La saga morutière

Du XIème au XIIème siècle, la pêche à la morue est exclusivement norvégienne. Au XIIème siècle, le Danemark, l'Allemagne, les Pays Bas et les Iles Britanniques s’y intéressent à leur tour, puis dès le XIIIème siècle, les ports de la Flandre et de la Haute Normandie. Les zones de pêche s'étendent : après la mer du Nord, ce sera l'Islande.

 

En 1497, deux Italiens, Jean et Sébastien Cabot, ayant reçu des Lettres Patentes du Roi d'Angleterre, Henri VII, les autorisant à faire voiles pour aller : "... à la découverte de toutes les îles et contrées des païens ...", partent de Bristol le 2 avril, sur le Mathew et, après cinquante-deux jours de mer, le 24 juin, abordent dans un endroit que la carte de Sébastien Cabot permet de situer dans l'île du Cap-Breton, à Terre-Neuve.
Ils prennent possession de ces nouvelles terres, au nom de la couronne d'Angleterre, ainsi que de toutes les terres qui s'étendent depuis les régions découvertes par les Espagnols jusqu'au cercle polaire. L'Amérique a été découverte par Christophe Colomb, cinq ans plus tôt, en 1492.
En l'absence de récit de cette expédition, cette hypothèse est généralement admise. Elle est basée sur quelques textes de diplomates italiens évoquant ce voyage dans leur correspondance. Toutefois, aujourd'hui, il est à peu près acquis que les baleiniers basques fréquentaient l'estuaire du Saint-Laurent depuis presque un siècle. Ils y pêchaient la baleine et probablement la morue.
En 1501, le portugais Gaspard Corte-Réal, ignorant la découverte de Cabot, débarque dans la baie Notre-Dame, sur la côte orientale de l'île et plante le drapeau de son pays sur le Labrador et sur Terre-Neuve. Il dépêche une de ses caravelles à Lisbonne, pour annoncer ses découvertes puis, continuant son voyage, se perd corps et biens.

 

1506, DÉBUTS DE LA PÊCHE DE LA MORUE A TERRE-NEUVE

Les débuts de la pêche dans les eaux de Terre-Neuve datent de la période des grands voyages de découverte. Plusieurs documents anciens attestent de la pratique de la pêche à la morue à Terre-Neuve au début du XVIe siècle.
En 1506, le capitaine Jehan Denis et le pilote Gamart, sur un navire honfleurais, se rendent à Terre-Neuve et, en 1508, l'armateur dieppois Ango, le père, y envoie le navire La Pensée, confié à maître Thomas Aubert, pour tenter la création d'un établissement permanent. La même année, un navire de Bréhat, en provenance de Terre-Neuve, arrive à Rouen, avec un chargement de morues ; à partir de cette époque, Français, Anglais, Portugais et Espagnols arment librement, chaque année, pour Terre-Neuve.

À Fécamp, en 1520, le capitaine Nicolas Gautier arme lui aussi un navire pour Terre-Neuve et, la même année, le journal de la Vicomté de Fécamp mentionne pour la première fois l’arrivée de chargements de morues : le 15 septembre : "... Jehan Pailherbe, Maistre de navyre de fescamp, demande congé de descharger ung millié de moreeulx et doibt le millié...", le 24 du même mois "... un Maistre de navire de Honnefleu (Honfleur), demande congé de descharger II cens de moreeulx ...".

Dès 1500, la pêche à la morue représente un avantage indéniable dans l'approvisionnement en poisson de l'Europe de l'ouest. Elle s'ajoute aux monopoles de la sardine et du hareng.
Une pêcherie de morue se met en place sur Terre Neuve, initiée semble-t-il par les Basques

La morue, ou cabillaud, était communément pêchée et salée par les anciens peuples nordiques, et notamment par les vikings. Dès le moyen-âge, elle est convoitée par d'autres peuples marins, parmi lesquels les Basques qui l'exploitent au large de l'Ecosse. Ce poisson généralement très abondant offre une base alimentaire et commerciale intéressante, s'appuyant entre autres sur les jeûnes imposés par l'église. Un traité signé en 1354 entre le roi d'Angleterre et le roi de Castille, Comte de Biskaia, reconnaît aux Biscaïens le droit de pêche sur les côtes anglaise et Bretonnes. Bayonne, alors sous domination Anglaise, possède les mêmes droits sur la pointe de Bretagne et sur l'archipel de Guernesey. Il est probable qu'il s'agissait de pêche d'une espèce proche, comme le lieu jaune, plus abondant que la morue dans ces parages.

Les Basques, armant des navires de haut-bord et commerçant régulièrement avec les peuples du nord de l'Europe ont pu avoir connaissance des routes maritimes parvenant à Terre-Neuve via l'Islande et le Groenland. Ils ont aussi participé à l'évolution des techniques nautiques : nouveaux types de construction navale, amélioration du gréement, introduction du gouvernail d'étambot, développements d'instruments de navigation, ...

 

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