aux Indes, en Arménie, Espagne, Grèce, Éthiopie, Babylonie, Scythie, Rome. Le Mystère se termine par le supplice de saint Pierre et saint Paul. De nombreuses représentations intégrales ou partielles eurent lieu au XVIe siècle. Les plus importantes furent celles de Bourges30 avril-août 1536). À cette occasion il fut imprimé à Paris en 1538 et 1540. (


Le livre fait référence à un petit démon marin au nom de Pantagruel, qui assèche la gorge des ivrognes en leur jetant du sel dans la bouche. Ce petit démon inspirera François Rabelais quand il inventera le héros de son premier roman, Pantagruel, en 1532.

Bibliographie 

  • Mystères des actes des Apôtres - Le Premier (et le Second) volume du Magnifique Mystere des Actes des Apostres. Continuant la narration de leurs faictz et gestes Selon lescripture saincte Accordee a la prophane histoire et legendes ecclésiastiques. Nicolas Couteau, Paris, 1538, Arnoul et Charles Langelier, Paris, 1540 de Simon et Arnoul Greban.

 

 

Le Pâté et la Tarte

Le Pâté et la Tarte (titre original : La farce nouvelle du pasté et de la tarte[1]) est une pièce de théâtre (du type farce) composée vers la fin du Moyen Âge (XVe siècle) par un auteur inconnu.

La farce met en scène quatre personnages dénommés : les deux coquins, le pâtissier (paticier) et la femme.

L'histoire

Le pâtissier, qui part en ville, dit à sa femme qu'il lui enverra un messager qu'elle reconnaîtra grâce à un signal convenu, et à qui elle devra remettre un pâté d'anguille.

Les deux coquins ont tout entendu et l'un d'entre eux, se faisant passer pour le messager grâce au signal qu'il a retenu, réussit à récupérer le pâté et le mange en compagnie de son complice. À son retour, le pâtissier pense que sa femme a mangé le pâté et se met à la battre.

Le second coquin décide alors d'aller récupérer une tarte chez le pâtissier, mais naïvement il utilise le même signal que précédemment. Le pâtissier n'est bien sûr pas dupe et se met à bastonner le coquin en exigeant qu'il lui ramène son complice. Le coquin obéit et l'autre coquin se retrouve puni à son tour.

Les aspects comiques

Le Pâté et la Tarte reprend les ressorts comiques classiques de la farce :

  • Le fait que le « trompeur » se fasse finalement tromper à son tour, ainsi les deux coquins qui se croyaient les plus malins se font finalement prendre.
  • Un autre aspect comique réside dans le comique de répétition. Par exemple la formule Qu'avez-vous fait de mon pâsté ? que le pâtissier utilise de manière répétitive, tout d'abord envers sa femme, puis envers le coquin. Cette formule répétitive n'est d'ailleurs pas sans rappeler le célèbre Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? des Fourberies de Scapin de Molière.
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