Le chat au moyen âge

L'expression "Moyen Âge" n'a pas de sens en elle-même. Elle vient du latin "medium aevum", qui signifie "âge intermédiaire" ou "âge moyen" d'un homme. Le Moyen Âge est donc un âge intermédiaire entre différentes époques et différents courants artistiques, pendant lequel le chat n'a pas eu la vie belle. Après avoir été vénéré dans nombres de sociétés, le Moyen Âge a fait du chat un animal maléfique investis de pouvoirs effrayants, et persécuté.

LA PAPAUTE ET LES CHATS

La religion chrétienne est au coeur de l'histoire médiévale : elle modèle la pensée de cette époque, notamment en raison de la montée en puissance de l'Eglise catholique organisée autour de la papauté de Rome. Les papes au Moyen Âge n'ont pas été bienveillants avec les chats, certains n'hésitant pas à les faire exterminer sous prétexte qu'ils étaient malfaisants et diaboliques.

Le renouveau des cultes païens, notamment au XIVe siècle, a contribué à l'extermination des félins. Si les Egyptiens avaient donné au chat une réputation surnaturelle et païenne pour ses mystères, sa grâce et sa beauté, l'Eglise interpréta ces qualités de façon bien différente et accusa le chat d'être la réincarnation du diable. Une bulle papale de 1233 stipula que les chats noirs étaient les serviteurs du Diable. Plusieurs siècles de haine envers les chats s'ensuivirent. En voulant lutter contre les rites païens, l'Eglise inventa le chat démoniaque.

L'INQUISITION

Aprés la création de l'Inquisition, ce qui est considéré comme hérésie est constamment élargi et diversifié. C'est ainsi que la sorcellerie est combattue violemment, au prix d'innommables mensonges venus de l'Eglise elle-même. A partir du XIIe siècle en Europe, l'Eglise accuse de nombreuses femmes de pratiques magiques néfastes (sorcellerie) et de satanisme. C'est autour du XIIIe siècle que l'Eglise associe définitivement le chat à la sorcellerie.

Le pape Innocent VII (1336 - 1415) exigea une intensification immédiate de la persécution des chats, provoquant une augmentation des décès des félins, dont le nombre atteignit plusieurs millions.

             
Innocent VII                                  Innocent VIII

Le pape Innocent VIII (1432 - 1492) a lui aussi sérieusement contribué à l'horreur de la situation. En 1484, il rédigea une bulle papale ordonnant que les sorcières et leurs chats soient brûlés vifs.

La cruauté des hommes envers les chats à l'époque de l'Inquisition est sans limite.

LE CHAT ET LA SORCELLERIE

Les victimes des procès pour sorcellerie sont essentiellement des femmes qui appartiennent en majorité aux classes populaires. Ces femmes, dont certaines sont accusées de se transformer en chatte lors de leurs sabbats (assemblées nocturnes de sorcières, qui donneraient lieu à des banquets, des cérémonies païennes, voire des orgies), sont torturées, noyées, brûlées sur le bûcher avec leurs chats noirs.

A cette époque, toute personne possédant un chat noir risque de mourir brûlée vive, à moins que le chat ait une petite touffe de poils blancs appelée "doigt de Dieu" ou "marque de l'ange" sur le poitrail.

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Sorcière et son chat noir

Dans ces croyances d'un autre âge, le chat noir était soit la réincarnation du diable, soit celle de la sorcière. Le chat était alors jugé comme une personne et souvent mêlé à des procès de sorcellerie. Dans le procès des Templiers, on mentionne l'adoration de Lucifer qui apparaissait à ses adeptes sous la forme d'un chat.

Les persécutions s'arrêtent au XVIIe siècle. Le Parlement de Paris finit par nier toute réalité aux pactes sataniques et aux maléfices. La persécution des sorcières et de leurs chats a culminé au XVIe et XVIIe siècle et a coïncidé avec la Renaissance et la montée de l'humanisme.

LA PESTE NOIRE

Au XIVe siècle, la Peste noire, ou la Grande Peste, pandémie de peste bubonique, ravagea l'humanité : entre 1346 et 1350, au moins un tiers de la population européenne fut décimée, soit environ 25 millions de victimes. Elle resta endémique pendant trois siècles.
Elle se propagea à cause des puces du rat. Malgré les croyances de l'époque, le chat ne jouait aucun rôle dans la transmission de la peste. En revanche,comme il était massacré, la maladie se répandit davantage. Si l'on n'avait pas accusé à tort le chat d'être responsable de la peste, l'épidémie n'aurait pas duré aussi longtemps. Le lord-maire de Londres, par exemple, appela au massacre de tous les chats, facilitant ainsi sans le savoir la propagation de la maladie.

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Souffrance d'une maisonnée frappée par la peste.
On ignore si le chat (en bas à droite) a été tué par la maladie ou parce qu'on
le tenait pour responsable.


Le seul animal qui n'était pas soupçonné alors était le rat (alors qu'il était depuis longtemps associé à la peste en Orient). Les paysans qui, malgré les risques encourus, avaient conservé des chats, échappèrent à l'épidémie, les chats ayant éloigné les rongeurs.

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Ce détail d'un manuscrit du XIIIè siècle montre des chats dératisateurs.

Commentaires (1)

1. Schweigert Aicha 13/04/2012

Heureusement qu´il y a des gens qui nous font connaitre et découvrir la civilisation de la religion chrétienne au moyen age, voir ce quelle fait maintenant avec les enfants meme les handicapes.

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