La galette des rois au temps des rois...

La galette dite des rois est le gâteau servi traditionnellement pour la fête religieuse de l'Epiphanie, laquelle célèbre la visite des rois mages à l'enfant Jésus.

L'histoire de la galette des Rois remonte à l'Antiquité romaine. Pendant la fête païenne des saturnales, pendant une semaine, en hiver, on célébrait la liberté : les maîtres devenaient esclaves et, inversement, les esclaves devenaient maîtres. Un roi était désigné parmi les jeunes soldats. Les romains utilisaient alors des fèves comme bulletin de vote pour élire le roi du festin !!! L'heureux élu pouvait alors commander à manger tout ce qui lui faisait envie. Cette tradition a évolué au cours des siècles, prenant place le jour de l'Epiphanie, soit le 6 janvier. L'Epiphanie est une fête chrétienne, le 6 janvier, on fête la présentation de Jésus aux Rois Mages.

La forme ronde et dorée du gâteau est sans doute une référence au culte solaire des Saturnales.

Dès le Ve siècle, l'Eglise donna une importance considérable à cet évènement...

Au XIe siècle les chanoines du chapitre de Besançon se mirent à désigner leur futur dirigeant en cachant une pièce d'argent dans un pain. Peu à peu d'autres congrégations adoptèrent cette coutume. Le pain se transforma en brioche, sorte de pâte à pain "améliorée". Ainsi, on servait la fougasse ou fougaço dans le Languedoc, la coque en Ariège, parfois garnie de fruits confits comme le royaume provençal ou de grains d'anis comme le garfou du Béarn. On trouvait aussi des fouaces ou fouées dans le Perche. Le gâteau servi en Bresse était une flamusse à la farine de maïs ou de sarrasin; en Normandie on servait des garots. Enfin, dans le Périgord certaines familles ne mangeaient pas la brioche mais une grande quantité de beignets appelés crépeaux ou pâtissous.

Les gâteaux à fève n’étaient pas réservés exclusivement au jour des Rois. On en faisait lorsqu’on voulait donner aux repas une gaieté bruyante. Un poète du XIIIe siècle, racontant une partie de plaisir qu’il avait faite chez un seigneur qui leur donnait une généreuse hospitalité, parle d’un gâteau à fève pétri par la châtelaine : « Si nous fit un gastel à fève ». Les femmes récemment accouchées offraient, à leurs relevailles, un gâteau de cette espèce.

L'Epiphanie (panneau central), Jérôme Bosh, 1495, musée du Prado à Madrid. Dans sa Vie privée des Français, Legrand d’Aussy écrit, que, dès 1311, il est question de gâteaux feuilletés dans une charte de Robert II de Fouilloy, évêque d’Amiens. Souvent même, on payait les redevances seigneuriales avec un gâteau de ce genre. Ainsi, tous les ans, à Fontainebleau, le 1er mai, les officiers de la forêt s’assemblaient à un endroit appelé « la table du roi », et là, tous les officiers ou vassaux qui pouvaient prendre du bois dans la forêt et y faire paître leurs troupeaux, venaient rendre hommage et payer leurs redevances. Les nouveaux mariés de l’année, les habitants de certains quartiers de la ville et ceux d’une paroisse entière ne devaient tous qu’un gâteau. De même, lorsque le roi faisait son entrée dans leur ville, les bourgeois d’Amiens étaient tenus de lui présenter un gâteau.

L’usage voulait que l’on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre » était destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis. Au Moyen Âge, les grands nommaient quelquefois le roi du festin, dont on s’amusait pendant le repas. L’auteur de la vie du duc Louis II de Bourbon, voulant montrer quelle était la piété de ce prince, remarque que, le jour des Rois, il faisait roi un enfant de huit ans, le plus pauvre que l’on trouvât en toute la ville. Il le revêtait d’habits royaux, et lui donnait ses propres officiers pour le servir. Le lendemain, l’enfant mangeait encore à la table du duc, puis venait son maitre d’hôtel qui faisait la quête pour le pauvre roi. Le duc de Bourbon lui donnait communément quarante livres et tous les chevaliers de la cour chacun un franc, et les écuyers chacun un demi-franc. La somme montait à près de cent francs que l’on donnait au père et à la mère pour que leur enfant fût élevé à l’école.

Quant à la fève, elle doit son nom à la légumineuse (sorte de haricot) placée dans la galette, remplacée par une pièce d'argent, voire d'or chez les plus fortunés.

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Date de dernière mise à jour : 06/01/2012

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