Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Détail d'une toile du peintre Marc Peltzer

Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

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Calandre (Rue de la)c-2.jpg 

Cette ancienne voie du quartier de la Cité, qui commençait à la rue de la cité et finissait à la rue de la Barilleriese trouvait à l'emplacement de l'actuelle Préfecture de Police, elle était une des plus anciennes voies de la ville.

En 1250, elle n'était désignée dans toute son étendue que sous cette dénomination rue qui va du Petit-Pont à la place Saint-Michel (c'était la place devant la chapelle Saint-Michel-du-Palais). Elle est nommée en 1300, par le poète Guillot, rue de Kalendre. Elle 
devait sans doute sa dénomination à un des ancêtres de Jean de la Kalendre, dont il est fait mention dans le Censier de saint Éloi, en 1343. D'autres historiens ont pensé qu'elle tirait son nom d'une machine à lustrer le drap et qu'on appelait calandre. La première opinion nous parait plus vraisemblable. On croit que Saint-Marcel, évêque de Paris et bourgeois du Paradis, naquit dans une maison de cette rue au IV° siècle. Le jour de l'Ascension, le clergé de Notre-Dame y faisait une station. Saint Marcel fut inhumé en 436.

C'était une rue très fréquentée, et qui a vu, tout étroite, sale et tortueuse qu'elle paraissait, de nombreuses entrées royales et cérémonies publiques : ainsi, en 1420, à l'entrée de Henri V, roi d'Angleterre.

Canettes (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier de la Cité est nommée rue de la Pomme en 1300 par Guillot, dans le Dit des rues de Paris. En 1480, elle est désignée sous les noms de rue de la Pomme-Rouge et rue des Canettes.

Carême-Prenant (Rue de)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin allait de l'hôpital Saint-Louis à la rue du Faubourg-du-Temple. Il parait, par les plans de Gomboust, La Caille et autres, qu'elle commençait autrefois à la rue du Faubourg-Saint-Laurent, et que la rue des Récollets en faisait alors partie. Cette rue doit son nom au territoire sur lequel elle a été ouverte. A la fin du XIV° siècle on appelait cet endroit la Courtille Jacqueline d'Epernonet, en 1417la Courtille BarbetteOn trouve dans les archives de Saint-Merri un titre de 1465 , qui énonce le clos Jacqueline d'Épernon, autrement dit Carême-Prenantet la Courtille tenant au chemin qui conduit à Saint-Maur. Elle est indiquée rue de Carême-Prenant dans le terrier du roi, de 1540.

Carmes (Rue des)

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont, dans le quartier Saint-Jacques, allait de la rue des Noyers à la rue du Mont-Saint-Hilaire.

Bâtie vers 1250 sur le clos Bruneau, qui faisait partie de la seigneurie de Garlande, dont on a fait Galande, cette voie publique a porté pour cette raison le nom de rue du Clos-Bruneau. Dans les lettres-patentes de Philippe-le-Long, du mois de décembre 1317, et dans le Censier de l'archevêché de 1372, elle est indiquée sous la dénomination de rue Saint-Hilaire, parce qu'elle aboutissait à l'église ainsi appelée. Elle doit son nom aux religieux carmes qui vinrent s'y établir en 1318 et du couvent qu'elle bornait au couchant. Elle fut aussi nommée rue Saint-Jean-de-Beauvais

Dans cette rue était situé le collége de Dace. Fondé en 1275 par un Danois pour les écoliers du royaume de Dace (Danemark), il fut vendu en 1384 au collège de Laon. En vertu d'un arrêt du 9 août 1386, les carmes en firent l'acquisition pour l'agrandissement de leur couvent. 

Le collège de Presles se trouvait aussi dans cette voie. Guy, chanoine de Laon, et Raoul de Presles, secrétaire de Philippe-le-Bel, avait fondé en 1314, dans la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, un collége destiné à recevoir les pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. L'imprévoyance des deux fondateurs, amena en 1323 la division de cet établissement en collèges de Laon et de Presles, ou de Soissons. Ce dernier fut transporté alors dans la rue des Carmes, nommée à cette époque rue Saint-Hilaire. 
Le collège des Lombards fut fondé dans cette rue en 1334, par André Chini, Florentin, évéque de Tournay, depuis cardinal, auxquels s'adjoignirent trois autres Italiens. Ce collége s'appelait alors la maison des pauvres Italiens de la charité de la bienheureuse Marie. 
Les bâtiments tombaient en ruine, lorsque deux prêtres irlandais conçurent le projet de les faire reconstruire en faveur des prêtres et étudiants de leur nation. 

Catherine (Rue Culture-Sainte-)

Dans les actes du XIII° siècle, elle est nommée Culture et Couture-Sainte-Catherine. De la rue des Francs-Bourgeois à celle du Parc-Royal, elle est indiquée sur quelques plans sous le nom de rue du Val. Sa dénomination lui vient des chanoines réguliers de Sainte-Catherine-du Val-des-Écoliers. 

Cette rue fut en 1391 le théâtre d'un assassinat en voici la cause. Le duc d'Orléans, frère de Charles VI, était amoureux d'une juive qu'il allait souvent visiter secrètement. Pierre de Craon, seigneur de Sablé et de la Ferté-Bernard son chambellan et son favori, eut l'indiscrétion d'avertir la duchesse de l'infidélité de son mari. Ce seigneur raconta non-seulement toute cette intrigue à la duchesse, mais encore il en amusa tous les courtisans. Le connétable de Clisson qui se trouvait parmi les auditeurs, rapporta de point en point toute la conversation de Craon au duc d'Orléans qui, irrité contre son favori, le chassa honteusement de sa maison. Pierre de Craon résolut de tirer vengeance du tort que le connétable lui avait fait dans l'esprit du duc son maître. La nuit du 13 au 14 juin 1391, Craon attendit le connétable dans la rue Culture-Sainte-Catherine ; le voyant passer suivi de deux domestiques, il fondit sur lui à la tète d'une vingtaine d'assassins. Clisson, qui n'avait pour toute arme qu'un simple coutelas, se défendit néanmoins avec vigueur, mais attaqué de tous côtés et percé de trois coups d'épée il tomba de cheval et donna de la tète dans une porte qui s'ouvrit. « La besogne est faite, dit alors Craon, allons-nous en, le connélable a été frappé de bon bras." Le bruit de cet assassinat parvint aussitôt aux oreilles du roi qui allait se mettre au lit. Il se revêtit d'une houpelande on lui bouta ses souliers ès-pieds, et il courut à l'endroit  on disait que son connétable venail d'être occis. Charles VI le trouva baigné dans son sang, dans la boutique d'un boulanger. 
Le roi fit visiter les blessures qui heureusement se trouvèrent peu dangereuses. « Connétable, lui dit-il, oncques chose ne fut lclle, ni ne sera si fort amendée. » Trois des meurtriers furent pris et exécutés; mais le plus coupable Pierre de Craon parvint à se réfugier auprès du duc de Bretagne. Son hôtel fut démoli et l'emplacement donné pour servir de cimetière à la paroisse Saint-Jean. Ce cimetière a été changé depuis en marché. A la prière du roi d'Angleterre, cet assassin obtint sa grâce en 1395. 

Chaillot (Rue de)

On ne voyait anciennement sur la côte qui s'étend jusqu'au-delà du bois de Boulogne, qu'un, seul village qui au VII° siècle s'appelait en latin Nimio, dont on fit en français Nijon. 

Dans un testament de Bertram, évêque du Mans, qui mourut en 623, ce saint homme lègue à l’évêque de Paris ce village de Nimio, dont il était devenu propriétaire tant par acquisition que par donation de Clotaire II. Plus tard les habitants de Nijon se répandirent sur les deux côtés de la colline les uns se dirigèrent vers l'occident y bâtirent peu à peu un village qui prit le nom d'Auteuil les autres s'établirent un peu plus près de Paris, sur la partie orientale de la côte, dans un endroit  l'on venait d'abattre une partie de la forêt nommée le Rouvret. Ce second village prit le nom de Chail, que les titres du XIV° siècle traduisent en latin par destructio arborum. De Chail on a fait Chaillot. Ce hameau faisait partie du domaine du roi. Avant l'origine des affranchissements, c'est-à-dire au XII° siècle, il y régnait une coutume, nommée Béfert ou Béfeht, qui mérite d'être rapportée. La femme et les enfants, contre l'usage ordinaire, suivaient le sort du mari quant à, la servitude ; par exemple, une femme de Chaillot, serve du roi par naissance, qui épousait un homme serf de Sainte-Geneviève à Auteuil, devenait serve de l'abbaye de Sainte-Geneviève, ainsi que tous les enfants qu'elle mettait au monde et réciproquement, si une femme d'Auteuil épousait un homme serf du village de Chaillot, la femme et les enfants devenaient esclaves du roi. En 1659, le village de Chaillot, fut déclaré faubourg de Paris, sous le nom de la Conférence.

Champeaux (Rue de)

Pour l'étymologie de cette rue, soit son origine viendrait des "champeaux" qui désignaient des "petits champs", ou un rapport de cette rue avec Guillaume de Champeaux (1070-1121), professeur à l'Ecole cathédrale de Paris, fondateur de l'abbaye Saint-Victor de Paris en 1108 puis comte et évêque de Châlons (en champagne) de 1113 à 1121.  

Cette voie est citée en 1236-1237, dans un recueil des chartes de l'abbaye royale de Montmartre, concernant la vente à l'abbaye d'une maison sise rue Champeaux

Champs-Fleury (Rue des)

Cette ancienne voie était située entre le Palais Royal et le Palais du Louvre, elle était présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris, après 1800 elle devient la rue de la Bibliothèque.

Change (Pont au)

Ce pont, dont l'origine remonte à la domination romaine, n'a pas de nom plus ancien que celui de Grand-Pont. Il servait, ainsi que le Petit-Pont, de passage aux habitants de Lutèce pour aller dans la campagne. Louis VII ayant ordonné en 1141 que tous les changeurs y fussent établis, il prit alors le nom de pont aux Changeurs, au Change et de la Marchandise. La reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, lors de son entrée à Paris en 1389, passa sur le pont au Change. Au moment  elle arrivait au milieu, un homme tenant un flambeau allumé dans chaque main, descendit sur une corde fixée au sommet d'une des tours de la cathédrale, et vint poser une couronne sur la tête de la nouvelle reine de France. Les fêtes et dimanches les oiseliers venaient y vendre toutes sortes d'oiseaux. Cette permission leur avait été accordée sous la condition d'en lâcher deux cents douzaines au moment  les rois et les reines passeraient sur ce pont, lors de leurs entrées solennelles. Le jour du carnaval on dressait le long du pont au Change des tables sur lesquelles les amateurs venaient jouer aux dés. Cet usage, fort ancien, fut interrompu en mars 1604. L'Estoile dit à ce sujet que ceux dudit pont, étant interrogés sur cette suspension de jeux, répondirent malignement qu'ils voulaient vire sages désormais et Gons ménagers puisque le roi (llenri IV) leur en montrait l'exemple. On sait qu'un des défauts de ce grand roi était de jouer gros jeu.

Chanoinesse (Rue)

rue-chanoinesse-anc-rue-des-marmousets-gravure-de-maxime-lalanne-annees-1860.jpgLa rue Chanoinesse est une rue de l’île de la Cité dans le quatrième arrondissement. Elle date de l'époque carolingienne. Au Moyen Âge, l'accès au cloître Notre-Dame, contrôlé par quatre portes que l'on fermait la nuit, était interdit aux personnes étrangères à la communauté des chanoines et notamment aux femmes. Cet enclos canonial était constitué de propriétés exemptées d’impôt en vertu d’un édit de Charlemagne. Les nobles ont obtenu au XV° siècle le droit de louer les maisons des chanoines, avec pour bénéfices l'immunité face à la justice du roi et l’exemption fiscale. Elle se nomma aussi rue des Marmousets.

Une anecdote remontant au XI° siècle illustre l'indépendance du cloître vis-à-vis de l'autorité royale : « Louis, fils du roi Philippe Ier, avait fait abattre, de son autorité, partie d'une maison de cette rue des Marmousets près de la porte du cloître qui appartenait au chanoine Duranci : elle saillait trop à son gré et rendait peut-être le passage incommode. Le chapitre de Notre-Dame réclama en invoquant ses privilèges et immunités. Louis reconnut son tort, promit de ne plus rien attenter de semblable et consentit à payer l'amende qui fut fixée d'un commun accord ». 

Au N° 18 : Emplacement d’une tour du XV° siècle, dite la Tour Dagobert, démolie en 1908. Le pivot de l'escalier en colimaçon, qui était formé d'un seul morceau d'un arbre de chêne, a été transporté au Musée de Cluny. De la Tour on avait une vue intéressante sur la cathédrale.

Au N° 24 : Restes de la chapelle St-Aignan (1120) une des vingt et une églises de la Cité. Après la suppression du chapitre de Notre-Dame en 1790, la chapelle Saint-Aignan, réunie au domaine national, fut vendue en 1791. L'abside de la chapelle a été transformée et coupée en deux par un plancher.

Au N° 26 : Au XVIII° siècle on a trouvé ici des débris de pierres tombales dont on a dallé le chemin d’entrée. C'est aussi l'emplacement de la maison où le chanoine Fulbert demanda à Pierre Abélard (1079-1142) de devenir le précepteur de sa nièce Héloïse (1101-1164), avec toutes les conséquences dramatiques connues... 

Chantre (Rue du)

L'ancienne rue du Chantre était située entre le Palais Royal et le Palais du Louvre, dans l'actuel premier arrondissement de Paris.

Cette ancienne voie était entièrement construite en 1250, et portait le nom de rue au Chantre en raison d'un chantre de Saint-Honoré qui y demeurait. Elle est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris. Elle fut absorbée lors du percement de la rue de Rivoli.

Chanverrerie (Rue de la)

Quartier des Halles. Un de ses bouts donnait dans la rue Saint-Denis, l'autre dans celle de Mondetour. L'orthographe du nom de cette rue a considérablement varié. On trouve Chanverie dans Guillot, Chanvrerie dans la taxe de 1313, Chanvoirerie dans Corrozet, Champ-Verrerie dans Sauval, Chanverrerie dans de Chuyes, Champvoirie dans La Caille, ChampvoircrieChanvoirie, etc. Cette différence d'orthographe a fait naître deux opinions sur l'étymologie de ce nom. Quelques uns ont cru que l'endroit où cette rue est située était une campagne, ou faisait partie du terrain de Champeaux, dans lequel se trouvait une verrerie, et qu'ainsi il faut écrire Champ-VerrerieCe sentiment, destitué de toute preuve, n'est appuyé que sur l'autorité de Sauval. L'autre opinion fait venir le nom de cette rue du mot chanvre, et semble plus probable. En effet :

1° on trouve qu'on vendait aux halles les filasses et les chanvres, et l'on ne trouve aucune mention ni indice qu'il y ait eu une verrerie en cet endroit.

2° le nom de Chanverie que lui donne Guillot, et celui de Chanvrerie qu'on lit dans la taxe de 1313, sont plus analogues au chanvre qu'à une verrerie.

3° ce qui semble lever toute difficulté est le mot latin Canaberiaque des actes lui donnent. Dans les lettres de Pierre de Nemours, évèque de Paris, du mois de juin 1218, il est fait mention d'une maison in vico de Chanaberia, prope S. MagloriumDans un amortissement du mois d'octobre 1295, cette rue est nommée Vicus Canaberieet afin qu'on ne la confonde pas avec une autreelle y est indiquée in censiva Morinensi (le fief de Théroueune). Enfin les registres capitulaires de Notre-Dame indiquent toujours cette rue sous les noms de Chanvriede Chanvrerie.

Chapon (Rue)

Rue de trouvant dans le troisième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin aboutissait à la rue Transnonain et à celle du Temple.

On l'appelait anciennement vicus Roberti Begoniset Beguonissive Caponiscomme l'indiquaient les terriers de Saint-Martin, de 1293 et de 1300. On la trouve sur quelques plans prolongée mal à propos jusqu'à la rue Saint-Martin : car la rue du Cimetière-Saint-Nicolas, qui en est la continuation, existait sous ce nom des 1220. L'auteur du supplément aux Antiquités de Paris, de Dubreuil, a voulu, de son autorité privée, annoblir le nom de cette rue ; il l'appelle rue du Coq. Sous le règne de Philippe-le-Bel, on nommait par dérision une synagogue la maison de la société des Capons. Dès 1313 elle était connue sous ce nom.

En 1367, cette voie apparaît sur une ordonnance d’Hugues Aubriot, prévôt de Paris, obligeant les femmes publiques d'aller demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis, sous peine d'emprisonnement au Châtelet suivi du bannissement de la ville de Paris. 

Charpenterie (Rue de la)

Cette ancienne voie est présente en 1450 dans le premier quartier de Paris. C'était le nom d'une section de la rue de Béthisy, elle démarrait de la rue Tirechappe pour finir à la rue des Bourdonnais. Elle fut détruite lors du percement de la rue de Rivoli.

Chartière (Rue)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont était presque entièrement bordée de constructions vers 1260. En 1300 elle s'appelait, selon Sauval, de la Charretière. Guillot et le rôle de 1313 écrivent de la Chareterie. Elle est nommée rue de la Charrière dans l'acte de fondation du collège de Marmoutiers en 1328, et des Charettes par Gilles Corrozet.

Chartron (Rue)

Quelques habitations bordaient déjà cette rue sous le règne de Louis-le-Jeune. Tous les anciens titres lui donnent le nom de rue Chartron. En 1300, elle était habitée par des filles publiques.

Chat-Blanc (Impasse du)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques-la-Boucherie, existait vers l'année 1300 et devait son nom à Gilles Chablanc, qui était boucher à la grande boucherie en 1315. 

Chaudron (Rue du) 

Cette ancienne du quartier Saint-Jacques, existait dès 1290, elle portait ce nom au commencement du XIV° siècle à cause d'une ancienne maison qui avait encore une enseigne en 1636. Dès le XVI° siècle, elle porta le nom de rue d'Ecosse, dénomination qu'elle devait aux écoliers Ecossais qui vinrent l'habiter, en raison de sa proximité de leur collège situé rue des Amandiers. La rue d'Ecosse se trouve acuellement dans le cinquième arrondissement. 

Chaume (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoie aboutissait d'un côté dans la rue des Blancs-Manteaux, et de l'autre dans celle du Grand-Chantier, au coin de celle des Quatre-Fils. Il en est fait mention dans des actes de 1290 ; il parait qu'elle donna son nom à une porte que Philippe-le-Bel permit d'ouvrir dans l'enceinte de Philippe-Auguste ; et c'est pourquoi elle est souvent indiquée, dans des titres des XIV° et XV° siècles, sous le nom de la Porte-du-Chaume. Il faut observer que quand cette rue (ou chemin) eut été prolongée jusqu'aux murs du Temple, elle prit dans toute son étendue le nom de rue du Chantier-du-Temple, à cause d'un bâtiment ainsi nommé que les Templiers y avaient fait construire, et qui fait aujourd'hui partie de l'hôtel de Soubise ; elle le conserve encore dans une de ses extrémités. Lorsque la porte eut été percée, la rue prit le nom de rue de la Porte-Neuve, rue Neuve-Poterne et rue d'Outre-la-Porte-Neuve. Elle reprit le nom de rue du Chaume, on la retrouve ensuite sous le nom du Vieil-Braque. Sur le plan de Saint-Victor (vers 1550), elle est nommée grande rue de Braque ; et dans Corrozet, rue de la Chapelle-de-Braque.

Cholets (Rue des)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont prit ce nom du collège des Cholets qu'on y bâtit en 1291. Elle se nommait avant rue Saint-Symphorien, à cause de la chapelle de Saint-Symphorien qui s'y trouvait, et rue Saint-Symphorien-des-vignes, à cause du clos des vignes qu'elle bornait. On l'avait désignée aussi sous le nom de Petite rue Sainte-Barbe, parce qu'elle conduisait au collège Sainte-Barbe. Enfin il semble qu'elle ai porté également vers le XIII° siècle le nom de rue Jean-le-Maître.

  • La chapelle de Saint-Symphorien remontait à la plus haute antiquité. Aucun historien n'a pu fixer l'époque de sa fondation. Le premier titre qui l'indique d'une manière positive est une charte de Philippe-Auguste, de 1185. Cette chapelle tombait en ruines au milieu du XVII° siècle et fut vendue au collège de Montaigu, par contrat du 9 septembre 1662. 
  • Le collège des Cholets était situé dans cette rue. Sa fondation est due à Jean Cholet, cardinal et légat du pape en France. Ce prélat, mort le 2 août 1291, avait légué par son testament une somme de 6,000 livres pour fournir aux frais de la croisade publiée contre Pierre d'Aragon. Cette guerre se trouvant terminée à la mort de Jean Cholet, ses exécuteurs testamentaires, Jean de Bulles archidiacre du Grand-Caux dans l'église de Rouen, et deux chanoines de l'église de Beauvais, résolurent d'affecter cette somme à la fondation d'un collége en faveur des étudiants des diocèses de Beauvais et d'Amiens. En 1504, la chapelle fut construite et dédiée à sainte Cécile.

Christophe (Rue Saint-)

Cette ancienne voie du quartier de la cité était en 1218, 1248 et 1265 la Regraterie. Guillot, dans le Dit des rues de Paris de 1300, l'appela la grand'rue Saint-Christofle : elle tenait dénomination de l'église Saint-Christophe.

La charte de Vandemir de 690 nous apprend qu'à cette époque il existait, à l'endroit où fut l'église Saint-Christophe, une chapelle dont l'abbesse se nommait Landetrude. Ce monastère avait été placé à la proximité de la principale église, afin que les religieuses prissent soin de ses ornements et de sa lingerie, suivant l'usage établi dans plusieurs cathédrales. D'autres femmes ayant été plus tard chargées de cet entretien, le monastère fut destiné par l'évèque de Paris à servir d'hôpital. L'historien Lebeuf pense que ce changement eut lieu immédiatement après le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu en 817.. Il est certain qu'en 829 les chanoines de la cathédrale étaient dans l'usage de laver les pieds des pauvres, dans ce lieu appelé Memoria Sancli-Chrislophi. La petite église ou chapelle était alors desservie, de semaine en semaine, par deux prêtres nommés par les chanoines de Notre-Dame. Le chapitre possédait la moitié de l'hospice de Saint-Christophe, l'évèque de Paris était propriétaire de l'autre mais sous le roi Robert, l'évèque Renaud donna l'établissement en entier à six chanoines, et peu après l'évêque Guillaume leur céda l'église elle-même. Elle fut rebâtie de 1494 à 1510, dans un style assez gracieux. Sauval rapporte a "qu'en 1502, il existait près de Saint-Christophe un pilier et carcan  fut attaché Guillaume Dubois, valet-boucher, le jour de Pasques, pour blasphèmes de Dieu, par lui faits et commis, et celui gardé pendant qu'on disait la grand'messe, depuis huit heures jusqu'à onze". L'église Saint-Christophe fut démolie en 1747, pour agrandir le parvis Notre-Dame. Une partie de son emplacement servit aussi à la reconstruction de la chapelle des Enfants-Trouvés. 

Cimetière-Saint-Nicolas (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin commençait à la rue Saint-Martin et finissait à la rue Transnonain. Cette rue, ouverte en 1220, conduisait à l'emplacement que les religieux de Saint-Martin avaient cédé à la paroisse de Saint-Nicolas, pour y établir son cimetière. Elle en prit dès lors le nom.

Elle est citée sur un acte de janvier 1264 d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Robert Chapon et sa femme Alips, dite la Chapone, prennent à cens, pour 34 sols, une maison rue du Cimetière Saint-Nicolas".

Cléry (Rue de) 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissementAncien chemin de ronde devant le fossé de l'enceinte de Charles V. Tracé visible de l’Enceinte de Charles V.

Cloître-Saint-Benoît (Rue du)

Ancienne voie de la paroisse de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont qui conduisait de la rue des Mathurins au cloître de l'église Saint-Benoît ; il paraît qu'au XIII° siècle elle se nommait rue d'André de Machel ou de Mathel ; on ignore pour quel motif.

Clopin (Rue)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont doit son nom, dit Jaillot, à un logis appelé la grande maison Clopin, qu'on y bâtit en 1258. Elle se terminait alors à la rue d'Arras.

Clos-Bruneau (Rue du) 

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, commençait à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et finissait à la rue des Carmes. Elle a été bâtie sur le clos Bruneau. Les Cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248, la nomment rue judas ; on croit qu'elle était autrefois habitée par des juifs.

Cluny (Rue de)

Ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont dans le quartier de la Sorbonne. Yves de Vergy, abbé de Cluny, fonda en 1269 un collège en faveur des religieux de Cluny. La voie qui longeait le côté à l'est de cet établissement prit alors le nom de rue de Cluny. Guillot l'appelle en 1300, rue de l'abbé de Cluny.

Cocatrix (Rue)

Cette ancienne voie du quartier de la cité, qui formait un retour d'équerre, tire son nom du fief Cocatrix, qui était situé entre la partie méridionale de la rue d'Arcole et de la rue des Deux-Ermites. En 1300, un nommé Cocatrix y demeurait.

Colbert (Rue de l'Hôtel-)

Rue se trouvant dans le quartier de la Sorbonne du cinquième arrondissement. Cette très ancienne rue est en 1202 sur le clos Mauvoisin qui faisait partie de la seigneurie de Garlande. Elle s'appelle tout d'abord rue d'Arras en 1300, puis rue des Rats en 1520 dans un censier de Sainte-Geneviève, et enfin rue des Petits-Degrés entre 1680 et 1830 dans sa partie nord vers la Seine, elle commençait alors à la rue de la Bûcherie et aboutissait au quai. Elle devient le 28 décembre 1829, la rue de l'Hôtel-Colbert dans sa totalité suite aux protestations des habitants de la partie sud de la rue toujours appelée rue des Rats et est renommée en raison de l'hôtel particulier que le ministre Colbert possédait dans la rue.

Col de Bacon (Rue du)

Ancienne voie du quartier du Louvre. Col de bacon signifie, en vieux langage, cou de porc. Cette rue se nommait Chardeporc, elle était fermée des Culs-de-sac de Courbaton et de Sourdis, laquelle aboutissait dans la rue de l'Arbre-Sec et sur le Fossé. Adam Chardeporc avait plusieurs maisons sur le Fossé-Saint-Germain en 1251, et comme on l'appellait anciennement un porc bacon, et bacon quand il était salé, on donna à cette rue le nom de rue de Bacon. Elle le portait en 1340. On voit cependant qu'en 1313, elle s'appellait rue du Col de Bacon, vraisemblablement d'une enseigne. On altéra, ou plutôt on changea ce nom en celui de Cop ou Coup de Bâton, que l'on trouve dans la liste de 1450. On dit ensuite de Court-Bâton ; c'était la maison du coin de cette rue et de celle des Fossés que l'on appellait ainsi, qui lui fit donner ce nom. 

Colombe (Rue de la)

Cette ancienne voie du quartier de la Cité portait déjà en 1223 ce nom qu'elle devait vraisemblablement à une enseigne.

Comte-de-Boulogne (Rue au)

Cette ancienne voie, qui faisait partie du bourg Saint-Marcel, fut construite au XII° siècle. Elle porta quelques temps après le nom de rue au Comte-de-Boulogne, en raison des seigneurs de Boulogne qui possédaient un hôtel en cet endroit. Selon Sauval, elle pris aussi la dénomination de rue de Richebourg, qu'elle a communiquée à un petit pont sur la Bièvre, nommé ensuite pont aux Tripes.

Comtesse d'Artois (Rue) 

Quartier Saint-Eustache. Elle commençait à la pointe Saint-Eustache, et finissait à la rue Montorgueil, au coin de la rue Mauconseil. Dans les titres du XIV° siècle, elle est indifféremment nommée rue au comte d'Artoisrue de la Porte à la Comtesse, et rue à la Comtesse d'Artois. Le nom de rue au comte d'Artois venait de Robert II, neveu de saint Louis, dont l'hôtel était situé entre les rues Pavée et Mauconseil. Ce prince fit percer le mur d'enceinte , et ouvrir , pour sa commodité et celle du public , une fausse porte, laquelle prit le nom de porte au comte d'Artois, et le donna à la rue. Elle est confondue maintenant avec la rue Montorgueil, dont elle a pris le nom.

Confrérie-Notre-Dame (Rue de la)

Cette ancienne voie du quartier de la Cité était construite au XII° siècle. En 1300, elle portait son nom. 

Copeau ou Coupeaux (Rue)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont doit son nom d'un hôtel voisin ou d'un moulin de Cupels, situé au XII° siècle sue la Bièvre auquel elle conduisait. Elle fut aussi appelée la Chauciée Coupeaulx, la grand'rue Coippeaulx.

Coq (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève allait de la rue de la Verrerie à celle de la Tisseranderie. Quelques maisons bordaient déjà cette voie sous le règne de Louis-le-Jeune. Le premier nom que cette rue ait porté est celui d'André Malet : elle est ainsi nommée dans un acte de 1243. On voit, dans l'accord de Philippe-le-Hardi avec le chapitre de Saint-Merri en 1273, que cette rue y est énoncée sous le nom de Lambert de Râle ou André Malet. En 1300, Guillot lui donne cette dernière dénomination. Dès 1416, elle avait pris d'une enseigne le nom de rue du Coq.

Coq-Héron (Impasse)

Cette ancienne impasse du quartier Saint-Eustache est nommée sous ce nom en 1298.

Coquerée (Rue de la)

En 1400, c'était la rue de la Lamproie ; en 1415, la rue de la Coquerée (Archives du Temple). Elle aboutissait alors dans la rue Culture-Sainte-Catherine. Dans le Terrier du roi de 1540, elle est nommée rue de la Coquerie.

Coquilles (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève allait de la rue de la Tisseranderie à celle de la Verrerie. Sous le règne de Philippe-Auguste, elle était déjà bordée de constructions. On voit dans les actes du XIV° siècle, qu'elle se nommait ruelle Gentien. Le cartulaire de Saint-Maur fait mention de Pierre Gentien, dont la maison, située dans la rue de la Tisseranderie, vis-à-vis de celle-ci, était occupée par les Lombards (usuriers). On l'a depuis nommée ruelle Jean Gentien; elle prit ensuite celui de Jacques Gentien, et de rue Gentienvicus Gentianus.A. la fin du XV° siècle, on bâtit au coin de cette rue une maison dont la porte et les fenêtres étaient ornées de coquilles, laquelle fut nommée hôtel des Coquilles ; et dès-lors la rue prit ce nom qui lui est resté. Jaillot croit que c'est cette rue que les anciens titres indiquent sous le nom de vicus Radulphi de S. Laurentio

Coquillière (Rue) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Eustache qui aboutissait d'un côté devant l'église de Saint-Eustache, et de l'autre à la rue Croix-des-Petits-Champs, fut ouverte au XIII° siècle, peu après la construction de l'enceinte de Philippe Auguste. Elle doit son nom à la famille Coquillier dont Pierre qui l'aurait en partie bâtie, elle a été entièrement bâtie en 1292. Quelques auteurs ont dit, d'après Sauval, que cette rue fut d'abord nommée Coquetière, parce que les coquetiers, qui faisaient trafic d'œufs, arrivaient par cette rue ; et que du temps de Marot on l'appelait Coquillart, du nom d'un particulier. Il est plus que semblable qu'elle doit son nom à Pierre Coquillier, qui, en 1292, vendit à Guy de Dampierre une grande maison qu'il avait fait bâtir dans cette rue. Il paraît constant que cette famille était ancienne dans ce quartier, car on lit dans un manuscrit de la bibliothèque du roi qu'en 1262 et 1265 Odeline Coquillière (Coclearia) fonda une chapelle à Saint-Eustache ; dans un acte de 1255 il est également fait mention d'Adam et Robert Coquillière. Enfin la considération dont jouissaient ces bourgeois était telle, qu'ils firent donner leur nom à celle des portes de l'enceinte Philippe-Auguste qui fut élevée à l'extrémité de cette rue ; on la trouve effectivement désignée, dans les titres de ce siècle et du suivant, sous le nom de la porte au Coquiller.

Au N° 10 : L'enceinte de Philippe Auguste passait à cette hauteur.

Coq Saint-Honoré (Rue du)

Sauval assure que cette rue s'est appelée primitivement rue de Riche-Bourc (Richebourg), du nom d'un bourgeois.

Cette ancienne voie est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris est devenue la rue Marengo.

Cordiers (Rue des)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont allait de la rue Saint-Jacques à la rue Cluny. Elle était bâtie presque entièrement en 1250 et doit son nom aux cordiers qui y filaient le chanvre dès le XIII° siècle. Jaillot pense qu'elle arrivait autrefois jusqu'à la rue de la Harpe, sur l'emplacement qui était occupé plus tard par la rue des Grès.

Cordiers ou de la Corderie (Cul de sac des)

Cette voie est nommée en 1372.

Cordonnerie (Rue de la)

Ancienne voie citée en 1300 dans le Dit des rues de Paris de Guillot, sous le nom de CordoüanerieElle traversait de la rue de la Tonnellerie et la rue du Marché-aux-Poirées. Vers 1295, les cordonniers cédèrent aux pelletiers la place qu'ils occupaient, pour venir occuper les environs de la halle, qui devenait alors le centre du commerce parisien. Le commissaire Delamare s'est trompé en fixant la construction de cette rue au XII° siècle. Son origine ne remonte qu'à la fin du XIII° siècle. Le premier titre qui en fasse mention est tiré du Cartulaire de Saint-Magloire, et indique à l'année 1295 une maison sise en la rue Neuve-de-la-Cordouannerie. C'est par altération qu'on écrit aujourd'hui Cordonnerie ; le véritable nom est Cordouannerie, ainsi qu'on le disait autrefois ; parce que les premiers cuirs qu'on employa à la confection des chaussures étaient tirés de Cordoue et s'appelaient du Cordouan

Elle a pris son nom des cordonniers et vendeurs de cuirs, qui quittèrent, suivant les apparences, la rue des Fourreursnommée d'abord de la Cordonnerie, pour venir s'établir aux halles. Elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris, sous le nom de rue de la Cordonneries.

Corroyerie (Rue de la)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin, qui aboutissait à la rue Beaubourg et à celle de Saint-Martin, était entièrement bordée de constructions vers l'année 1280. 

Elle s'appelait au XIII° siècle rue de la Plâtrière(Cependant le censier de Saint-Martin-des-Champs, de 1300, indique d'abord vicus Plastrariœet quelques lignes après vicus Correarii ce qui semblèrent marquer deux rues différentes. Quoi qu'il en soit, on voit par un registre de la chambre des comptes qu'on la nommait rue de la Plâtrière en 1313 et en 1482. Dans la liste du XV° siècle, elle est désignée sous le nom de la PlastayeElle avoit déjà pris le nom de Conroirie en 1500, quoique Sauval lui donne une origine plus moderne d'un siècle. Sur les plans de Gomboust, de Bullet et autres, elle est indiquée sous le nom de Courroyerieet mal à propos sous celui de Courrerie dans les tables de La Caille et de Valleyre. 

Cossonnerie (Rue de la) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissementElle allait de la rue Saint-Denis aux halles. Déjà construite en 1183, cette rue s'appelait alors via Cochonneria. En 1300, c'était la rue de la Coçonnerie« Anciennement, dit Sauval, cossonniers et cossonnerie voulaient dire la même chose que poulaillers et poullaillerie, à certains jours de la semaine, on y tenait un marché de cochons et de volailles, et de plus, on pouvait voir étaler dans des paniers et sur le pavé des poulets, des chapons et tout le reste que les poulaillers d'après ont étalé sur le pavé et dans leurs paniers à la Vallée-de-Misère, et ensuite, le long du quai des Augustins. Enfin, dans le livre rouge neuf du procureur du roi, une ordonnance défendait, tant aux rôtisseurs qu'aux autres marchands qui venaient étaler à la rue de la Cossonnerie, d'aller avant l'heure au devant des marchandises. ». Elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris. 

Coup de baston (Rue du)

Cette ancienne impasse est citée en 1300 dans Le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom rue du Col de Bacon, elle est également présente en 1450 et disparait lors de l'ouverture de la rue de Rivoli. Voir rue de Bacon ou rue du Col de Bacon.

Coupegorge (Rue)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont était au XIII° siècle une petite ruelle resserrée entre les murs de la ville et le couvent des Jacobins.

Cour-du-More (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin qui traversait de la rue Beaubourg dans celle de Saint-Martin , doit sans doute son nom à une cour qu'on aura percée et prolongée. On l'appelait, suivant le rôle de 1313, rue Jehan Palée, et ensuite Palée. Elle est encore désignée sous ce nom dans une déclaration des religieuses de Montmartre, du 3 juillet 1551. Cependant, dès le commencement du XIV° siècle, la proximité de l'église de Saint-Julien, à laquelle elle est contiguë, lui avait fait donner le nom de ruelle ou rue de Saint-Julien, sous lequel elle est indiquée dans le compte des confiscations de 1421, et dans Corrozet. On l'a aussi nommée rue de la Poterne et de la Fausse Poterne, parce qu'elle aboutissait dans la rue Beaubourg, à peu de distance de la poterne ou fausse porte de Nicolas Huidelon. Depuis on lui a donné le nom de Cour-du-More et de rue du More qu'elle portait dès 1606, suivant plusieurs titres des archives de Saint-Merri. On la trouve aussi, en 1640, indiquée Cour-du-More, dite des Anglais. Jaillot pense que c'est sans fondement qu'on a gravé sur plusieurs anciens plans Cour des Morts, étymologie que l'abbé Lebeuf a suivie.

Cour Robert de Paris (Rue de la)

Cette ancienne voie est devenue une partie de l'actuelle rue du Renard dans le quatrième arrondissement. Elle existait dès le XII° siècle, elle est nommée par Guillot en 1300, dans le Dit des rues de Paris.

Elle est citée en juin 1284 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Merry : "Don d'une maison, sise rue de la Cour-Robert-de-Paris, fait par Jean de Méré au chapelain de la chapellenie qu'il a fondée dans l'église de Paris, à la condition que ce dernier payera, tous les ans, 50 sous parisis à l'église de Paris, pour l'anniversaire d'Ancel de Bussy, et 30 sous parisis à l'église Saint-Merry, pour qu'il y soit dit deux messes à l'intention dudit donateur, pendant sa vie, et pour que son anniversaire y soit célébré après sa mort".

En 1367, cette voie apparaît sous le nom la Court-Robert de Pris sur une ordonnance d’Hugues Aubriot, prévôt de Paris, obligeant les femmes publiques d'aller demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis, sous peine d'emprisonnement au Châtelet suivi du bannissement de la ville de Paris.

Courtalon (Rue)

Cette ancienne voie allait de la rue Saint-Denis à la rue Sainte-Opportune. Elle était entièrement bordée de constructions en 1284. Guillot la nomme en 1300 rue des petits Soulers de Bazenne. Elle prit au milieu du XVI° siècle le nom de Courtalon, en raison de Guillaume Courtalon, qui possèdait deux maisons au coin de la rue des Lavandières.

Courtille (Rue de la)

Son premier nom est rue Forestier. Elle prit son nom de rue de la Courtille, parce qu'elle conduisait à la courtille de l'abbaye Saint-Germain-des-Près. Au XV° siécle, elle devint la rue de Tarennes, en raison de sa direction vers une grande maison dite l'hôtel de Tarennes. 

Coutellerie (Rue de la)

Rue se trouvant dans le quatrième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier de la Grève aboutissait aux rues de la Tisseranderie et de la Vannerie. Elle était en partie construite sous le règne de Louis-le-Jeune.

Sauval dit qu'en 1300 on la nommait rue aux Commanderesseset un censier de Saint-Eloi, de 1495, énonce une maison faisant le coin de la rue de la Vannerie et de la rue des Couteliers, dite des Recommandaresses. Cette rue n'était connue au XIII° siècle que sous le nom de Vieille-OreilleVeteris AurisOn trouvait dans les archives de Saint-Maur une foule de titres qui faisaient mention du carrefour, de la rue et du four de Vieille-Oreille. Ce nom, dont aucun historien n'a pu découvrir l'étymologie, a été depuis altéré en celui de Guigne-Oreille et de Guillori

Le rôle des taxes de 1313 nous apprend qu'un maréchal nommé Guillori demeurait au carrefour de cette rue ; on trouve aussi un fief qui porte le même nom ; et c'est là sans doute ce qui aura engagé à le donner au carrefour. Enfin les couteliers qui vinrent s'établir dans cette rue lui firent perdre son ancien nom pour prendre celui de rue aux Couteliers, et de la Coutellerie , qu'elle portait dès le règne de Henri II, et qu'elle a toujours porté depuis.

Croix (Rue de la)

Elle fut ouverte au XIV° siècle sur un canton de la Courtille Saint-Martin, nommée la Croix-Neuve, et situé hors les murs de la ville.

Croix-Blanche (Rue de la)

Cette voie du quartier Sainte-Avoie aboutissait au cimetière ou marché Saint-Jean et à la Vieille rue du Temple. A la fin du XIII° siècle elle était connue sous le nom d'Augustin-le-Faucheur ; elle est indiquée ainsi dans des lettres de Philippe-le-Hardi du mois d'août 1280, cuneum sancti Augustini Falcatoris. Ce nom a été altéré depuis par les copistes, qui ont écrit Anquetin, Anquetil, Huguetin, Annequin, Hennequin, Otin-le-Fauche, etc. Elle doit à une enseigne de la Croix-Blanche le nom qu'elle porte, nom sous lequel elle est énoncée dans un bail du 8 juillet 1448, et dans une sentence de licitation du 27 août 1639, laquelle se trouvait dans les archives de l'archevêché. 

Croix-de-la-Bretonnerie (Rue Sainte-)

Elle était construite en 1230 et se nommait rue de Lagny, dite la Grande-Bretonnerie, parce qu'elle était située sur le fief de Saint-Pierre-de-Lagny et sur le territoire dit le Champ-aux-Bretons. Les chanoines de Sainte-Croix étant venus former un établissement dans cette rue, vers 1258, elle prit en 1314 la dénomination de rue Sainte-Croix, puis celle de rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie.

Croix-des-Petits-Champs (Rue) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissementLa rue doit son nom à la région des Petits-Champs (les Champeaux), du début du Moyen âge, et à une croix installée à l'angle de la rue du Bouloi. 

 La rue Croix des-Petits-Champs, ainsi nommée dès le XIVe siècle, ne s'était prolongée jusqu'à la place des Victoires, quand le maréchal d'Aubusson de la Feuillade avait créé celle-ci, qu'en prenant de son côté la dénomination d'Aubusson, qui ne dura pas.

Croix-en-la-Cité (Rue Sainte-)

Cette ancienne voie du quartier de la Cité, allait de la rue Gervais-Laurent à la rue de la Vieille-Draperie.

Bâtie au XII° siècle, elle portait le nom de rue Sainte-Croix, en raison de l'église ainsi appelée. Une bulle d'Innocent II, de l'année 1136, mentionne pour la première fois l'église Sainte-Croix. Erigée en paroisse au XV° siècle, elle fut reconstruite en 1529. 

Croulebarbe (Rue)

Plusieurs titres de 1214 font mention du moulin de Croulebarbe sur la rivière de Bièvre ; d'autres, en 1243, parlent des vignes de Croulebarbe. Ce moulin existait encore en 1840.

Crucifix (Rue du Petit-)

Ancienne voie du quartier Saint-Jacques-la-Boucherie. Plusieurs actes prouvent que cette rue était entièrement bâtie vers 1250. Elle tire son nom du fief du Crucifix, dont la principale maison, qui avait un crucifix pour enseigne, était située au coin de la rue Saint-Jacques-la-Boucherie. En 1270, elle était désignée sous le nom de petite rue en face le portail de l'église Saint-Jacques. On la nomma également rue du Porce et Porche Saint-Jacques.

Cul-de-Sac (Rue) 

Cette ancienne voie est citée en avril 1265 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Ventes de parts de maisons en la rue de Cul-de-Sac, par divers particuliers à Saint-Martin".

Cul-de-Sac (Le)

Le Cul de sac ou rue de la Fosse aux Chiens est une ancienne voie de Paris, devenue l'impasse des Bourdonnais, quartier des Halles et anciennement place du marché aux Pourceaux. Cette rue est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris.

Cul-de-sac du Tripot

Ainsi nommé au XIV° siècle, il portait le nom de cul-de-sac Sans-Tête au XIII° siècle, ensuite cul-de-sac de la rue Beaubourgcul-de-sac près la Poterne, et cul-de-sac des Anglais, avant d'être renommée impasse Beaubourg, qui se trouve dans le troisième arrondissement. 

Cygne (Rue du) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Elle allait de la rue Saint-Denis dans celle de Mondétour. La rue était entièrement bordée de maisons en 1280. Appelée au XIII° siècle rue O Cingne, dans le Dit des rues de Paris, Guillot la nomme rue au Cingne, le rôle de 1313 indique la rue au Cygneelle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris, rue au Signe. Elle engloba, en 1851, la rue du Pélerin Saint-Jacques. L'origine du nom vient d'une ancienne enseigne. 

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris  

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 01/08/2012

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