Ordre Dominicain

SAINT DOMINIQUE
Fondateur d'Ordre
(1170-1221)

Saint Dominique de Guzman naquit dans la Vieille-Castille en 1170. Sa mère, avant sa naissance, eut une vision étrange; il lui sembla voir l'enfant qu'elle allait mettre bientôt au monde sous la forme d'un petit chien tenant un flambeau dans sa gueule et prêt à répandre le feu sur la terre. Son enfance fut marquée par plusieurs autres présages merveilleux.

         Jeune étudiant, il vivait déjà comme un saint. Il avait chaque jour ses heures fixées pour la prière, et souvent il était ravi en Dieu. Il jeûnait presque toujours, ne buvait jamais de vin, dormait fort peu et n'avait d'autre lit que le plancher de sa chambre. Un jour, ayant tout donné, il dit à une femme qui lui demandait de l'argent pour racheter son frère captif: "Je n'ai ni or ni argent; mais prenez-moi et offrez-moi aux Maures en échange de votre frère." La proposition héroïque ne fut pas acceptée, mais Dominique en eut le mérite. Dans une maladie très grave, causée par son travail et ses austérités, il fut guéri soudain par l'apparition de saint Jacques le Majeur.

         Dominique, ayant dû venir en France avec son évêque, fut profondément touché du triste état auquel l'hérésie avait réduit les provinces du Midi et résolut de travailler dans ce pays au triomphe de la foi. Sentant son insuffisance pour évangéliser seul de si vastes contrées, il appela à son secours des missionnaires pleins de zèle, dont il fit plus tard les premiers religieux de son Ordre. C'est à cette époque que la Sainte Vierge lui apparut et lui enseigna définitivement, en lui ordonnant de la répandre, la dévotion du Rosaire, qui fut bientôt le plus terrible fléau de l'hérésie.

         Parmi les miracles quotidiens que Dieu opérait en sa faveur, on rapporte que, dans ses voyages, la pluie tombait souvent autour de lui sans l'atteindre; qu'un jour, son sac et ses livres, étant tombés dans une rivière, furent repêchés plusieurs jours après, sans qu'on y vît aucune trace d'eau. Dominique fit le voyage de Rome pour obtenir l'approbation de l'Ordre des Frères-Prêcheurs. C'est là qu'il rencontra saint François d'Assise, et que ces deux grands Saints de l'époque, qui étaient venus ensemble à Rome dans le même but, se reconnurent pour s'être vus en songe, s'embrassèrent comme deux frères et lièrent une amitié profonde qui dura jusqu'à la mort. Dominique opérait une multitude de miracles, ressuscitait les morts, et se disait: "le plus grand pécheur de l'univers".

L'ordre des Prêcheurs, ordre religieux catholique romain fondé en 1214 par saint Dominique à Toulouse. Entouré de seize disciples, il fonda l'ordre dans le but de s'opposer aux principales hérésies de son époque par le prêche, l'enseignement et la pratique de l'austérité. Dominique avait pris conscience de la nécessité d'un tel ordre lorsqu'il fit ses premières tentatives de convertir les albigeois vers 1205; ce fut alors qu'il décida de consacrer sa vie à l'évangélisation des hérétiques et des personnes sans instruction.

La mort de Saint-Domique

En 1216, l'ordre fut officiellement reconnu par le pape Honorius III, qui accorda aux dominicains la confirmation papale ainsi qu'un certain nombre de privilèges, dont le droit de prêcher et de confesser en tous lieux, sans solliciter l'autorisation des autorités locales.

Les dominicains professaient l'idéal de pauvreté absolue et, à la différence des ordres monastiques plus anciens, refusaient même la possession de biens communs. Ils devinrent donc un ordre mendiant, à l'image des franciscains.

Vêtus d'un long manteau muni d'un capuchon noir recouvrant une tunique de laine blanche, les dominicains étaient parfois appelés "frères noirs" dans le monde anglo-saxon; en France, on les nommait "jacobins" jusqu'à la suppression de l'ordre par la Révolution.

Veillant à la pureté de l'enseignement de l'Église catholique romaine, les dominicains ont toujours combattu toute dérive doctrinale par le prêche, l'enseignement et l'érudition. En outre, ils se virent confier le contrôle de l'Inquisition tant qu'elle demeura une institution ecclésiastique. En fait, même en Espagne, où l'Inquisition se transforma en instrument du gouvernement civil, elle continuait à être dirigée par un dominicain.

Les dominicains ont souvent occupé d'importantes fonctions dans l'Église; quatre papes (Innocent V, Benoît XI, Pie V et Benoît XIII) et plus de soixante cardinaux sont issus de leurs rangs.

Ils ont également contribué au développement de l'art religieux, avec des peintres aussi prestigieux que Fra Angelico et Fra Bartolomeo. En philosophie et en théologie, ils ont donné des auteurs aussi éminents que saint Thomas d'Aquin et saint Albert le Grand; on doit également à un dominicain, Vincent de Beauvais, l'importante encyclopédie médiévale Speculum Magis.

À la fin du Moyen Âge, l'influence de l'ordre n'était égalée que par celle des franciscains : les deux ordres se partagaient la plupart des pouvoirs dans l'Église ainsi que dans les États catholiques, mais se heurtaient pourtant à l'hostilité croissante du clergé paroissial dont ils usurpaient les droits. Ils jouèrent encore un rôle éminent dans l'évangélisation de l'Amérique latine; Rose de Lima, la première sainte américaine, était une religieuse du tiers ordre des dominicains; la vocation missionnaire est demeurée jusqu'à nos jours une de leurs fonctions importantes.

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