Le Graal

Le Christ durant le dernier repas et le Graal (le Saint Calice) peint par Juan de Juanes en 1570.
La quête initiatique du Graal (Saint Calice) et de la Lumière du Christ dans la légende du Roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde.
Le Graal peint par Dante Gabriel Rossetti en 1860.

Le Graal désigne la coupe mystérieuse qui aurait recueilli le sang du Christ. Les légendes médiévales désignent ainsi le Saint Calice. Ce « Graal » n'est pas mentionné dans le Nouveau Testament.

Le Graal apparaît au XIIe siècle, dans des textes inspirés par un document apocryphe, l'Évangile de Nicodème, rédigé en grec au IVe siècle. Dans cette littérature, le Graal est un objet symbolique : il représente le mystère du christianisme, dont la recherche peut aboutir à une révélation personnelle de la lumière du Christ.

Dès l'Époque moderne, le Graal a fait l'objet de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques et a donné lieu à de multiples illustrations artistiques.

Étymologie 

On peut supposer que le mot « graal » désigne un plat large et assez profond, un récipient creux aux larges bords. Une origine supposée en est que le mot « graal » viendrait du latin médiéval cratella, « vase » qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux doté de larges bords. Pour d'autres, le mot « graal » ou « grasal » désigne un plat creux particulier destiné à servir les viandes riches en jus. Mario Roques a découvert plus d'une cinquantaine de formes, toutes issues du latin gradalis dans les parlers locaux des pays d'oïl, comme greal, greau, gruau, griau, grial, grélot, graduc, guerlaud, etc. Le Languedoc a conservé grasal ou grésal, qui par métathèse est devenu de gradal le mot gardale dans le Sud-Ouest. Tous ces mots désignent un récipient creux aux usages divers. Le mot gradal était utilisé avec ce sens en 1150 comme le montre Michel Roquebert. Le mot graal est aussi trouvé avec ce sens en 1204 [1].

De fait le mot graal désigne quelque chose d'indéfini puisqu'on la veut indéfinissable : ce qui est à conquérir sans fin pour ne l'atteindre jamais.

Le Graal dans la littérature médiévale

Plus spécialement, le Graal est, dans la tradition médiévale chrétienne, postérieure à Chrétien de Troyes, une mystérieuse coupe aux pouvoirs magiques, et l'objet d'une quête menée par les Chevaliers de la Table Ronde. La première mention écrite est donnée à la fin du XIIe siècle par le romancier Chrétien de Troyes dans son roman Perceval ou le Conte du Graal.

Chrétien de Troyes mourut avant d'avoir pu terminer cet ouvrage que lui avait commandé le comte de Flandres Philippe d'Alsace. Plusieurs auteurs reprirent et continuèrent l'histoire de Perceval, ce qui finit par donner un ensemble de plus de cinquante mille vers. La première continuation a été attribuée à un certain Wauchier de Denain, viennent ensuite celles de Gauvain, Manessier, Gerbert (probablement de Montreuil). En réalité, le nom des continuateurs est inconnu, on leur a donné un nom par commodité. Robert de Boron écrivit sur le même thème Joseph ou l'Estoire dou Graal, puis parut en franco-picard Perlesvaus ou Haut livre du Graal et finalement le Parzival de Wolfram von Eschenbach. Curieusement et assez subitement vers 1230, le thème du Graal ne donnera plus lieu à de nouveaux développements littéraires. Pour Michel Roquebert, tous les développements autour de la quête du Graal coïncident avec la croisade contre les Cathares du Languedoc, [2] et constituent de la sorte une machine de guerre idéologique.[3]

La nature du Graal

La nature de cet objet légendaire a connu de nombreuses évolutions : pierre, coupe, etc. Sa forme de coupe résulterait initialement d'une évolution du chaudron du Dagda de la mythologie celtique. Ce chaudron, plein de sang bouillant, servait à conserver la « lance vengeresse » (lance de Lug), une arme capable de dévaster à elle seule des armées entières, il était également capable de redonner vie aux morts.[réf. nécessaire] Ce n'est qu'au début du XIIIe siècle que le récipient évoqué par Chrétien de Troyes se christianise : Robert de Boron l'assimile au Saint Calice des Évangiles (la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène), donnant ainsi naissance au « Saint Graal ». Ancré dans la culture populaire, le Graal inspirera pléthore d'œuvres. La lance vengeresse, elle aussi christianisée, est devenue la lance de Longin, le soldat qui a percé le flanc du Christ.

Une énigme symbolique 

Vision du saint Graal
Galahad, Bors et Perceval découvrant le Graal, ici clairement identifié au Saint Calice. Peinture de William Morris (1890).

Le Graal, que certains considèrent comme un avatar christianisé du chaudron du Dagda – talisman antique de la mythologie celtique – apparaît pour la première fois sous forme littéraire dans Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (XIIe siècle). Perceval, dans le château du Roi Pêcheur (le « Roi Méhaignié ») voit un valet tenant une lance blanche avec une goutte de sang qui perlait de sa pointe de fer, deux autres jeunes hommes tenant des chandeliers d'or fin incrustés de nielles, une belle demoiselle tenant un graal (qui répandit une telle clarté que les chandelles en perdirent leur éclat), d'or fin très pur enchâssé par des rubis rouge sang (Lire une traduction en français moderne du passage concernant le cortège du Graal). Perceval échoue à l'épreuve du Graal puisqu'il garde le silence devant cette apparition, au lieu de demander pourquoi la lance saigne et à qui on apporte ce récipient (voir texte en ancien français, ci-dessous).

Aucune signification de cette énigme symbolique n'est avancée par Chrétien de Troyes. Ses continuateurs interpréteront chacun à leur façon, en rattachant généralement ce récipient au sacré chrétien.

Dans ce conte, lorsque Perceval se rend au château du Roi pêcheur : un valet d'une chambre vint, qui une blanche lance tint … la lance blanche et le fer blanc, s'assoit une gote de sang … I. graal antre ses .ii. mains une dameisele tenoit…. Perceval relate ensuite cet épisode à la cour du roi Arthur : Chiés le Roi Pescheor alas, si veïs la lance qui sainne, et si te fu lors si grant painne d'ovrir ta boche et de parler que tu ne poïs demander por coi cele gote de sanc saut par la pointe del fer blanc ! Et le graal que tu veïs, ne demandas ne anqueïs quel riche home l'an an servoit., puis chez un ermite : Sire, chiés le Roi Pescheor fui une foiz, et vi la lance don li fers sainne sanz dotance, et del graal que ge i vi ge ne sai cui l'an an servi.

Une continuation du texte, la Rédaction courte de pseudo-Wauchier de Denain, explique que le Graal donne à chacun les nourritures qu'il désire, et l'associe avec la Sainte Lance qui a percé le flanc du Christ sur la croix (dont li fius Diu fu voirement ferus tres parmi le costé). Pour Wolfram von Eschenbach, comme il le présente dans son Parzival, le Graal est une pierre dont le nom ne se traduit pas : « Lapsit Exillis ». Certains auteurs ont voulu le traduire par « Lapis Exilis » ou « Lapis Ex Coelis ». Lapis exilis, lapis ex coelis, émeraude tombée, selon la légende, du front de Lucifer, qui, creusée en vase, recueillit le sang du Christ s'écoulant des cinq plaies.

Enfin, c'est Robert de Boron, au début du XIIIe siècle, qui explique dans L'estoire dou Graal que le Graal n'est autre que le Saint Calice, c'est-à-dire la coupe avec laquelle Jésus-Christ a célébré la Cène et dans laquelle a ensuite été recueilli son sang, coupe évoquée, sans lui donner de nom, par de nombreux écrits apocryphes tels les Gesta Pilati contenus dans le Pseudo-Évangile de Nicodème.

Emporté en terres lointaines (voire sur l'île de Bretagne) par Joseph d'Arimathée, le « Saint Graal » (le Graal en tant que Saint Calice) devient le centre d'un mystère (car l'objet est d'abord caché puis perdu) auquel certains élus participent autour d'une table ronde — d'où l'intégration dans les récits de la Table ronde. Cette christianisation de la légende du Graal est parachevée par la Queste del Saint-Graal, roman anonyme écrit vers 1220, probablement par un moine, qui fait du Graal la Grâce divine. Effectivement selon la légende, celui qui boit dans cette coupe accède à la vie éternelle, donc à l'immortalité.

Légendes autour de Joseph d'Arimathie

Le christ sur la croix recevant un coup de lance et un ange tenant une coupe

Robert de Boron a écrit en vers, une légende du Graal mettant en scène Joseph d'Arimathée (en partie inspirée d'un texte apocryphe du IVe siècle, l'Évangile selon Nicodème), et qui a inspiré d'autres légendes (le développement de l'écriture en prose a permis le développement de l'écriture de ces légendes).

Selon certaines de ces légendes, un juif (ou un homme de Ponce Pilate) aurait dérobé le Saint Calice au Cénacle puis l'aurait remis à Ponce Pilate. Certaines légendes ajoutent même que Pilate y aurait puisé l'eau avec laquelle il s'est lavé les mains.

(Citation de Robert de Boron :
Uns Juis le veissel trouva
chiés Symon, se l' prist et garda,
car Jhesus fu d'ilec menez
et devant Pilate livrez.)


Dans toutes ces légendes, Joseph d'Arimathée recueille dans le Saint Calice (que Ponce Pilate lui a remis ou qu'il est allé chercher au Cénacle), quelques gouttes du sang émanant de la plaie faite aux côtes de Jésus par un coup de lance (les évangiles parlent bien de cette plaie; l'Évangile de Nicodème donne le nom du soldat qui infligea le coup de lance : Longin. Le fait que Joseph d'Arimathée ait recueilli le sang du Christ est uniquement décrit dans les légendes.

Il existe également d'autres légendes qui diffèrent de celle-ci :

  • Selon les légendes du Saint Sang, dont on trouve une supposée relique à l'Abbaye de la Trinité de Fécamp, le sang du Christ fut recueilli par Nicodème dans un gant qu'il confia à un proche.
  • Dans d'autres légendes encore, le sang du Christ fut recueilli à l'aide de la Sainte Éponge).

Joseph d'Arimathée est ensuite capturé et mis au cachot (généralement, le soir même (Vendredi saint), vers la dixième heure, l'Évangile selon Nicodème révèle en effet cet épisode, cela dit certaines versions de la légende situent son arrestation trois jours après, lorsqu'on s'apercevra que le Christ a disparu du tombeau.

Il est raconté que Jésus est apparu à Joseph d'Arimathée (le vendredi soir à minuit, précisent l'Évangile selon Nicodème ainsi que certaines légendes).

Dans certaines légendes, Jésus lui remet le Saint Calice (soit il le lui rend à nouveau, soit il le lui donne pour la première fois).

Tandis que, dans l'Évangile selon Nicodème, Jésus « téléporte » Joseph d'Arimathée chez lui en lui demandant de ne pas bouger de là pendant quarante jours, dans la légende il reste enfermé dans son cachot, pendant trente à quarante ans (dans certaines légendes, une colombe vient déposer tous les jours une galette dans la coupe).

La légende vient généralement se rattacher à une autre légende, celle de la maladie de l'empereur romain Vespasien.

Un pèlerin (dans certaines légendes, il s'agit de l'ange Gabriel déguisé ainsi), raconte à Vespasien qu'il a vu en Judée un prophète ayant accompli de nombreux miracles. Bien que ce prophète, Jésus, soit mort, Vespasien peut être guéri s'il touche quelque chose lui ayant appartenu de son vivant. Il envoie ses hommes à la recherche d'un tel objet à Jérusalem. Sainte Véronique l'apprend (ou est prévenue par Gabriel) et se rend chez Vespasienvoile. pour lui apporter son

Dans la légende de Joseph de Boron, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son beau-frère (Hébron, ou Bron), époux de sa sœur (Enygeus), qui le transmet à son tour à son fils, Alain, qui le transporte aux Vaux d'Avaron, un endroit inconnu que certains interprètent comme étant l'île d'Avalon, elle-même identifiée à Glastonbury.

La Cène de Juan de JuanesXVIe siècle au musée du Prado à Madrid. Au centre du tableau, on peut voir le Saint Calice, auquel est identifié le Saint Graal au

(Citation de Robert de Boron :
A son veissel et si l'a pris,
Et lau li sans couloit l'a mis,
Qu'avis li fu que mieuz seroient
Les goutes ki dedenz cherroient

Qu'ès vaus d'Avaron s'en ira
Et en ce païs demourra

Enygeus par non l'apeloit;
Et sen serourge par droit non,
Quant vouloit, apeloit Hebron)

Cela dit, dans d'autres légendes, Joseph d'Arimathée transmet le Saint Calice à son propre fils, Josephé (Josephus).

Les différentes interprétations données au Graal

Le Graal et les alchimistes 

L'ouvrage de l'alchimiste Fulcanelli Le Mystère des Cathédrales donne du Graal une interprétation initiatique. La compréhension s'élargit a la seule condition d'avoir reçu une initiation maçonnique dans les règles de l'art. Les initiations ont pour but de réveiller des symboles cachés qui se transmettent de façon très particulière et souvent par la douleur. Le Graal existe, mais dans le vécu de l'initié c'est quelque chose de tellement particulier et effroyable qu'on ne peut l'exprimer. Non pas dans le sens de la crainte d'un quelconque châtiment mais l'homme est en contact avec lui-même. Il sait ce qu'il est et ce qu'il a été. Toute tentative d'explication est vaine ; plus il essaie d'expliquer, plus il est incompris au point de se sentir face à des juges.

Le Graal et les sciences 

La quête du Graal a aussi un sens moderne beaucoup plus concret : il décrit un objectif difficilement réalisable, mais qui apportera au monde des nouvelles connaissances ou permettra une application originale sur la matière. Ainsi, en physique, on qualifie la théorie de grande unification (théorie du tout) de « Graal des physiciens ». Encore, la compréhension du mécanisme par lequel les gènes contrôlent la physionomie des organes serait le « Graal des généticiens ».

Le Graal, un objet symbolique

Le Graal est un objet mystérieux :

  • C'est un objet caché : personne ne l'a vu et il n'aura réellement accompli son rôle qu'après avoir été retrouvé.
  • C'est un objet sacré aux pouvoirs puissants : seul un être pur pourra le trouver et en prendre possession.
  • Selon certaines légendes, sa découverte annonce la fin des Temps Aventureux.

Pourtant, tous les chevaliers le cherchent, et le monde n'aura de paix qu'après sa découverte, mais, paradoxalement, c'est à celui qui ne le cherchait pas qu'il sera donné de le trouver, selon Wolfram. On peut ainsi donner plusieurs interprétations à la quête des chevaliers :

  • L'énergie dépensée et les épreuves rencontrées font grandir ou révèlent les qualités des chevaliers de la Table Ronde, éventuellement leur permettent d'en acquérir de nouvelles. Il s'agit donc d'une quête initiatique et de révélation personnelle.
  • La recherche d'un objet sacré comme but dans la vie, et même au risque de sa vie, montre que la finalité peut être plus importante que sa propre existence : vision chrétienne de la vie terrestre, vécue comme un passage avant un monde meilleur.
  • Le Saint Graal déposé par un chevalier au centre de la Table Ronde, lieu de rencontre des puissants du royaume, marque symboliquement l'instauration du christianisme grâce aux pouvoirs temporels (politiques ou militaires). Il montre aussi la primauté du religieux sur le temporel, puisqu'il justifie les efforts accomplis par les chevaliers.
  • L'ancienne civilisation celtique druidique puis médiévale païenne chaotique faite de magie, de sorcellerie et de superstition se termine pour laisser place à la civilisation chrétienne (humaniste).

Le Graal et son interprétation ésotérique

Les sectes profitent de la fascination suscitée par le mystère du Graal. L'aspect magique et symbolique du Graal favorise l'interprétation ésotériqueforums sur Internet actuellement consacrés au Graal et à son interprétation "véritable"). (voir la pléthore de

La Commission parlementaire sur les sectes en France a notamment identifié en 1995 le « Mouvement du Graal en France » (500 à 2000 adeptesRenseignements généraux) et « L'Ordre du Graal ardent » (50 à 500 adeptes). selon les

Interprétations allégoriques

Dans les années 1980, Henry Lincoln, Michael Baigent et Richard Leigh donnent une interprétation allégorique toute personnelle du Graal dans leur essai L'Énigme sacrée. Selon eux, le Graal serait une métaphore pour désigner une descendance cachée qu'aurait eu Jésus, du fait d'une supposée union avec Marie-Madeleine. Saint-Graal serait en l'occurrence une déformation de Sangréal signifiant « sang royal », dans le sens de « lignée royale ». Ce pourrait être aussi, par métonymie, Marie-Madeleine elle-même en sa qualité de « porteuse » de cette descendance (la fonction du Graal à « recueillir le sang du Christ » étant en cela censée arborer un statut de métaphore).
Cette interprétation sera notamment reprise par Lynn Picknett et Clive Prince pour leurs travaux publiés en 1997 sous le titre de La Révélation des Templiers, et par Dan Brown dans son roman Da Vinci Code où il laisse un hommage caché à Michael Baigent et Richard Leigh à travers le personnage de sir Leigh Teabing, Leigh étant le nom de l'un et Teabing, une anagramme de Baigent.

Une autre interprétation a été proposée par Jean Markale mais est controversée : pour lui le terme médiéval Sangréal peut se lire « San gréal » (saint Graal, la lecture habituelle) mais aussi « Sang réal » (sang royal), ce qui établirait un lien avec la dynastie du roi Pellès).

Adaptations artistiques ou médiatiques modernes du Graal 

Le thème du Graal se retrouve dans la pièce Le Roi Pêcheur de Julien Gracq (1948), dans les romans de T.H. White "The Once and Future king" et "The Sword in the Stone", et chez Boris Vian "le Chevalier de neige" représenté par Jo Tréhard en 1945, à Caen et à Strasbourg dans une version "opér" sur un livret de Georges Delerue. Montsalvat, de l'académicien Pierre Benoit (1957) reprend la thématique de l'exode du Graal présente chez Wolfram jointe à des références cathares.

Plus récemment : Michel Rio, Merlin, Barjavel, L'Enchanteur (1984), Jean-Pierre Le Dantec, Graal-Romance (1985), Florence Trystram, La Nuit du motard (1986), Lancelot (1987), Marion Zimmer Bradley, La Dame du Lac, Les Brumes d'Avalon, Le Secret d'Avalon proches du légendaire celtique, Gilles Nadin, Le Retour d'Avalon (1993). Le Graal est également évoqué dans Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco (1988).

On retrouve également ce thème sur le plan cinématographique, de Richard Thorpe Les Chevaliers de la Table ronde (1953) à Jerry Zucker (1995) en passant par Robert Bresson, Eric Rohmer, Les Monthy Python, Walt Disney, John Boorman Excalibur, Hans-Jürgen Syberberg Parsifal (1981) et Steven Spielberg Indiana Jones et la Dernière Croisade.

  • 1882 : Parsifal de Richard Wagner - Opéra adapté en comics par Philip Craig Russell
  • 1974 : Lancelot du Lac de Robert Bresson (film)
  • 1975 : Monty Python : Sacré Graal ! de Terry Jones et Terry Gilliam (film parodique comique de la quête des chevaliers de la Table Ronde).
  • 1981 : Excalibur de John Boorman (film)
  • 1989 : Indiana Jones et la dernière Croisade de Steven Spielberg (film)
  • 1991 : Le Roi Pêcheur de Terry Gilliam (film) (ex-membre des Monty Python)
  • 2003 : Da Vinci Code de Dan Brown (roman) dont les héros cherchent à percer le secret du Graal, en Angleterre et à Paris, et qui reprend l'interprétation de L'Énigme sacrée : le Graal serait une métaphore pour désigner Marie-Madeleine, qui aurait été la femme de Jésus et la mère de sa descendance.
  • 2004 : Bernard Cornwell : La Quête du Graal (roman)
  • 2004 : Fate/stay night de TYPE-MOON (jeu vidéo) - Sept magiciens se livrent une guerre aux côtés de leur gardien afin d'obtenir le Saint Graal qui permettra de réaliser leur vœu le plus cher.
  • 2006 : Da Vinci Code de Ron Howard (film) tiré du roman précédent.
  • 2006 : Kaamelott (série TV de M6) (la quête du Graal y est présentée sous forme de parodie comique).
  • 2006 : Stargate SG-1 (série TV) (le Graal apparaît comme une arme en forme de pendentif construite par Merlin afin de détruire les Ori).

Lieux rattachés au Graal

Reliques du Saint Calice

Le Saint Calice de Valence (Espagne)
Le calice d'Antioche
  • Santo Caliz de la cathédrale de Valence en Espagne : saint Laurent, diacre du pape Sixte II, l'aurait fait envoyer dans son village natal de Huesca. Lors de la conquête musulmane, il aurait été caché dans les Pyrénées du Sud. Vers 1070, le Saint Calice est placé au monastère de Saint Jean de la Peña. En 1399, le roi Martin Ier d'Aragon le fait transporter au palais de la Aljafería de Saragosse puis à Barcelone. En 1416, son petit fils Alphonse V de Portugal le transfère dans son palais royal de Valence (Espagne). Son frère Jean II de Portugal qui lui succède le redonne à l'Église catholique, qui le conserve depuis à la cathédrale de Valence.
  • Sacro Catino de Gênes en Italie
  • Calice d'argent d'Antioche conservé au Metropolitan Museum of Art à New York, cet objet était présenté comme le Saint Calice. Il date du VIe siècle et aujourd'hui on pense plutôt que cet objet servait de lampe.
  • Saint Vase, rapporté par les croisés de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople à Troyes.

Autres Graal(s) célèbres

  • La coupe Nanteos : située au Pays de Galles dans un monastère, il s'agit d'un fragment de bol taillé dans du bois d'olivier, usé par les pèlerins venus y boire. Réputée pour les vertus curatives de l'eau à son contact.
  • La coupe d'onyx de Victoria Palmer, anciennement des souverains du Pays de Galles, découverte par l'historien britannique Graham Phillips, et présentée à la presse en août 1995[4].
  • La coupe de l'Ordre des templiers d'Italie, donnée à ce dernier en 1976 par l'un de ses membres, Antonio Ambrosini, et présentée à la presse par le grand maître Rocco Zingaro di San Fernandino en août 1995[5].
  • La cuvette en or d'origine celtique repêchée dans le lac de Chiemsee (Munich) en 2001[6]

Remarque

La cruche dont se serait personnellement servi le Christ lors des noces de Cana fit quant à elle partie du trésor des rois de France en la basilique Saint-Denis jusqu'au 11 septembre 1793, date où ce dernier fut en grande partie dispersé ou perdu du fait des révolutionnaires français.[7]

Château de Montségur

Lieux en rapport avec Munsalwäsche et le château du Graal 

Château de Montségur

En 1940, sur les ordres d'Heinrich Himmler, le capitaine Günter Alquen et une vingtaine de soldats SS, ont cherché le Graal au château de MontségurMontserrat. L'association de Montségur (bastion cathare) au Graal est en fait due à une confusion étymologique : dans son Parzival, Wolfram von Eschenbach place le château du roi Pellès sur le Munsalwäsche, et les Allemands croyaient à tort que Montségur en était la signification et le lieu. La traduction précise de Munsalwäsche est mont Sauvage ou mont du Salut, et non "Montségur". et à

Autres

  • Pétra dans le film Indiana Jones et la dernière croisade
  • Le fort de Las Grutas, dans la province argentine du Río Negro (département de San Salvador).
  • Église Sainte Onenne à Tréhorenteuc, en pays de Brocéliande (Ille-et-Vilaine), dite chapelle du Graal, et dont les vitraux, fresques et peintures mêlent la tradition chrétienne et le mythe arthurien (table ronde, apparition du Graal, fresque au cerf blanc...)

Œuvres s'inspirant de la quête du Graal aux XXe et XXIe siècles

Proches du thème de la quête du Graal, de nombreux jeux dits "de rôle" apparaissent dans les années 1970. Le plus célèbre, et un des premiers, est le jeu américain Donjons et Dragons : une assemblée de joueurs part en quête d'un objet, d'une personne. Chacun tient le rôle d'un personnage précis : chevalier, magicien, elfe, etc. Un meneur de jeu dévoile petit à petit les multiples épreuves à affronter avant d'arriver au but. Débarrassé de tout contexte religieux, l'intérêt du jeu se situe dans l'infinie variété des quêtes construites à partir d'une trame de base, avec ses scénarios et ses personnages stéréotypés.

L'évolution la plus récente est la transposition des jeux de quête sur ordinateur, permettant de jouer seul avec l'ordinateur pour « maître du jeu » et de profiter de ses capacités graphiques et sonores pour représenter des mondes imaginaires et gérer des scénarios complexes.

Ces jeux ont été adaptés depuis à de nombreuses situations : toutes les grandes civilisations, réelles ou imaginaires, ont été mises à contribution. Mais ce n'est pas un hasard si les premières versions se situaient dans un monde féodal où la magie joue un grand rôle : inventées par des Anglo-Saxons imprégnés de légendes arthuriennes, les quêtes modernes réactualisent une trame légendaire du VIe siècle, comme Chrétien de Troyes l'avait déjà fait au XIIe siècle. N'est-ce pas un bel exemple de mythe intemporel ?

L'intrigue du film Indiana Jones et la Dernière Croisade est également basée sur la quête du Graal.

Notes et références 

  1. Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat Toulouse, 1994, p. 70
  2. Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat
  3. Catharisme et Chrétienté, José Dupré, La Clavellerie
  4. Querelle autour du Saint-Graal, Le Figaro, 19 août 1995
  5. Querelle autour du Saint-Graal, Le Figaro, 19 août 1995
  6. Le Matin, 27 février 2007
  7. Énigmes inexpliquées de l'Histoire de France, Didier Audinot, éd. Grancher, 2005

Bibliographie

  • Dictionnaire des mythes littéraires, sous la direction de Pierre Brunel, Éditions du Rocher, 1998. Notamment l'article de Jean-Louis Backes « Le Graal », p. 675-687 et celui de Pierre-François Kaempf, « Parsifal », p. 1150-1154.
  • Lumière du Graal, René Nelli éd., Paris, Les Cahiers du Sud, 1951.
  • Georges Bertin, 'La quête du saint Graal et l'Imaginaire', Corlet, 1997, et La Pierre et le Graal, Vega, 2006.
  • Jean Frappier : Autour du Graal, Genève, Droz, 1977.
  • Jean Marx : La Légende arthurienne et le Graal, Paris, PUF, 1952.
  • Claude Lévi-Strauss : De Chrétien de Troyes à Richard Wagner, dans Parsifal, L'Avant-Scène Opéra no213.
  • Jean-Jacques Vincensini : Pensée mythique et narrations médiévales, Paris, Champion, 1996.
  • Werner Greub, La Quête du Graal, Wolfram von Eschenbach et la réalité historique, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève 2002
  • Wolfram von Eschenbach, Parzival, deux tomes, Éditions Aubier Montaigne, Paris 1977
  • Chrétien de Troyes, Perceval ou le Roman du Graal, Éditions Gallimard Folio, Paris 1974
  • Otto Rahn, Croisade contre le Graal, (1933), Éditions Philippe Schrauben, 1985
  • Antonin Gadal, Sur le Chemin du Saint-Graal, Rozekruis-Pers, Haarlem
  • Michel Roquebert, Les Cathares et le Graal, Éditions Privat, Toulouse 1994
  • Jean Markale, L'Énigme du Saint Graal, Éditions du Rocher, 2005
  • Au delà du Code Da Vinci, Marie Madeleine et ses descendants, le grand secret des Templiers, le Saint Graal, René Chandelle, Ed. Exclusif (2006) ISBN 2848910550
  • Marie Madeleine et le Saint Graal, Margaret Starbird, Ed. Exclusif (2006) ISBN 2848910518
  • Dernières révélations sur le Graal, Pascal le Charpentier, Ed. Exclusif (2006) ISBN 9782848910611
  • L'Enchanteur, René Barjavel, Éd. Denoël(1984)
  • L'Islam et le Graal, Pierre Ponsoye, Éd. Denoël(1957)
Commentaires (1)

1. claudie-ann miron 17/02/2011

Bonjour je trouve que votre site manque quelque chose c'est-à-dire comment receuillir ses adeptes

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