1948 : Macbeth d'Orson Welles

Macbeth est un film américain de 1948 réalisé par Orson Welles d'après la pièce éponyme de William Shakespeare.

Le film a été un échec commercial et critique à sa sortie en salles en 1948 dans les pays anglo-saxons. La critique lui reprochait l'accent écossais que les acteurs imitaient, rendant les dialogues inintelligibles. Dans les pays non anglophones et en particulier en France ou le problème n'existait pas, le film a été un succès, tant critique que commercial. La version DVD du film n'est pour cette raison disponible qu'en Europe continentale.

On remarquera à ce propos que dans Le Troisième Homme de Carol Reed, chaque personnage est caractérisé par sa voix et son accent particulier américain (Harry Lime), anglais (populaire ou lettré), irlandais, allemand ou tchèque, etc.

 

Synopsis 

Macbeth, un seigneur écossais, vient de remporter une guerre contre un prétendant au trône d’Angleterre. Trois sorcières s’adressent à lui pour livrer leur prophétie : sa destinée sera de devenir Roi après avoir été nommé Thane de Cawdor. Cette nomination prend effet lorsqu’il revient sur ses terres. L’ambition ne cesse alors de l’habiter, un sentiment alimenté par son épouse Lady Macbeth qui le presse d’assassiner le Roi pour s’emparer du trône. Le crime sera accompli et Macbeth accédera dans la foulée au pouvoir suprême. Mais les soupçons qui l’accusent du meurtre commencent à s’accumuler et les morts violentes se succèdent autour de lui. Rongés par la culpabilité, les époux régicides voient leur fin se dessiner alors que Malcolm, l’héritier naturel du royaume, amasse son armée pour le destituer.

 

Analyse de l'œuvre

Macbeth reprend la mise en scène de la pièce montée par Welles avec sa compagnie du Mercury Theater. D'après les prédictions des trois sœurs, (les sorcières) Macbeth doit devenir Roi sans héritier. Incapable de résister aux forces de la nuit, Macbeth est un esprit faible devant sa femme Lady Macbeth qui elle, lui organise la machination machiavélique pour tuer le roi et accéder au pouvoir. S'il parvient au trône par le sang, Macbeth est pris de remords se sentant démasqué. Il sombre dans la folie voyant les spectres du roi et de Banco attablés à son banquet de couronnement, sous les incantations de sa femme "What is done can't be undone" (ce qui est fait est fait) qui tente de le ramener à la raison alors qu'il répète sans fin "blood appeals blood" (" le sang appelle le sang").

La mise en scène n'hésite pas devant les effets grandiloquents et fantastiques, dans un décor de château moyenâgeux en carton-pâte sur un plateau de studio. Orson Welles lui-même joue des yeux écarquillés et des profondeurs de champ pour donner aux scènes de folie un expressionnisme muet qui semble une réponse à Ivan le Terrible d'Eisenstein.

 

 

 

Ainsi ces décors rugueux, sauvage et expressionniste ainsi que ces effets cinématographique grandiose (plongé, contre plongé et profondeur de champs évite au film de tomber dans l'académisme des lectures habituel de Shakespeare a l'époque notamment celle de Laurence Olivier. les scènes de folie grâce à l'interprétation de Jeanette Noland (Lady Macbeth) - dont la scène de la main - sont particulièrement réussies ainsi que la scène finale de la forêt en marche...

On se reportera au Perceval le Gallois d'Eric Rohmer pour retrouver une telle imbrication entre convention théâtrale et cinéma.

Distribution 

  • Orson Welles : Macbeth
  • Jeanette Nolan : Lady Macbeth
  • Dan O'Herlihy: Macduff
  • Edgar Barrier : Banquo

Fiche technique 

  • Scénario : Orson Welles d’après William Shakespeare
  • Réalisateur : Orson Welles
  • Image : John L. Russell
  • Producteur : Orson Welles
  • Durée : 1h54
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