Introduction

Au cours du Moyen Âge va se créer un déséquilibre entre l'orient et l'occident. Alors que l'occident sombre dans l'ignorance du fait de l'absence d'écoles chirurgicales et de chirurgiens, l'orient quant à lui va connaitre une période favorable avec les développements d'universités arabes à Damas, Bagdad, Le Caire ou encore Ispahan. Le personnage le plus marquant de cette époque est Abulcassis, résidant dans le Califat de Cordoue, auteur d'un ouvrage important : le Tarsif. Dans cet ouvrage, Abulcassis prône l'utilisation de cautère pour l'hémostase. Il est aussi à l'origine de l'utilisation des mandibules de fourmis pour suturer la fermeture cutanée. Aujourd'hui, ces mandibules sont remplacée par des agrafes chirurgicales qui ont la même utilisation : rapprocher les deux bords d'une plaie pour faciliter la cicatrisation.

En Europe, du Ve au XIe siècles, la pratique chirurgicale est une pratique empirique souvent charlatanique. La médecine est exercée par le Clergé alors que la chirurgie est plus le fait des artisans. Hérité de l'orient, le cautère est aussi utilisé en Europe, son utilisation est même abusive pendant des siècles. Le renouveau chirurgical commence dans le sud de l'Italie à Salerne. Influencé par une présence arabe en Sicile pendant plusieurs dizaines d'années qui laissa derrière elle entre autre une culture médicale et chirurgicale, il permit la création de la première école chirurgicale occidentale au IXe siècle. Il s'en suivra l'ouverture d'une seconde école chirurgicale à Bologne au XIIe siècle. Parmi les personnages importants de cette école, on retrouve Théodoric qui initie le traitement des plaies par le "sec" et non plus par le vin. Il utilisera pour le traitement des plaies un antiseptique et non plus un onguent. On lui doit aussi l'éponge somnifère qui est une éponge naturelle qui contient de la jusquiame, du chanvre indienet un peu d'opium ce qui permet d'obtenir une analgésie voire une somnolence. Au XIIIe siècle, avec plus de 10 000 étudiants qui se concentrent sur la médecine et la chirurgie, Bologne est la plus grande université de l'occident. C'est aussi là que reprendront les premières dissections cadavériques.

The Quack (vers 1785), peinture deFranz Anton Maulbertsch, montre un barbier chirurgien dans l'exercice de son métier.

En France, la première école chirurgicale est fondée à Montpellier en 1220. C'est de cette université qu'est issu Guy de Chauliac, auteur de la Grande Chirurgie (Chirurgica Magna) en 1368, premier ouvrage chirurgical en français. Bien que le IVe concile du Latran eût interdit de pratiquer l'apprentissage chirurgical en 1215, la permission du duc d'Anjou autorise les barbiers chirurgiens du sud de la France de disposer un fois par an d'un corps de supplicié pour le disséquer et apprendre l'anatomie.

Suite à l'instabilité et aux guerres civiles qui ravagent l'Italie, les écoles de Salerne et Bologne vont émigrer vers Paris où Lanfranc crée l'école de chirurgie de Paris : la Confrérie de Saint-Côme. Au XVe siècle, le milieu médico-chirurgical en France comprend le médecin, homme du clergé qui ne pratique aucun geste chirurgical, le barbier qui effectue quelque gestes chirurgicaux en plus de son activité, l'inciseur nomades qui est souvent un charlatan et enfin le barbier chirurgien. Toujours au XIVe siècle, suite à un schisme entre chirurgiens et médecins, la Confrérie de Saint-Côme va rentrer en conflit avec la faculté de médecine de Paris. Il s'en suit un procès long de près de trois siècles qui aboutira à la dissolution de la Confrérie de St Côme en 1660. Les chirurgiens perdent alors le droit d'exercer la médecine et l'école chirurgicale de Paris disparait.

La chirurgie au XVe siècle

Les fosses communes de Wisby sur l'île suédoise de Gothland sont remplies des restes de 1185 hommes tués lors d'une bataille en 1361. Leurs os sont les témoins désormais muets de l'efficacité des armes de l'époque. De nombreux tibias sont entaillés voire cassés. Certains squelettes ont eu les deux jambes entaillées par un même coup. Des crânes sont percés, parfois de part en part, d'autres sont fendus jusqu'aux dents ! Certains os conservent encore les carreaux d'arbalète qui meurtrirent leurs propriétaires. Plus tard au XVe l'apparition des armes à feu provoquera des blessures non moins atroces.

Devant la violence de la guerre, les villes italiennes décidèrent dès le XIe-XIIe siècle d'affecter des chirurgiens à leurs troupes. Cette vieille habitude antique revoyait ainsi officiellement le jour et perdurera jusqu'à notre époque. Au XVe siècle cette pratique est souvent attestée comme à Strasbourg où Hans Gerssdorf, le Stadtscherer (barbier de la ville), accompagne les troupes de la République (de Strasbourg) qui combattent les armées du Téméraire au côté des Confédérés suisses. En 1482, lors du siège de Berwick, 10 chirurgiens barbiers accompagnent les armées du roi d'Angleterre. En 1495 les troupes italiennes réquisitionnent les meilleurs chirurgiens avant la bataille de Fornoue.

Médecin dans un campement militaire
Médecin dans un campement militaire
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