Une vie de dangers

Une vie pleine de dangers ( source Bnf )


 

La vie rurale offre certes aux enfants les plaisirs des jeux dans la nature, l'agrément d'un air et d'une eau moins pollués qu'en ville, mais elle ne constitue pas pour autant un domaine protégé. La maison rurale n'est pas moins dangereuse que la maison urbaine, avec son foyer ouvert, sans cheminée, dans lequel trébuchent les enfants, quand ils ne font pas tomber en courant les pots à cuire pleins d'eau bouillante. Par la porte toujours ouverte vont et viennent les animaux domestiques, au rang desquels les porcs, souvent responsables de graves morsures. Les enfants risquent la noyade dans le bief des moulins.
Les accidents sont particulièrement nombreux le matin, lorsque la mère s'absente pour la corvée d'eau et pour aller nourrir les animaux. Les grands travaux des champs, entre mai et août, sont particulièrement propices aux catastrophes, quand les deux parents sont au travail hors de la ferme et qu'ils ne peuvent plus surveiller leur progéniture du coin de l'œil. D'une façon générale, les enfants sont laissés libres de se promener tout seuls dès l'âge de 3 à 4 ans. Certains se noient dans la mare ou dans le puits, d'autres se perdent en forêt…
Contrairement aux enfants des villes, ceux des campagnes n'ont pas de berceau, ou rarement, si bien qu'ils tombent du haut lit parental ou du hamac accroché au-dessus, ou se retrouvent à demi étouffés entre la couette (le matelas) et la courtepointe quand ils dorment avec leurs parents. Sur le sol de terre battue, les enfants trouvent mille petits objets avec lesquels ils se blessent : épingles, anneaux, fusaïoles tombées des fuseaux de filage de leur mère ; ils mangent de la terre, des charbons de bois ramassés sur le sol. Les aînés ont le devoir d'empêcher les bébés de commettre de telles bêtises, mais, dans la relative obscurité de maisons sombres et enfumées, quasi dépourvues de fenêtres pour préserver la température intérieure, c'est là chose difficile. Eux-mêmes ne sont pas à l'abri des accidents domestiques : les chutes de l'échelle dans la grange sont monnaie courante. C'est pourquoi les parents essaient d'emmener leurs enfants avec eux dans leurs activités laborieuses.

 

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