Le hochet

 

Source CAIRN. Info
Le hochet, objet d’orfèvrerie
Au Moyen Âge, les renseignements sur les jouets nous apparaissent au travers des écrits, et surtout des enluminures. Ainsi, au xiii e siècle, est employé pour la première fois, dans un poème anonyme, le terme « hochet » : « Je vos donroy une hochette / Fius, car mengies cete pumete. » Puis, au xiv e siècle, ce jouet est illustré dans les œuvres d’art, au côté du sabot, du cheval-bâton, de la toupie et de la balle. Ces représentations témoignent de l’attention qui leur est portée.
Le hochet est, au xv e siècle, souvent fabriqué par la corporation des patenostriers d’os, de cor, de coural, de coquilles. Destiné aux fils d’artisans et de bourgeois, il est en corail, de couleur rouge et sonore, et dispose d’une dent de loup qui, selon les croyances populaires, chasserait l’esprit malin. Le hochet médiéval a alors une fonction magique et prophylactique, tendant à protéger l’enfant de la maladie et de la mort.
Parallèlement, les livres de comptes et les inventaires royaux attestent de la présence de hochets précieux dans les familles princières. Véritables objets d’orfèvrerie, ces jouets royaux sont conçus et réparés par les orfèvres eux-mêmes. Ainsi, en 1365, Louis Ier, duc d’Anjou, possède un hochet en or et ruban de soie, dont la description est très précisément notée : « Un petit cifflet d’or longuet à iiij quarrées haichiées à L, à couronnes et à arbres de lis ; auquel tient une petite chayennette de fil d’or entrelaciée à deux anelez d’une part et d’autre dudit cifflet. Et descend ycelle chayennette, qui est double, d’un anelet qui tient à un tournant d’or garni dessus et dessous de ij fueilles d’or de trèffle à jour ; et parmi la haute fueille passe un anelet roont qui tient au bout de deux mordans d’or, dont est garni un tissu de soie bleue qui a une voie de fil d’or au milieu ; lequel tissu fait escharpe à pendre à un enfant ledit cifflet. Et sont les costez bas d’iceulz deux mordans ouvrés, d’un leiz et d’autre, comme à demis fenestraiges enlevez ; et sur le plat qui fait la monstre, sont haichiez à deux feuillettes chascun et à j demi fenestraige. Et ledit tissu est garni au lonc de xxxv L couronnées et de xxxv fleurs de lis toutes petites et d’or, qui y sont pour cloeure et sont rivées audit tissu. Et poise en tout ledit cifflet, avec sadicte garnison et ledit tissu ainsy garny comme dit est, iij onces ix esterlins et demi. » Les filles de Charles VI et Isabeau de Bavière possèdent, elles aussi, de telles merveilles ; ainsi, le hochet d’Isabelle de France est, en 1390, un petit moulinet d’or garni de perles, et celui de Jeanne de France, en 1391, est en argent.
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