Conclusion

La chirurgie du XVe est encore largement imprégnée des écrits de grands chirurgiens du XIIIe eux-même héritiers des connaissances des chirurgiens arabes (mélange du savoir gréco-romain et de leurs propres observations et expérimentations). Ainsi Guy de Chauliac, ce chirurgien du XIIIe qui fait encore référence au XVe, cite Aboul Qasim Khalaf Ibn Abbas Al Zahrawi (dit Aboulcassis de Cordoue 950-1013) pas moins de 173 fois dans son ouvrage ! Au XVIe, Ambroise Paré fondera sa technique sur ces deux grands noms ! Il serait faux de croire que toutes les pratiques des chirurgiens de l'époque n'étaient que des pratiques rudimentaires et barbares. Les chirurgiens du Premier Empire ne font pas mieux qu'Aboulcassis au XIe siècle. Ils auraient même eu tendance à amputer beaucoup plus ! Certaines techniques d'Aboulcassis, d'Henri de Mondeville (pour ne citer qu'eux !) sont encore en usage de nos jours. Si l'on observe les ouvrages du XVe, ils sont souvent fondés sur les connaissances des anciens auxquels l'auteur rajoute ses propres connaissances ou intuitions. Ainsi Hieronymus Brunschwick dans son ouvrage édité à Strasbourg s'inspire des ouvrages de Lanfranc (élève de Guillaume de Salicet XIIIe), mais rapporte son expérience personnelle. La multiplication très progressive des dissections à partir du XIIIe siècle va permettre de mieux connaître l'anatomie. Néanmoins, il faudra attendre la fin du XIXe siècle et les progrès de l'antisepsie pour constater des progrès significatifs. Ainsi le taux de décès dû à la gangrène suite à une amputation passera de 46 à 15 % après l'application d'acide carbonique et l'excision des tissus dévitalisés ! L'apparition de l'imprimerie permet une meilleure diffusion des connaissances à partir du XVe.

Par contre il est certain que chaque période a connu des charlatans. Aboulcassis s'en plaint déjà au XIe siècle et n'hésite pas à décrire leurs erreurs. Certains sont traînés devant les tribunaux pour « exercice illégal de la médecine », tel Jean de Domprémi qui se disait « médecin et chirurgien » à Paris au XVe. Il est certain que l'ensemble des praticiens du XVe siècle n'avaient pas tous le niveau d'érudition et l'expérience des grands chirurgiens cités dans ces quelques lignes : mais tous voulaient soigner et guérir. Combien d'hommes seraient morts sans leurs interventions ?

Commentaires (1)

1. ret (site web) 08/10/2010

La chirurgie du XVe est encore largement imprégnée des écrits de grands chirurgiens du XIIIe eux-même héritiers des connaissances des chirurgiens arabes (mélange du savoir gréco-romain et de leurs propres observations et expérimentations). Ainsi Guy de Chauliac, ce chirurgien du XIIIe qui fait encore référence au XVe, cite Aboul Qasim Khalaf Ibn Abbas Al Zahrawi (dit Aboulcassis de Cordoue 950-1013) pas moins de 173 fois dans son ouvrage ! Au XVIe, Ambroise Paré fondera sa technique sur ces deux grands noms ! Il serait faux de croire que toutes les pratiques des chirurgiens de l'époque n'étaient que des pratiques rudimentaires et barbares. Les chirurgiens du Premier Empire ne font pas mieux qu'Aboulcassis au XIe siècle. Ils auraient même eu tendance à amputer beaucoup plus ! Certaines techniques d'Aboulcassis, d'Henri de Mondeville (pour ne citer qu'eux !) sont encore en usage de nos jours. Si l'on observe les ouvrages du XVe, ils sont souvent fondés sur les connaissances des anciens auxquels l'auteur rajoute ses propres connaissances ou intuitions. Ainsi Hieronymus Brunschwick dans son ouvrage édité à Strasbourg s'inspire des ouvrages de Lanfranc (élève de Guillaume de Salicet XIIIe), mais rapporte son expérience personnelle. La multiplication très progressive des dissections à partir du XIIIe siècle va permettre de mieux connaître l'anatomie.

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