Les préparatifs du tournoi.

Moment et lieu où ils sont organisés.

La fréquence des tournois est d'environ un par quinzaine. Dans toutes les provinces, les rois et princes souverains, aux jours de fêtes et réjouissances ou quand ils étaient obligés de tenir cour plénières, ils avaient coutume de dresser des tournois où les chevaliers combattaient les uns contres les autres.

Les joutes se déroulaient principalement dans un espace allant de la Normandie occidentale à la champagne et à la Flandres, le Nord de la France accueille alors le plus de tournois.

Les tournois se déroulent à proximité d'un lieu donnant aux chevaliers la possibilité de mettre un pied à terre afin de se restaurer, de se divertir et d'attendre l'arrivée des autres chevaliers. Généralement le lieu est choisit auprès d'une grande ville qui avait une rivière et une forêt dans le voisinage.

Le lieu même où se déroulaient les combats comportait un vaste emplacement destiné à la lice, entouré de gradins élevés, d'amphithéâtres circulaires, de portiques… Ils étaient ornés de riches draperies et d'écussons. Ils se déroulaient alors surtout dans les cours des châteaux ou dans des lices aménagées à cette fin, hors de la ville.

On ne se limite pas l’action en un champ clos mais on utilise toutes les ressources d’un site en plein air, au pied d’un château ou à l’extérieur des remparts d’une ville. Généralement cela se présente souvent comme le lieu d’une troupe « de l’intérieur » et une troupe de l’ « extérieur ».

Sauval décrit, dans son histoire de Paris, les lices plantées pour les tournois au Palais, au Louvre, à l'hôtel Saint-Paul, à celui des Tournelles, et
autres lieux dans Paris. Des juges nommés exprès, des maréchaux du camp, des conseillers ou assistants, avaient en divers lieux des places marquées pour maintenir dans le champ de bataille les lois de la chevalerie et des tournois. Des rois, hérauts et poursuivants d'armes, répandus en divers endroits, avaient les yeux fixés sur les combattants pour faire un rapport fidèle des coups qui seraient portés et reçus. Des ménestriers avec leurs instruments de musique, des valets ou sergents de service, se tenaient aussi dans le camp.

D'après des documents authentiques, voici quelles étaient les principales circonstances de ces fêtes en France aux XIIe et XIIIe siècles.

Les tournois solennels étaient souvent annoncés plusieurs mois d'avance ; laveille était de plus annoncée un jour d'avance par les proclamations des officiers d'armes. « Seigneurs chevaliers, demain aurez la veille du tournois où prouesse sera vendue et achetée au fer et à l'acier. » Tandis qu'on préparait le lieu destiné aux tournois, on suspendait le long des cloîtres des monastères les écus armoiriés de ceux qui prétendaient entrer dans les lices ; on les y laissait plusieurs jours exposés aux regards. Un héraut ou poursuivant d'armes nommait les chevaliers auxquels ils appartenaient. La veille du tournoi était solennisée par des espèces de joutes appelées tantôt essais ou éprouves (épreuves), tantôt les vèpres du tournoi, et quelquefois escremies ou escrimes : les écuyers s'y exerçaient les uns contre les autres avec des armes plus légères et plus faciles à rompre que celles des chevaliers.


C'était le prélude du grand combat, de la maître éprouve. Des hours ou échafauds partagés en loges et en gradins, décorés de riches tapis, de pavillons, de bannières, de banderoles et d'écussons, étaient dressés autour de la carrière, ainsi que des tentes ou pavillons pour recevoir les rois, les reines, les princes et princesses, les anciens chevaliers, les seigneurs, dames et demoiselles.

Déroulement des préparatifs.

Pour exposer plus clairement la manière de procéder, René d’Anjou prend l’exemple du duc de Bretagne appelant d’un côté, et du duc de Bourbon défendant de l’autre. Les blasons sont imaginés. Le duc de Bretagne, donnant une épée de tournoi au roi d’armes de la contrée, lui
demande d’aller trouver le duc de Bourbon et de lui dire que « je lui envoie cette épée en signe que je désire frapper un tournoi et bouhordis d’armes contre lui, en la présence de dames et damoiselles, et de tous autres, au jour nommé et à temps dû, et en lieu à ce faire idoine et convenable ». Si le duc de Bourbon accepte le tournoi, il prend l’épée de la main du roi d’armes ; et celui-ci ajoute que son seigneur envoie les blasons de huit chevaliers et écuyers afin que le défendant choisisse quatre d’entre eux pour juges diseurs.

Si les personnages désignés acceptent l’offre, ils doivent indiquer le jour et le lieu du tournoi, lesquels sont annoncés aux cours du seigneur appelant, du seigneur défendant, du roi et ailleurs selon la décision des juges. Quand le roi d’armes crie la fête du tournoi, il doit être accompagné de trois ou quatre hérauts et poursuivants. On fait ainsi savoir à tous les seigneurs de France et des autres royaumes chrétiens que « tel jour de tel mois, en tel lieu de telle place, sera un grandissime pardon d’armes et très noble tournoi frappé de masses de mesure et épées rabattues, en harnois propres à ce faire, en timbres, cottes d’armes et houssures de chevaux armoriés des armes des nobles tournoyeurs, ainsi que de toute ancienneté est de coutume »

Tous les seigneurs désirant tournoyer pour acquérir honneur porteront de petits écussons, lesquels seront écartelés des armes des quatre chevaliers er écuyers, juges du tournoi. Les vainqueurs recevront de riches et nobles prix de la main des dames et damoiselles. Tous les tournoyeurs doivent se rendre dans les auberges le quatrième jour avant la fête.

Sont ensuite décrits les vêtements et les armes des participants au tournoi. L’auteur indique de façon précise comment doivent se présenter les timbres et les lambrequins, les harnois de tête, de corps et de bras, les gantelets, les épées et les masses, la cotte d’armes, les selles, hourt et houssures des chevaux.

Les lices doivent être d’un quart plus longues que larges et avoir la hauteur d’un homme. Elles doivent être doubles, c’est-à-dire que d’autres lices seront mises à quatre pas des premières, pour que les serviteurs à pied puissent s’abriter. Quand à la grandeur elle dépend du nombre des tournoyeurs.

En entrant dans la ville, les seigneurs seront accompagnés de la plus grande quantité de chevaliers et écuyers tournoyants qu’ils pourront réunir. Le destrier du prince ou baron, chef des autres chevaliers ou écuyers, entrera le premier couvert aux couleurs du seigneur. Après ce destrier viendront ceux des autres membres de sa compagnie, puis les trompettes et les ménestrels, puis les hérauts et poursuivants revêtus de leur cotte d’armes, et après eux les chevaliers et écuyers tournoyants avec les autres gens.

Dès qu’un seigneur est arrivé à son domicile, il doit faire mettre devant son logis une longue planche fixée contre le mur, sur laquelle ses blasons seront représentés ainsi que ceux des gens de sa compagnie qui désirent tournoyer. Et sa bannière déployée pendra de la fenêtre haute de sa maison.

Le soir de l’arrivée des participants au tournoi, les dames et damoiselles venues pour voir la fête se rassembleront en une grande salle après le souper. Là se rendront les juges diseurs et les autres chevaliers et écuyers. Après avoir dansé quelque temps, on annoncera le partage et la visite des heaumes timbrés et des bannières qui aura lieu le lendemain. Ensuite les danses recommenceront ; du vin et des épices seront apportés et la fête sera terminée pour ce premier jour.

Le lendemain on présentera les heaumes timbrés et les bannières aux juges. Alors viendront les dames et les damoiselles, tous les seigneurs, chevaliers et écuyers qui regarderont les timbres, et un héraut ou poursuivant fournira aux dames toutes les explications utiles. Et après le partage des timbres et des bannières entre les deux camps, ceux qui les porteront les déposeront chez eux. Rien d’autre n’aura lieu ce jour-là, sinon les danses après le souper.

Le lendemain, après dîner, chaque tournoyeur montera sur son cheval, sans armure, un tronçon de lance ou un bâton à la main, précédé par la personne chargée de sa bannière et par ses valets, et il viendra à l’hôtel de son seigneur chef pour y prêter serment.

Après le souper, comme la veille, auront lieu des danses. Au bout de quelque temps, le roi d’armes annoncera le tournoi pour le lendemain. Les juges ensuite éliront deux dames choisies parmi les plus belles et les plus nobles. Ils les feront tournoyer et s’arrêteront devant un chevalier ou un écuyer participant au tournoi qu’ils auront désigné par avance et à qui ils voudront faire honneur. Le roi d’armes dira alors au chevalier ou à l’écuyer : les dames ont le cœur pitoyable et ne veulent pas voir de combattant blessé trop grièvement au cours de la fête ; aussi vous confient-elles un couvre-chef que vous porterez au bout d’une lance ; lorsqu’un seigneur sera trop dangereusement battu, vous abaisserez le couvre-chef sur son timbre et ses adversaires ne devront plus le toucher.

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

banniere-1.png

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×