La chasse au Moyen âge

 

De tous temps, la chasse a représenté pour les hommes un moyen de se nourrir et de se vêtir, ainsi qu'une façon de protéger les récoltes et le bétail contre les prédateurs. Mais à côté de cette fonction utilitaire, la chasse au Moyen Âge est riche de significations. Elle reflète les structures et les modes de pensée de la société médiévale.
  

La contribution du gibier à l'alimentation n'est guère supérieure à 10% et les restes d'animaux sauvages sont en très faible nombre sur le site. Ces résultats peuvent sans doute s'expliquer de la façon suivante : les animaux chassés sont dépecés sur place et seuls les morceaux de choix sont emportés sur le lieu de leur consommation. Le sanglier vient en tête des animaux chassés suivi par le cerf et enfin le chevreuil.

   

Une activité sportive

La chasse est un sport et un divertissement pratiqués par tous les groupes sociaux. Elle permet aux hommes de se maintenir en forme et constitue un entraînement au combat, en ces temps de guerre permanente où chacun est susceptible d'être amené à se battre. Les paysans pratiquent la chasse à l'aide de pièges et d'engins tels que collets, filets, fosses ou enceintes. Les nobles méprisent cette "chasse de coquins" car elle n'exige ni courage ni endurance de la part des chasseurs, qui n'affrontent pas directement les bêtes sauvages. La noblesse pratique la chasse au vol – au moyen d'oiseaux de proie préalablement dressés – la chasse à l'arc ou la chasse à courre (vénerie). Celle-ci se fait à cheval et à l'aide d'une meute de chiens. Elle exige de la part du chasseur lancé à la poursuite du gibier non seulement de l'endurance et du courage, mais également de la réflexion pour pouvoir déjouer les ruses de l'animal, dont on admire l'adresse et les efforts. Ce type de chasse valorise à la fois l'animal et le chasseur.
  

  Une activité de prestige

Les nobles qui pratiquent la chasse au vol ou à courre jouissent d'un immense prestige auprès des dames et des seigneurs. En effet, outre la gloire due au combat contre une bête parfois féroce (chasse au sanglier), elle exige d'énormes moyens financiers. Les meutes atteignent parfois plusieurs centaines de chiens dont il faut s'occuper en permanence. Il est nécessaire d'avoir du personnel (pages, valets, veneurs), mais aussi des armes, des loisirs et de l'autorité pour pouvoir briller dans cette activité. Le repas qui précède et celui qui suit la chasse sont l'occasion de faire preuve de courtoisie et de sociabilité envers les nombreux invités. Enfin, la chasse au cerf, pratiquée à partir du XIVe siècle, est considérée comme une chasse royale. La chasse fait donc partie des prérogatives de la noblesse mais également de ses obligations : il lui faut tenir son rang.
  

 

 

  Une activité codifiée

Dans la société m amp;eacute;diévale où règne un fort esprit d'émulation, la chasse est le lieu d'une sévère compétition entre chasseurs. De ce fait, cette activité est réglée par des codes très précis. Il existe un "droit de chasse" – droit de se livrer à cette pratique sur un territoire donné – et, par corrélation, un "délit de chasse". Comme à la guerre, sonner du cor ne peut se faire qu'aux phases essentielles. Les veneurs, chargés de conduire la meute, doivent être habillés de vert pour mieux se fondre dans la forêt. Même l'écorchement et le découpage de l'animal obéissent à des règles strictes.
  

  Une activité hautement morale

Le discours moral qui entoure la chasse est typique de la société médiévale. Celui qui chasse assure son salut : d'une part parce que la chasse procure des plaisirs qui, contrairement à d'autres, ne sont pas des péchés et donc ne mettent pas l'âme en péril ; d'autre part parce que la chasse est un remède souverain contre l'oisiveté, mère de tous les vices. L'action empêche les mauvaises pensées, et constitue donc un antidote contre le Mal. La fonction importante de cette activité explique le succès des manuels de chasse du Moyen Âge, écrits à partir du XIIIe siècle, et en particulier celui de Gaston Phébus.
  
Découvrir le Livre de chasse

Le Livre de chasse fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste, de 1387 à 1389 par Gaston Phébus, comte de Foix. Cet homme à la personnalité complexe et à la vie mouvementée, que l’historien Jean Froissart évoque dans ses célèbres Chroniques était, comme tous les seigneurs du Moyen Âge, un grand chasseur et un grand amateur d’ouvrages de vénerie et de fauconnerie.
L’ouvrage qu’il composa avec beaucoup de soin à l’âge de cinquante-sept ans fut, jusqu’à la fin du XVIe siècle, le bréviaire de tous les adeptes de l’art de la chasse ou art cynégétique. En effet, rares sont les ouvrages destinés à l’enseignement qui bénéficient d’une richesse d’illustration comparable à celle des Bibles. Le succès de cet ouvrage fut amplifié par les débuts de l’imprimerie, et au XVIIIe siècle, le naturaliste Buffon l’utilisait encore.
Le texte est écrit dans un excellent français ponctué de quelques caractères normands-picards, alors que la langue maternelle du comte de Foix était la langue d’oc, parlée à la fin du XIVe siècle dans le comté de Foix.

   

 

 

Le contenu

Il se compose d’un prologue et d’un épilogue encadrant sept chapitres dont les deux premiers, "De la nature des bêtes" et "De la nature des chiens", sont un embryon d’histoire naturelle descriptive.
Ce traité personnel et original se veut une entreprise de Salut qui trouve en elle-même sa propre justification. En effet, dans le monde médiéval, la religion est omniprésente et, avec elle, l’idée du péché et la menace de la damnation. Le Livre de chasse n’échappe pas à cette règle. Pour Gaston Phébus, la chasse est un exercice rédempteur fondé sur un double postulat : "l’imagination est seigneur et maître de toutes œuvres bonnes et mauvaises" et "l’oisiveté est le fondement de toutes mauvaises imaginations". Aussi le chasseur, s’il remplit parfaitement son office, toujours en action, s’en ira tout droit au Paradis. Mais auparavant, renforcé par l’exercice de la chasse, il aura mieux vécu et vécu plus longtemps.


  Le Livre de chasse

Le Livre de chasse fut rédigé, ou plus exactement dicté à un copiste, de 1387 à 1389 par Gaston Phébus, comte de Foix.
Quarante-quatre copies manuscrites du Livre de chasse sont actuellement connues.

Ce livre fait partie de ces rares ouvrages d'enseignement dont la riche illustration est comparable à celle des Bibles.
Il se compose d'un prologue et d'un épilogue encadrant sept chapitres dont les deux premiers, "De la nature des bêtes" et "De la nature des chiens", sont un embryon d'histoire naturelle descriptive.

Pour Gaston Phébus, la chasse (ou vénerie) est un exercice rédempteur, le chasseur (ou veneur), s'il remplit parfaitement son office, toujours en action, s'en ira tout droit au Paradis. Mais auparavant, renforcé par l'exercice de la chasse, il aura mieux vécu et plus longtemps.

La page enluminée fait partie du chapitre 39, intitulé "De l'instruction du veneur", de l'un des manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France sous l'intitulé Manuscrit français 616.
Le texte de ce chapitre décrit dans le détail comment le valet doit manœuvrer son limier pour que celui-ci détecte le cerf puis le débusque de son lit, et comment il doit ensuite sonner du cor pour que la meute des chiens se lance à sa poursuite.
L'enluminure illustre ici une scène de chasse au cerf.

Le temps de la narration

Comme toute enluminure, celle-ci s’insère dans un texte dont il importe de connaître le contenu pour comprendre sa fonction. Elle fait partie du chapitre 39, intitulé "De l’instruction du veneur", du manuscrit français 616. Le texte de ce chapitre décrit dans le détail comment le valet doit manœuvrer son limier pour que celui-ci détecte le cerf puis le débusque de son lit, et comment il doit ensuite sonner du cor pour que la meute des chiens se lance à sa poursuite.
Nous sommes donc en présence d’une image narrative : au premier abord, elle présente des faits – ceux du texte, quoique sous une forme différente car enrichie. Observons donc les éléments de cette scène de chasse.

 

   Deux cavaliers

En haut à gauche, deux cavaliers, dont l’un porte une coiffe, sonnent du cor et se lancent à la poursuite d’un cerf. Il s’agit du seigneur et de son aide.
Le seigneur est un chasseur confirmé. C’est lui qui organise la chasse. Chasser à courre, et surtout chasser le cerf, animal prestigieux, est un signe d’appartenance à la noblesse. La chasse à courre est appelée vénerie et le chasseur veneur.
C’est à l’âge de vingt ans, après avoir été successivement page et valet, que l’apprenti veneur est promu aide. Il peut monter à cheval, maintenant qu’il a acquis une parfaite connaissance des chiens et du gibier.

 

  Un cerf

À droite, le cerf tente d’échapper à ses poursuivants. Il est le plus recherché de ceux qu’on appelait, au Moyen Âge, les "bêtes rouges" : cerfs, biches, daims et chevreuils, qui sont des animaux doux, dépourvus d’agressivité et herbivores. À l’opposé, les "bêtes noires" sont les bêtes puantes ou carnivores : renards, loutres, chats sauvages, loups, sangliers, blaireaux.

 

  Un couple de chiens

Deux chiens, pratiquement identiques, courent après le cerf et sont déjà sur ses talons. Ils n’ont ni laisse ni collier. Ils ont été détachés les premiers de la meute car ce sont "les meilleurs et les plus sages". Dans la société du Moyen Âge, le chien possède des qualités morales qui le distinguent des autres animaux et l’apparentent aux nobles. De fait, la fréquentation continue des chiens permet au chasseur de les connaître, de les apprécier et de chasser avec eux en parfaite communion. La loyauté et la fidélité des chiens envers leurs maîtres répondent à celles des vassaux pour leur suzerain.

 

  Un homme et son chien

En bas et au centre se trouvent un valet et son limier. Le limier est le chien chargé de localiser le gibier. Il est ici en position d’arrêt, fermement retenu par une laisse par le valet qui, de son autre main, sonne du cor.
Le valet a appris, en compagnie de son maître, à repérer puis à identifier les traces des animaux laissées sur le sol ou sur les arbres : déjections, empreintes, branches cassées, feuillage écrasé, etc. Lorsqu’il devient valet de chiens, il part seul, avec son limier, en quête des marques qui vont localiser le gibier. Puis, au lieu-dit de l’assemblée, là où se tiennent les seigneurs avant le moment de la chasse, il devra rendre compte à son maître de ce repérage.

 

  Trois jeunes gens et la meute

En bas à gauche se trouvent la meute des chiens et un groupe de trois valets. La meute est généralement constituée de dogues qui affrontent le gros gibier, de lévriers qui sentent et repèrent, de chiens courants qui courent aussi vite et aussi longtemps que le cerf, d’épagneuls ou chiens d’oiseaux.
Le mâtin est plus spécifiquement un chien de garde. Comme la chasse, la possession d’une meute est un privilège seigneurial assurant valeur et prestige.

Source BNF

 

Commentaires (4)

1. julie (site web) 23/02/2012

ba moi j'ai eu 50/50 grace a ceux site et puis a des autres !!! <3

2. garraut 13/02/2012

c'est pas mal mais il manque des choses (ex: que chasse t'il ...)

3. fanny 02/12/2011

c'est sur c'est intéressent mais pas assez pour mon exposer.=) <3

4. antoine 30/12/2010

oui mais ils dise pas comment chassait -on

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