Les verreries d'Argonne

Les verreries d'Argonne sont déjà prospères aux IIIème et IVème siècle, à la périphérie du massif forestier alors plus étendu qu'aujourd'hui. Les ateliers des Houis (Sainte-Ménéhould), Berthaucourt (Froidos), La Clairière (Lavoye) et probablement d'autres, produisent verres à vitres, cubes colorés pour mosaïques, bijoux, gobeleterie, vases à parfum que l'on retrouve dans les sépultures avec les urnes funéraires, d'une facture et d'une qualité à peine égalée aux meilleures périodes des siècles suivants. Les invasions barbares leur portent un coup fatal.

Les sépultures des siècles suivants nous ont cependant livré quelques objets de verre. D'aspect plus frustre et de composition différente, leur origine locale est incertaine, mais supposée, car la potasse issue des cendres de bois y remplace la soude. Incertaine aussi, quoique probable, est l'activité verrière autour des premiers monastères, aux VIIème et VIIIème siècles, mais la coutume des dépôts funéraires ayant disparue depuis la propagation de christianisme, seule une découverte archéologique pourrait, en l'absence de textes, nous en apporter la certitude.

 

LE "REDEMARRAGE"

La véritable naissance de l'industrie actuelle du verre coïncide avec l'installation des moines cisterciens au XIIème siècle. Chaque abbaye a pour le moins un four dans la forêt voisine, autant pour satisfaire ses propres besoins que pour exploiter le bois de la façon la plus rentable.

Deux d'entre eux sont les plus anciens du Moyen-Age, actuellement datés, de toute l'Europe du Nord : Pairu (Forêt de Lachalade) et Les Bercettes (forêt de Neuvilly). Un document de cette époque nous indique que la frontière du Verdunois, entre Vienne-le Château et Varennes, passe par les "verrières". De fait, nous en connaissons là sept de différents âges, concentrées sur quelques kilomètres, dont les dernières n'ont cessé leur activité qu'au XIXème siècle. La diffusion de leurs produits (particulièrement la gobeleterie) est attestée aux XIIIème et XIVème siècles en Champagne, en Flandre, en Bourgogne et vraisemblablement à Paris (fouilles du Louvre). Vitraux et flacons sont fabriqués à moindre échelle, sans doute pour les besoins locaux.

Mais la seconde moitié du XIVème siècle est fatale à la plupart d'entre elles. La récession, les épidémies de la "peste noire" et la Guerre de Cent Ans ont fait de tels ravages que la population, décimée, se regroupe dans les centres : Clermont, Varennes, Sainte-Ménéhould. De grands espaces précédemment défrichés retournent à la forêt ou, envahis de broussailles, servent de pâturages.

Commentaires (1)

1. JANNIN Marie-Christine 16/06/2010

Bonjour

Intriguée par ce morceau d'article sur les verreries d'Argonne , peu courant ...
Quelles motivations ? Quelles recherches ou sources ?

Cordialement

MCJ

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