Le peigne au Moyen âge

L’instinct de coquetterie étant inné chez la femme, on peut affirmer hardiment que le peigne -est aussi vieux que le monde. Les doigts de la main constituèrent bien certainement le premier peigne auquel succédèrent des ustensiles en os, en bois ou en corne dans lesquels des dents plus ou moins régulières furent découpées.

On a trouvé un peu partout des peignes préhistoriques. Le Danemark en a fourni qui sont pourvus d’un manche tout comme une fourchette. Certains, à dents longues et à dos cintré, sont de véritables peignes à chignon. Suivant certains auteurs les coquilles Saint-Jacques et autres Pecten auraient été transformées en peignes par les peuples primitifs au moyen d’un travail très simple.

Peigne de bois sculpté, période médiévale

(Hôtel de Cluny, Paris, Musée national du Moyen-Age)

Dans l’ancienne Égypte, le peigne était un accessoire de toilette fort important et souvent très orné. En bronze, en ivoire, on le rencontre dans les tombeaux ; un bouquetin agenouillé est le motif qui Je décore le plus fréquemment.

Les Grecs et les Romains connaissaient comme nous le démêloir, le peigne fin, le peigne à chignon ou crinale qui ne différaient pas sensiblement des nôtres.

Ils employaient, de plus, pour séparer les cheveux sur le front, une longue épingle, le discriminale, qui servait aussi aux élégantes à punir la moindre maladresse des esclaves qui les coiffaient. Le buis et l’ivoire étaient les matières habituelles dont étaient formés ces accessoires de la toilette.

Dans la primitive Église, à l’idée de peigne s’est attachée l’idée de purification. Dans le tombeau des premiers chrétiens on a souvent rencontré des peignes ou la représentation de ces objets. Au moyen-âge, les pèlerins, au retour de leur voyage, portaient suspendues à leur gourde ou à leur cou des coquilles Saint-Jacques ou Pecten, sans doute parce qu’ils y ramenaient l’idée de peigne et par suite, de purification.

Les prêtres se peignaient toujours avec un peigne spécial avant d’aller à l’autel, usage qui s’étendit bientôt aux évêques et même ou souverain pontife. On conserve le peigne de saint-Leu, chargé de pierres précieuses, celui de saint Aubert, évêque de Liège. Le musée de Nancy possède le peigne dont se servait saint-Gozlin, évêque de Toul.

A dents rares et espacées, il est orné de dessins symboliques et muni en son milieu d’une longue dent unique qui, comme le discriminale des Romains servait à séparer les cheveux sur le front.

Au moyen-âge les peignes communs en bois ou en corne semblent plutôt convenables à étriller les chevaux qu’à peigner les têtes humaines ; il en existe cependant en ivoire qui sont travaillés avec beaucoup de goût, découpés à jour, agrémentés de sculptures et de devises. La collection Sauvageot, au musée du Louvre, comprend un grand nombre de ces pièces de valeur qu’un hasard heureux a conservées jusqu’à nous.

Les peignes étaient enfermés dans une sorte de trousse ou pignère qui contenait en même temps une brosse pour les nettoyer, un miroir, une paire de ciseaux, des rasoirs et une épingle à séparer les cheveux.

Peigne en bois sculpté

 

 

 

 

 

 

 

  • Titre / dénomination : Peigne en bois sculpté

  • Lieu de production : Fouilles de Fustât, Egypte 

  • Date / période : XIVe siècle 

  • Matériaux et techniques : Bois ; décor gravé et estampé 

  • Ville de conservation : Le CaireLieu de conservation : Musée d'art islamique 

  • Numéro d'inventaire : 1/3957

Ce peigne en bois présente deux rangées de dents, de largeurs différentes, suivant en cela un modèle déjà connu, en bois ou en ivoire, dans l’Égypte antique et copte. Utilisé en Iran sous les Achéménides, ce type d’objet se répand dès la période grecque dans le monde méditerranéen, où il se diffuse. Au Moyen-Âge, on le retrouve ainsi aussi bien en Orient qu’en France  et en Italie, et même en Inde à partir du XVIe siècle. De nos jours des peignes à deux rangées de dents sont encore employés dans les couches populaires en Égypte, ou contre les poux en Europe.

Selon l’historien Maqrîzî, les peignes en Égypte représentaient un commerce assez important pour qu’un souk, leur soit dédié. Si ceux pourvus d’une seule série de dents permettaient de démêler la barbe, les autres, doubles, servaient pour les cheveux, féminins comme masculins. Une sculpture copte datant du VIe ou du VIIe siècle montre justement une femme à sa toilette, utilisant un objet semblable. Durant le règne mamlûk, la classe dirigeante portait les cheveux longs, jusqu’en 1315, date où le sultan al-Nâsir Muhammad ibn Qalâ'ûn fit raser les siens, entraînant une nouvelle mode ; les égyptiens autochtones coupaient quant à eux régulièrement les leurs.

Sélection de peignes en os, bois de Cervidés et ivoire (Ve - XVIIIe siècles).

Les nombreuses opérations archéologiques menées depuis trente ans sur l’ensemble du territoire de la commune de Saint-Denis ont permis de constituer une collection unique de mobilier en matières dures d’origine animale.

Commentaires (1)

1. hocine 07/02/2011

Bonjour,
je cherche l'ancien producteur de l'ancienne peigne qui est retirée du marché français et portant la mention: "Made in France"
Merci pour votre attention.

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