Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Gaillon (Rue)g-1.jpg 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Historique : en 1495, c'était la ruelle Michaut Riegnaut puis, en 1521 la rue Michaut Regnaut. En 1578, on l'a dénommée rue Gaillon.  

Galande (Rue) 

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. La rue à l'époque gallo-romaine était sur le tracé de la route reliant Lutèce à Fontainebleau. Elle fut réellement ouverte en 1202 et l'origine de son nom renvoie à l'ancien clos dit de Garlande, qu'il longeait, propriété de la famille d'Étienne de Garlande, favori du roi Louis VI le Gros qui y possédait un clos de vigne. Ce clos a été loti au début du 12ème siècle (1127), après sa disgrâce et elle devint très commerçante. Les registres d'imposition de 1292 mentionnent que la rue comporte 50 notables imposés, représentant 16 métiers différents. Au 13ème siècle la rue est bordée par un cimetière juif.

La famille des Garlande occupait au XII° siècle les premières charges du royaume. Anzeau de Garlande, qui fut tué au siège du Puiset, en 1118, avait été sénéchal et premier ministre sous les rois Philippe 1er et Louis-le-Gros. Étienne de Garlande, son frère, évêque de Beauvais, fut sénéchal de France, chancelier et premier ministre durant neuf années. Il mourut en 1151. Anselme de Garlande était prévôt de Paris en 1192.

Gaugain (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-André-des-Arts est désignée sous ce nom en 1269. En 1636 elle prit le nom de rue de l'Éperon qu'elle devait d'une enseigne.

Geneviève (Ruelle Sainte-)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont portait en 1248 le nom de rue du Moutier, c'est-à-dire rue du Monastère, à cause de son voisinage de l'abbaye Sainte-Geneviève ; on la nomma aussi par cette raison en 1267 ruelle et ruellette Sainte-Geneviève.

Geoffroi des Bains (Rue)

Ancienne voie du quartier Saint-Martin-des-Champs citée au XIIIème siècle, elle se nomma ensuite rue des Vieilles-Etuves.

Geoffroi l'Angevin (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin allait de la rue Beaubourg à celle de Sainte-Avoye. Dès le milieu du XIII° siècle elle portait ce nom, et l'a toujours conservé depuis, à quelques variations près, introduites dans l'orthographe ou dans la prononciation. Ainsi on la trouve écrite Gefroi-lAngevin en 1278 et 1287 , et Giefroi-VAngevin dans Guillot en 1300.

Geoffroi-l'Asnier (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Paul Allait de la rue Saint-Antoine au quai de la Grève. On trouve que dans le quatorzième siècle et même au milieu du quinzième on l'appelait Frogier et Forgier-l'Asnier, quoique dès 1445 elle soit indiquée sous le nom de Geoffroi-l'Asnier. Cette rue doit sans doute son nom à la famille des l'Asnier, qui était fort connu, et il est vraisemblable qu'un Geoffroi l'Asnier aura substituer son prénom à celui de Frogier.

Gervais-Laurent (Rue)

Ancienne voie du quartier de la Cité. En 1248 et 1250, c'était la rue Gervais-Loorant et Leorens.

Gilles-Queux (Rue)

Des titres de Saint-Germain-des-Près, du XIV° siècle, l'appellent rue Gilles-queux, Gui-le-Queux. Le nom de queux signifiait en vieux langage cuisinier ; la charge de grand-queux était chez le roi une des premières de la couronne. Les Châtillon se sont fait honneur de la posséder. Un acte de 1397, cité par Sauval, lui donne le nom de Gui-le-Comte. Elle se nomma ensuite rue Git-le-Cœur ; Piganiol prétend que cette dénomination lui vient d'un descendant du fameux Jacques-Cœur. Cette assertion, qu'il n'appuie sur aucun acte, est réfutée par Jaillot, cette dénomination n'est qu'une altération de Gilles-Queux.

Glatigny (Rue de)

Cette ancienne voie était situé dans le quartier de la Cité. On donnait le nom de Glatigny à cette rue et aux environs de Saint-Denis-de-la-Chartre jusqu'à l'hôtel des Ursins. On lit dans plusieurs titres qu'il y avait une maison de Glatigny qui, en 1241, appartenait à Robert et Guillaume de Glatigny.

Elle est citée en 1300 dans le Dit des rues de Paris de Guillot : De Glateingni.

En 1367, cette voie apparaît sur une ordonnance d’Hugues Aubriot, prévôt de Paris, obligeant les femmes publiques d'aller demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis, sous peine d'emprisonnement au Châtelet suivi du bannissement de la ville de Paris. A cette période, on l'appelle rue Val d'Amour dans la cité.

En 1380, on l'appelait rue au Chevet de Saint-Denis-de-la-Chartre, quoiqu'elle fut connue aussi sous le nom de Glatigny.

Elle est présente sur la liste de l'abbé Lebeuf en 1450.

Elle est citée sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Evrard, prieur de St-Martin, vend aux exécuteurs du testament de Nicolas Arrode, Jean archidiacre de Paris et deux bourgeois de la ville, la maison d'Eudes, archidiacre d'Etampes, rue de Glatigny à Paris, et ceux-ci remettent à leur tour cette maison au monastère pour fonder une pitance à l'anniversaire de Nicolas Arrode".

Godefroi de Bagneux (Rue)

Cette ancienne voie est citée en mars 1264 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Étienne de Lagny, pitancier de Saint-Martin, acquiert pour 8 livres parisis, de Simon de Corbeil et Jeanne sa femme, la moitié d'une maison et d'étuves dans la rue Godefroi de Bagneux, touchant à celle de Ponche l'Estuveresse, provenant de la succession de Bigiote, fille de Houdouin de Reims et d'Ydrie, sœur de Jeanne".

Elle est citée sur un acte du 13 août 1280 d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "L'Official de Paris désigne pour tuteur de Jeannot d'Ailly, à la requête de sa mère Mahaud, un prêtre, Gui de Septboules, qui constitue pour curateur son clerc, Galeran le Breton (22 mai 1275). Jeannot, avec l'agrément de son curateur, vend aux exécuteurs testamentaires de Ferri Boneuil 5 sols de surcens sur deux maisons rue Godefroi de Bagneux".

Grande-Truanderie (Rue de la) 

rue-de-la-grande-truanderie.jpgRue se trouvant dans le premier arrondissement. Au XIIème siècle, très mal famée, elle réunissait les tire-laine (voleurs de manteaux) et les vide-goussets (pickpockets). 

 Cette rue était construite en 1250. Son emplacement faisait anciennement partie du petit fief de Thérouenne, dont la moitié fut cédée à Philippe Auguste par Adam, archidiacre de Paris, puis évêque de Thérouenne. L’emplacement qui n’était pas nécessaire à la construction des Halles resta à l’évêque et fut bientôt envahi par des marchands de toutes espèces qui firent construire à peu près en même temps des voies publiques aux abords de ces marchés. Situé à la jonction des rues de la Petite et de la Grande Truanderie, un carrefour était désigné sous le nom de place Ariane. A cet endroit se trouvait un bureau où l’on percevait les droits sur les marchandises qui entraient de ce côté dans Paris. A la pointe du triangle que forment les rues de la Petite et de la Grande-Truanderie existait un puits célèbre dans la tradition du peuple parisien, et qu’on appelait le Puits-d’Amour. Une jeune fille nommée Agnès Hellébic, dont le père tenait un rang à la cour de Philippe-Auguste, s’y était précipitée dans un accès de désespoir causé par l’infidélité de son amant. Elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris, rue grant Truanderie, et citée dans le Dit des rues de Paris.

Grand-Hurleur (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis aboutissait d'un côté dans la rue, Bourg-1'Abbé, et de l'autre dans celle de Saint-Martin. Elle est nommée de Heuleu et Huleu dans un bail à cens du mois de février 1253, et ce nom se retrouve dans un nombre infini de titres, ainsi que sur les anciens plans. Jaillot dit avoir vu des manuscrits où elle est indiquée sous le nom de rue du Pet ; et en effet elle est ainsi désignée sur les plans de Gomboust et de Bullet.

Grand-Pont (Le)

Déjà avant la présence romaine, un pont existait à l'emplacement ou à proximité du pont actuel, pour relier l'Ile de la Cité à la rive droite. De nombreux ouvrages s'y sont succédés sous le nom de "Grand Pont", par opposition au Petit Pont qui franchit le petit bras de la Seine.
Suite à la destruction du "Grand Pont" initial au IX° siècle, on a reconstruit un autre"Grand Pont" plus en aval.

En 1141, l’histoire de la Bourse débute lorsque le roi Louis VII décide d’installer un lieu de change unique sur le Grand Pont de Paris, renommé le Pont au Change. À cette époque, les « agents de change » chargés des activités de change s’appelaient les « changeurs ».

 Les meuniers du Grand Pont : voici la réglementation de la profession de meunier sur le Grand Pont, au XIIIe siècle, d'après Etienne Boileau, livre des métiers. 

Quiconque est meunier au Grand Pont à Paris peut avoir autant d'apprentis et de valets qu'il lui plaît et moudre la nuit.
Les meuniers du Grand Pont ne peuvent moudre le dimanche.
Les meuniers du Grand Pont peuvent prendre de chaque setier de blé, ou autre grain à moudre, un boisseau, mais pas davantage (il y a 12 boisseaux de grain dans un setier).
Les meuniers du Grand Pont ne peuvent chômer ; s'ils le font, ils doivent une amende de six deniers au chapitre de Notre­Dame de Paris. 
Nul ne peut louer un moulin au Grand Pont s'il ne paie cinq sous aux compagnons pour boire. 
Quiconque est meunier au Grand Pont, soit maître, soit valet, doit jurer sur les saints qu'il gardera bien et loyalement les biens et les choses, et qu'il respectera les usages et bonnes coutumes. 
Les meuniers du Grand Pont doivent le guet et les autres redevances que les bourgeois de Paris doivent au roi.

En décembre 1220, le Grand-Pont est cité dans un cartulaire de l'abbaye de Porrois au diocèse de Paris, plus connue sous son nom mystique Port-Royal : "Pétronille d'Auvergne donne une rente de 10 sous sur sa fenêtre (échoppe) du Grand-Pont à Paris".

Ce dernier fut emporté par une crue violente en décembre 1596, reconstruit puis endommagé par une autre forte crue en janvier 1616. A chaque reconstruction, l'emplacement et le nom du pont pouvaient varier. Il y a même eu deux ponts parallèles à une certaine époque, qui ont été remplacés par un pont unique portant finalement le nom de "Pont au Change".

Dès le tout début du 14ème siècle (et jusqu'au 17ème siècle), les changeurs de Paris (joailliers et orfèvres) se sont installés sur ce pont (d'où la dénomination actuelle du pont). Ce pont, et les maisons qu'il portait, furent entièrement détruits par un incendie en 1621.

Grand rue Saint-Denis

Elle est citée mai 1275 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Jean Salomon, marguillier de Notre-Dame de Paris, et sa femme Susanne prennent à surcens une maison en la grand rue Saint-Denis, touchant à la grande maison de feu Michel de Londres".

Grands-Augustins (Rue des)

Rue ce trouvant dans le cinquième arrondissement. On nommait cette voie, en 1269, rue à l'abbé de Saint-Denis, des Ecoles et des Écoliers-Saint-Denis, parce que le collège de ces religieux était en partie situé dans cette rue. Au commencement du XIV° siècle, elle prit du couvent des Grands-Augustins la dénomination qu'elle conserve encore aujourd'hui.

Grange-Batelière (Rue de la)

Cette ancienne voie doit son nom à une maison appelée la Grange-Batelière, elle avait appartenu dans le principe à l'évêque, fut donnée par la suite avec son territoire au chapitre de Sainte-Opportune, et le prélat en conservera seulement la suzeraineté ; elle passa ensuite en plusieurs mains. A la fin du XIV° siècle, on voit que ce fief était possédé par Gui, comte de Laval, et un acte de 1424 contient la donation que fait Jean de Malestroit, évêque de Nantes et chancelier de Bretagne, de l'hôtel, cour, grang, colombier, jardins, etc. de la Grange-Batelière, au monastère de Saint-Guillaume des Blancs-Manteaux. On apprend par le même acte que cet hôtel relevait de l'évêque de Paris, et que les terres qui en dépendaient contenaient 120 arpents. En 1473, il appartenait à Jean de Bourbon, comte de Vendôme, qui, sans doute, l'avait acheté des ces religieux.

Les noms de la Grange-Batelière varient beaucoup dans les anciens titres. Elle est indiquée en 1243 sous celui de Granchia Batilliaca ; en 1252 et 1254, elle est appelée Granchia-Bataillie ; en 1290, Granchia-Bail-Taillée, et en 1308, la Grange-au-Gastelier, etc.  

Gratecon ou gratecul (Rue)

Cette rue présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris est l'ancien nom pour tout ou partie de la rue des Deux Portes, devenue la rue Dussoubs dans le 2e arrondissement. Son origine est dû à la présence de filles publiques comme sa voisine, lrue Tire Vit (ou Tire Boudin).

Gravilliers (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin donnait d'un bout dans la rue Transnonain et de l'autre dans celle du Temple. Son véritable nom est rue Gravelierou di Graveliervicus Gravelarii, qu'elle portait en 1250. Un rôle de taxe de 1312 indique une maison appartenant à un nommé Gravelier, boucher. Il est possible qu'un des ancêtres de ce marchand ait donné son nom à cette voie. Elle conservait ce nom jusqu'à la rue Saint-Martin, comme on peut le voir sur plusieurs anciens plans.

Grenelle (Rue de) 

Rue se trouvant dans les sixième et septième arrondissement. Ancienne voie du quartier Saint-Eustache qui aboutissait d'un côté dans celle de Saint-Honoré, et de l'autre dans la rue Coquillière. L’endroit nommé Garnelles est cité avec la tour Hamelin dès 1211 ; en 1231, nous lisons les noms de Guillaume et Anselle de Granelis. 

Cette rue tire son nom de Henri de Garnelle, dont le nom se trouve dans un acte du XIII° siècle, de 1269 (vicus Henrici de Garnelle), qui aurait demeuré dans cette rue située en dehors des murs de Philippe-Auguste. Ce nom fut altéré dans la suite (Guarnelle, Guarnales, Garnelle, etc.). Nous le rencontrons encore en 1283. La taille de 1292 porte rue de Guerneles. Elle commençait d’un côté dans la « grant rue » (rue Saint-Honoré) et finissait rue Coquillière. 

M. Hue de Bouloy, chevalier de Bouloy-Thierry, y possédait une maison « outre et assez près de la porte Saint-Honoré », comme le montre un acte du 8 janvier 1373 (S. 1071 et sq. A. N.). 

Les écuries du roi Charles VI se trouvaient dans cette rue (1392, voir Buchon, taille de 1313), mais elles devaient être situées du côté de la rue où s’éleva plus tard l’hôtel de Françoise d’Orléans, qui devint dans la suite l’hôtel des Fermes. Du côté qui nous intéresse, nous ne trouvons que la « maison du Chaudron » et la chapelle de la reine ou mieux l’église de l’annonciade qui avait été bâtie par Catherine de Médicis au coin de cette rue et de la rue Coquillière, qui fut démolie en même temps que l’hôtel de Soissons. (Histoire de Paris : le quartier des Halles ; Camille Piton).

Greneta (Rue) 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis allait de la rue Saint-Denis dans celle de Saint-Martin. Cette voie était presque entièrement bordée de constructions en 1230. Dans un acte de donation faite en 1236, par Amauri de Meudon, à l'abbé de Notre-Dame-de-la-Roche, on voit que cette rue s'appelait de la Trinité, en raison de la principale entrée de l'hôpital de la Trinité qu'on voyait dans cette voie. Dès 1262, cette rue portait le nom d'Arnetal (qu'elle portait en 1262, 1265, etc.), qu'elle devait vraisemblablement à un particulier qui l'habitait ; ce nom s'altéra dans les siècles suivants et se changea en ceux de Guernetal, Garnetal, et enfin Greneta.

Grenier-Saint-Lazare (Rue) 

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin commençait à la rue Saint-Martin, et aboutissait au coin des rues Transnonain et Beaubourg , vis-à-vis la rue Michel-le-Comte. L'usage des siècles passés l'avait fait appeler rue Grenier-Saint-Ladre : c'est ainsi qu'on nommait alors Saint-Lazare. Toutefois le premier nom avait été altéré ; car en 1250 on disait Garnier-Saint-Lazare, vicus Garnerii de sancto Lazaro. Elle est citée sur un acte de novembre 1256 d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Raoul d'Eaubonne, propriétaire d'une place à Paris, rue Garnier de Saint-Lazare, touchant au jardin de maître Henri, médecin, en concède deux toises à Nicolas le Botenier, pour 5 sols et demi de croît de cens, à charge d'y employer au moins 20 sols en améliorations d'ici la Saint-Jean prochaine".

Elle est citée sur un acte de novembre 1263 d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Raoul Maurice, clerc, et sa femme Marie vendent à Saint-Martin, pour 50 sols parisis, 4 sols et demi de croît de cens sur deux maisons rue Garnier de Saint-Lazare".

Elle est citée sur un acte du 22 mars 1278 d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Michel de Montmartre et Marie sa femme vendent, pour 15 livres et demie, 31 sols de surcens sur une maison au bourg Saint-Martin, rue Garnier de Saint-Lazare, et hypothèquent en caution une maison rue Bégon".

C'était le nom d'une famille connue à la fin du douzième siècle, et la rue qui le porte était déjà habitée au milieu du siècle suivant. Au coin de cette rue, et un peu en-deçà, était la porte Saint-Martin, de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Grenier-sur-l'eau (Rue)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève allait de la rue Geoffroi-l'Asnier à celle des Barres. Elle doit son nom à un propriétaire appelé Garnier ou Guernier qui, en 1241, donna aux Templiers quelques maisons près de l'église Saint-Gervais, à l'endroit même où cette rue est située. Sauval dit qu'en 1257 on la nommait André-sur-l'eau. Guillot et le rôle de taxe de 1313 l'appellent Garnier-sur-l'yauë. 

Grés (Rue des)

Ancienne voie du quartier Saint-Jacques, elle se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place du Panthéon dans le cinquième arrondissement. Elle est désignée en 1230 sous le nom de rue par où l'on va de l'église Saint-Geneviève à celle de Saint-Étienne-des-Grés. En 1243, elle prit le nom de rue des Grés, en raison de l'ancienne église Saint-Étienne-des-Grés. Le titre le plus ancien qui atteste l'existence de cet édifice est un acte de donation plusieurs fois mentionné, par lequel Henri Ier accorde en 1031 à l'évêque de Paris plusieurs églises abandonnées, parmi lesquelles il comprend Saint-Étienne. Il paraît que des degrés qui de la rue Saint-Jacques conduisaient à cette église, lui ont fait donner ce surnom de Saint-Étienne-des-Grés. Elle devint collégiale au XI° siècle. En 1300, elle est entourée de vignes, et près de son bâtiment on voyait le pressoir du roi où l'on vendait les vendanges recueillies dans le Clos-le-Roi et le Clos-Mureaux.

Grève (Place de), actuellement Place de l'Hôtel de Ville 

place-de-greves.jpgLa place de Grève  n'était, à l'origine, comme son nom l'indique, qu'une grève, que le fleuve couvrait souvent de ses eaux. Il s'y tint, à une époque très reculée d'où datent probablement ses premières maisons, un marché qui fut supprimé en 1141. Vers la fin du XIIIe siècle, le Parloir-aux-Bourgeois, qui s'était tenu d'abord à la Vallée de misère, près du grand Châtelet, vint s'y établir dans une maison dite aux Piliers, et alors commença la célébrité de cette place destinée aux rassemblements populaires, aux réjouissances publiques, aux exécutions criminelles, et qui a été témoin de tant de tumultes, de tant de fêtes, surtout de tant de supplices !!! 

Que de foules se sont entassées là autour de l'échafaud! que d'hommes on y a tués, innocents ou coupables! que de tortures y ont été souffertes, depuis 1310, où la première victime, Marguerite Porrette, fut brûlée pour hérésie religieuse, suivie de Jean de Montaigu, surintendant des finances en 1409 et du connétable de Saint-Pol en 1475.

Grève (Quai de la)

Il règnait depuis la place à laquelle il doit son nom jusqu'au coin de la rue des Barres. C'était autrefois un chemin qui, en 1254, se nommait vicus Merrenorum, la rue des Merreins. Dès ce temps-là, ce lieu a toujours été destiné à la décharge du charbon, du foin et autres marchandises qui arrivent par eau en cet endroit.

Guépine (Impasse)

Cette ancienne voie du quartier de la grève, était situé dans la rue de Jouy. Un acte du mois de mai 1266 et le rôle de taxe de 1313 la désignent sous le nom de rue à la Guépine. En 1423, c'était la rue d'Aguespine

Guérin-Boisseau (Rue) 

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis traversait la rue Saint-Denis et celle de Saint-Martin, et doit son nom à un particulier. Bâtie avant 1250, les actes de cette époque en font mention sous le nom de vicus Guerini Bucelli. Au commencement du siècle suivant, on disait rue Guérin-Boucel, et dès 1345, rue Guérin-Boisseau.  

Guillaume Porée (Rue)

Elle doit son nom à un particulier qui y demeurait. Ancienne voie citée en 1300 dans Le Dit des rues de Paris de Guillot, elle se nomma ensuite rue Mâle-Parole. Elle pris en 1546 son nom actuel, rue des Deux Boules, à cause d'une enseigne.  

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris  

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 01/08/2012

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