Quelques exemples de chatiments

Durant le haut Moyen Âge les procédures archaïques du droit féodal
punissaient les crimes de manière peu efficace.

La torture fut pratiquée pendant tout le Moyen Âge mais c'est surtout au
bas Moyen Âge, à partir du XIIIième siècle, qu'on l'utilisa dans le but de
contrôler les vices et les travers de la société.

Officiellement la torture est justifiée pour rechercher la preuve
criminelle (l'aveu ou la dénonciation de complices), officieusement les
méthodes sont souvent excessives et injustifiées.

Aujourd'hui notre droit français mélange deux types de procédures
judiciaires qui nous viennent de diverses périodes du Moyen Âge, la
procédure accusatoire et la procédure inquisitoire.



La procédure accusatoire pratiquée durant le haut Moyen Âge consistait
à placer deux adversaires face à face comme dans un combat singulier,
l'accusé devant se défendre face à son accusateur dans un débat oral et
public statué par un juge . La preuve est essentiellement faite par le
serment purgatoire " par lequel l'accusé jure qu'il est innocent, serment
qu'appuie celui d'un nombre variable, parfois important de co-jureurs ".
Mais comme la preuve par le serment purgatoire ne peut s'appliquer
qu'aux hommes libres, les cours féodales utilisaient souvent outre les
duels judiciaires, les ordalies ou les jugement de Dieu. Le principe de
l'ordalie par exemple consiste à soumettre l'accusé à une épreuve
physique, qui, s'il en sort indemne prouvera sa bonne foi. Dieu l'aura
innocenté. Il s'agissait le plus souvent de tenir un fer rouge dans sa main
pendant un long moment ou de plonger le bras dans de l'eau bouillante.
Les innocents étaient donc rares.

A partir du XIIième siècle l'Eglise va considérer que la lutte contre la
criminalité religieuse est désormais sa priorité. Elle institue pour cela le
tribunal inquisitoire chargé de réunir les preuves essentiellement par
l'aveu. En effet au Moyen Âge c'est l'autorité qui régit tout. L'autorité
suprême étant celle des Ecritures, l'Eglise est idéalement placée pour
fournir une interprétation des Evangiles faisant donc autorité. L'Eglise
voyait dans les Evangiles des références claires à l'aveu, c'est comme ça
que la procédure inquisitoire s'est développée . Car selon le droit
médiéval l'aveu rend la chose notoire et manifeste, il devient la preuve
incontestable de la culpabilité de l'accusé. L'Eglise précise que l'aveu doit
être spontané et non extorqué ou proféré sous la colère. Mais la justice
laïque accordera la même importance à toutes les formes d'aveu. C'est
pourquoi la pratique de la torture (violence physique pour arracher une
vérité) avec tous ses excès s'organise et se généralise. Cependant l'aveu
ne pouvait à lui seul emporter la condamnation. Il devait être
accompagné d'indices annexes et de présomptions. Mais il l'emportait
tout de même sur n'importe quelle autre preuve. C'est pourquoi un juge
ne pouvait pas condamner à mort un suspect qui n'aurait pas avoué
même sous la torture. Le suspect n'était pas innocenté par sa résistance
mais il ne pouvait plus être condamné à mort. " De là la recommandation
souvent faite aux juges de ne pas soumettre à la question un suspect
suffisamment convaincu des crimes les plus graves, car s'il venait à
résister à la torture, le juge n'aurait plus le droit de lui infliger la peine
de mort, que pourtant il mérite ".



Il existait une législation sur l'usage de la torture même si elle n'est pas
souvent respectée. En était dispensé les femmes enceintes, les mineurs
de moins de 14 ans et aurait dû l'être selon Saint-Louis toute personne
honnête et de bonne volonté même les pauvres.

Il faudra attendre de nombreux abus avant que certains aveux obtenus
par la force ne soient refusés et que les méthodes ne soient codifiées.
La fin du Moyen Âge notamment montre une volonté de contrôler les
dérives et voit la mise en place de la question préparatoire. C'est une
forme de torture psychologique pour éviter de passer à la torture
physique qui consiste à effrayer le condamné en lui présentant les
différents instruments et techniques qu'il va subir s'il n'avoue pas, puis à
le lier nu et le laisser seul face à sa peur. Cela a permi généralement
d'éviter de passer à la torture physique ou question définitive. On
appliquait notamment cette méthode pour les enfants ou les vieillards.

Les supplices sont nombreux et le plus souvent adaptés à une situation
précise. Les supplices variaient selon le criminel et la nature du crime
commis sur le principe qu'il faut payer par là où on a péché (couper le
poing pour les parricides…).



Mais on peut néanmoins distinguer trois catégories de supplices :

- La question ordinaire qui regroupe les tortures les plus supportables,
qui n'ont pour objectif que d'obtenir l'aveu .

- La question extraordinaire qui regroupe les tortures les plus
insupportables, qui constituent généralement la première étape de la
peine de mort .

- Les tortures additionnelles (arrachage des chairs à l'aide de pinces
rougies…). Le plus grand sadisme vient cependant des soins prodigués
entre chaque séance. Le prisonnier est nourri, rafraîchi, frictionné voir
même complimenté sur son courage. Ce moment le fragilise
considérablement au point de le faire fléchir et avouer son crime.

Parmi les tortures et les exécutions les plus courantes ou les plus connues
on trouvait l'élongation (qui consistait à étirer la personne sur une longue
table de bois, les tortionnaires n'hésitant pas à couper les muscles pour
éviter une trop rapide dislocation).





La Roue



La roue qui consistait à attacher le supplicié sur une croix de Saint-andré
creusée d'encoches profondes de façon à ce que certaines parties des
membres soient placées sur ces vides, le bourreau frappait alors à ces
endroits de manière à briser les os à l'aide d'une barre de fer.



Bras, avant-bras, tibias et fémurs étaient tour à tour fracassés, pour
finir il défonçait la cage thoracique. Le supplicié, hurlant de douleur,
cassé de partout était alors attaché sur une roue fixée en haut d'un
poteau, bras et jambes brisés pendant dans le vide, la face tournée vers
le ciel pour y faire pénitence, tant et si longuement qu'il plaira à notre
Seigneur....

Torture avec de l'eau

La torture de l'eau (qui consistait à attacher la personne sur un support
avec un centre surélevé puis à lui faire absorber de grandes quantités
d'eau de manière continue pour qu'elle ne puisse pas respirer
normalement), l'eau pouvait également être salée ou remplacée par du
vinaigre.






Le Grill



La chaise à Clous





Le Garrot



Le garrot qui a beaucoup servi pour les exécutions finales.

L'empalement



L'empalement (qui consistait à enfoncer un pieu de bois par le
fondement du condamné jusqu'à environ soixante centimètres puis à le
redresser et le planter en terre et le laisser s'empaler tout seul au gré
des convulsions qui l'agitaient).





Le bouc des sorcières (qui est un supplice qui part du même principe que
l'empalement mais qui ne donnait pas la mort directement).

La cuisson ou l'ébullition (réservée aux faux-monnayeurs qui
étaient jetés ligotés dans l'huile ou l'eau bouillante),la flagellation (qui
pouvait se donner à mort avec des lanières équipées d'objets propres à
déchirer les chairs, les muscles alors, traversés, mâchés sous les coups
répétés, partaient en lambeaux laissant apparaître les os).

L'écartèlement (cette peine en France était réservée aux
criminels de lèse-majesté, après avoir tenaillé la victime au gras des
jambes, des bras et des mamelles on versait sur ces plaies ouvertes du
plomb fondu, de la poix mêlée de cire et de résine enflammées, et de
l'huile bouillante. Puis on brûlait la main droite au souffre avant de la
couper, et on attachait les quatre membres du supplicié à des chevaux
qui le démembraient. Pour faciliter l'opération le bourreau cisaillait
parfois les muscles et les tendons) .





La décapitation (peine de mort réservée aux nobles), la pendaison ou la
hart (peine de mort donnée aux non nobles. Un vieil adage de droit
français dit la hache au noble, la hart au vilain), l'enfouissement vivant
(pour vol un homme était pendu mais considérant qu'une femme au bout
d'une corde aurait offert un spectacle bien indécent l'enfouissement vive
leur était réservé pour des condamnations similaires), les peines sont
infinies on pourrait encore citer l'écorchement, la longue traîne, la
massole...

Le bucher



Les immersions, les fers brûlants,les mutilations diverses, l'estrapade,
les grésillons, les rouleaux à épines, le masque de la faim, la poire d'angoisse



Les tortures se développent particulièrement dans les villes médiévales
et sont exercées par un unique homme, le bourreau. Dans les villes les
bourreaux apparaissent à partir du XIIIième siècle. Quand il n'y en avait
pas on faisait appel au boucher. Le métier de bourreau était très
difficile à vivre car le bourreau et sa famille étaient mis au banc de la
société. Ils vivaient généralement à l'écart, en dehors de la ville et le
bourreau devait porter des signes distinctifs. La répulsion qu'il inspirait
le retranchait de la société. Il était le seul à pouvoir exécuter les
jugements. C'est lui qui détenait non seulement le droit mais aussi le
devoir de torturer et de tuer.



Une peine pour être un supplice doit répondre à trois critères principaux :

- Elle doit produire une certaine quantité de souffrance, différente selon
le supplice (de la décapitation, degré-zéro du supplice, jusqu'à
l'écartèlement qui les porte presque à l'infini)

- La production de la souffrance est réglée, il y a un code juridique de la
douleur, la peine est calculée selon des règles détaillées (nombre de
coups de fouet, emplacement du fer rouge, longueur de l'agonie, type de
mutilation…), elle ne s'abat pas au hasard ou en bloc sur le corps

- Le supplice fait en outre partie d'un rituel. Il doit être marquant pour la
victime de manière à la rendre infâme, et, du côté de la justice qui
l'impose, il doit être éclatant, un peu comme son triomphe.

Ainsi beaucoup des persécutions avaient lieu en public et le
divertissement devait satisfaire l'assemblée avide de sensations fortes.
La qualité du spectacle résidait dans la résistance du supplicié à une
peine longue et douloureuse. Tout contribuait à rassurer la population
qui attendait que justice soit faite et bien faite. Et la justice pouvait
aussi être rendue sur des animaux coupables d'avoir attaqué des
hommes, comme le montre le procès à une truie.

Mais " entre cet arsenal d'épouvante et la pratique quotidienne de la
pénalité, la marge était grande. Les supplices proprement dits ne
constituaient pas, loin de là, les peines les plus fréquentes. […] Les
tribunaux trouvaient bien des moyens pour tourner les rigueurs de la
pénalité régulière, soit en refusant de poursuivre des infractions trop
lourdement punies, soit en modifiant la qualification du crime. […] De
toute façon, la majeure partie des condamnations portait soit le
bannissement soit l'amende ".

Commentaires (1)

1. julie (site web) 03/12/2010

[b][/b]c tro bien ce site

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