Jérusalem, cité romaine (135-636).

Sculpture représentant l'empereur Hadrien. Après un second soulèvement sous l'empereur Trajan (117), qui fut maté, l'empereur Hadrien (117-138), décida de faire de Jérusalem une ville romaine. La création de cette colonie, sous le nom d'Aelia Capitolina, provoqua un nouveau sursaut de la conscience nationale autour du prince et général juif Bar-Kokhba (ou Bar-Kochba, « fils de l'étoile »). Les Romains durent évacuer la ville, et pendant deux ans (132-134) la souveraineté juive fut restaurée. La réaction impériale fut impitoyable : échange de populations et implantation des colons païens venus de tout l'Empire. La communauté juive ne retrouvera un statut légal dans le pays qu'à la fin du IIe s. Aelia Capitolina ne fut plus qu'une ville secondaire, soumise à Césarée, et où l'on parlait grec.

Avec l'instauration de l'empire chrétien (325), Jérusalem, ville sainte du christianisme, devint un centre de pèlerinages. Sur l'emplacement où sera bâti ensuite le Saint-Sépulcre, l'église de l'Anastasis (Résurrection) fut construite à l'instigation de l'impératrice Hélène, qui se rendit sur place pour la mise au jour du bois de la « vraie Croix ». Origène, en érudit, procéda à la localisation des données topographiques indiquées dans les Évangiles. L'Illyrien saint Jérôme vint s'y établir et y procéda avec l'aide de juifs lettrés à la traduction de la Bible en latin. L'impératrice Eudoxie, au Ve s., fit bâtir Saint-Étienne et permit de nouveau aux juifs d'acquérir des propriétés dans la ville. Justinien, enfin, édifia Sainte-Marie-la-Neuve, en contrebas de l'actuelle mosquée al-Aqsa.

Au début du VIIe s., la suprématie byzantine commençant à décliner, le sort de Jérusalem se joua à trois reprises. En 614, le roi Khosrô II, auquel
les populations chrétiennes de Syrie, persécutées par les Byzantins, faisaient bon accueil, enleva Antioche et Damas. En Galilée, 26 000 juifs se joignirent à son armée, et Jérusalem tomba sans grande résistance. L'Anastasis, les églises du mont des Oliviers, la basilique de Justinien furent en grande partie détruites, et la relique de la Croix emportée en Perse avec une longue file de captifs. Les juifs retrouvèrent alors pour un temps un plein droit de cité dans la ville.

Mais en 629 l'empereur Heraclius vainquit Khosrô, reprit possession des territoires perdus et poussa jusqu'en Perse. Il y retrouva la relique de la vraie Croix, qu'il rapporta lui-même solennellement à Jérusalem. L'entrée de la ville fut de nouveau interdite aux juifs, et les églises furent reconstruites. Mais Byzance et la Perse s'étaient épuisées, matériellement et spirituellement, dans ce conflit. En 632 apparurent sur la scène des conquérants aux forces neuves, les Arabes, récemment unifiés par le message de Mahomet, qui se réclamait à la fois d'Abraham et de Jésus. En 638, le calife 'Umar Ier se présenta devant Jérusalem : le patriarche Sophronius opta pour une reddition sans combat, garantie par la présence du pacificateur. 'Umar Ier promulgua alors un édit de tolérance à l'égard des « gens du Livre ». Les chrétiens demeurèrent dans la ville, et des juifs purent commencer à venir s'y installer.

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