Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Détail d'une toile du peintre Marc Peltzer

Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

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Échiquier (Impasse de l')e.jpg

Des titres constatent son existence dès 1305. Elle devait son nom à une enseigne.

École-Saint-Germain (Grande rue de l')

Cette ancienne voie du quartier du Louvre est présente en 1290. Guillot, dans le Dit des rues de Paris de 1300, l'appelle l'Escole. Elle deviendra le quai de l'École.

École (Place de l')

Place se trouvant dans le premier arrondissement. Cette place conserve le souvenir non pas d’une école (scola) mais d’un point d’accostage (scala). C’est probablement en 1214 que fut créé un nouveau port sur le quai de l’Ecole. Au XIVe siècle, elle porte le nom de place aux Marchands alors que l’actuel quai du Louvre s’appelle quai de l’Ecole. En 1413, son nom est transformé en place de l'École.

Écorcherie (Rue de l')

Cette ancienne voie du quartier Baudoyer commençait à la rue de Buci et finissait à la rue des Boucheries.

Au mois de février 1254, l'abbé de Saint-Germain-des-Près vendit à Raoul d'Aubusson un terrain en face des murs de la ville, moyennant une redevance annuelle de 40 sols parisis. On lit dans cet acte que l'abbé de Saint-Germain se réserva le droit de faire ouvrir derrière ce terrain un chemin de 3 toises de large. En 1265, ce chemin était tracé et fut désigné plus tard sous le nom de la Folie Reinier, en raison d'une maison de plaisance appartenant à un nommé Reinier. Cette propriété exista dans cette rue jusqu'en 1399. Vers cette époque, des bouchers étant venus habiter cette voie, elle prit alors le nom de l'Écorcherie. Ces mêmes bouchers et leurs garçons excitèrent des troubles sous le règne malheureux de Charles VI et le peuple donna plus tard à cette rue le nom des Mauvais-Garçons

Ecosse (Rue d')

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette ancien voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont qui allait de la rue du Mont-Saint-Hilaire à la rue de Four, existait au XIII° siècle. Au XIV° siècle elle portait le nom de rue au Chaudron, à cause d'une ancienne maison qui avait encore une enseigne en 1636. Dès le XVI° siècle, elle porta le nom de rue d'Ecossedénomination qu'elle devait aux écoliers Ecossais qui vinrent l'habiter, en raison de sa proximité de leur collège situé rue des AmandiersUn auteur dit qu'elle à été aussi appelée rue des Trois Crémaillères.

Écouffes (Rue des)

La rue des Écouffes est une voie du 4e arrondissement de Paris dans le quartier Saint-Gervais. Cette ancienne voie du quartier Saint-Antoine était presque entièrement bâtie en 1200, son nom n'a varié que dans la façon de l'écrire ou de le prononcer. En 1233 et en 1254, on l'appelait de l'Écofle ; en 1300, dans le Dit des rues de ParisGuillot la nomme rue de l'Escouffle ; en 1313, rue des Escoufles ; en 1430, des Escofles. , et au siècle suivant, des EscloffesElle est également présente en l'an 1450 dans le second quartier de Paris (rue des Escouffes), au XVIe siècle, des Escoffles, et depuis, des Écouffes. On pense qu'elle doit son nom à une enseigne représentant un milan, appelé autrefois escofles (« escoufle » était le nom communément donné aux prêteurs sur gages).

Écrivains (Rue des)

Cette ancienne voie s'appelait la Pierre-au-Lait en 1254. En 1439 on la trouve indiquée sous le nom de rue de la Pierre-au-Lait, ditedes Écrivains. Ce dernier nom lui vient des écrivains qui s'établirent dans de petites échoppes, près de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

Empereur (Passage de l')

Ancienne voie du quartier des Marchés. Dès l'année 1372, il est fait mention de ce passage qui devait son nom à une enseigne.

Enfer (Rue d')

Cette ancienne voie du quartier de la Sorbonne porte de nos jours le nom d'avenue Denfert-Rochereau. Ce n'était au XIII° siècle qu'un chemin nommé de Vanves et d'Issy, parce qu'il conduisait à ces deux villages, qui serpentait à une lieue de l'enceinte de Charles V dans une campagne plantée de vignes aux abords des marécages du Luxembourg. C'est de là que vinrent les premières rumeurs : 

Une Guillemette Troussecaille alerta le voisinage : “Chaque nuit, j’entends des ricanements, des gémissements… Ça vient du château !” On chuchota. D’aucuns, au milieu de la nuit noire, se levèrent et écartèrent les vantaux pour écouter les bruits infernaux qui déchiraient le silence. Certains rapportèrent des faits étranges : des feux follets couraient sur les marécages du Luxembourg. C’est Jehan Mangedentelle, vigneron de son état, qui osa révéler qu’il avait vu des revenants alors que douze coups sonnaient à Saint-Jacques-du-Haut-Pas. “Ayez pitié de nous”, s’exclamèrent deux paroissiennes en apprenant la nouvelle ; elles se signèrent trois fois et coururent s’enfermer à huis clos. Cependant, on ne sut jamais qui lança la terrible nouvelle : “Des diables se réunissent là-bas, pérorent et discourent, jusqu’à patron minette, dans un langage incompréhensible !”. “C’est de l’anglois”, fanfaronna un clerc de Basoche. Alors le bruit se répandit du côté de la barrière d’Enfer : “Satan a élu domicile à Vauvert !” Personne ne songea à démentir la nouvelle ; il s’était passé tant de choses derrière les hauts murs. 

Plus tard on le désigna sous la dénomination de Vauvert, parce qu'il se dirigeait vers le château sur l'emplacement duquel les Chartreux bâtirent ensuite leur couvent. Les historiens confirment l’existence du château de Vauvert. Construit au dixième siècle pour Robert le Pieux, il dut son nom au paysage agreste qui l’entourait. Rapidement abandonné, il devint un repaire de brigands et de vagabonds. Dès que les rumeurs sataniques arrivèrent à leurs oreilles, les brigands, facétieux, se gardèrent de détromper le peuple des barrières. Ils en rajoutèrent et entretinrent la peur par toutes sortes d’extravagances nocturnes. Aussi, quand Philippe Auguste fit construire, en 1213, l’enceinte qui porte son nom, évita-t-il d’y inclure le terrible château. La légende prit fin en 1258, quand des chartreux s’y installèrent. Certains historiens, et non des moindres, ont émis l’hypothèse que les moines, rusés et vénaux, avaient organisé eux-mêmes les apparitions de revenants et de diables, à seule fin d’inciter le roi Louis IX à leur faire donation du fameux château.

Cette voie fut ensuite connue sous les noms de rue de la Porte-Gibard, de rue Saint-Michel et du Faubourg Saint-Michel.

L'étymologie la plus sérieuse de cette voie est celle-ci : On sait que la rue Saint-Jacques qui était parallèle à celle d'Enfer, s'est nommée via superior ; cette dernière, par opposition, fut désignée sous le nom de via inferior, via infera, dont la dénomination peut bien être qu'une altération...  

Erembourg (Rue)

Quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Dans des actes du XIIe siècle, elle est désignée sous les noms de rue Erembourgrue Hérambourg la Tréfelière ; Guillot, en 1300 dans le Dit des rues de Paris, l'appelle Sendebours la Tréfilière ; en 1388, c'est la rue Bertaut Qui Dort et, en 1512, la rue de Venise.

Esguillerie (Rue de l')

Stuée dans la rue de la Tixéranderie. En 1295 elle se nommait rue de l'Esguillerie qui lui venait de marchands d'Aiguilles. En 1313 on la nommait rue de la violette, puis Cul-de-Sac et rue des Juifs, ruelle Barentin ; elle se nomma par la suite impasse Saint-Faron, en raison de l'hôtel des abbés de Saint-Faron qui y était situé.

Étuves (Impasse des)

Au XV° siècle, c'était une voie qui aboutissait à celle de la Vieille-Monnaie. Elle devait son nom à des étuves, ou bains qu'on y voyait alors.

Voir : Les bains au Moyen âge

Étuves (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye, était déjà construite en 1280, elle traversait de la rue Saint-Martin à la rue Beauboug. Son nom lui vient des estuves aux femmes, situées au coin de la rue Beaubourg. Ces bains avaient pour enseigne le Lion d'Argent, et il en est fait mention dans des lettres de Philippe-le-Bel, de 1313. Il est même certain qu'elles existaient avant ce temps-là, puisque déjà Guillot énonce cette rue en 1300 sous le même nom : en 1578 elles subsistaient encore. On l'a quelquefois appelée rue des Vieilles-Étuves. En 1350, on la nommait rue Geofroi-des-Bainsvicus Gaufridis, ou Godefridi debalneolis sive stupharum. 

Voir : Les bains au Moyen âge

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris 

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 01/08/2012

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