200 : Robin des bois - série TV

visuel Robin des Bois - Saison 2

A l'an­nonce du lan­ce­ment de la série en 2006, toutes les craintes étaient per­mises : une lé­gende mul­ti-​adap­tée re­vi­si­tée à la sauce 2000, un ac­teur prin­ci­pal aux al­lures de rock-​star bri­tan­nique, et sur­tout le sou­ve­nir des sé­ries pré­cé­dentes, ri­va­li­sant de kit­sche­rie plus ou moins as­su­mée, lais­saient fa­ci­le­ment en­tre­voir la pers­pec­tive d'un gros ra­tage. Et pour­tant, ce Robin des Bois nou­velle cuvée, en évi­tant as­tu­cieu­se­ment tous les écueils qui s'of­fraient à lui, réus­sit le tour de force de de­ve­nir une des meilleures ré­fé­rences sur le sujet, et sur­classe sans dif­fi­cul­té cer­taines pro­duc­tions pour­tant fri­quées comme le Prince des vo­leurs de Kevin Cost­ner.

Le pre­mier épi­sode re­prend l'his­toire à la base : Robin (Jonas Arm­strong) re­vient des croi­sades avec son com­pa­gnon d'armes Much (Sam Trough­ton), et dé­couvre que Not­tin­gham est sous la coupe d'un cruel shé­rif (Keith Allen) qui per­sé­cute les pauvres et bé­né­fi­cie de la pro­tec­tion de Jean Sans Terre, usur­pa­teur du trône en l'ab­sence de son frère Ri­chard Cœur de Lion. La loi étant de­ve­nue in­ac­cep­table, Robin dé­cide de de­ve­nir hors-​la-​loi et s'ad­joint les ser­vices de Will Scar­let et Allan A. Dale. Pen­dant ce temps, la jolie Ma­rianne (Lucy Grif­fiths, qu'on a le droit de Promenons-nous dans les bois...
Pro­me­nons-​nous dans les bois...
trou­ver un peu ron­de­lette mais qui cor­res­pond en cela aux ca­nons de beau­té de l'époque) s'in­digne de l'ab­sence de ré­ac­tion de son père, l'an­cien shé­rif, et subit les avances in­ac­cep­tables du si­nistre Guy de Gis­bourne (Ri­chard Ar­mi­tage).
Il fau­dra at­tendre le deuxième épi­sode pour dé­cou­vrir Pe­tit-​Jean, per­son­nage em­blé­ma­tique de la lé­gende de Robin des Bois. Cu­rieu­se­ment, le frère Tuck est to­ta­le­ment ab­sent de la série mal­gré son im­por­tance dans l'his­toire tra­di­tion­nelle, sans doute en rai­son de son ca­rac­tère in­évi­ta­ble­ment co­mique.

Confor­mé­ment aux stan­dards an­glais, chaque sai­son ne compte que 13 épi­sodes. Un for­mat par­fai­te­ment adap­té à ce type de série aux pé­ri­pé­ties sans cesse me­na­cées de ré­pé­ti­tion... Ici, la prin­ci­pale qua­li­té est la vo­lon­té de res­pect et de sé­rieux, de trai­ter le sujet sans dis­tan­cia­tion iro­nique ni lou­fo­que­rie new age. L'his­toire est assez riche pour ali­men­ter les scé­na­rios sans in­ter­ven­tion de sor­cel­le­rie ou de gags bur­lesques comme dans Les nou­velles aven­tures de Robin des Bois il y a quelques an­nées. Ce pre­mier degré sa­lu­taire, cou­plé à une qua­li­té de pro­duc­tion ir­ré­pro­chable, font de la série un spec­tacle "à l'an­cienne", une saga digne des films d'aven­ture des an­nées 50-60, tout en bé­né­fi­ciant de la sub­ti­li­té d'écri­ture que l'on connaît à la té­lé­vi­sion an­glo-​saxonne de ces der­nières an­nées. Les per­son­nages ont une réelle épais­seur, et les scènes char­gées en émo­tion pal­pable sont lé­gion. Sans ver­ser pour au­tant dans la com­plexi­té tuante de The Gisbourne identity
The Gis­bourne iden­ti­ty
cer­taines sé­ries ré­centes, la construc­tion des épi­sodes mé­nage une évo­lu­tion sen­sible de la si­tua­tion et des rap­ports entre les per­son­nages, qui res­tent exac­te­ment les mêmes au cours des deux pre­mières sai­sons. Et le trai­te­ment même de ces per­son­nages mé­rite un coup de cha­peau : si le ma­ni­chéisme est roi dans la pre­mière sai­son, la palme re­ve­nant au jeu hi­la­rant du shé­rif fourbe mais es­piègle (Keith Allen, vu no­tam­ment dans Trains­pot­ting), on note une sub­tile évo­lu­tion du­rant la deuxième : tra­hi­son d'un des hommes de Robin, déses­poir amou­reux de Gis­bourne constam­ment vic­time de la du­pli­ci­té de Ma­rianne, frus­tra­tion de Robin qui semble de­ve­nir de plus en plus cruel... Le passé des per­son­nages vient sou­vent s'ins­crire en fi­li­grane de leurs ac­tions, comme par exemple l'ex­pé­rience des croi­sades par­ta­gé par Robin et Much, un as­pect de l'his­toire ra­re­ment mis en va­leur par les pré­cé­dentes adap­ta­tions et qu'on ne peut s'em­pê­cher de rap­pro­cher de la guerre ac­tuelle en Af­gha­nis­tan. Robin est re­ve­nu des croi­sades avec un arc et un ci­me­terre sar­ra­sins, et la vo­lon­té de faire la paix chez lui plu­tôt que la guerre chez les voi­sins.

Certes, on pour­ra re­pro­cher aux pre­miers épi­sodes un ma­nié­risme for­mel un peu tape-​à-​l'œil (ra­len­tis, mon­tage syn­co­pé), qui dis­pa­raît peu à peu pour finir ab­sent de la deuxième sai­son ; on pour­ra s'in­sur­ger de­vant la créa­tion de la double vie de Ma­rianne, trans­for­mée en une sorte de Zorro dans la pre­mière sai­son (le trai­te­ment de cette sous-​in­trigue reste très sobre) ; on peut même trou­ver que la deuxième sai­son com­mence à mon­trer des signes de dé­rives avec quelques élé­ments fan­tasques ou ex­ces­sifs (Gis­bourne en ar­mure). Mais au final, Robin des Bois ver­sion 2006-​2007 est animé d'un tel en­thou­siasme et d'une telle sin­cé­ri­té qu'il est dif­fi­cile d'y ré­sis­ter. De même qu'il est dif­fi­cile d'ima­gi­ner com­ment la troi­sième sai­son va pou­voir sur­vivre au final ter­rible de la deuxième, qui clôt un cer­tain nombre d'in­trigues sans pour au­tant ré­soudre l'his­toire prin­ci­pale.

 


Little John

The Characters of Robin Hood in line in Sherwood Forest
Commentaires (1)

1. Paul 28/11/2010

J'adore cette série télé,c'est ma série préféré!
Je capote C'est ........cool.

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