Le dé à coudre au Moyen âge.

Représentation d'un cordonnier à sa table de travail en 1476 à Nuremberg Les premiers travaux de couture réalisés avec des aiguilles d’os datent de l’époque de l’homme de Cro-Magnon. Ils sont vieux de 30 mille ans. Les premiers dés à coudre datent de dix mille ans avant J-C. Il y a donc près de 20 mille ans entre la première aiguille à coudre et le premier dé.

Il semble que les premiers dés à coudre, en forme d’anneaux, soient apparus dans le bassin méditerranéen, enEgypte, puis dans la Grèce antique et dans l’empire Romain. Environs V ème siècle.

Les dés datant d'avant le début du Moyen Age ne comportaient aucune décoration.

Vers le Xème siècle, le dé s’est vite imposé comme un outil indispensable à la couturière. Généralement en bronze, sa forme est proche de celle des dés contemporains. Le cuivre plus malléable et moins cher que le bronze, sera de plus en plus utilisé au Moyen âge. Il reste un objet purement utilitaire. On peut penser qu'il apparaît à cette époque pour protéger les doigts des artisans du cuir des aiguilles à chas en acier (auparavant, les aiguilles étaient plus grosses, en bronze ou en os). Les premiers dés à coudre découverts sur notre sol, probablement des dés de bourreliers vu leur taille, présentent une forme ogivale et sont dits "hispano-mauresques", car ce sont les Arabes qui les introduisirent en Espagne aux XIe ou XIIe siècles (certains dés de ce type peuvent porter des lettres arabes à la base). Ces grands dés à coudre pointus très caractéristiques, sont présents dans le sud de la France au XIIe s ; on en retrouve quelques-uns au nord, jusqu'en Normandie, mais ils y sont beaucoup plus rares. Anneau à coudre en bronze, fouilles de l'église de Saint-Blaise, Arles. Ces dés de bronze ou de laiton étaient réalisés par fonte en creux sur noyau (pas forcément à la cire perdue). Les décors étaient ensuite poinçonnés à la main, et les éventuels filets réalisés au tour. Dés à coudre, seconde moitié du XII ème siècle, fouilles de la résidence Seigneuriale à Rubercy (Calvados)

Vers le XIIe siècle, il existait deux sortes de dés, le premier était en forme d'anneau, ouvert aux deux extrémités et le deuxième avait la forme de celui que nous connaissons aujourd'hui. On trouvait alors des dés en bronze ou en os ou encore en cuir.

En 1150, au couvent où a séjourné Hildegard de Bingen, on a trouvé dans son trousseau un dé à coudre.

Aux XIIIe et XIVe siècles, le dé devient un accessoire indispensable à la ravaudeuse et à la brodeuse, même la plus humble. S'il existe des dés à coudre en cuir au Moyen Age, dont les vestiges sont évidemment très rares, les formes et les procédés de fabrication des dés en métal cuivreux sont déjà multiples, comme le prouvent les découvertes de dés réalisées en fouilles (Rougiers ou Montségur par ex.). Dé en bronze, entre 1300 et 1500.

Les dés hispano-mauresques s'avachissent et se galbent de plus en plus, probablement en raison de leur incommodité. De plus, dans un dé, le poussoir, la partie supérieure du dé qui permet de pousser l'aiguille, est important pour certains travaux ; les dés pointus n'en possédaient pas évidemment.

A la fin du XIIIe s. déjà, apparaissent des bagues à coudre en tôle de bronze, la bague à coudre étant un dé totalement ouvert au sommet. Sur certains exemplaires, la jupe est réalisée avec un morceau de tôle repliée pour former un tronc de cône, puis soudée. Ces bagues à coudre ne comportent en général que quelques lignes de points, ou bien sont totalement lisses. Elles préfigurent les bagues à coudre des selliers, bourreliers, cordonniers et soldats.

A ce propos, on trouve mention en 1260 à Paris de la fabrication de dés à coudre pour hommes ; celle-ci est assurée par les fermailliers, fabricants de fermaux, c'est-à-dire des broches, agrafes et boutons destinés à attacher les vêtements. "Quiconques est fremailliers de laton, et il oevre qui ne soit brunie que d'une part....nus du mestier dessud, ne puet faire deux pour home et pour fame establis à coudre, qui ne soient bons et loyaux, bien marcheans, de bonne estoffe, c'est assavoir qu'ils soient de bon laton et de fort, et bien ouvrés et loyalement". Il faut remarquer qu'on ne parle pas encore de dés pour femmes, mais simplement "d'établis à coudre". Plus tard, le fabricant de dés sera un "délier".

Il existe également à cette époque des dés tronconiques en tôle de bronze soudée, presque refermés entièrement au sommet.

XIV ème siècle. Ce n'est qu'au 14ème siècle que les dés à coudre connaissent un engouement important et se couvrent d'ornements.

Un nouveau type apparaît en France au XIVe s., le dé en dôme. Il s'agit d'une demi-sphère, plus ou moins parfaite, avec parfois une légère élévation pointue à son sommet. La forme est confortable, mais le dé ne devait pas bien tenir au doigt car sa jupe est très courte.

Certains de ces dés, peut-être de production anglaise, comportent un petit trou au sommet.

La fabrication de ces dés était facilitée, puisque la plupart ont été obtenus par emboutissage d’une épaisse tôle de bronze ou de laiton, au moyen d’une matrice et d’une forme en fer.

En 1500, les premiers chefs-d’œuvre de dés à coudre sont retrouvés chez les manufacturiers à Nuremberg. Paracelsus découvre le zinc qui rend possible la production du cuivre jaune et du laiton, ce qui a permis de créer des dés de cette matière.

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