Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Détail d'une toile du peintre Marc Peltzer

Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

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Jardins (Rue des)j.jpg

Cette ancienne voie du quartier Saint-Paul aboutissait d'un côté à la rue des Barrés, et de l'autre à celle des Prêtres-Saint-Paul. Sauval n'a pas fait mention de cette rue, qui existait cependant au XIII° siècle ; elle est ainsi nommée dans deux contrats de vente faits par l'abbé et le couvent du Val-des-Écoliers en 1277 et 1298 ; elle est indiquée sous le même nom dans les archives de l'archevêché de 1302, et dans le censier de Saint-Eloi de 1367 ; elle l'avait pris des jardins sur lesquels elle a été ouverte, lesquels aboutissaient aux murs de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Jardins (Rue des) 

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye qui allait de la rue de la Verrerie à la rue de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n'était au départ qu'un chemin qui traversait les jardins, on la nomma dans les lettres de Philippe-Auguste, du mois de décembre 1299, rue des Jardinsvicus Jardinorum ou de Jardinis. Piganiol se trompe en disant qu'en 1290 on la nommait vieus Hortorum 

An XV° siècle, on trouve cette rue indiquée sous le nom de rue du Dieu Bouliz (Bouilli), cette dénomination fut donnée pour rappeler le sacrilège d'un Juif nommé Jonathas, qui, le jour de Pâques, le 2 avril 1290, avait plongée une hostie consacrée dans l'eau bouillante. Le peuple, avait saisi et brûlé Jonathas ; sa maison et son jardin avaient été donnés par Philippe-le-Bel, à un bourgeois de Paris, Réimer Flaming, lequel y avait fait construire une chapelle expiatoire. Elle se nomma aussi rue des Billettes. Cette voie est aujourd'hui une portion de la rue des Archives.

Jean-Beausire (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Antoine s'appelait au quatorzième siècle, rue d'Espagne.

Jean-de-Beauce (Rue)

Cette ancienne voie du quartier des Marchés, traversait la rue de la Friperie dans celle de la Cordonnerie.

Le premier acte qui constate l'existence de cette rue est de 1320 ; il est probable que sa construction soit antérieure à cette époque. Son emplacement était occupé par des Juifs durant les premières années du règne de Philippe-Auguste. Elle doit son nom à un boucher, qui y fit construire un étal. Il en est fait mention dans un compte du hallage, en 1484.

Jean-de-Beauvais (Rue Saint-)

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont date du début du XIV° siècle où elle fut ouverte sur le Clos Bruneau. Dès le début, elle fut le lieu où furent ouverts de nombreux collèges de l'université de Paris. Ainsi, en 1336, elle accueille le collège de Lisieux fondé par Guy d'Harcourt avant son transfert rue Saint-Etienne-des-Grès.

En 1370, Jean de Dormans, un cardinal et l'évêque de Beauvais, y fonde le collège de Beauvais. Charles V de France pose la première pierre de la chapelle du collège construite par Miles de Dormans, neveu de Jean. En 1370, elle porte le nom de rue du Clos Bruneau.

Depuis longtemps la science du droit ecclésiastique et du droit canon était enseignée dans la capitale, lorsque deux savants, Gilbert et Philippe Ponce, obtinrent, en 1384, l'autorisation de créer pour cet enseignement une école spéciale qu'ils placèrent dans une maison de cette rue, où le célèbre imprimeur Robert Estienne établit ses ateliers par la suite. Cette première école était uniquement destinée à des cours de droit canon. Le pape Honorius, dans une bulle de 1216, avait défendu, sous les peines les plus sévères, l'étude du droit civil. Au XIV° siècle, cette prohibition était encore en vigueur, et les écoliers, pour étudier le droit civil, étaient obligés d'aller en province.

Jaillot conjecture qu'elle dut ce nom au libraire Jean de Beauvais qui demeurait à la rencontre de cette rue avec la rue des Noyers, et au collège de Dormans.

Jean de l'Épine (Rue)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève allait de la Grève à la rue de la Coutellerie. Il paraît qu'elle doit son nom à Jean de l'Épine, dont la maison, suivant un cartulaire de Saint-Maur, de 1280, s'ouvrait dans la rue de Vieille-Oreille, et avait sa sortie dans la place de Grève (Aujourd'hui de l'Hôtel-de-Ville). Sauval dit, mais sans en donner des preuves, qu'elle s'est appelée autrefois rue de la Tonnellerie et du carrefour GuilloriElle porte le nom de Philippe-de-l'Épine dans la liste du XV° siècle ; mais le premier nom a prévalu. 

Jean-du-Mesnil (Impasse) 

Cette impasse du quartier du Louvre fut percée vers 1371. Les constructions qui furent élevées successivement sur le quai de la Mégisserie forçait les teinturiers et corroyeurs, qui habitaient au XIV° siècle la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, à prendre un long détour pour aller laver leurs étoffes et leurs cuirs à la rivière. Pour remédier à cet inconvénient, deux ruelles furent percées vers 1371. On donna à la première le nom de Simon-Delille, en raison d'un riche teinturier qui avait contribué à sa formation ; la seconde ruelle fut appelée Jean-du-Mesnil, du nom d'un autre fabricant par les soins duquel elle fut ouverte, quelques années après sa formation, elle prit aussi d'une enseigne le nom de rue des Fuseaux.

Jean Lantier (Rue) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement dans le quartier Saint-Germain-l'Auxerrois. Elle tient son nom de Jean Lointier, parisien du XIIIe siècle, lequel y avait eu parmi ses héritiers un Philippe Lointier deux cents années plus tard. En 1300, dans Le Dit des rues de Paris de Guillot, on la trouve sous le nom de rue Jehan Lointier, elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue Philippe Mointier.

Jean-le-Comte (Rue)

Ancienne voie du quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie qui aboutissait d'un côté, dans la rue Saint-Denis et de l'autre, dans la rue de la Savonnerie. On ignore l'origine de son nom, en 1300 elle n'en avait pas encore. En 1386, 1425 et 1532, on la nommait rue Jean-le-Comte.

La rue Trognon était une continuation de cette rue par un retour d'équerre dans la rue de la Heaumerie.

Jean-Pain-Mollet (Rue)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève commençait à la rue des Arsis et aboutissait au carrefour Guillori, vis-à-vis la rue Jean-de-l'Epine. Sauval seul dit qu'elle s'est nommée rue du Croc. Elle était connue dès 1261 sous le nom de Jean-Pain-Mollet, qui était celui d'un bourgeois de Paris. 

Jean Saint-Denis (Rue)

Cette ancienne voie de Paris, était située entre le Palais Royal et le Palais du Louvre. Elle est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue Jehan Saint-Denis.

Jean Tison (Rue)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Elle tient son origine du nom d'un bourgeois du XIII° siècle. Dans le manuscrit de la Taille des Paroisses de 1292, nous la trouvons sous le nom de rue Jehan-Tysson, elle est citée en 1300 dans Le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom de Jehan Tison, dans le rôle de 1313, elle se nomme Gentil-Hom, sur la liste des rues de Paris de 1450 sous le nom rue Philippe Tyson. Au XVI° siècle, elle se nomme Jean-Tilon dans le plan de la tapisserie. 

Jongleurs (Rue des) 

En mars 1258, cette voie est citée sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Cession, pour 22 livres parisis, par Jean de Troyes, « Johannes dictus de Trecis, filius defuncti Nicholai dicti de Trecis », de 30 sols de rente sur une maison voisine de celle de feu Jocelin Cervoisier, rue des Jongleurs, « in vico Joculatorum, à Guillaume, fils de Jocelin, « Guillelmo dicto Cervisario, filio dicti defuncti Jocelini ».

Elle est citée en août 1265 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Henri Le Cervoisier, pour fonder son anniversaire, donne en partie une grande maison rue Saint-Martin au monastère, et vend le reste pour 400 livres tournois, y compris quatre petites maisons, faisant huit étages, le tout situé auprès de la rue des Jongleurs".

Elle est citée en février 1273 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Thierri Aleman, originaire de Hollande, bourgeois de Paris, et Gile sa femme, prennent à surcens la grande maison appartenant à la Pitancerie de Saint-Martin, au coin de la rue des Jongleurs, pour 21 livres payables aux quatre termes usités à Paris, et sous condition d'y dépenser 100 livres en améliorations".

Elle est citée en février 1274 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Nicolas Aleman, marguillier lai de l'Église de Paris, et Jeanne sa femme constituent une rente à St-Martin sur leur maison de la rue des Jongleurs".

A Paris, en 1321, la "Confrérie St-Julien des Ménétriers" avait constitué une charte, signée par 37 ménestriers parisiens. Ils s'étaient approprié une rue : Rue des Jongleurs, devenue vers la fin du XV° siècle. Rue des Ménétriers, puis plus récemment Rue Rambuteau. Ses membres sont habilités à jouer de la musique pour les fêtes, noces, entrées royales, et plus généralement pour toutes demandes des pouvoirs civils et religieux. Ils ont le monopole de la rue, à Paris comme en province, face aux Musiciens du Roi qui ne jouent qu'en salle.
Une réglementation spécifique existe à 1'égard des musiciens de rues depuis très longtemps : nos recherches documentaires en la matière remontent jusqu'en 1395 : Ordonnance du Prévôt de Paris obligeant "de ne rien dire, rien représenter ou chanter sur les places publiques ou ailleurs, qui puisse causer scandale à peine d'une amende de deux mois de prison au pain et à l'eau". 

Joachim-du-Bellay (Place) 

Place se trouvant dans le premier arrondissement. La place Joachim-du-Bellay occupe l'emplacement de l'ancien cimetière des Innocents, le principal cimetière à l'intérieur de la ville de Paris du Moyen Âge jusqu'à la fin du XVIIIème siècle. Après le déménagement de la majorité des ossements aux catacombes en 1786, le site devient le marché des Innocents, au milieu duquel est installée la Fontaine des Innocents (du XVIème siècle). 

Jour (Rue du) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Ancienne voie du quartier Saint-Eustache, elle donnait d'un côté dans la rue Coquillière, et de l'autre dans la rue Montmartre. Cette rue a d'abord porté le nom de Raoul Roissolle ou Rissolle, ensuite celui de Jean le Mire, qui, dans le quatorzième siècle, possédait des maisons dans cette rue. Vers l'an 1454 ou 1464 elle prit le nom de rue du Séjour, d'un manège et de plusieurs bâtiments que Charles V y fit construire. Cet hôtel, appelé le Séjour du roi lorsque la rue se nommait encore Jehan le Mire, consistait en trois cours, six corps de logis, une chapelle, une grange et un jardin. Ce dernier nom fut ensuite abrégé, et l'on s'accoutuma à dire seulement la rue du jour.

Jouy (Rue de)

Rue se trouvant dans le quatrième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Paul qui allait de la rue Saint-Antoine à la rue des Prêtres-Saint-Paul, doit son nom à l'hôtel que l'abbé et les religieux de Jouy avaient dans le XIII° siècle, on l'appelait alors rue à l'Abbé-de-Joy, et elle conservait encore ce nom dans le siècle suivant ; elle a été aussi quelquefois appelée rue des Juifs par corruption du nom de Jouy, et se prolongeait alors jusqu'aux murs, où il y avait une fausse poterne, ce qui l'a fait aussi nommer de la Fausse-Poterne-Saint-Paul ; mais elle ne portait ce dernier nom que depuis la rue des Nonaindières.

Judas (Rue)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont allait de la rue des Carmes à la rue de la Montagne, nommée ainsi dès le XIII° siècle, sans doute parce qu'elle était habitée par des juifs, reçu ensuite le nom de rue du clos Bruneau.

Juifs et de la juiverie (Rue des)

Anciennes voies de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont. Anciens nom de la rue de la Harpe.

Juiverie (Rue de la) 

Ancienne rue qui avec la rue de la Lanterne et la rue du Marché Palu compose l'actuelle rue de la Cité dans le quatrième arrondissement.La rue de la Juiverie, qui prolongeait vers le Sud la rue de la Lanterne, tirait son nom des Juifs qui y étaient parqués au XIIe siècle. Victimes d'une population chrétienne qui elle-même subissait la propagande anti-juive assénée par les Confrères de la Passion dans leurs Mystères, les Juifs étaient exposés sans cesse à des vexations et des avanies, et servaient aussi de jouet à l'avarice des princes qui les chassaient de leur territoire pour leur prendre leurs biens et les rappelaient pour les pressurer plus tard. Les plus riches, à Paris, demeuraient dans les rues de la Pelleterie, des Rosiers, de laTixéranderie et surtout dans la rue de la Juiverie. Leurs artisans, leurs fripiers occupaient les Halles ou les rues malsaines qui y aboutissaient. Ils avaient leurs écoles dans les rues Saint-Bon et de la Tacherie; leur synagogue était située dans la rue du Pet-au-Diable. Depuis Saint-Louis, il ne leur était pas permis de paraître en public sans une marque jaune sur l'estomac (rouelle). Philippe-le-Hardi les obligea même à porter une corne sur la tête. Défense leur était faite de se baigner dans la Seine, et quand on leur faisait l'honneur de les pendre, c'était toujours entre deux chiens qu'on mettait le supplicié. Sous le règne de Philippe-le-Bel, leur communauté s'appelait societas caponum, d'où provient sans doute l'épithète injurieuse de capon. Il y avait dans la rue de la Juiverie un marché au blé qu'on appelait la Halle de Beauce. Philippe-Auguste la donna à son échanson, qui la céda à Philippe de Convers, chanoine de Notre-Dame.

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris 

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 25/07/2012

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