4/ La quantité des choses dessus-dictés

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Le ménagier de Paris

LA QUANTITÉ DES CHOSES DESSUS-DICTES

 [p. 121]

Au boulengier, ut supra ès autres nopces précédens.

Au pasticier, ut supra.

Eschançonnerie, ut supra.

Au bouchier, trois quartiers de mouton pour faire les souppes aux compaignons, un quartier de lart pour larder, un quartier de veel de devant pour le blanc mengier; pour les servans, venoison.

A l'oubloier, douzaine et demie de gauffres fourrées faites, c'est assavoir de fleur de farine pettrie aux oeufs et des lesches de frommage mises dedens, et dix-huit autres gauffres pettries aux oeufs et sans fromage. Item, douzaine et demie de gros bastons, c'est [p. 122] assavoir farine pettrie aux oeufs et pouldre de gingembre batue ensemble et mis en la fourme, et aussi gros comme une andoulle: et lors mettre entre deux fers sur le feu. Item, douzaine et demie d'autres bastons et autant de portes.

Item, convient au dit regard envoier (oultre le fait dudit oubloier) cinquante pommes de blandureau, les chappeaulx et les ménestriers.

Item, audit oubloier, le service du jour des nopces ut supra ès nopces précédens.

Au poullaillier, les rots et la volaille et venoison ut supra.

Ès halles et à la Porte-de-Paris, les choses appartenans ut supra.

Au saussier, une quarte de cameline pour le disner, et à soupper deux quartes de moustarde.

A l'espicier, espices de chambre: dragée, succre rosat , noisettes confites , chitron et manus-christi,1 quatre livres pour tout. Item, ypocras. Espices de cuisine: poudre blanche, une livre; poudre fine, demie livre; poudre de canelle, demie livre pour blanc mengier. Menues espices, deux onces. Succre en
pierre, trois livres; trois pommes grenades; dragée blanche et vermeille, demie livre; amandes, six livres; fleur de ris, une livre; un quart de froment mondé.

An cirier furent prinses torches et flambeaux à [p. 123] trois sols la livre , et à deux sols six deniers de reprinse.

Item, pour louage de linge, c'est assavoir pour six tables, trois grans pos de cuivre, pour seize douzaines d'escuelles, deux chaudières, deux2 couloueres, un mortier, un pestail, six grosses nappes pour cuisine, trois grans pos de terre à vin, un grant pot de terre pour potage, quatre jattes, quatre cuilliers de bois, une paelle de fer, quatre grans paelles à ance, deux trépiés et une cuillier de fer percée; pour ce, cinquante-six sols parisis.

Vaisselle d'estain: dix douzaines d'escuelles, six douzaines de petis plas, deux douzaines et demie de grans plas, huit quartes, deux douzaines de pintes, deux pos à aumosne; pour tout ce, seize sols.

En Grève, ut supra ès autres nopces.

Nota que pour ce qu'ils3 estoient vefves, ils espousèrent bien matin en leurs robes noires et puis se vestirent d'autres.

Nota des mises extraordinaires pour les nopces Jehan du Chesne. Au queux quatre francs et demi, et aides et portages, un franc: pour tout, cinq francs et demi. Au concierge de Beauvais, quatre francs: pour tables tréteaulx et similia, cinq francs. A la chappellière, quinze frans. Eaue, vint sols. Menestrels huit francs, sans les cuillers et autres courtoisies;4 et feront le [p. 124] regart5 et les acrebades.6 Sergens deux frans. Herbe vert, huit sols. Flambeaux et torches, dix frans. Vaisselle de cuisine, nappes, touailles et voirres, sept frans. Pots d'estain, quatre frans.

 


M. Pichon's notes (1846):

[p. 122]

1Du Cange cite, au mot Manus, un compte de 1334 imprimé parmi les preuves de l'Histoire de Nímes, dans lequel on voit deux massepains, l'un de manu-christi, et l'autre de confiegs. Il semble que ces mots doivent désigner un fruit ou une amande, mais je n'ai pu découvrir lequel.

[p. 123]

2Var. A. quatre.

3Les deux nouveaux mariés. - Il est bien probable qu'alors on gardoit toute sa vie le deuil de son conjoint. - Les reines portoient ainsi tout le reste de leur vie le deuil du roi auquel elles survivoient, et elles le portoient en blanc. On les appeloit alors, pour les distinguer de la nouvlle reine, reines blanches: de là tant de maisons dites de la reine Blanche.

4Et autres présens qu'on leur faisoit pendant le repas.

[p. 124]

5Ce mot doit conserver ici la même signification que ci-dessus, pages 118 et 122; l'auteur vent sans doute dire que pour ce prix ils joueront aussi le jour de regard.

6Si ce mot ne désigne pas nos acrobates d'aujourd'hui (les ménétriers étoient aussi danseurs de corde; voir une citation d'Albéric de Trois-Fontaines à l'année 1237, dans Du Cange, au mot Ministellus), il signifie soit histrions, soit farces ou récits plaisans. Voy. Du Cange aux mots Acroama et Acroamata.

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Date de dernière mise à jour : 01/02/2012

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