2005 : Kaamelott, série télévisée humoristique francaise de Alexandre Astier

Kaamelott est une série télévisée française humoristique et dramatique de fantaisie historique, créée par Alexandre Astier et Jean-Yves Robin. Elle est diffusée depuis le 3 janvier 2005 sur M6 en France, depuis 2006 sur la TSR 2 en Suisse ainsi que sur Club RTL en Belgique et depuis le 1er septembre 2007 au Québec sur la chaîne Historia[1].

De plus en plus populaire depuis 2006, la série s’inspire de la légende arthurienne, qui se passe sur l'île de Bretagne à la chute de l'Empire Romain, sur laquelle règne le Roi Arthur en son château de Kaamelott, entouré de ses Chevaliers de la Table ronde. Loin d’être fidèles, braves et héroïques, ceux-ci sont désordonnés, couards ou sanguinaires, et parfois même traîtres. Bien mal épaulé, Arthur peine à mener à bien sa quête du Graal.

Synopsis

Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.

Au Ve siècle après Jésus-Christ, sur l’île de Bretagne : le christianisme naissant et les anciennes traditions celtes s’entrechoquent pendant que l’Empire romain s’effondre. Au carrefour de l’Histoire, le royaume de Kaamelott apparaît alors comme le nouveau phare de la civilisation.

Entouré par ses fidèles chevaliers, le roi Arthur a reçu pour mission de chercher le Saint Graal. Néanmoins, cette quête s’annonce plus que difficile, car Arthur est très mal entouré. Ses Chevaliers de la Table Ronde sont des ersatz de héros : peureux, naïfs, stupides ou au contraire violents, archaïques et désordonnés, ceux-ci ne comprennent pas l’enjeu de la quête du Graal. L’entourage familial du roi n’est guère plus sensé : les conflits avec sa femme Guenièvre et sa belle-famille ne cessent de se produire, même lors des repas.

C’est dans ce contexte qu’Arthur doit persévérer dans sa quête de la « lumière divine », aidé par son fidèle ami Lancelot, le seul chevalier qui, selon le roi, « tienne encore debout dans cette baraque ». L’amitié avec ce dernier est cependant de courte durée, puisqu’à la fin du Livre III, Lancelot du Lac décide de quitter la cour du roi et de fonder une armée séparatiste après avoir déclaré sa flamme à la reine.

La société progressiste que le roi essaye de développer est alors sur le point de se désagréger lorsque les dieux, las des affronts répétés commis par Arthur – l’adultère avec la femme d’un chevalier, le peu d’entrain pour la quête du Graal… – décident de lui envoyer une Réponse inquiétante… Nommé Méléagant, ce mystérieux personnage œuvre pour engendrer la mort du roi et l’avènement de Lancelot – ce dernier était, en effet, le premier choix des dieux pour le trône de Bretagne. Méléagant cherche, dans un premier temps, à persuader Lancelot de tuer le roi, en lui montrant tout ce qu’il a usurpé : le trône, la Dame du lac, Excalibur. Lancelot ayant montré ses faiblesses, Méléagant décide de pousser lui-même Arthur au suicide, cette fois en lui montrant tout ce qu’il a détruit : la vie d’Anton, sa descendance, son royaume. Arthur, poussé à bout, tente de mettre fin à ses jours dans sa baignoire, au moment même où Lancelot vient pour le tuer, à la fin du Livre V.

Il est alors temps pour Arthur, dans le Livre VI, de se remémorer ses racines et son histoire, de son adolescence à Rome à sa fédération des clans bretons.

Distribution

Acteurs principaux

  • Alexandre Astier : Arthur, roi de Bretagne
  • Lionnel Astier : Léodagan, roi de Carmélide
  • Simon Astier : Yvain, chevalier au Lion, frère de Guenièvre
  • Carlo Brandt : Méléagant, l’homme en noir, la Réponse
  • Guillaume Briat : le roi burgonde
  • Christian Bujeau : le maître d’armes
  • Antoine de Caunes : Dagonet, chevalier
  • Jacques Chambon : Merlin, druide et enchanteur
  • Alain Chapuis : le tavernier
  • Thomas Cousseau : Lancelot, chevalier du Lac
  • Josée Drevon : Ygerne de Tintagel, mère d’Arthur
  • Julien Dutel : Kay, chevalier sonneur
  • Étienne Fague : Lionel de Gaunes, frère de Bohort
  • Caroline Ferrus : Mevanwi, femme de Karadoc
  • Audrey Fleurot : Viviane, la Dame du Lac
  • Bruno Fontaine : Elias de Kelliwic’h, enchanteur
  • Brice Fournier : Kadoc, frère de Karadoc
  • Nicolas Gabion : Bohort, roi de Gaunes
  • Anne Girouard : Guenièvre, femme d’Arthur
  • Gilles Graveleau : Roparzh, paysan
  • Vanessa Guedj : Angharad, suivante de Guenièvre
  • Jean-Christophe Hembert : Karadoc, chevalier de Vannes
  • Alexis Hénon : Galessin, duc d’Orcanie
  • Valérie Keruzoré : Nessa, servante
  • Alban Lenoir : Ferghus, soldat de Lancelot
  • Jean-Robert Lombard : Père Blaise, prêtre de Kaamelott
  • Stéphane Margot : Calogrenant, roi de Calédonie
  • Serge Papagalli : Guethenoc, paysan
  • Caroline Pascal : Demetra, maîtresse d’Arthur
  • Franck Pitiot : Perceval, chevalier du Pays de Galles
  • Aurélien Portehaut : Gauvain, chevalier, neveu d’Arthur
  • François Rollin : Loth, roi d’Orcanie
  • Thibault Roux : Grüdü, garde du corps du roi
  • Alexandra Saadoun : Aziliz, maîtresse d’Arthur
  • Magali Saadoun : Tumet, maîtresse d’Arthur
  • Tony Saba : Hervé de Rinel, chevalier
  • Bruno Salomone : Caius Camillus, centurion romain
  • Joëlle Sevilla : Séli, femme de Léodagan, mère de Guenièvre
  • Anne-Valérie Soler : Aelis, maîtresse d’Arthur
  • Loïc Varraut : Venec, marchand d’esclaves
  • Valeria Cavalli : Aconia Minor, éducatrice romaine (livre VI)

Invités

Des acteurs plus ou moins célèbres sont aussi présents dans un nombre réduit d’épisodes. On considère qu’un acteur est une « guest star » quand son nom apparaît à la suite du titre de l’épisode en tant qu’invité spécial.

  • Guy Bedos : Anton, père adoptif d’Arthur (Anton)
  • Georges Beller : Jacca, seigneur (La Taxe militaire)
  • Didier Bénureau : Buzit, barde (Des nouvelles du monde)
  • Jackie Berroyer : Père de Perceval (Livre VI en cours de tournage)
  • Bruno Boëglin : Sven, chef viking (L’Invasion viking, Le Dialogue de paix II)
  • Jean-Marie Boëglin : Ulfin, doyen (Les Funérailles d’Ulfin)
  • Patrick Bouchitey : le pêcheur, père des Jumelles (Le Phare, Le Guide)
  • Ilario Calvo : Petronius, archevêque de BologneLe Chevalier femme) (
  • Emma de Caunes : Azénor, maîtresse d’Arthur (Azénor, La Kleptomane)
  • Alain Chabat : le duc d’Aquitaine (Les Aquitains, Les Fruits d’hiver, Les Nocturnales, Le Forfait)
  • Christian Clavier : le jurisconsulte (Le Jurisconsulte, Exsecutor, Le Substitut, L’Odyssée d’Arthur, Les Pionniers, La Conspiratrice, Le Destitué)
  • Marion Creusvaux (Livre VI en cours de tournage)
  • Émilie Dequenne : Edern de Carmélide (Le Chevalier femme)
  • Lorànt Deutsch : l’interprète burgonde (L’Interprète)
  • Léa Drucker : la fée Morgane (La Blessure mortelle, La Réponse)
  • Jacques Gallo : le bateleur (Le garçon qui criait au loup, Le Théâtre fantôme)
  • Laurent Gamelon : le tricheur, joueur de bonneteau (La Baraka)
  • Roland Giraud : Robyn, justicier (Le Justicier)
  • Anouk Grinberg : Anna de Tintagel, demi-sœur d’Arthur (L’Odyssée d’Arthur, La Supplique)
  • Axelle Laffont : Séfriane d’Aquitaine (Séfriane d’Aquitaine)
  • Yvan Le Bolloc’h : Breccan, ébéniste créateur de la Table Ronde (La Table de Breccan)
  • Bernard Le Coq : Fearmac, prisonnier des geôles de Kaamelott (Le Terroriste)
  • Denis Maréchal : Narses, général de ByzanceEunuques et Chauds Lapins) (
  • Ged Marlon : l’Ankou, la Mort (L’Ankou)
  • Pierre Mondy : César (Livre VI en cours de tournage)
  • François Morel : Belt, vigneron (Spiritueux)
  • Claire Nadeau : Cryda de Tintagel, tante d’Arthur (Cryda de Tintagel, L’Approbation, L’Épée des rois, Hurlements)
  • Philippe Nahon : Goustan le Cruel, père de Léodagan (Goustan le Cruel)
  • Géraldine Nakache : la duchesse d’Aquitaine (Les Aquitains, Les Fruits d’hiver, Les Nocturnales)
  • Manu Payet : un ami d’enfance d’Arthur (Livre VI en cours de tournage)
  • Marcel Philippot : Boniface, évêque de GermanieCompagnons de chambrée) (
  • Barbara Schulz : Madenn, fille de Guethenoc (La Coccinelle de Madenn)
  • Élie Semoun : le Répurgateur (Le Répurgateur, Monogame, L’Expurgation de Merlin, L’Absolution, Le Paladin)
  • Bruno Solo : Herveig, porte-drapeaux (Les Drapeaux)
  • Marthe Villalonga : Grand-mère de Perceval (Livre VI en cours de tournage)
  • Pascal Vincent : Urgan, pirate et assassin (Le Professionnel)

Occasionnels

D’autres acteurs, sans avoir le statut d’invités, n’apparaissent chacun que dans quelques épisodes.

  • Ariane Astier : Médène, fille de Karadoc et Mevanwi (Pupi, Les Exilés)
  • Jeanne Astier : l’aînée de Karadoc et Mevanwi (Pupi, Les Exilés)
  • Philipe Ayanian : Hagop d’Arménie (Le Combat des chefs)
  • Christophe Baillot : le servant romain de Caius (Fluctuat nec mergitur)
  • Ingrid Bassin : une esclave viking (Les Affranchis)
  • Valérie Benguigui : Prisca, voyante malhonnête (La Pythie, Le Mauvais Augure, Le garçon qui criait au loup, Le Théâtre fantôme)
  • Guillaume Briat : le roi burgonde (L’Interprète, Le Dialogue de paix, Le Dialogue de paix II, Les Envahisseurs, Le Jeu de la guerre)
  • Louis Bujeau : un élève du maître d’armes (Les Suppléants, La Chevalerie)
  • Luc Chambon : Nathair, espion (Au service secret de Sa Majesté, Le Rapport, La Sonde, Le Désordre et la Nuit)
  • Virginie Efira : Berlewen, femme de Bohort (Au Bonheur des Dames)
  • Maxime Goubet : le petit-neveu de Karadoc (Legenda)
  • Yann Guillarme : un marchand, habitué de la taverne (La Poétique II, Les Paris III)
  • Chantal Joblon : Vouga, femme de Guethenoc (La Nourrice, Les Transhumants)
  • Christophe Kourotchkine : Keu, fils d’Anton (Anton)
  • Eddy Letexier : Hoël, roi d’Armorique (L’Assemblée des rois)
  • Amanda Lionet : Torri, intendante (La Restriction)
  • Arsène Mosca : le chef maure (La Délégation maure)
  • Karim Qayouh : le jeune Maure (La Délégation maure)
  • John Smith : un paysan (Les Recruteurs)
  • Valentin Traversi : Ketchatar, roi d’Irlande (L’Assemblée des rois)
  • Lan Truong : Attila, roi des Huns (Le Fléau de Dieu, Le Fléau de Dieu II, Les Envahisseurs)
  • Matthias Varenne : l’écuyer de Perceval (La Romance de Perceval)
  • Mélanie Vaudaine : une bergère (Les Transhumants, Jizô)
  • Caroline Victoria : Tegeirian, paysanne courtisée par Arthur (Arthur in Love, L’Enragé)
  • Tien Vuong Nguyen : Ào Sï Kã, assassin (Les Recruteurs, Domi nostræ, Unagi V)

 

Genèse et histoire de la série

En 2003, Alexandre Astier réalise et produit un court métrage de quatorze minutes, Dies iræ, dont l’action se situe à l’époque arthurienne. Dies iræOff-Courts et 2004 du festival Comédia Juste pour rire de Montréal. Fort de ce succès, Alexandre Astier décide d’écrire et de tourner six pilotes d’une série en format court, c’est-à-dire de cinq minutes environ par épisode. De nombreux acteurs de Dies iræ reprennent leurs rôles, et la série a un nom : Kaamelot. À cette époque, la série Caméra café vient de se terminer, c’est pourquoi Alexandre Astier va présenter ses pilotes à la société de production CALT et Jean-Yves Robin. Séduits, ces derniers commandent quatre autres pilotes, plus courts cette fois-ci (environ trois minutes chacun). Les bases de la série sont posées et la chaîne M6 est conquise : elle commande une saison (Livre I) de cent épisodes d’une série comique médiévale dorénavant appelée Kaamelott. remporte le prix du Public 2003 du festival

Dès son lancement et contre toute attente, Kaamelott devient un phénomène réunissant chaque soir près de cinq millions de téléspectateurs – soit environ 16,3 % de parts de marché en 2006 lors de la diffusion du Livre IV[2], atteignant même un record de 5,6 millions de téléspectateurs le 14 novembre 2005, soit 20,2 % de part de marché[3]. Six semaines auront suffi à la série pour atteindre la même part de marché que Caméra café en trois ans[4]. En 2005, M6, satisfaite, annonce qu’elle commandera six cents épisodes supplémentaires, à raison de deux cents épisodes tournés par an, ainsi que deux soirées spéciales en « prime time » de deux fois cinquante-deux minutes, diffusées le 30 avril 2007 (en prélude au Livre V) et le 5 novembre 2007 (après une pause au milieu du Livre V).

En 2006 la série s’exporte à l’étranger, comme l’avait fait avant elle Caméra café. Ainsi, le tournage des dérivés espagnol et italien commencera en 2007 dans les studios lyonnais de CALT : Picsel. La distribution variera d’un pays à l’autre, mais les scénarios resteront les originaux écrits par Alexandre Astier, qui supervisera de plus le tournage et réalisera certains épisodes[5].

En 2007, Kaamelott est le programme qui rapporte le plus de revenus publicitaires à M6, et constitue le sixième programme le plus rentable des quatre principales chaînes françaises[6].

Évolution de la série 

Depuis ses débuts, Kaamelott a grandement évolué sur de nombreux aspects, au fur et à mesure que les budgets et les moyens techniques qui lui sont alloués s’élèvent.

Décors 

Le tournage de quelques scènes au Lac Vert de Passy témoigne de la perpétuelle recherche de nouveaux décors atypiques.

La série devant faire ses preuves à l’antenne, le premier livre de Kaamelott fut, à de rares exceptions, intégralement tourné en intérieur, dans des studios – anciens hangars désaffectés – près de Paris[7]. Le Livre II a néanmoins entamé un exode du tournage vers l’extérieur, intégrant de nouveaux décors tels que le parc du château, les temples, la forêt… Ce mouvement n’a dès lors cessé d’intégrer, à chaque nouveau livre, de nouveaux paysages : l’allée de promenade fleurie, la tribune, le château de Carmélide, la cour des paysans (dans le Livre III, tournés au Château de Montmelas-Saint-Sorlin dans la région Rhône-Alpes près de Villefranche-sur-Saône) ainsi que le lac (dans le Livre IV) et la montagne (dans le Livre V). Chaque livre introduit de plus de nouveaux décors intérieurs, participant ainsi au perpétuel renouvellement du visuel de la série, comme par exemple la salle des coffres (Livre II), la salle de classe (Livre III), la bibliothèque et la tourelle sur la plage (Livre IV).

Ces changements fréquents de décors sont favorisés par les modifications régulières des lieux de tournage. Ainsi, le Livre IV a été tourné, contrairement aux trois premiers, au Studio 24 à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon. Cette migration de la série, qui permet en outre une amélioration des décors et une plus grande liberté pour les acteurs et l’équipe technique, est le signe avant-coureur de la création d’un grand pôle audiovisuel en Rhône-Alpes, nommé Picsel, par la société CALT, M6 et le conseil régional. C’est dans ce pôle que seront tournées les adaptations italienne et espagnole de Kaamelott[8].

Enfin, la tendance actuelle est à l’évolution perpétuelle de l’esthétique générale de la série. En effet, le Livre IV introduit de nouveaux costumes pour les personnages, ainsi que des modifications visuelles comme la lumière, qui devient bien plus claire, et un étalonnage surprenant par son manque de contraste et son achromie, ce qui donne un grain différent des livres précédents.

Narration

Après des épisodes très indépendants et diffusés dans un certain désordre pour le Livre I, la série, originellement conçue pour être suivie ponctuellement, devient plus scénarisée et commence à suivre un ordre chronologique à partir de la fin du Livre II et surtout dans le Livre III. Si les épisodes peuvent toujours être appréciés en solo, ils font de plus en plus souvent référence à des événements qui se sont produits dans les épisodes précédents. Ainsi, la série intègre dès lors quelques éléments scénaristiques caractéristiques du soap opera et des nouvelles séries américaines, tels que le cliffhanger (introduit par La Dispute 2e partie, épisode final du Livre III).

À mi-chemin entre le Livre I introductif et le Livre III chronologique, le Livre II possède quelques épisodes dont l’écriture est assumée par des personnes autres que Alexandre Astier : Joëlle Sevilla (Silbury Hill et Pupi, ce dernier étant co-écrit avec Alexandre Astier), Lionnel AstierL’Enlèvement de Guenièvre), Nicolas Gabion (Plus près de Toi)[9]Fabien Rault est la seule personne qui ne fait pas partie de l’équipe Kaamelott au générique à avoir écrit un épisode (Le Portrait). Pour satisfaire le développement de l’histoire principale, les épisodes des Livres III et ultérieurs sont quant à eux écrits en intégralité par Alexandre Astier, sauf l’épisode La Pierre de Lune du Livre III qu’il a co-écrit avec Fabien Rault[10]. Le premier livre, néanmoins, a entièrement été écrit par Alexandre Astier[11]. (

Comme Alexandre Astier le révèle, cette évolution narrative et le changement de format à partir du Livre V (ainsi que les « prime-time » de 52 minutes) servent à préparer les longs métrages qui devront vraiment se différencier du « style série »[12].

Format

L'évolution narrative de la série va de pair avec le changement de format opéré à partir du Livre III. En effet, celui-ci voit l’apparition de doubles épisodes, c’est-à-dire d’épisodes en deux parties (La Poétique, L’Assemblée des rois et La Dispute) qui sont devenus de plus en plus présents dans le Livre IV. Ces épisodes permettent à l’auteur d’approfondir l’intrigue qu’il y développe. Événement marquant dans l’histoire de la série, le final du Livre IV introduisit le premier épisode de sept minutes – au lieu des habituels épisodes doubles de trois minutes trente chacun – ce qui sera le format du Livre V suivant. Le Désordre et la Nuit 1re et 2e parties réunit donc les épisodes 99 et 100 en une seule unité narrative, sans interruption médiane. De plus, son « épilogue » unique est plus long que pour un épisode normal, et dépourvu des habituels crédits dans la partie inférieure de l’écran, augmentant son impact dramatique.

En prélude à la diffusion du Livre V par épisodes de sept minutes, quatre épisodes de cinquante-deux minutes, reprenant les intrigues majeures du Livre, furent diffusés en « prime-time » sur M6. Ces épisodes permirent à l'auteur de se préparer à réaliser les long-métrages en abandonnant l'écriture en format « très court. ». Le DVD du livre V est d'ailleurs sous un format encore différent : 8 épisodes de 40 minutes, format qui sera celui du livre VI

Le Livre VI verra lui aussi son format changé, puisqu'il sera constitué de neuf épisodes de quarante minutes(8 épisodes constituant le livre VI proprement dit et un neuvième épisode, qui servira de transition entre la fin du livre V et la suite cinématographique). Ce « format américain » permettra à l'auteur d'accélérer le rythme de la narration par rapport aux cinquante-deux minutes du Livre V.[13]

Finalement, bien que la série fut originellement prévue pour être constituée de sept Livres, l'auteur a décidé, pendant l'écriture du Livre VI, que celui-ci serait le dernier, afin d'accélérer la transition narrative vers le cinéma.[14] Cet ultime changement montre bien la corrélation entre évolution du format et évolution de la narration.

Personnages 

Du fait de l’importance grandissante de leurs personnages, certains acteurs invités plus ou moins connus (« guest stars ») ont définitivement intégré la distribution de la série, le premier étant Christian Bujeau (le maître d’armes), suivi de Bruno Salomone (Caius Camillus), François Rollin (Loth, roi d’Orcanie) et Antoine de Caunes (Dagonet) dans le Livre IV, ainsi que Claire Nadeau (Cryda de Tintagel) dans le Livre V.

Le Livre IV, néanmoins, bien qu’on y retrouve des acteurs invités déjà présents dans les livres précédents (Antoine de Caunes, Léa Drucker, Claire Nadeau, François Rollin, Élie Semoun), est le premier à ne faire appel à aucune nouvelle « guest star ».

Le Livre V renoue avec les nouveaux invités, tous acteurs confirmés : Alain Chabat, Géraldine Nakache, Christian Clavier, Anouk Grinberg, Patrick Bouchitey, Guy Bedos… La nouvelle structure narrative, cependant, se prête beaucoup moins qu’auparavant aux simples « vignettes » – un épisode unique, introduisant un personnage peu important pour la continuité et qui ne réapparaît jamais. Ces « guest stars » ont désormais des rôles significatifs pour l’intrigue, parfois récurrents, souvent de personnages déjà mentionnés dans les livres précédents (Anna de Tintagel, Anton, le pêcheur…).

En dehors des invités, Alexandre Astier n’hésite pas à ajouter à la distribution déjà conséquente de nouveaux personnages principaux, même tardivement, dont l’importance dans la série croît rapidement. L’exemple le plus marquant est certainement Méléagant (joué par Carlo Brandt), dont l’apparition mystérieuse à la fin du Livre IV a suscité bien des spéculations parmi les fans. La Table Ronde gagne aussi un nouveau chevalier dans le Livre V : Lionel de Gaunes (joué par Étienne Fague), le frère de Bohort.

Génériques et musiques

Pour l’ensemble de la série, les musiques sont composées par Alexandre Astier, y compris la musique du générique suivant le prologue. Ces génériques, bien que respectant le même thème musical et visuel – une animation d’Excalibur se plaçant sous le titre stylisé « Kaamelott » pour le souligner, devenant au final le logo de la série –, sont différents à chaque nouveau livre. Les couleurs et le rythme de la musique changent, et reflètent d’une certaine manière le ton global de la saison. Par exemple, le générique du Livre IV utilise des couleurs chaudes et ses effets spéciaux lui donnent un côté « flamboyant ». Ceci contraste fortement avec le générique du Livre V, dans des tons froids et avec une musique plus sobre, qui souligne le côté très sombre de ce dernier opus.

Un élément musical qui n’a jamais changé depuis le début de la série est la sonnerie de cor à l’ouverture d’un épisode, véritable « appel de ralliement » pour les fans.

Dans les épisodes eux-mêmes, l’usage de la musique a aussi beaucoup évolué. Entendre un accompagnement sonore est rare dans les premiers livres. Absentes des scènes dialoguées, de telles musiques de fond servent surtout à renforcer un gag visuel (par exemple dans Le Plat national ou La Parade) voire une scène d’action (L’Assemblée des rois 2e partie, Le Complot). Ceci change à mesure que la série devient plus dramatique ; un fond musical est couramment utilisé, surtout dans le Livre V, pour « donner le ton » et renforcer l’impact d’une scène. Un thème récurrent particulièrement notable est celui de la scène du baptême de Perceval dans Le Désordre et la Nuit ; cette musique marque l’apparition de Méléagant et devient pratiquement le leitmotiv de ce personnage et de ses machinations dans le Livre V.

Références et clins d’œil 

Références culturelles 

Inspirations majeures

Kaamelott n’est pas seulement une série ancrée dans l’univers arthurien ; elle tend aussi à puiser des éléments d’œuvres de fictions diverses.

Tout d’abord, l’auteur de la série, Alexandre Astier, a voulu que celle-ci « évolue dans un univers héroïque-fantaisiste […], un peu comme dans les jeux de rôle avec un monde médiéval dans lequel la magie existe. »[15]. Il y a ainsi nombre d’allusions à ces jeux dans Kaamelott ; en particulier, beaucoup d’épisodes (Le Labyrinthe, La Grotte de Padraig, Le Chaudron rutilant, Les Volontaires, Le Dragon des tunnels, La Voix céleste, Le Guet, L’Oubli, Le Passage secret, Trois cent soixante degrés, La Menace fantôme, Mission, Le Dédale…) contiennent un élément de dungeon crawling (en français, « porte-monstre-trésor ») typique de Donjons et dragons. Plus spécifiquement, on peut trouver des références directes à Warhammer, à travers le personnage joué par Élie Semoun – appelé le Répurgateur – ou l’évocation des skavens dans l’épisode Arthur et les Ténèbres. Il existe aussi une référence au wargame dans l’épisode Le Jeu de la guerre du Livre IV, dans lequel Arthur et le roi des Burgondes jouent à un jeu de plateau, avec des pions, pour décider de l’issue d’un conflit.

Ensuite, la série traitant de la légende arthurienne de manière humoristique, elle est à rapprocher du film Sacré Graal ! des Monty Python. Bien que Alexandre Astier se défende d’y avoir puisé l’intégralité de son inspiration[7] et que l’humour de Kaamelott, très cartésien et typiquement français, reste assez différent de l’humour absurde du groupe britannique, on peut souvent déceler des allusions à ce film, ainsi qu’à d’autres des Monty Python. Par exemple, dans l’épisode Un bruit dans la nuit, Bohort est terrifié à l’idée de rencontrer un « lapin adulte » dans la forêt – et dans le film des Monthy Python, Bors est le premier chevalier victime du « lapin vorpal ».

Les armures des premiers livres, le décorum de la Table Ronde et l’utilisation des trompettes dans le générique font penser au film Excalibur de John Boorman.

Les dialogues de la série, dans leur style et leur vocabulaire, ne sont pas sans rappeler ceux de Michel Audiard : issus du langage de la rue, à la fois iconoclastes, irrévérencieux et très imagés.

Les références fréquentes aux druides, aux Romains et à la Gaule font bien évidemment penser aux aventures d’Astérix et Obélix – l’épisode Le Combat des chefs reprenant même le titre et le thème d’un album. Alexandre Astier mentionne d’ailleurs ce classique de la BD dans les interviews consacrées à sa propre série de bande dessinée, ainsi que l’influence significative de René Goscinny sur le comique et la narration[16].

De manière beaucoup plus sous-jacente, on peut noter des hommages, plus ou moins directs, aux univers de fiction la Guerre des étoiles et Stargate, dont le premier est particulièrement apprécié par l’auteur[17]. L’épisode Stargate II, par exemple, traite de la découverte d’un sabre laserTatooine. Il semble que des références plus générales à l’univers de Star Wars soient distillées dans certains épisodes : les effets sonores accompagnant Excalibur hors de son fourreau rappellent souvent le bruit d’un sabre laser, et les relations entre Lancelot et Méléagant font penser à celles de Anakin Skywalker et Palpatine. De même, dans l’épisode Stargate, il est clairement fait allusion à la série et au film du même nom, puisqu’on y trouve la présence d’une Porte des étoiles, appelée « Porte du Chaos », fortement similaire aux portes de l’univers Stargate. et de la visite de Perceval sur

Finalement, on peut rapprocher cette série de La Vipère noire (Blackadder), série à grand succès de Rowan Atkinson. En partie médiévale et n’abordant que rarement l’humour absurde, celle-ci met également en scène un homme puissant entouré d’une bande de bras cassés et qui tente à grand-peine de mener à bien ses plans. Ceci pourrait avoir créé un lien et des références entre les deux thèmes, notamment dans sa vision non conventionnelle de l’histoire de l’Angleterre. Arthur et Blackadder ont beaucoup de choses en commun, et Bohort et Perceval ont également quelques ressemblances avec Percy et Baldrick[réf. nécessaire].

Inspirations secondaires

Les titres de certains épisodes de Kaamelott, ainsi que leur contenu, sont des références et clins d’œil ponctuels à des œuvres culturelles de genres divers :

  • Cinéma : Heat, Le Sixième Sens, Le Dernier Empereur, Gladiator, La Fureur du dragon, La Corde, O’Brother, Always, Stargate, Le Professionnel, La Menace fantôme, Poltergeist, Cuisine et dépendances, Witness, Hollow Man, Tous les matins du monde, Raison et Sentiments, Au service secret de Sa Majesté, L’Auberge rouge, La vie est belle, Le Désordre et la Nuit, Hurlements, Le Retour du roi
  • Théâtre : Les Bonnes, Beaucoup de bruit pour rien
  • Roman : Le Temps des secrets, Au Bonheur des Dames, Tous les matins du monde, Raison et sentiments, Les Liaisons dangereuses, Anges et Démons
  • Bande dessinée : Le Combat des chefs, L’Ankou
  • Jeu vidéo : Alone in the Dark, Double Dragon
  • Série télévisée : Les Envahisseurs
  • Conte : Le Petit Poucet, Le Garçon qui criait au loup
  • Chanson : Dream On

De manière plus approfondie, des références plus concrètes à différentes œuvres sont parfois distillées. Par exemple :

  • Dans l’épisode Sous les verrous, la scène où Arthur est enfermé dans les geôles est très similaire à un passage du film de Coluche, Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine[18].
  • Une scène de l’épisode La Révolte II est un calque d’une scène du film La Traversée de Paris[19].
  • Lorsque Arthur et Lancelot conversent dans l’auberge (dans l’épisode Le Face-à-face 2e partie), leur dialogue est intégralement inspiré du film Heat, quelques tournures et concepts étant modifiés pour correspondre à la situation[20].
  • La scène du rêve d’Arthur dans l’épisode Le Guide est visuellement calquée sur une scène du film de 2004 Arsène Lupin[21].
  • Le combat dans l’épisode La Dispute est un témoin de l’inspiration majeure que l’auteur trouve en Star Wars[22].

En outre, des références à des genres ou styles plus généraux, plutôt qu’à des œuvres précises, sont également présentes, comme dans l’épisode Le Donneur, qui parodie le polar, ou La Morsure du Dace, qui s’inspire des histoires de vampires et autres films d’horreur.

Finalement, on peut remarquer quelques références ponctuelles diverses :

  • Kaamelott fait fréquemment référence à une chanson enfantine traditionnelle, À la volette, qui est devenu emblématique de la série. Depuis son introduction, dans l’épisode du Livre I À la volette, elle est liée à un gag récurrent (« L’ennui, avec cette chanson, c’est qu’elle reste… ») et on entend souvent les personnages la chanter (La Quinte juste, Spiritueux, Tous les matins du monde 1re partie), parfois avec des paroles altérées, comme la version « burgonde » (Le Dialogue de paix II) ou celle du maître d’armes (Corpore sano II).
  • Une autre chanson récurrente est la pavane Belle qui tiens ma vie (Le Repos du guerrier, L’Ivresse, La Quinte juste, La Foi bretonne…). Arthur la chante fréquemment lorsqu’il est seul ou se croit seul ; il se fait alors interrompre, généralement avant d’avoir pu chanter le cinquième vers du couplet qu’il a commencé, par des gens qui viennent le déranger.
  • Dans l’épisode La Romance de Lancelot, le personnage interprété par Thomas Cousseau réplique à la reine Guenièvre : « L’amour a ses raisons que la raison ignore. » Ceci paraphrase une citation de Blaise Pascal (l’originale étant : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. »).
  • Dans l’épisode Le Oud, Guenièvre évoque « le vent dans les saules », allusion au roman de Kenneth Grahame, un classique de la littérature enfantine.
  • Dans l’épisode Feu l’âne de Guethenoc, pour régler un litige entre les paysans Guethenoc et Roparzh, Arthur propose de couper un âne en deux. Ceci est une allusion au jugement de Salomon.
  • Même les œuvres d’art ne sont pas à l’abri de la parodie, puisque l’épisode du Livre II Le Portrait contient de nombreuses références à La Joconde et à son célèbre sourire.
  • Dans l’épisode Le Poème, le roi Arthur récite le poème L’Aube de printemps du poète chinois Meng Haoran (parfois retranscrit Mao Haojan) et fait d'ailleurs allusion à son origine chinoise[23].
  • Le titre de l’épisode Saponides et Détergents renvoie à un article du sémiologue Roland Barthes, qui analysait les premières publicités des savons et lessives à l’aube de la société de consommation[24].
  • L’épisode Le Justicier présente une parodie de Robin des Bois à travers le personnage de Robyn (jouée par Roland Giraud).
  • Dans l’épisode Le Trophée, une référence est faite à l’énigme du sphinx dans Œdipe roi de Sophocle. Ainsi, l’énigme « Quel est l’animal qui marche à quatre pattes le matin, à deux pattes à midi et à trois pattes le soir ? » est devenue « Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à quatre pattes à midi et à quatre pattes le soir ? ».
  • Dans l’épisode initial du Livre V, Venec le bandit utilise une lapalissade issue du film White Fire (Vivre pour survivre en version française), considéré par de nombreux amateurs (notamment sur nanarland.com) comme un nanar épique, et prononcée par Fred Williamson : « Ma patience a des limites mais il faut pas exagérer ! »
  • L’épisode du Livre V Miserere nobis est une référence au Psaume 51 (Miserere mei deus : Prends pitié de moi, Seigneur). Le mot nobis constitue le pluriel de mei en latin, et signifie nous. Il a été ajouté pour correspondre à l’épisode, qui traite de la demande de pardon des Repentants : Loth, Galessin et Dagonet. Par ailleurs, la phrase Miserere nobis figure dans la prière Agnus Dei (qui est également un titre d’épisode du Livre I) de l’ordinaire de la messe catholique.
  • Une citation d'Arthur dans l'épisode Les Sentinelles du Livre V est une référence au poème de Victor Hugo, Demain, dès l'aube... : « Demain, dès l'aube, je fous le camp. »
  • L’épisode Perceval de Sinope du Livre V, dans lequel Perceval s’enferme dans un tonneau, fait référence au philosophe antique Diogène de Sinope qui est connu pour avoir vécu dans un grand vase (plus tard abusivement assimilé à un tonneau).
  • L’épisode Jizô de la seconde partie du Livre V fait référence au bodhisattva Ksitigarbha. Connu sous le nom de « Jizō » au Japon, il y est le protecteur des voyageurs et des enfants, en particulier des enfants morts en bas âge, sujet abordé dans l’épisode.
  • Dans l’épisode La Nourrice du Livre V, Roparzh explique que, dans sa jeunesse, il arrivait à faire rentrer un pigeon dans une bouteille. Ceci est une référence au crapaud dans Les Bronzés font du ski.

Clins d’œil intra-distribution

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