En bref

En bref ( source Bnf )


 

L'immense majorité des enfants médiévaux vit à la campagne. Jusqu'à la fin du Moyen Âge, en effet, près de 90 % sont fils et filles de paysans. D'eux, on sait peu de choses. Ils n'apparaissent guère que dans les récits de miracles, les documents judiciaires évoquant les accidents dont ils sont les victimes, et dans les cimetières : plus que dans leur vie quotidienne, on les connaît surtout dans leur mort, grâce à leurs squelettes que l'archéologie retrouve.

   

On connaît mieux leur environnement et son évolution pendant les dix siècles que constitue le Moyen Âge. Aux VIe-VIIIe siècles, malgré quelques épisodes sombres (peste de 586, disette de 779...), les conditions de la vie quotidienne, fondée sur une économie agro-sylvo-pastorale, sont plutôt favorables, car l'alimentation est diversifiée. Selon Jean-Louis Flandrin, "durant le haut Moyen Âge, les paysans européens ont eu une nourriture plus équilibrée qu'à d'autres époques, passées ou futures", et il ne semble pas que le haut Moyen Âge ait connu les maladies de carence ou de malnutrition. Un premier accroissement de la population se lit d'ailleurs au début du VIIe siècle.

À partir de 980, toutes les sources historiques montrent un essor de l'agriculture. Le climat se radoucit, favorisant le développement des cultures, tandis que diminuent les invasions et les conflits. Echappant au cercle vicieux des disettes et des famines, la population augmente de nouveau, à laquelle les défrichements offrent des terres nouvelles. Les rendements s'accroissent grâce à la maîtrise de nouvelles techniques : travail du fer, améliorant l'outillage et permettant l'invention de la charrue, maîtrise de l'énergie hydraulique, donnant naissance au moulin à eau. C'est donc dans une relative prospérité que naissent les enfants jusqu'au XIVe siècle.

C'est alors que la croissance s'essouffle. À cette date, la France compte 16,5 millions d'habitants dans son périmètre de l'époque, 21 selon ses frontières actuelles. Les derniers défrichements s'avèrent peu productifs. La production stagne, disettes et famines refont leur apparition, et c'est sur une population affaiblie que s'abat la Grande peste de 1348. S'ajoute à cette catastrophe un conflit qui durera plus de cent ans (1337-1453). Peu de familles, durant cette fin du Moyen Âge, s'en tirent indemnes.

De l'environnement rural, l'iconographie rend mal compte. Dans un univers essentiellement religieux, le paysan n'apparaît en effet que comme symbole : il s'intègre au monde biblique, à la création de Dieu. Ses travaux rythment un temps éternel. Femmes et enfants ont peu de place dans cette représentation symbolique. Si la nature est figurée sous forme de plantes et d'herbiers jusque dans les canons des Évangiles carolingiens, le paysage rural, création des hommes, n'apparaît que tardivement dans la représentation médiévale, au XIVe siècle. À la Renaissance, pleinement maîtrisé, il illustre, au sillon près, la toponymie réelle des campagnes françaises jusque dans des documents fiscaux et administratifs

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