L'équipement du chevalier

L'équipement d'un Chevalier est très coûteux, ce qui est un obstacle pour nombre d'hommes souhaitant embrasser cette carrière.
Les Chevaliers ne pouvaient enfiler leur armure tout seuls, elle était composée d'une quinzaine de pièces différentes et son poids atteignait les 25 kilos.

Au XIIIème siècle, le coût total de l'équipement d'un chevalier était d'environ trente boeufs. Ce coût ira croissant.


L'attribut essentiel d'un chevalier est, bien entendu, son cheval. Mais il possède également un certain nombre d'armes, offensives et défensives :


Les armoiries : L'origine des armoiries est avant tout chevaleresque et c'est vraisemblablement au XIIème siècle que les premiers écus "héraldiques" sont apparus aux mains de nobles seigneurs mais il est évident que bien avant cette naissance on trouvait sur les boucliers des guerriers ou chevaliers ces figures originelles qui remontent à l'aube des temps.

Personnel à l'origine, le blason représente les caractéristiques les plus hautes et les qualités spirituelles les plus nobles du chevalier. Cette représentation est alors éminemment symbolique : Le lion (emblème de saint Marc) symbolise la force; l'aigle (emblème de saint Jean) représente une certaine altérité, l'intellectualité et la spiritualité; etc. La loi héraldique voulait que l'aîné soit le porteur des armes pleines (non modifiées) il devait d'ailleurs être parfaitement digne de ce privilège. Le blason étant transmis de père en fils, on pouvait aussi ajouter à ses propres armes celle d'une terre dont on devenait l'acquéreur, où même simplement d'une terre à laquelle on prétendait. On voit apparaître alors des combinaisons de plusieurs armes dans un même écu, tels que les écartelés (armes d'Espagne ou d'Angleterre).


Les chausses, devenues avec le temps le principal vêtement de jambes, eurent pour origine le calceus. Ce terme désignait chez les Romains une chaussure fermée, plus ou moins montante, alors que celui de solea, dont dérive notre mot soulier, s'appliquait à une simple sandale. Du calceus gallo-romain vint la calcia, sorte de chausson d'étoffe qu'en français on nomma chausse et dont la tige, de siècle en siècle, monta de plus en plus haut sur la jambe jusqu'à parvenir au delà des cuisses à la fin du moyen âge. Elle atteignit même la taille au début de la Renaissance.

D'une façon générale, on peut dire que les calciae, appelées aussi libialia ou encore caligae, d'abord à mi-jambes, arrivent aux jarrets dans le courant du dixième siècle. On les voit ensuite, vers 1150, ayant dépassé les genoux, et sous le règne de saint Louis, montant déjà jusqu'en haut des cuisses. Beaucoup de chausses arrêteront là leur croissance; d'autres continueront leur ascension.



La coiffe :


La coiffe est dans un premier temps une calotte de laine placée entre le heaume et le capuchon du haubert. Au XIIIe siècle, elle est en fer.

 



La cotte d'armes :

habillement de chevaliers, qu'ils mettaient autrefois, tant à la guerre que dans les tournois ; c'était un petit manteau qui descendait jusqu'à la ceinture, ouvert par les côtés, avec des manches courtes ; il y en avait de fourrés d'hermine et de vair ; on mettait dessus les armories du chevalier, en broderie d'or ou d'argent, sur un fond de couleur ; les armoiries se mettaient pareillement sur les boucliers, sur les lances, et autres armures de la même manière : on les a, presque en même temps, émaillées. C'est de là que les hérauts d'armes ont tiré les règles du blason, de ne point mettre métal sur métal, ni couleur sur couleur, et qu'ils ont nommé émaux, couleurs. les métaux et

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842)  — Paris, 1816

Le ceinturon est une ceinture grossière, en cuir, généralement garni d'une boucle de fer émaillé ou ciselé. Il est souvent utilisé comme emblème pour marquer son appartenance à un groupe.


L'écu

« Et ça qu’est-ce que c’est ?
– Un écu, c’est le nom de ce que je porte… et je ne dois pas en faire piètre cas, car il m’est si fidèle que si quelqu’un lance ou tire contre moi, il vient au-devant de tous les coups. »


Appelé « écu » dans les romans, le bouclier est fait en bois recouvert de cuir, pointu à la base, en forme
d’amande et bombé au sommet. Au XIIe siècle, il se couvre d’armoiries et protège bien le corps. Il demeure insuffisant devant l’efficacité de la lance couchée. Les romans expliquent bien volontiers la
manière de le porter. Il se porte autour du cou par une sangle, la « guigue », et pendant les combats, le chevalier le tient en passant le bras dans les courroies fixées à l’intérieur, les « énarmes ». Au XIIIe siècle, la « targe » est inventée. Elle est rectangulaire, puis de forme variée, et porte une échancrure à son sommet afin de laisser passer la lance. L’apparition du harnois blanc rendra inutile le bouclier qui disparaît à la fin du Moyen Âge. Le chevalier est alors harnaché de pied en cap, comme le montrent les enluminures des manuscrits.

Symbolique : la foi, le conseil, la protection contre l'orgueil, la débauche et l'hérésie.


Epée dite "de Charlemagne" ayant servi  au sacre des rois de France.

L'épée :

 «Qu’est-ce que vous tenez ? », demande Perceval. « Je vais te dire : ça, c’est ma lance. »
Le chevalier se définit ensuite par son arme, la lance, et c’est de « près qu’on en frappe ».


De fait, la lance est une révolution importante dans l’armement du chevalier. On peut même dire qu’elle est la seule arme qui soit exclusivement chevaleresque. Les textes latins la nomment hasta ou lancea et la littérature romane « lance », « espié » ou « glaive » Utilisée comme pique jusqu’au xie siècle, elle mesure moins de 250 cm. Elle s’allonge et s’alourdit après l’adoption de la
nouvelle méthode de charge à la lance couchée, et atteint puis dépasse 350 cm au cours du XIIIe siècle. Elle fut introduite par les Normands. Elle est généralement en frêne, pommier, ou hêtre. La pointe est à double tranchant. Elle peut être ornée d’un fanion ou d’une bannière, désignant le rang de celui qui la porte. Dès que cette nouvelle technique de combat apparaît, elle est reprise
par les trouvères et troubadours, les romanciers. Ils décrivent les combats, les tournois, où la charge est donnée comme la meilleure façon de désarçonner l’adversaire. Le chevalier errant en quête d’aventures commence presque toujours son combat par une joute. C’est pourquoi sa lance lui est essentielle car elle lui permet d’entrer dans le rituel chevaleresque, passage obligatoire afin d’être désigné héros exemplaire.

Symbolique : la force, la puissance et le sacrifice, la destructrice du Mal, de l’injustice et de l’ignorance, la constructrice - quand elle maintient la paix de Dieu et répartit la justice -, le lien du Ciel et de la Terre (car elle est le symbole polaire et axial) et de beaucoup d’autres encore.

 


Les éperons :

A l'époque mérovingienne, l'éperon est composé d'une tige courte, au bout de laquelle il y a une boule surmontée d'une pique triangulaire. Ainsi, la pique, épaisse, peut piquer la chair, mais grâce à la boule, elle ne peut pas s'enfoncer.
Ils utilisaient aussi beaucoup les éperons "soudés" au talon de leurs bottines : comme les éperons étaient petits, légers, ils les cousaient dans le cuir derrière et sous la chaussure.

Au XII° S, l'éperon se développe en taille, en lourdeur, et en férocité (pointes acérées, molettes tranchantes) parallèlement au développement de la lourdeur de l'armure, de la taille des caparaçons, qui deviennent de plus en plus couvrants. L'apogée de la barbarie est atteinte au XVI° S, avec des éperons de plus de 30 cm de long et des molettes tranchantes comme des étoiles de ninja !

Ces découvertes archéologiques font froid dans le dos, mais les recherches historiques ne sont pas mal non plus :

Les édits se multiplient, pour interdire le port des éperons à l'église, en effet on ne comptait plus le nombre des blessures auto-infligées ou infligées à d'autres fidèles par des chevaliers agenouillés, dont les éperons reposaient pointe vers le ciel...
Les blessures par éperons étaient particulièrement meurtrières (gangrène, tétanos) car ces parties étaient en contact avec la terre.
Des chevaliers assiégés utilisèrent leurs éperons enterrés, pointes en haut, pour tendre un guet-apens à leurs ennemis, dont les chevaux se blessèrent les pieds en marchant dessus...
En dernier recours, des chevaliers désarmés pouvaient lacérer ou éborgner leur adversaire avec une bonne paire d'éperons...


Le gambison :

Véritable armure qui absorbait les coups, le gambison pouvait être fabriqué en cuir ou en tissu matelassé (coton ou soie). Il se portait sous la cotte de maille.

 

 

 

 


Le haubert :

« Et maintenant dites-moi, cher seigneur, qu’est-ce que c’est que ce vêtement ?
– Mon ami, c’est mon haubert, il pèse aussi lourd que du fer. »


Perceval va questionner le chevalier sur son équipement corporel. Ce qu’il faut signaler, c’est que le roman « arthurien » reflète assez bien l’équipement du chevalier médiéval. Les enluminures des manuscrits suivent l’évolution de la tenue de ces grands seigneurs guerriers. Du milieu du xie siècle
au milieu du xiiie, la cotte de mailles se généralise. Elle a pour nom le « haubert ». Il est composé de
mailles formées d’anneaux de fer entrelacés qui protègent le chevalier jusqu’à mi-cuisses. Le haubert
est souple et léger et protège l’ensemble du corps (12 à 15 kg). On y ajoutera des protections séparées
pour les membres : chausses et mitaines de mailles, manches.

                                 


Le heaume :

Le heaume est un grand casque d'acier de forme cylindrique ou conique. Il est bordé d'un cercle, c'est à dire d'une bande de métal ornementé de pierres précieuses ou de morceaux de verre colorés. Sur le devant se trouve une barre de fer rectangulaire, le nasal ou protège-nez. Le heaume est posé sur le capuchon du haubert et y est attaché par des lacets de cuir. A la pointe du heaume, on attache un tissu aux couleurs de sa Dame.

D'une douzaine de Kilos, il est constitué de milliers d'annaux métalliques et exige environ une centaine d'heures de travail au forgeron. Son coût était de 2 à 3 chevaux de guerre, ce qui montre bien qu'il était reservé à l'élite militaire. A noter que les sources parlent parfois de Haubert double, ce qui correspond certainement à une superposition, au moins sur certaines parties du corps, de plusieurs couches. Dès le XIIIème siècle, il se trouve renforcé de plaques de métal rigides aux endroits exposés que sont la poitrine et les épaules.
Pour être utilisable, le haubert devait être régulièrement huilé et roulé par les écuyers.

Symbolique : l'espérance, l'intelligence, la pudeur.


La lance :

La lance sous sa forme la plus simple (long bâton de bois pointu et durci au feu) fut employée depuis la préhistoire alors même qu'on ne faisait pas la distinction entre armes de chasse et de guerre. Des pointes en pierre, en bronze et enfin en fer furent peu a peu ajoutées. Les premières lances de l'antiquité étaient plutôt courtes (1m60 environ) et maniées d'une seule main. Des armes beaucoup plus longues furent ensuite utilisées par les Hoplites (soldats Grecs) et surtout les Macédoniens (jusqu'à 6 mètres de long).
La lance comme arme de cavalier apparut au XIe siècle. Elle ne dépassait guère 3 mètres et était utilisée comme une arme d'hast pour charger. Elle était souvent ornée d'une bannière. Vers la fin du XIIIe siècle, une garde d'acier fut ajoutée pour protéger la main du chevalier. La façon de tenir la lance à changé au XIVe siècle grâce à l'emploi d'un crochet fixé sur l'armure et destiné à maintenir la lance sous l'aisselle du cavalier. Avant cela, la cette arme était tenue horizontalement au niveau de la hanche. Cette nouvelle technique permit l'utilisation de lances de plus en plus lourdes et longues (jusqu'à 5 mètres). Les lanciers formaient alors un corps d'élite car l'apprentissage n'était pas facile et les chevaliers Français étaient certainement les meilleurs à cet exercice ce qui n'a pas empêcher la défaite a la bataille d'Azincourt. La lance fut abandonnée au combat au XVIe siècle remplacée par les armes a feu.

Symbolique : la charité, la sagesse, la droite vérité.


Les mitaines :

Les mitaines sont des gantelets de laine, puis de cuir, où seul le pouce est articulé. A partir du XIIe siècle, elles sont en fer.