Écriture et langues des monnaies

Les éléments épigraphiques apparaissent dans la plupart des cas sous la formes d'une légende circulaire. Plus rares sont les légendes ou parties de légendes occupant sur une ou plusieurs lignes tout le champ de la face ou constituant le type. Parfois la face est dépourvue de toute épigraphie, ou anépigraphe, ou encore l'emplacement habituel de la légende a été laissé sans inscription.
La légende est frappée et donc se lit dans le sens des aiguilles d'une montre. Cependant certaines étaient frappées dans le sens inverse, et les lettres en miroir. On parle alors de légende rétrograde. Lorsque des légendes plurilinéaires, comme sur le denier parisis, ont été écrites alternativement dans un sens et l'autre, on parle de boustrophédon.
Elle commence en général par une petite croix ou croisette initiale à laquelle on substitua parfois d'autres motifs, petite couronne ou couronnelle, fleur de lis, et qui était placée au-dessus et dans l'axe du type, ce qui permet d'orienter la face de la monnaie.
Les légendes des monnaies mérovingiennes mêlent dans une graphie assez approximative lettres capitales et lettres cursives romaines. L'épigraphie monétaire carolingienne est beaucoup plus régulière, en capitales romaines, mais aussi plus abrégée. Dès la fin de cette période carolingienne et plus encore au temps du denier féodal, les lettres sont gravées à l'aide de poinçons à forme géométrique simple, barre verticale ou horizontale, triangle, rectangle. Ainsi on en vient à difficilement distinguer les A (faits sans barre transversale), V et T tous constitués de trois petits triangles. Aux XIIeet XIIIe siècles se rencontrent en conséquence divers styles de gravure qui associent parfois lettres romaines, onciales, géométriques. À partir de la seconde moitié du XIIIesiècle l'épigraphie monétaire suit l'évolution de l'écriture manuscrite de l'époque gothique. Cette écriture est celle des monnaies françaises du XIVeet du XIVesiècles. Le retour des caractères romains sur une monnaie se situe en France au même moment que l'implantation de l'imprimerie, durant le règne de Louis XI, dans les années 1470. Ils supplantent définitivement l'écriture gothique sous le règne de François Ier(1515-1547). Si l'écriture nous devient plus familière, le texte des légendes, allongé par la plus grande dimension des monnaies, donne en revanche souvent lieu à des abréviations plus sévères.
La langue quasi unique des légendes monétaires jusqu'à la fin du XVIesiècle est le latin.

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