Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Détail d'une toile du peintre Marc Peltzer

Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

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Déchargeurs (Rue des) d.jpg

Rue se trouvant dans le premier arrondissement, quartier des Halles. Son nom fait référence aux travailleurs des Halles toutes proches. Elle est citée en 1300 dans le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom de Siège aux Déchargeurs (Alai o siege a Descarcheeurs.). Elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue aux Déchargeurs.

Au N° 3 : Se trouve le theâtre des déchargeurs, ses fondations datent du 12ème siècle et on dit que dans ses caves, le célèbre alchimiste Nicolas Flamel y abritait ses travaux.

Degrés (Rue des) 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. La rue des Degrés est une des rues parallèles qui font le lien entre le chemin de ronde devant le fossé de l'enceinte de Charles V (ce chemin est aujourd’hui la rue de Cléry), et le sixième bastion de l’enceinte des Fossés Jaunes (aujourd’hui la butte Bonne-Nouvelle). Cette butte est le résultat de dépôts d’immondices et de débris accumulés par les habitants à l'extérieur de la muraille qui ont fini au fil du temps par constituer un monticule.  

Aucune habitation ne possède un accès sur la rue des Degrés, puisque les murs qui la bordent ne possèdent aucune porte ni même de fenêtres (elles ont été murées).  

Deux hautes façades aveugles cernent donc un petit escalier de quatorze marches, qui a donné son nom à la rue dans les années 1650. 

Elle est intégralement constituée d'un escalier qui mesure en tout et pour tout 3,30 mètres de largeur, et part de la rue de Cléry pour remonter vers la rue Beauregard à quelques mètres de la porte Saint-Denis. Avec seulement 5,75 m de long, la rue des Degrés est la plus courte de Paris.

Descartes (Rue)

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont, à reçu ce nom en 1809 du nom du mathématicien, physicien et philosophe français René Descartes. Au début du 13ème siècle, elle rue s'appellait rue Bordet et rue Bordelle, du nom de la famille Bordelle, très connue à l'époque. Un auteur de la même période l'appelle rue de la porte Saint-Marcel, parce qu'elle conduisait à cette entrée de l'enceinte de Philippe Auguste.

Dessus les Fossés (Chemin de)

Chemin qui longeait l'enceinte de Paris, cité en 1419, c'est actuellement la rue Monsieur-le-Prince dans le sixième arrondissement.

Deux-Boules (Rue des) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Cette ancienne voie du quartier du Louvre commençait à la rue des Lavandières et finissait à la rue Bertin-PoiréeDu XIIe au XIIIe siècle, c'était la rue Mauconseil ou Maleparole (Archives Saint-Martin) ; du XIIIe au XVIe, rue Guillaume Porée ; en 1546, rue Guillaume Porée dite des Deux Boules, cette dernière dénomination venant d'une enseigne a prévalu.

Deux-Ecus (Rue des) ou Deux-Haches (Rue des)

Ancienne voie du Quartier Saint-Eustache. La rue des Deux-Écus portait au XIIIème siècle le nom de rue Traversanne ; elle est ainsi désignée dans la taille de 1292 : « En la rue Traversanne qui boute devant Neelle d’une part et d’autre en la rue aux Prouvoires. »

Nous avons ainsi la preuve que cette rue commençait juste en face de la porte de l’hôtel de Nesle pour finir rue des Prouvaires ; ce fait nous est confirmé par d’autres documents.

Elle était coupée en trois parties : La première de la rue de Nesle à la rue des Vieilles-Étuves, la seconde de la rue des Vieilles-Étuves à la rue du Four et la troisième de la rue du Four à la rue des Prouvaires.

Cette rue que Guillot appelle (dans « le Dit des rues de Paris » en 1300) « rue des Escus », portait au XVème siècle deux noms correspondants à deux parties de cette rue, a savoir : la première, rue des Deux-Écus (mentionné en 1325) et la seconde, rue de la Hache ou des Deux-Haches. Ils lui furent donnés, croyons-t-on, à cause de deux enseignes placées dans ces rues. Il y avait en outre, dans les environs, près du cimetière Saint-Jean, le fief des Haches (1350).

Le nom de Traversanne fut toujours appliqué à la rue entière, puisque nous lisons dans les censiers du XVIème siècle : « rue Traversanne, des Écus ou des Deux-Haches. » Bien qu’il soit assez difficile de savoir quelle est la portion qui portait tel ou tel nom, nous croyons cependant, d’après les titres de propriété de 1497, que la rue Traversanne (Traversinne ou Traversainne) portait le nom de rue des Deux-Haches ou des Haches, de la rue d’Orléans à la rue des Vieilles-Étuves et de la rue des Deux-Écus ou des Écus jusqu’à la rue du Four et même jusqu’à la rue des Prouvaires. (1419. Nicole du Molynet, veuve de Pierre de Sens et de Gilles de la Mothe, donne par testament à Saint-Eustache une maison faisant le coin de la rue des Deux-Écus et des Prouvaires, 3 juillet 1419). (LL. 723, A. N.)

Deux-Portes (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis allait de la rue Pavée à la rue Thévenot. Ce nom lui vient de deux portes qui la fermaient autrefois à ses extrémités ; en 1427 elle se bornait à la rue Saint-Sauveur, et se nommait alors rue des Deux-Petites-Portes.

Deux-Portes (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève allait de la rue de la Tisseranderie et celle de la Verrerie. Cette rue doit son nom aux portes qui la fermaient anciennement à ses extrémités, et non aux portes d'une ancienne enceinte, comme l'ont pensé quelques auteurs modernes. En 1281 elle se nommait rue entre deux Porteset en 1300 rue des Deux-PortesOn trouve aussi quelquefois rue Galiaceou des Deux-Portes.

Deux-Portes (Rue des)

Cette voie aboutissait à la rue Vieille-du-Temple. Elle est nommée dans les anciens actes rue de L'Échelle-du-Temple (c'était aussi la dénomination affectée à la rue des Vieilles-Haudriettes dont elle faisait le prolongement). En 1358, elle prit son nom de rue des Deux-Portes. Peut de temps après, une enseigne des Quatre-Fils-Aymon, lui donna le nom de rue des Quatre-Fils

Devant le Chastel (Rue)

Cette ancienne voie citée en 1313 était située en face du Pont-au-Change. On passait en la traversant sous une voûte du grand Châtelet. Elle se nomma par la suite rue Saint-Leufroy du nom de l'église qui y était située. Elle fut démolie en 1684 pour l'agrandissement du Châtelet.

Draperie (Rue de la Vieille-)

Cette ancienne voie du quartier de la Cité, devait sa dénomination aux drapiers qui vinrent s'y établir vers l'an 1183. 

Duc de Bourgogne (Rue au)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont portait ce nom au XIII° siècle et le garda jusqu'au XVI° siècle. Quoique le collège de Reims eût été fondé en 1409, elle garda son nom.

Dussoubs (Rue) 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. La rue s'est d'abord limitée au tronçon entre les rues Tiquetonne et Saint-Sauveur, sous les noms de « rue des Deux Portes Saint-Sauveur » (mentionnée en 1289), puis « rue des Deux Petites Portes » (1427) et « rue Entre Deux Portes ». L'origine du nom est qu'elle se trouvait entre deux portes de l'enceinte de Philippe-Auguste(entre la poterne du Comte d'Artois d'où sortait la rue Montorgueil et la porte Saint-Denis) et qu'elle menait à l'église Saint-Sauveur. 

Un des noms de la voie au XIIIe siècle fut celui de « rue Gratte-Cul », car le quartier, alors hors les murs, était spécialisé dans la prostitution (interdite théoriquement dans Paris depuis 1256). À la fin du XVIIe siècle la rue fut prolongée jusqu'à la rue Thévenot (disparue lors de la percée de l'actuelle rue Réaumur sous Haussmann)
Par le décret du 9 mai 1881, la rue a reçu le nom de Denis Gaston Dussoubs, tué le 4 décembre 1851 sur une barricade de la rue Montorgueil, en protestant contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris 

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 27/07/2012

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