La chanson populaire

  L'histoire de la chanson populaire au Moyen-Âge réalise un tableau des divers aspects de la civilisation d'un peuple dont les deux traits du tempérament ont donné naissance à la chanson populaire. Le besoin de raconter l'histoire et le train-train de la vie quotidienne, le besoin nostalgique de légende, le désir de conter les mérites de sa Belle. Un vieux dicton n'affirme- t-il pas que : en France tout commence et tout finit par des chansons ?

De cette représentation de la vie au Moyen-Âge, s'est chargée la chanson populaire.

  • Avec la vie religieuse : les noëls,les passions,les cantiques.
  • Avec la vie sociale : les chants de paysans, de métiers, de marins, de soldats.
  • Avec la vie familiale : les berceuses, les contines, les chansons de mariage, les complaintes.

De ces deux traits sont nés deux types de mélodies, la chanson populaire et la chanson courtoise.

Mais les chansons de Trouvères, les airs galants, n'ont pu se soustraire aux influences du pays qui les vit naître. Seule la chanson populaire - expression originale de la nationalité - a pu faire don à la chanson française courtoise de cette fermeté mélodique qui la préserva des contaminations extérieures.

C'est en chantant de la façon la plus simple et la plus pure que le peuple a accueilli la vie et les sentiments qu’elle inspire. Mais le désir d'instruire et d'éduquer n'est certes pas absent de la composition de ces chansons. Le souvenir des faits des ancêtres et la vie des héros fictifs semblaient contenir de profitables exemples.

La chanson de Roland et les autres grandes épopées telles que Raoul de Cambrai ou les Quatre Fils Aymon traduisent l'état d'esprit des Barons féodaux qui s'exaspéraient de la faiblesse du roi de France.

Cet élan s'est transcrit dans l'esprit simple du peuple par des chansons nées toutes chaudes de la chaleur d'un événement, heur ou malheur, victoire ou défaite, heures graves. La chanson sourit ou rit, raille, devient méchante.

La chanson populaire fut une puissance en un temps où la presse n'existait pas. Elle pouvait tout dire et savait se faire entendre. D'autres se présentent sous une face fraiche. Ce sont les rondes populaires à peine teintées d'histoire.

Oeuvre collective ou anonyme, inspiration personnelle ou suscitée par un événement, parmi les chansons, celles qui sont entrées dans le patrimoine populaire et qui restent les mieux aimées sont celles que le peuple s'est appropriées parcequ'il a reconnu son bien.

Quel est ce Duque de Bourbon, ce Biron qui voulut danser, ce Prince d'Orange, ce Duc de Manine ? Quelques paroles sans suite sont encore dans nos mémoires. Nous ne savons d'où elles viennent. La tradition orale, le passage de bouche à oreille caractérisent les chansons populaires. Leur succès s'explique par le fonctionnement d'un mode de civilisation traditionnel où les notions s'acquèrent lentement et prennent aussitôt une forme fixe et presque sacrée. C'est le reflet d'un tempérament local, d'un mode de vivre et de sentir.

C'est autour du thème de l'Amour que l'Art populaire a le plus brodé. Désir et attente, séparation, regret. Si les images répétant les mêmes épisodes reflètent la sensibilité du Moyen-Âge par l'Amour Courtois, la chanson populaire a su animer et humaniser ce qui chez les Troubadours est devenu un pur jeu littéraire.

Mais le vrai miracle réside dans l'invention d'une mélodie qui quitta l'écritoire d'un Touvère pour s'aller planter dans la mémoire des hommes et pour que la chanson populaire devienne pour toujours

Un choix de fleurs parmi les fleurs
Cueillies au jardin de la Vieille France.

B.DARCY

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