Dans son for intérieur / Dormir comme un sabot

Dans son for intérieur

Le forum désignait la place publique. Au Moyen Âge, le mot pris le sens technique de juridiction et surtout juridiction ecclésiastique (pouvoirs de l'Église, en matière de justice, et leur étendue.) On distinguait le for intérieur (l’Église pouvait sanctionner les fautes commises par le biais de la confession et des pénitences), du for extérieur (toutes les affaires touchant à la religion, de près ou de loin, étaient jugées par des tribunaux ecclésiastiques). La distinction changea peu à peu de sens avec les siècles : for intérieur étant notre conscience qui nous juge, le for extérieur, les institutions, juges et tribunaux.

 De bon aloi

Sens moderne : de bonne qualité.

Sens ancien : Une pièce d’or ou d’argent devait être de bon «aloi». Ce mot provient en fait du verbe «aloyer», forme ancienne du verbe «allier» : l’aloi est donc l’alliage d’une pièce, c’est à dire la proportion de métal précieux qu'on y retrouve. À l'époqe médiévale chaque ségnieur pouvait frapper monaie et pour s’assurer qu’une pièce était «de bon aloi», on pouvait la faire «sonner» sur une surface dure : le son rendu permettait au banquier de distinguer une fausse pièce d’une vraie. Mais beaucoup plus sûr était l'usage du «trébuchet», petite balance de précision pour peser les monnaies. D'où l'expression «espèces sonnantes et trébuchantes».

 Decouvrir le pot aux roses

Sens : découvrir le fin mot de l'histoire, le secret, la réalité cachée.

Expression très ancienne dont on ne connaît pas la véritable histoire.

Soit pot à fard à joues : Le trouver suppose qu'on connaisse bien la femme qui le possède et qu'elle n'ait plus de secret à cacher.

Soit essence de rose - produit rare et précieux dont les parfumeurs auraient soigneusement dissimulé les procédés de fabrication. Le pot aux roses serait l'appareil permettant de distiller ce parfum de luxe.

Soit une poudre produite par les alchimistes au cours de l'une de leurs opérations. Ici, le pot aux roses serait la cornue alchimique, objet bien caché s'il en fut.

 Une denrée

Sens moderne : Produit commestible servant à l'alimentation commestible de l'homme ou du bétail. On retrouve habituellement ce mot dans les expressions denrée périssable, denrée sèche, denrée rare.

Sens médiéval : Au XIIIe siècle cela servait à désigner une marchandise de la valeur d'un denier, principalement une mesure de pain qui sous St-Louis prenait le nom de denrée. À cette époque on retrouvait dans les grosseurs de pain :

le denrée, pain vandu au prix d'un denier

le doubleau vendu deux deniers

le demie vendu le prix d'une obole = 1/2 denier.

Il n'est fait aucune mention du poids des pains à cette époque, parce qu'on se basait, à ce sujet, sur le prix du blé qui faisait forcément varier la grosseur des pains. Le pain doubleau devait être vendu pour le prix de six deniers les trois; le pain denrée devait être vendu six deniers les six. Quant au pain demi il était vendu pour le prix d'une obole.

 D'estoc et de taille

Sens : De la pointe (estoc) ou du tranchant (taille ou taillant), c’est-à-dire en se battant.

Frapper d'estoc et de taille signifiait donc se battre avec acharnement, en portant tous les coups possibles. En moyen français, l’expression fut utilisée de manière imagée, parfois en dehors de tout contexte belliqueux, pour dire de quelque manière que ce soit, par tous les moyens.

 Dieu reconnaîtra les siens

Lors de la croisade contre les cathares, des hérétiques du sud de la France, le légat du pape Arnaud Amaury se présente devant Béziers le 22 juillet 1209., L'assaut est donné par l’armée. La ville tombe et Arnaud Amaury commande à ses hommes, qui ne savaient comment reconnaître les bons chrétiens des hérétiques : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !»

Mot historique devenu proverbe, on l’emploie chaque fois qu'un châtiment frappe indifféremment innocents et coupables.

Dormir comme un sabot. (Dormir profondément).

 Si le « sabot » désignant une chaussure de bois apparaît à la fin du XVe siècle, le mot, d'abord sous la forme « çabot », apparaît bien avant, à la fin du XIe, et désigne un jeu d'enfants, une « grosse toupie conique en bois que l'on fait tourner avec un fouet ou avec une lanière ». Mais quel lien peut-il bien y avoir entre le sommeil et une toupie ?

S'il ne paraît pas évident, l'explication vient du fait que, lorsque le jouet tourne à pleine vitesse, il reste en apparence immobile et peut même produire un léger ronflement, selon la surface sur laquelle il tourne.

C'est de cette « immobilité en ronflant » qu'on a dit « le sabot dort ».

Attestée chez François Villon au XVe siècle, si notre expression s'est perpétuée jusqu'à maintenant, c'est uniquement parce qu'on croit à tort toujours savoir ce qu'est un sabot.

 

 

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