Le massage médiéval.

Le mot massage vient du verbe arabe "mass" qui signifie "toucher".

 

Oeuvre de Debat Poson Edouard Bernard (1847 - 1913)

C'est un acte naturel, un art ancestral, présent dans toutes les civilisations depuis la nuit des temps. Des textes et des illustrations démontrent que le massage faisait partie de la Médecine traditionnelle chinoise, vieille de 4000 ans, ainsi que de la médecine ayurvédique de l’Inde. En

Occident, la pratique date de l’époque gréco-romaine. Chez les Grecs, passionnés par la beauté et l’éducation physique, le massage s’inscrivait dans la culture populaire. Il était de coutume, dans les gymnases et les palestres, de faire suivre un bain d’une bonne friction avec des huiles. Hippocrate (460-377 av J-C), le « père » de la médecine occidentale, l’utilisait comme méthode de traitement. Par contre, chez les Romains, le
massage n’avait aucune connotation scientifique. Il se pratiquait dans les endroits publics (salles de repos, gymnases, ateliers de massages), mais ces lieux mal fréquentés se transformèrent en lieux de débauche, ce qui contribua à la mauvaise renommée du massage.

Au moyen âge, les maitres masseurs s’occupaient des adultes et les mamans de leurs enfants. Ces massages avaient lieu dans les bains publics. Interdits par le clergé qui voulait éviter de « ramollir les chairs » le massage bébé a progressivement disparu.

Une forme de toucher a également toujours été présente dans les cultes religieux (imposition des mains). Cette pratique traditionnelle s'est perpétrée un peu partout dans le monde jusqu'à nos jours

Au Moyen âge, les sources sur le massage se raréfient...

Le Moyen âge conserve cette idée fausse de période noire, de période sans pensées, qui attend la Renaissance. C'est faux bien sûr mais il nous faut bien constater que les sources sur le massage se raréfient. Nous retrouvons de nombreuses données dans l'antiquité notamment en Italie, ça foisonne au 19ème, mais entre les deux, rien.

Au moyen âge, le massage fut considéré comme un plaisir de la chair dans une société où le corps était fustigé. Ces techniques furent alors proscrites, jusqu’à ce qu’Ambroise Paré (1510-1590) plaide en leurs faveurs.

Mais que c'est-il passé en massage ?

Certes, nous disposons de textes de Galien, d'Hippocrate parlant de massages, de frictions comme Avicenne le fera au Xe siècle mais ensuite nous passons directement à Ambroise Paré qui conseille la friction pour favoriser la circulation du sang ; Guillaume Du Choul nous parle dans son livre "exercitations grecques et romaines" des massages qui se déroulaient dans les thermes romains, mais ces ouvrages datent du 16ème siècle, c'est-à-dire de la fin du Moyen âge. Alors que s'est-il passé pendant mille ans d'absence ?

Dans le tableau de l'histoire des massages de George Berne et de Dujardin-Beaumetz, que nous propose Berne dans son ouvrage Le Massage de 1894(p.3), la division qui nous est proposée part de la période dite primitive pour s'achever à la 6ème, nommée, actuelle. Mais à la grecque, qu'il place en 4ème position, fait place celle de la Renaissance.

Le XIVème siècle verra une vague de froid sans précédent s'abattre sur le continent, marasme économique, pauvreté extrême, disette et en 1348 la peste décime les deux tiers de l'Europe. De fait, on peut comprendre que les traces du massage se soient alors altérées, mais avant cette tragédie les Capétiens firent de la France le plus riche royaume d'Europe jusqu'à Saint Louis, petit-fils de Philippe Auguste, alors pourquoi donc rien ne subsiste ?

Il est évident que beaucoup d'ouvrages sont à relire sous l'angle du massage mais les traces écrites de cette époque restent rares. Le livre sous sa forme actuelle en ce début du moyen-âge n'existe tout simplement pas. Le premier Codex dont on ait la trace, date du IXe siècle. Au paravent les écrits étaient sous forme de rouleaux que l'on nommé Volumen. Peu pratiques et surtout fragiles ils se conservaient mal à cause du support utilisé, le papyrus. L'invention du livre comme nous le connaissons aujourd'hui représente à la fois une évolution pratique et technique en remplaçant le rouleau de papyrus par la superposition de "pages" non plus en papier friable mais en cuir, en parchemin, c'est-à-dire en peau de veau tannée nommée Vélin beaucoup plus résistantes.

Jusqu'en 1450 le livre est manuscrit, c'est-à-dire, écrit à la main, et ce, généralement par des moines copistes qui se réunissaient dans une salle appelée scriptorium ou scriptorias au pluriel. L'importance de l'église, le nombre de monastères qui contenaient d'autant plus de moines que le gîte et le couvert leur étaient assurés à des périodes souvent très instables du point de vue politique ou climatique, explique pourquoi les trois quart des ouvrages de l'époque étaient religieux et seul un quart traitait de sujets touchant au droit et à la médecine. Donc, si le massage se pratiquait de façon plus confidentiel dans les masures du peuple de France, nous n'en gardons pas de traces, en tout cas pas de traces écrites hormis celles que la médecine a pu laisser lorsqu'elle a su y trouver un intérêt médical et surtout braver les interdits de l'époque qui pesaient sur le corps. Il y a aussi un piste non négligeable à étudier, c'est, outre les travaux sur la cosmétique, les antidotaires contenant des recettes, mais aussi des prescriptions pouvant nécessiter sinon un massage, en tout cas un étalement. Nous l'avons vu, à l'époque romaine, les thermes dans lesquels se pratiquaient les massages étaient de véritables lupanars qui engendraient autant de grossesses illégitimes, que de maladies vénériennes au détriment de la morale, prè carré de toujours des religions. Au moyen-âge ce sont les étuves qui prennent le pas sur les thermes au bénéfice de l'hygiène publique et elles furent l'objet d'une étroite surveillance. Rappelons les nombreux écrits religieux condamnant le corps, sa faiblesse et les risques que cela comportait de se laisser aller au stupre et à la luxure. Un empire était tombait à cause de sa débauche, alors à quel sort pouvait prétendre un corps lors du jugement dernier ? Le massage était une des portes du Latium donnant celle-ci sur le mal et l'église ne pouvait que le condamner. L'écrit peine donc a exprimer la réalité de la vie quotidienne des petites gens sachant que seules les élites savaient à peu près lire, écrire, et qu'il n'était pas aisé de se lancer dans la production lourde et coûteuse d'un livre traitant de sujets populaires aussi secondaire que le massage. Nous devons donc nous contenter de bribes au détour de livres traitant de tous autres sujets.

Le massage suédois

Le massage suédois est un enchaînement de manœuvres appliquées sur la masse musculaire ou les articulations, et servant à remettre en état des muscles fatigués, atones ou inhibés.

On retrouve les origines du massage suédois au le Moyen âge. Ayant disparu à la renaissance le massage suédois refait son apparition vers la fin du XIXe siècle. C'est un scandinave du nom de Pehr Heinrick Ling qui fonde les bases du massage suédois et ouvre la première école de massage suédois.

Le but du massage suédois est d'optimiser les propres capacités d'action du corps. Il améliore la circulation sanguine car il favorise le retour du sang vers le cœur. Il améliore la circulation lymphatique, la nutrition et l'élimination cellulaires.

Le massage suédois a un effet aussi bien thérapeutique que préventif. Il a un effet très relaxant puisqu'il dissout les tensions du corps, il stimule et fortifie l'organisme tout en le relaxant. Il est régénérant et dispose ainsi à mieux vivre le quotidien.

Le massage suédois stimule le pouvoir auto guérisseur du corps.

 

Bibliographie

Pour l'instant, il n'existe pas d'ouvrages occidentaux traitant du massage de façon directe. Avicenne, médecin perse du Xe siècle écrira un Canon de la médecine dans lequel il abordera le massage à des fins thérapeutiques avec gravures à l'appui ce qui constitue une source de grande valeur, mais rien en France et rien en Europe à notre connaissance. Néanmoins, nous voyons bien que la dimension thérapeutique titille la médecine. La poudre de momie, la bave de crapaud et biens d'autres délicatesses appartenant au règne animal, végétal mais aussi minéral furent pillées, réduites et proposées sous toutes les formes possibles que l'on retrouve dans des antidotaires. Nulle raison pour que le massage avec ses manipulations, échappe à cette volonté de soigner sachant le potentiel de détente et les effets évident que le massage a sur la santé. Ce n'est pas pour rien qu'une des gravures du Canon de la médecine d'Avicenne, présente un massage des lombaires. Toutes ces méthodes thérapeutiques parfois très invasives, douloureuses, aux résultats incertains, aient été préférées à celles réputées efficaces et agréables comme le massage.

Commentaires (1)

1. GANGLOFF 26/08/2012

Bonjour,

Je viens vers vous car je souhaite avoir plus de précisions sur les massages de cette époque, si vous pouviez me conseiller un livre ??? ou m'apporter plus de précisions.

Je vous remercie.

Fabienne G.

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