Les grands incendies durant le Moyen âge

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 Grandes catastrophes de l'époque médiévale

Parmi les épreuves qu’ont endurées les hommes du Moyen Âge, les incendies urbains, par leur violence et l’ampleur de leurs répercussions sur le devenir des villes et de leurs sociétés, s’imposent comme des événements majeurs du fait urbain.

Dans la ville médiévale, on manquait d’espace de construction, tout agrandissement étant financé par les bourgeois de la ville. Comment gagner de la place ? La construction en hauteur est une première solution, grâce au pan de bois. La seconde consiste à faire avancer les étages de manière à surplomber la rue, c’est l’encorbellement. 

Un tel système implique également du bois, donc des risques d’incendie. Ajoutons qu’avec tous les animaux de trait qui vivaient dans la ville, les écuries étaient nombreuses, avec leurs stocks de foin. On en était conscient. Au sommet des cathédrales ou des tours, un guetteur veillait. Un garde circulait dans la rue à nuit tombante et appelait les bourgeois à prendre leurs précautions « afin qu’aucun malheur n’arrive ».

585, grand incendie de Paris.

Voici le récit de Grégoire de Tours (~539-594, Evêque de Tours et historien) rapporté par Adrien de Valois (1607-1692, historien) : le feu maisons-a-encorbellement.pngcommence par les maisons voisines de la prison et d'une des portes de la Ville du côté du midi, par conséquent près du Pont méridional ; de là, comme de son centre, il se répandit d'un côté jusqu'à une autre porte, près de laquelle était la Chapelle de S. Martin (ne pas confondre avec l'église de S. Martin des Champs) et de l'autre côté il ne fut arrêté que par la rivière. Toute la Ville fut enveloppée dans cet incendie à l'exception des églises et de leurs presbytères. Cependant par cette expression toute la ville, peut-être ne faut-il entendre que l'enceinte méridionale, terminée au midi par la Chapelle où l'Oratoire de S. Martin, et au nord par le bras gauche de la rivière, à l'exclusion de la Cité. Celui qui avait bâti cet Oratoire vivait encore ; il s'y réfugia avec sa femme et tout ce qu'il possédait: il fut ainsi préservé du feu, et sauva en même temps sa maison avec quelques autres maisons voisines. C'est la dernière fois qu'il est parlé de cette Chapelle dans l'histoire: elle n'était bâtie que de branchages ; et elle ne paraît pas avoir subsisté longtemps depuis, soit qu'elle soit tombée d'elle-même, soit qu'on lait abattue pour faire place à d'autres bâtiments, soit enfin qu'elle ait été unie à l'église voisine de S. Séverin, qui compte en effet S. Martin au nombre de ses patrons. On a rebâti une autre église sous le même nom assez loin de la Ville du côté du nord ; et celle-ci était sur pied dès le VIIe siècle, ou au commencement du VIIIe. Adrien de Valois avait d'abord rapporté cet incendie à l'an 586 ; mais par la suite il a mieux aimé le fixer à l'an 585.

588, premier incendie d'Avaricum (Bourges).

C'est le premier vrai incendie qui est rapporté d'une manière cohérente par le célèbre chroniqueur, Grégoire de Tours. Cet incendie ravage la plus grande partie de la cité d'Avaricum, c'était juste après la construction du premier Hôtel Dieu en haut de ce qui sera la rue Bourbonnoux.

Vers 676, incendie de la cathédrale de Noyon.moines-lutte-incendie-moyen-age.jpg

La première cathédrale de Noyon, réparée par saint Éloi, est détruite par le feu ou tout au moins très endommagée par un incendie. A cette époque, une vierge nommée Godeberte, qui jouissait d'une grande réputation de sainteté, habitait à Noyon et se trouvait gravement malade. Le feu ayant éclaté autour de la cathédrale avait déjà brûlé les tentures et le mobilier de l'édifice quand sainte Godeberte se fit transporter devant le foyer de l'incendie et arrêta les flammes d'un signe de croix. Comme son biographe Radbod II vivait au XIe siècle, il faut évidemment faire une grande part à la légende dans ce récit. Il est beaucoup plus probable qu'une partie de la basilique fut seulement épargnée par le feu et que l'évêque saint Mummolin ou son successeur Gondouin entreprirent la construction d'une seconde cathédrale.

743, incendie de la cathédrale de Chartres.

Incendie et destruction par les Wisigoths du duc d’Aquitaine, Hunald lors de la mise à sac de la ville, de la toute première cathédrale de Chartres, celle de l'évêque Aventin, datant de la seconde moitié du IVe siècle, construite sur l'emplacement d'un ancien temple gallo-romain.

840, incendie de Nantes.

Pillage et incendie de Nantes par les Normands, le jour de la Saint-Jean. La population réfugiée dans la cathédrale et l'ancienne église Saint-Jean qui la jouxte est massacrée.

844, incendie de Clisson.

Pillage et incendie de Clisson (Marches de Bretagne) par les Normands.

858, incendie de la cathédrale de Chartres.

Le 12 juin, 2ème cathédrale de Chartres détruite par les pirates danois. L'évêque Gislebert reconstruit et agrandit l'édifice. Il en subsiste le martyrium, appelé chapelle Saint Lubin.

919, incendie de la cathédrale de Nantes.

La ville de Nantes est prise par une puissante armada Viking qui la pille et incendie la cathédrale malgré la résistance de Foulques 1er et de la Garde Nantaise.

962, incendie de la cathédrale de Chartres.

Incendie de la façade et des toitures de la cathédrale de Chartres (élevée sous l’Evêque Gislebert)  provoqué par les troupes de Richard Ier de Normandie, dit Sans Peur, pendant la guerre qui l’oppose à Richard 1er. Réparations effectuées par l'architecte Teudon.

963, incendie de Châlons-en-Champagne.

En 963, la ville de Châlons-en-Champagne fut prise et brûlée par Herbert II, comte de Champagne. En effet, bien que située au centre du comté de Champagne, la ville de Châlons n’en faisait pas partie ; elle se trouvait sous l’autorité de son évêque qui, en sa qualité de comte et pair de France, dépendait directement du roi de France. Probablement parce que sa cathédrale avait été sinistrée par cet incendie, l’évêque Gibuinus ou Jubin Ier (947-999) la fit rebâtir par un certain Hugues, moine qui avait travaillé à la reconstruction de son abbaye de Montier-en-Der (Haute-Marne).

976, incendie de Venise.la-basilique-saint-marc-a-venise-mosaique-representant-l-ancienne-basilique-detruite-en-976.jpg

À la suite de la révolte de Vénitiens contre le doge Pietro IV Candiano qui mirent le feu aux maisons situées à côté du palais des Doges pour le forcer à fuir, cette première église fut détruite par l'incendie en 976, en même temps que le palais des Doges, l'église Saint-Théodore, premier saint patron de Venise et 200 maisons alentour.

992, Incendie du Mont-Saint-Michel.

Incendie du Mont-Saint-Michel : le feu, parti du bas du Mont, s'étend jusqu'au monastère et tout ou presque tout est détruit.

996, Incendie de Dol.

Pillage et incendie de Dol, en Bretagne, par les Normands emmenés par le Viking Olaf Lagman.

1020, incendie de la cathédrale de Chartres.

Les 07 et 08 septembre, incendie accidentel de la cathédrale de Chartres qui fut complètement détruite dans la nuit. Par chance, un homme, instruit et volontaire, décida de se faire le maître d’œuvre de la reconstruction : il s’agissait de Fulbert, évêque de Chartres. Il se servit de ses contacts avec les puissants de son époque pour obtenir d’importants subsides et conçut les plans du nouvel édifice. La construction de cette dernière dura de 1020 à 1024. La dédicace de cette cinquième cathédrale eut lieu le 17 octobre 1037.

1120, incendie de l’abbaye bénédictine Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay.

Dimanche 25 juillet, un incendie frappe l’abbaye bénédictine Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay (consacrée en 1104), détruisant la nef carolingienne de l'église et provoquant la mort de 1 200 personnes. Cet évènement invite à la construction de l'abbatiale actuelle, consacrée en 1132.

1130, incendie à Rouen.

Incendie des églises Saint-Ouen et Saint-Amand (dédiée en 1078) à Rouen (Normandie).

1130, incendie de la cathédrale de Strasbourg.

Un orage provoque un incendie à la cathédrale de Strasbourg entrainant des dégâts considérables.

1131, incendie de la cathédrale romane de Noyon.

Incendie de la cathédrale romane de Noyon, dans laquelle Charlemagne puis Hugues Capet avaient été couronnés, qui est entièrement détruite. Les prélats s'employèrent alors à reconstruire, dans la veine du nouveau style architectural initié par Suger à la l'abbatiale de Saint-Denis : ce que nous appelons aujourd'hui le gothique. Le chantier s'étala sur plus d'un siècle. Le chœur était achevé vers 1150, le transept vers 1160, la façade entre 1220 et 1230 et les tours aux XIIIe et XIVe siècles.

1134, incendie de Chartres.incendie-ville-moyen-age2-1.jpg

Le 05 septembre, un incendie important détruit une partie de la ville de Chartres, dont l'Hôtel-Dieu, mais n'atteint toutefois pas la cathédrale. Le résultat de ce dernier désastre fut que le porche occidental de l’église et le beffroi attenant furent perdus. Une nouvelle série de reconstructions fut alors nécessaire. La construction de la façade occidentale de la cathédrale commença vers 1140. Une conséquence de cet incendie fut aussi que l’érection des tours que nous connaissons aujourd’hui fut entamée. Ces tours n’étaient pas proches de l’église mais plutôt en avant de celle-ci. Ce projet commença et fut finalement achevé.

1136, incendie à Rouen.

Le Monastère de Saint-Ouen à Rouen (Normandie), devint la proie des flammes. L’église que l’on avait achevée depuis dix ou douze ans, et qui, au rapport d’Orderic-Vital, historien, était d’une admirable structure, ne fut point épargnée dans cet incendie.

1138, incendie de Lübeck.

Premier grand incendie de Lübeck (qui s'appelait à l'époque Liubice), agglomération slave du Holstein, connue depuis le temps de Charlemagne. Réduite en cendres, la ville fut rebâtie par Adolphe II de Schauenburg et Holstein.

1138, incendie de la cathédrale de Châlons-en-Champagne.

Second incendie (le premier eu lieu en 963) de la cathédrale romane de Châlons-en-Champagne, construite par Jubin Ier à la fin du Xe siècle, qui entraîne la construction d'une 3e cathédrale romane, consacrée le 26 octobre 1147 par le pape Eugène III de passage à Châlons.

1140, incendie de la cathédrale de Strasbourg.

Un orage provoque un incendie à la cathédrale de Strasbourg entrainant des dégâts considérables.

1143, incendie de Vitry-en-Perthois.

Dès mai 1141, Louis VII (Le Jeune. v.1120-v.1180) s'oppose au comte Thibaud II de Champagne et au pape Innocent II au sujet de l'investiture pour l’évêché de Langres, pour lequel il voulait imposer un moine de Cluny et le candidat de Bernard de Clairvaux. Il s'oppose à nouveau au pape en tentant d'imposer son candidat au siège de Bourges en 1141 contre Pierre de La Châtre, soutenu par le pape Innocent II. Le pape finit par excommunier Louis VII, et Pierre de La Châtre trouve refuge en Champagne. En décembre 1142, le roi envahit le comté et lors de son avancée incendie en janvier 1143 Vitry-en-Perthois et son église dans laquelle s'étaient réfugiés les habitants du village, qui y trouvèrent une mort affreuse de ceux-ci fut reprochée au roi, qui partit en croisade pour expier cette faute.

1159, incendie de Lübeck.

Deuxième incendie de Lübeck, à peine reconstruite après le premier, qui sera relevée de ses cendres cette fois par le duc de Saxe et de Bavière Henri le Lion.

1173, incendie à Rouen.

Treize paroisses de Rouen (Normandie) sont détruites par le feu avec leurs églises.

1176, incendie de la cathédrale de Strasbourg.

Un orage provoque un incendie à la cathédrale de Strasbourg entrainant des dégâts considérables.

1184, incendie de l’église de Glastonbury (Angleterre).

Quand les saxons atteignirent Glastonbury en 658, la vieille église, comme on l’appelait, existait déjà, dédiée à Notre Dame. Elle était aussi appelée l’Eglise de bois et décrite comme la plus ancienne église d’Angleterre, la source et la fontaine de toute religion. En 1184, à peine avait-on achevé de la construire que tout l’ensemble, église et abbaye fut réduit en cendres par un grand incendie. On eut le courage de reconstruire aussitôt, et cette fois-ci, en pierre, consacrée en 1186, en y plaçant l’ancienne statue. Durant le Moyen Age, ce fut un grand lieu de pèlerinage, la fête du sanctuaire était le 8 septembre.

1185, incendie à Liège.

Les 26, 27 et 28 avril, Liège est frappée par l’incendie de la cathédrale Saint-Lambert (celle de Notger), d'une section du palais épiscopal, de l'église des Onze-Mille-Vierges de la rue Sainte-Ursule, de la collégiale Saint-Pierre et de l'église paroissiale des saints Trond et Clément. Une grande partie du XIIIe siècle sera consacrée à la reconstruction de la cathédrale de Saint-Lambert, qui aura pour premier maître d'œuvre un certain Henri de Louvain, de la paroisse Saint-Michel.

1188, incendie de Troyes.

Le feu prit, la nuit, sur le champ de foire ; l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains, la collégiale de Saint-Étienne, qu'on venait de reconstruire, le palais des comtes de Champagne, la cathédrale de Saint-Pierre, tout flamba. Les religieuses de Notre-Dame furent brûlées vives.

1194, incendie de la cathédrale de Chartres.

Dans la nuit des 10 et 11 juin, un incendie accidentel détruit la cathédrale romane de Chartres, construite par l'évêque Fulbert. Ce sinistre fit périr des centaines de malheureux et disparaître presque toute l'ancienne cathédrale. La crédulité de la foule apeurée était sans bornes. Rigord affirme qu'on voyait, dans les villes en flammes, des corbeaux voler, portant au bec des charbons ardents et brûlant les maisons épargnées, ne laissant que les cryptes, la façade et les tours. Le Voile de la Vierge, mis à l'abri dans la crypte dite "caveau de Saint Lubin". La tour sud était terminée, mais la tour nord n'atteignait que 41 mètres environ. Toutes deux ne souffrirent pas du feu. En réchappèrent aussi la façade ouest au complet et le vitrail "Notre-Dame de la belle verrière". Ainsi, commença la construction de Notre Dame de Chartres en 1194, elle sera consacrée en 1260.

1200, incendie de la cathédrale de Rouen.

Le 08 avril, un incendie détruit la cathédrale romane de Rouen (Normandie), dont il ne subsista que la nef, qui fut conservée lors de la construction de la cathédrale gothique. Mais, d’après quelques historiens, l’incendie de 1200 ne fut pas aussi destructeur qu’on l’a cru, qu’il n’atteignit que les voûtes et que la cathédrale actuelle date du dernier quart du XIIe siècle.

1203, incendie à Rouen.

Incendie de l’église Saint Maclou à Rouen (Normandie). Elle fut reconstruite à deux reprises, en 1203 et 1210.

1210, incendie à Reims.

Le 06 mai, incendie de la cathédrale de Reims qui embrase tout le quartier, « l’année d’une éclipse de soleil ». Elle avait été construite dans le style pré-roman peu avant l'An Mil.

1210, incendie à Rouen.

Incendie des paroisses Saint Cande et Saint Denis et de leurs églises à Rouen (Normandie).

1211, incendie à Rouen.  

Incendie du quartier Saint Maclou à Rouen (Normandie).

1212, incendie de Londres.

grand-incendie-de-southwark-a-londres-en-1212.jpgLe 10 juillet, premier grand incendie de Londres. Il se déclenche dans le quartier Southwark, le pont London Bridge fut atteint, mais étant construit en pierre, il ne brûlât pas, mais les maisons construites le long de ce dernier de manière à encaisser les loyers étaient construites en bois avec des toits de paille ou de chaume et étaient rapprochées. Beaucoup de citoyens sont morts dans l'incendie, car ils se sont précipités sur le pont afin de le traverser et aider à éteindre les incendies venant en sens inverse. Les étincelles soufflèrent sur eux, allumant les structures en bois derrière eux et ils ont été pris au piège dans le brasier. Ils sont morts dans l'incendie ou lorsqu’ils ont essayez de fuir à bord d’embarcations surchargées envoyées pour les sauver. Le feu a été mentionné dans le Liber d’Antiquis Legibus (Livre sur les anciennes lois) écrite en 1274. Il est le plus ancien livre des records à Londres. Il n'y a pas de nombre exact de morts pour le feu et certaines sources la liste 3000 personnes qui ont péri sur le pont seul, mais il est ressenti par les historiens modernes pour être une exagération.

1212, incendie à Rouen.

Plusieurs paroisses de Rouen sont détruites lors d’un incendie.

1215, incendie de Saint-Gall (Suisse).

Le 02 mai, la ville est détruite par un incendie, le feu épargna l’abbaye et quelques maisons.

1228, incendie à Rouen.  

La ville de Rouen (Normandie) qui a souvent été frappée par des incendies, l’est de nouveau la veille de la Saint-Laurent. La plupart des maisons situées depuis l’église (Vème Siècle) et la  Paroisse Saint-Patrice jusqu’à la rivière de Seine ayant été soit détruites ou extrêmement endommagées.  

1230, incendie de la cathédrale de Châlons-en-Champagne.

Incendie, provoqué par la foudre, de la cathédrale Saint-Étienne de Châlons-en-Champagne, consacrée le 26 octobre 1147 par le pape Eugène III. Il ne subsista de l'édifice que la tour Nord et la crypte, de style roman, et il fallut une nouvelle fois reconstruire presque totalement la cathédrale.

1244, de Winterthour.

Un incendie ravage la ville de Winterthour (Canton de Zurich, Suisse), l’église, mentionnée pour la première fois en 1180, est touchée et sera reconstruite en plusieurs étapes.

1248, incendie à Rouen.  

Le Monastère de Saint-Ouen à Rouen (Normandie) ainsi que son église sont de nouveau détruits par un second incendie, l’un des plus considérables dont les annales de Rouen fassent mention ; lequel réduisit en cendres une parties de la ville, dont les églises Saint-Godard et Saint-Laurent, ainsi que la plupart des maisons construites en pans de bois, ce qui facilita la progression du feu. L’abbé Hugues de Courmoulins, ou de Comte-Moulins, et ses religieux, obligés de fuir encore une fois, se retirèrent dans leur manoir de Bihorel, près de Rouen, avec ce qu’ils purent sauver de leurs titres, chartes, et les objets les plus précieux de leur sacristie.  

1250, incendie à Rouen.

La rue Prêtresses à Rouen (Normandie) est entièrement détruite par un incendie.

1252, incendie à Bourges.

Le 23 juin, incendie dans le centre de la ville de Bourges, entre la porte Gordaine, située à l'Est, et la cathédrale, qui n'était pas terminée, ne laissant qu'une seule maison ainsi que le chantier de la cathédrale. Cet embrasement berruyer est le premier à être documenté…

La ville qui comptait entre 10 000 et 15 000 habitants en ce milieu du XIIIème siècle était la troisième ville du domaine royal derrière Paris et Orléans et connaissait une vive expansion. A la suite de ce sinistre, la reine Blanche de Castille, garante du « bien commun », dépêcha en toute hâte ses enquêteurs auprès des sinistrés.

Considérant les données de l’enquête, circonscrites aux quatre paroisses de Saint-Médard, Saint-Pierre-le-Marché, Saint-Pierre-le-Guillard et Saint-Ambrois, le sinistre ravagea un large quart nord-ouest de la ville neuve entre l’enceinte antique et l’enceinte médiévale.

Cet embrasement fut un sinistre de première grandeur. 1 088 « logements » qui peuvent abriter trois personnes par foyer « fumant », et c’est le chiffre global de 3 000 Berruyers victimes qui s’impose. L’origine précise de l’incendie n’est pas mentionnée dans le préambule de l’enquête et aucun déclarant ne l’évoque.

1293, incendie à Noyon.

Violent incendie à Noyon, réduisant en cendres la ville et, dit la chronique, la première cathédrale gothique construite entre 1145 et 1231, qui avait succédé à la cathédrale romane, dans laquelle Charlemagne puis Hugues Capet avaient été couronnés, déjà ravagée par un incendie en 1131 fut endommagée puis restaurée.

1298, incendie à Strasbourg.

Le jour de l’Assomption, en partant un matin de Strasbourg, un des cavaliers qui accompagnaient l’empereur Albrecht laissa par mégarde une chandelle allumée dans les écuries du palais épiscopal. Il s’ensuivit un terrible incendie qui détruisit 355 maisons entre la zone de la cathédrale et l’actuelle place Kléber. La cathédrale fut aussi atteinte, le feu avait gagné les échafaudages de la cathédrale par une corde de grue et atteint les toits, la charpente et les orgues brulèrent, une partie des vitraux furent détruits, le toit en plomb et les cloches fondirent. La chronique de Closener donne quelques bâtiments détruits : la moitié du vieil hôpital, quelques maisons nobles, les boutiques de barbiers, les boutiques devant Saint-Martin (place Gutenberg), les arcades aux textiles devant la cathédrale, les maisons de la rue des faiseurs d’éperons, la maison du Prieur, la rue des cordonniers, etc.

1300, incendie au Mont Saint Michel.

Sous Guillaume du Château 25ème abbé, la foudre écrasa l'Eglise, les clocher furent fondues, les toits de l'Eglise, du dortoir et d'autres logis furent brûlés, et les charbons tombant sur la ville ne laissèrent maisons sur pied.

1312, incendie à Liège.

Dans la nuit des 03 et 04 août, le peuple soutenu par le chapitre cathédral, boute le feu à la  collégiale Saint-Martin de Liège, où s'étaient réfugiés les patriciens de Liège (surnommés « les grands »), suite du conflit qui les opposait aux plébéiens (surnommés en parallèle « les petits »); l'épisode porte le nom de Mâle Saint-Martin. Cet épisode des luttes communales à Liège fut un des plus féconds en résultats.

1314, incendie de Saint-Gall (Suisse).

Le 23 octobre, un incendie anéantit l’abbaye et presque toute la ville.

1325, incendie de Plock.

Incendie de Płock (Pologne) par le roi Ladislas Ier le Bref pour punir la Mazovie de s’être alliée avec les Teutoniques.

1326, incendie à Bruxelles.

Violent incendie au Sablon qui était encore un faubourg de Bruxelles. Il se communique à plus de 2 000 maisons, baraques et ateliers de tisserands.

1327, incendie de Munich.

Le 14 février, un grand incendie détruisit le tiers de la ville  de Munich (Bavière, Allemagne). L'empereur Louis IV la fit reconstruire assez rapidement.

1338, Second incendie de Bourges.

1353, incendie de Bourges.

Troisième grand incendie à Bourges, alors que le Prince de Galles assiège la ville, l'Eglise Saint Jean des Champs fut en grande partie détruite, ainsi que les maisons qui étaient autour. Le vent soufflant de manière violente, l'incendie gagna tout le centre de Bourges, la Cathédrale, essentiellement formée de pierre, et qui étaient terminée depuis peu échappa au sinistre.

1356, incendie de la cathédrale de Lessay.

Pillage et incendie de l'abbaye bénédictine de Lessay (Normandie) fondée en 1056 par l’abbé Anselme, puis les abbés Geoffroy et Garin du Bec Hellouin. Cet incendie provoqué par les troupes anglo-navarraises, durant la guerre de Cent Ans, ravage la nef et la tour Lanterne et se propage partiellement aux bâtiments monastiques. La restauration, à l'identique, ne sera achevée qu'au début du XVe siècle.

1384, incendie de la cathédrale de Strasbourg.

Le 17 mars, à Strasbourg, arriva un incendie, qui fit beaucoup de dommage à la cathédrale. Les ouvriers, qui faisaient quelques réparations aux orgues, y laissèrent par négligence du feu dont ils avaient eu besoin pendant leur travail. Ce feu se déclara pendant la nuit: il alluma le corps de l'ouvrage et brûla non seulement toutes les orgues, mais encore toute la toiture de plomb, qui s'étendait de la tour au chœur. On parvint à préserver celui-ci et le reste du bâtiment. On s'occupa peu après à faire de nouvelles orgues, qui furent posées en 1385 et qui coûtèrent mille livres deniers.

1397, incendie de Strasbourg.

Le 15 février, à Strasbourg, il s'éleva un grand vent. Le feu prit à minuit à la maison de l'Ammeistre Henri Kranch, et se communiqua à quatre cent maisons qui, n'étant construites qu'en bois, furent dans moins de six heures réduites en cendres. Ce vent abattit la petite tourelle qui était au - dessus du chœur de la cathédrale, et fit tomber les cloches qui s'y trouvaient.

1405, incendie de Berne.

Le 14 mai, grand incendie de Berne, en Suisse, qui ravagea les trois-quarts de la ville. Poussé par la bise, le feu se propagea sur l’ensemble de la cité lovée dans une boucle de l’Aar et détruisit tout sur son passage. Environ 600 maisons furent réduites à néant, plus de 100 personnes perdirent la vie et la plupart des survivants furent dépouillés de leurs biens. Après cette date, le bois fit place peu à peu au colombage et à la pierre dans la construction des maisons. Les habitants furent encouragés à remplacer sur les toits les bardeaux de bois par des tuiles d'argile.

1405, incendie à Bruxelles.

Incendie du quartier des Marolles (quartier populaire, où logeaient les tisserands et les artisans, comme en témoigne le nom des rues) à Bruxelles (Belgique), allumé par les patriciens qui désiraient calmer la population trop nerveuse, qui anéantit 2 400 maisons et 1 400 métiers à tisser. L'église romane Notre-Dame-de-la-Chapelle fut détruite et reconstruite dans le style gothique en 1421.

1407, quatrième sinistre à Bourges.

1416, incendie de Morat.

Un grand incendie ravage la ville de Morat (Suisse), dont la plupart des maisons, construites en bois, sont détruites. Lors de sa reconstruction, les bâtiments furent édifiés en pierre.

1418, incendie de Saint-Gall (Suisse).

Le 20 avril, un incendie anéantit l’abbaye et presque toute la ville y compris le faubourg Sankt Mangen ou Saint-Magne.

1423, incendie de Marseille.

Du 20 au 23 novembre, mise à sac et incendie de Marseille par la flotte catalane d'Alphonse V d'Aragon, qui ravage la ville, faisant fuir les trois-quarts de la population et anéantissant l'habitat médiéval, les habitations aux fortes charpentes de bois s'embrasèrent d’autant plus facilement que le feu était attisé par un vent violent.

1426, incendie du château de Kagenfels.

Un incendie accidentel ravage les bâtiments du château de Kagenfels (forêt d’Obernai dans le Bas-Rhin) causé par la négligence des gardiens et valets qui prenaient un bain.

1450, Premier grand incendie de Gera (Thuringe, Allemagne).

1463, incendie de Toulouse.

Grand incendie de Toulouse (consumée durant quinze jours du mois de mai), dans la ville médiévale, parti du couvent des Carmes, le feu prit vers les dix heures du soir dans la maison d’un boulanger situé à l’’angle de l’actuelle rue du Languedoc et de la rue Maletache. Activé par le vent d’autan qui soufflait en violentes rafales, il détruisit la partie centrale de la cité entre la Garonne et l'actuelle rue d'Alsace-Lorraine jusqu’à l'hôtel de ville ; il ruina plusieurs églises, couvents et autres édifices publics, propagé par un vent violent à travers les rues étroites, la flèche des Augustins s’effondra, et 7 046 maisons à pans de bois devinrent la proie des flammes. Le chroniqueur Simplicien Saint-Martin nous dit que les voûtes de toutes les églises touchées par cet incendie s'effondrèrent. Si, de fait, les couvertures de certains bâtiments du couvent furent gravement endommagées, il semble cependant que les édifices, construits en dur, eurent moins à souffrir que la plupart des maisons du quartier. Le roi Louis XI, en visite à Toulouse et logeant à la Trésorerie, pour soulager la misère de la ville et la dédommager de ses pertes lui accorda une exemption de taille (impôt) de cent ans.

1463, cinquième incendie de Bourges.

1466, incendie de Herrenberg.

Premier grand incendie de Herrenberg dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne), 90 maisons furent détruites.

1468, incendie de Liège.

Incendie et mise à sac de la ville de Liège. Dans la nuit du 29 octobre, alors que la ville est assiégée par les troupes de Charles le Téméraire, présent en personne et accompagné par Louis XI, un groupe de personnes qu'on appellera "les 600 Franchimontois"  prêtent main forte aux insurgés liégeois, et tentent de se faire maîtres du campement situé sur les hauteurs de la ville. Repérés, et sans l'effet de surprise escompté, leur petit nombre face aux troupes bourguignonnes et aux archers écossais de Louis XI leur impose une terrible défaite. Le lendemain, 30 octobre 1468, Charles le Téméraire et Louis XI entrent dans la ville. De nombreux habitant sont ligotés les uns aux autres et jetés tels quels dans la Meuse. Liège est incendiée. L’incendie de la ville dura sept semaines. Charles Le Téméraire ne laissa derrière lui que des décombres et un vaste charnier. Et c'est cet incendie, qui durera sept semaines, qui lui donnera ce surnom de "Cité ardente".

1479, incendie de Dôle.

Les 25, 26 et 27 mai, saccage et incendie de la ville de Dôle (Jura, France) par Charles d'Amboise, grand favori de Louis XI, qui massacre les habitants. Tous les chroniqueurs de l'époque sont d'accord : jamais on vit plus abominable massacre. Jamais on ne vit plus de sang, de cervelle et d'entrailles répandus dans les rues d'une cité. Cela se passa le 25 mai 1479. Ce jour là, à 6 h du matin, les habitants de Dole, qui était assiégée depuis 3 mois déjà par les troupes royales, entendirent soudain "grands fracas et grandes rumeurs" : un groupe d'Alsacien venait de pénétrer dans leur ville "par ruse et félonie". C'est lors de ce siège que s'est déroulée la résistance héroïque des Dolois dans la cave d'Enfer. La résistance de certains habitants y est acharnée: alors que les troupes du roi lancent: "Comtois, rends-toi"... la réponse des Dolois est restée célèbre: "Nenni, ma foi!".

1487, incendie de Bourges.

l-incendie-de-bourges-en-1487-dessin-de-bernard-capo.jpgLe 22 juillet, se déclara le grand incendie de Bourges, dit de la Madeleine. Un tiers de la ville fut totalement détruit. Les flammes sont venues « lécher » les murs de la cathédrale, mais elle ne flambera pas. Ce fut une catastrophe pour la Ville et la région. Pour beaucoup, Bourges ne s'est jamais remis de ce fléau, ce fut le début de son déclin.
Les documents sur le sujet sont rares. Retenons, pour la description, un texte de 1566 de Jean Chaumeau. Le feu a pris dans la maison d'un pauvre menuisier de la rue Saint Sulpice, au lieu dit "des trois pommes". Les habitants du quartier se précipitèrent, mais le vent était alors très fort et les maisons, aux alentours faites de bois s'enflammèrent en quelques instants. On raconte qu'un berruyer qui était allé aider un voisin, alors que des flammèches voletaient de partout, retrouva sa propre maison en feu à son retour !
Les chiffres sur l'ampleur des dégâts sont discutés par les historiens. Monsieur Jongleux en 1933 affirme que cet incendie brûla 3000 maisons, la cité abritant alors 100 000 personnes. C'est sans doute exagéré. La dernière grande étude sérieuse "La vieille Ville en flamme" donne des valeurs différentes. Une estimation de 1000 à 2000 "habitations" et une douzaine d’églises est vraisemblable.

Le feu se développa sur tout l'est de la Ville, et ce sont des quartiers populaires et très peuplés qui furent touchés. Parti du quartier Saint Sulpice, tous les quartiers comme Saint Ambroix, Saint Pierre, Saint Bonnet et Saint Jean des champs sont la proie des flammes. Les rues Mirebeaux et le début de Bourbonnoux sont en cendre. On compte qu'un tiers de la Ville est totalement détruit. Les flammes vont venir "lécher" les murs de la cathédrale, mais elle ne flambera pas.

Dans cette catastrophe, la Ville et les échevins vont perdre leurs archives, car la Mairie située au Prieuré de la Comtale va brûler. C'est ainsi qu'il faudra reconstruire un bâtiment : ce sera l'Hôtel des Echevins. D'autres monuments vont suivre, comme l'Hôtel Lallemand, ainsi que la plupart des maisons situées rue Mirebeau ou rue Bourbonnoux. Une façon commode de les dater.

A la suite de l'Incendie de la Madeleine, la municipalité décide, en novembre 1502, de faire l'acquisition de trois douzaines d'échelles, ça pouvait servir.... et ça servira !

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012

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