Présentation

Périodes

S'agissant du mobilier, le Moyen Âge s'étend du VIe siècle jusqu'au XVe siècle. Deux grandes périodes peuvent être distinguées :

  • du Ve siècle jusqu'au XIIIe siècle, soit des Grandes Invasions jusqu'à la période romane ;
  • les XIVeXVe siècles : la période gothique.

Cornelius Nepos découvre dans un armoire l'Histoire de Troie de Darès le Phrygien.

Les meubles médiévaux sont particulièrement rares. Seules des peintures d'époque, quelques églises ou des musées permettent de les découvrir.
Comme en de nombreux domaines concernant la vie au Moyen Âge, nous ne disposons que de très peu de sources pour étudier le mobilier médiéval. Si les sources iconographiques sont relativement nombreuses tout au long de la période, les sources archéologiques font quant à elles cruellement défaut, notamment pour la période allant jusqu'au XIVe siècle (moins de dix objets sont parvenus jusqu'à notre époque).
Les premiers meubles étaient simplement construits avec des planches de bois taillées à la hache réunies par des pentures de fer forgé.

Coffre à pentures du Moyen âge XIV° siècle

L'art ornemental apparaîtra progressivement, transformant le meuble de première nécessité réduit au rectiligne grâce à des décors de plus en plus élaborés. Il atteindra un point culminant avec le Gothique flamboyant. L'Ile-de-France, la Bourgogne, le Val-de-Loire, l'Auvergne, la Champagne ont une large production.
On trouve de nombreux coffres de volumes variables, des sièges soumis aux hiérarchies religieuses et segneuriales, des bancs et escabeaux, des chaises et "faudesteuils" à haut dossier, sans oublier les buffets, dressoirs et crédences. On trouve également des pieds luminaires en fer forgé.
En guise de décor, seule est pratiquée la sculpture sur bois.

Les motifs consistent essentiellement en lignes verticales - "plis de serviette", "parchemin plissé" - suivis, au cours de la seconde période, de la description d'une flore abondante dans la structure ogivale.

Pour les tapisseries, le nord et le centre de la France sont actifs. De belles tapisseries de laine servent à la fois aux décors et à préserver du froid.

A partir du XIVe siècle, les toiles peintes, le velours, le damas sont utilisés. Les couleurs sont les rouges végétaux, les bleus, les jaunes soutenus, le blanc.
Les matériaux que l'on retrouve le plus souvent sont le bois (chêne, noyer travaillés à la grande cognée), le fer forgé par les forgerons dont le travail des pentures métalliques constituera un premier élément de décors, le bronze, l'étain, le cuir et l'émail.
Quant à l'outillage, il est rudimentaire au cour des premiers siècles.

Évolution                                      

Le premier mobilier médiéval (avant le XIVe siècle) semble rompre partiellement avec la tradition mobilière latine, du moins Trône du Roi Dagobert VIIIe siècle. par sa « rusticité » et par son décor. Toutefois, on remarque une certaine continuité en ce qui concerne le mobilier princier. Le « trône de Dagobert », par exemple, est d'inspiration classique (par sa forme en X, celle du siège pliant ou curule romain). À l'inverse, durant tout le haut Moyen Âge, l'art en général et le mobilier en particulier subissent la double influence de l'art barbare, notamment importé dans les anciens territoires de l'Empire romain par les Wisigoths et par les Francs, et de l'art chrétien (notamment dans le domaine de l'iconographie et pendant la Renaissance carolingienne).

Durant la période féodale, il convient de distinguer d'une part le mobilier d'usage, à caractère nomade (le coffre et la table à tréteaux) ; d'autre part, le mobilier de prestige ou celui des scriptoria, plus imposant : l'armoire à livres constitue probablement le premier meuble haut ou mi-haut au Moyen Âge.

Les XIIIe et XIVe siècles constituent à tous points de vue une période de grands changements pour l'occident médiéval (politiques, culturels, artistiques…). Le mobilier, qui gagne une importance nouvelle, n'est pas en reste, notamment en raison du développement de techniques nouvelles. Durant cette période, l'art ornemental transforme le meuble en y introduisant des décors de plus en plus élaborés. Les progrès de l'outillage, en effet, permettent de réaliser des meubles plus légers, et de les décorer de motifs qui sont directement empruntés à l'architecture (arcades en ogive, feuillages, etc.). il faut aussi noter qu'avec l'essor du commerce interrégional (les grandes foires médiévales), le tissu (draperies, tapisseries) gagne également une importance nouvelle dans la décoration des intérieurs.

Conclusion

L'histoire du mobilier est liée au développement social d'un pays. Un certain stade de civilisation, une certaine sécurité sont nécessaires pour créer un climat favorable à l'épanouissement de cet art éminemment social. Comment, en effet, le seigneur du Moyen âge, si riche soit il, pourrait il utiliser un mobilier volumineux et fragile ? A la moindre alerte, il doit changer de résidence et faire charger hâtivement sur les chariots tout ce qu'il possède. Des meubles ornés de marqueteries délicates supportés par des pieds élégants et frêles n'auraient pu ni subir les intempéries, ni résister aux heurts occasionnés par de fréquents déménagements. Ainsi s'explique que le seul meuble vraiment usuel au Moyen âge soit le coffre.

Une autre raison de ce lent développement est peut être aussi l'utilité individuelle du mobilier. Quand on bâtit une cathédrale, on fait oeuvre collective : riches et pauvres apportent leur concours pour construire la maison de Dieu ; tous jouiront de cette oeuvre grandiose. Mais une pièce de mobilier, si somptueuse soit elle, ne peut servir qu'à un seul individu ou tout au plus à une communauté très réduite qui, dans la majorité des cas, n'exède pas le cadre familial.

Enfin, pour que l'artiste soit encouragé à créer, pour qu'il cherche à perfectionner son art, il lui faut trouver une clientèle. Les acheteurs sont rares au Moyen âge. Il faut être déjà un bien puissant seigneur pour se meubler. La majorité de la population vit sans meubles. Ce fait n'est pas tellement surprenant si l'on songe qu'à l'époque actuelle, dans les pays moins évolués que le nôtre ou simplement dans le fond des campagnes françaises, l'absence du mobilier est encore la règle générale.

Instabilité sociale, utilité individuelle, absence de clientèle expliquent assez aisèment que le nombre de meubles fabriqués au Moyen âge ait été assez réduit et que nous ayons beaucoup de mal à savoir exactement comment se meublaient nos ancêtres.

De plus, ces meubles ont disparu pour la plupart. Le bois est un matériaux qui résiste le moins à l'injure du temps. L'eau, le feu, les transports ont eu vite raison des rares spécimens qui auraient pu nous parvenir. Encore faut il compter dans ce domaine avec la destruction systématique. Chaque époque dédaigne la production de l'âge précédent et préfère se meubler au goût du jour ; or, il est bien plus facile d'éliminer de sa demeure le vieux coffre ancestral pour le remplacer par un cabinet de marqueterie que de remplacer le portail gothique d'une église par une façade Renaissance.

 

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