Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Maçons (Rue aux)m.jpg

Ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont qui se nommait dès le XIII° siècle sous ce nom à cause d'un bourgeois, nommé Le Masson, qui y demeurait. Il est probable que cet homme devait son nom au métier qu'il avait. Elle fut aussi nommée rue du Palais au Terme.

Maire (Rue au)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin commençait à la rue Saint-Nicolas, et aboutissait à la rue Frepillon et au petit cul-de-sac du puits de Rome.

Elle est citée en décembre 1257 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Agnès, veuve de Pierre de la Cuisine, et ses enfants, vendent à Jean Roussel, bourgeois de Paris, six sols de croît de cens sur leur maison de la rue Au Maire".

Elle est citée en juillet 1258 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Martin-des-Champs : "Adam de la Cour, bourgeois de Paris, et Tifaine sa femme concèdent en aumône à Saint-Martin 40 sols de cens sur trois maisons, rue Au Maire et rue Pavée, par donation entre vifs passée devant le clerc juré de l'official".

Le nom de cette rue n'a varié que dans l'orthographe. On disait rue au Maire dès le treizième siècle, et au Mayre en 1450 et 1560 : c'était son véritable nom, vicus Majoris sancti MartiniOn l'a défiguré depuis en écrivant OrnerAumairAumere et Aumairecomme on le voit sur plusieurs plans et dans les nomenclatures. Ce nom lui vient du maire ou juge de la justice de Saint-Martin-des-Champs, qui avait son domicile affecté dans cette rue, et y tenait sa juridiction. Elle se prolongeait autrefois jusqu'à la rue du Temple. Sur un plan manuscrit de 1546, cette dernière partie est désignée sous le nom de rue de Rome.

Maladrerie (Carrefour de la)

Ainsi nommé au XV° siècle en raison de plusieurs granges bâties au coin de la rue du Four pour loger les pauvres atteints du mal de Naples.

Mal Désirant (Rue)

La rue Mal Désirant fait sans doute référence à la rue Mondétour, cette rue est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris.

Marché aux Pourceaux (Place du) 

La place du marché aux Pourceaux, devenue ensuite cul de sac ou rue de la Fosse aux Chiens, est une ancienne voie, actuellement impasse des Bourdonnais, dans le quartier des Halles. Elle est citée dans le Dit des rues de Paris sous le nom de viez place A Pourciaus.

Marché Palu (Rue du) 

Ancienne rue qui avec la rue de la Juiverie et la rue de la Lanterne compose l'actuelle rue de la Cité dans le quatrième arrondissement. Elle dut ce nom , qu'elle porta dès le XIIIe siècle, à un marché qui y existait depuis le temps des Romains et qui était situé dans un terrain marécageux (palus).  Son emplacement  resta longtemps sans être pavé. 

Marie-Stuart (Rue) 

rue-marie-stuart.jpgRue se trouvant dans le deuxième arrondissement. La rue Marie-Stuart est à l’origine une des rues aux ribaudes (filles publiques, prostituées), sous le nom de « rue Tire-Vit » (vit est synonyme de pénis, du latinvectis, soit une barre ou un levier), tout comme sa voisine la rue Dussoubs s’appelait la « rue Gratte-Cul ».  

Dans la seconde moitié du XIVe siècle, l'enceinte de Charles V (correspondant à la rue d’Aboukir et aux Grands Boulevards) intègre le quartier à la Ville ; la rue change peu de temps après de nom (peut-être au début du XVe siècle) pour celui moins vulgaire de « rue Tire-Boudin ».  

Selon une anecdote apocryphe racontée par l'historien Henri Sauval, la reine d'Écosse Marie Stuart aurait remarqué cette rue après son mariage en 1558 avec le Dauphin (futur François II) : « Marie Stuard femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom ; il n’étoit pas honnête à prononcer ; on en changea la dernière syllabe, & ce changement a subsisté. De toutes les rues affectées au femmes publiques, cette rue, & la rue Brisemiche, étoient les mieux fournies. »  

Le nom actuel de la rue ne fut donné qu’en 1809 (décision ministérielle du 25 juillet) par le ministre Joseph Fouché, à la suite de la demande des riverains qui proposaient le nom de rue du Grand-Cerf ; mais selon Fouché : « Il me semble que le nom de Grand-Cerf, qu’ils proposent de substituer à l’ancien, a quelque chose d’ignoble : cela rappelle plutôt l’enseigne d’une auberge que le nom d'une rue. Je pense qu’il est convenable de lui donner le nom de la princesse à qui la rue Tireboudin doit son premier changement. Le nom de Marie Stuart rappellera une anecdote citée dans tous les itinéraires de Paris. »  

Martroi (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève aboutissait d'un côté à la place de Grève, et de l'autre à la rue du Monceau-Saint-Gervais. Nous on l'appelait du Marteret, Martrai et Martroi-Saint-Jean. Le censier de l’évêché de 1372 la nomme le Martelet-Saint-Jean. On la trouve aussi désignée sous le nom du Chevet-Saint-Jeanet de rue Saint-Jean dans plusieurs actes et sur les plans du dix-septième siècle. On lui a ensuite donné le nom de Martroi, que portait celle qui venait y aboutir, et depuis ce nom a été altéré de différentes façons. Corrozet l'appelle du Martel-Saint-Jean, les autres du Maltois, Martrois et Martrai. L'étymologie de ce nom n'est pas facile à donner. Sauval le fait dériver du vieux mot Martyretumdiminutif de Martyriumqui, selon lui, signifie un tombeau, une cbàsse, un cimetière, une église. En admettant la signification qu'il donne à ce mot, un tel nom aurait plutôt convenu à la rue du Monceau Saint-Gervais ; cependant on ne voit point qu'on le lui ait jamais donné. Borel, dans son Trésor des recherches et antiquités gauloises, dit que le mot Martroi vient de Martyrium, qui signifie lieu de supplice. Cette étymologie paraît mieux fondée que celle de Sauval, d'autant plus que cette rue n'a porté ce nom que depuis que la place de Grève où elle aboutit a été destinée au supplice des criminels.

Maubert (Place) 

Place se trouvant dans le cinquième arrondissement. Au début du XIIIe siècle, un des premiers collèges fondé à Paris fut Place Maubert, près des premières écoles. Il s'agissait du collège Constantinople" ou "Collège Grec" fondé en 1206 pour des étudiants grecs. Mais il tomba en décadence, et fut acheté en 1362 par Guillaume de la Marche qui en fit en 1402 un nouveau collège. Celui-ci fut réuni en 1422 au grand Collège de la Marche. 

La Place Maubert était le grand centre de rassemblement des écoliers. Les élèves écoutaient debout les maîtres qui donnaient leurs cours, sur un perchoir. On y enseigna la philosophie et la physique d'Aristote. La place Maubert reçut ensuite potences, roues et bûchers, surtout sous François Ier. 

Gérard Durand ajoute qu'"au Moyen Age, la place Maubert était l'un des quartiers les plus pittoresques de Paris. Les étudiants se retrouvaient, nombreux, pour de folles ripailles. Rabelais, dans la Vie de Gargantua, décrit ainsi les frasques de ces messieurs ; ”on y dansait pesle-mesle au son des joyeux flagolets et des douces cornemuses, en rigolant, buvant, lampant du Bourgueil, du clairet, du vin pineau, avallant des écuelles de friandes trippes dont on se pourléchait les badagoinces...” La place était bordée de potiers d’étain, d’hôtelleries, de rôtisseurs, de tapis-francs et autres tavernes.. 

Maubuée (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin aboutissait d'un côté à la rue Saint-Martin, et de l'autre au coin de la rue du Poirier, vis-à-vis la rue Simon-le-Franc, dont elle fait la continuation. Elle était connue sous le nom qu'elle porte dès le commencement du quatorzième siècle. On la trouve aussi en 1357 sous celui de la Fontaine Maubuée, à cause de la fontaine qu'on avait fait construire au coin de cette rue, et qui fut rebâtie à neuf en 1734, suivant les censiers de Saint-Merri, on la nommait aussi rue de la Baudroirie dans les quatorzième et quinzième siècles, parce qu'elle faisait le retour d'équerre de la rue du Poirier, qui portait alors ce nom.

Mauconseil (Rue) 

Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis traversait la rue Saint-Denis et celle de Montorgueil ; il ne parait pas que cette rue ait jamais porté d'autre nom; dès 1250 elle est appelée vieux Mali Consilii ; en 1269, 1300, etc. rue Mauconseil. Sauval pense que le nom de Mauconseil vient du seigneur du château de Mauconseil situé en Picardie : cette étymologie parait assez vraisemblable.

Mauvaises Paroles (Rue des) 

La rue des Mauvaises Paroles est une ancienne voie, située quartier Saint-Honoré. Elle commençait à la rue des Lavandières-Sainte-Opportune et finissait a la rue des Bourdonnais. Sa longueur était de 122 m. Au douzième siècle, elle portait le nom de Mauvais-Conseil ou de Mauvaise-Parole (vicus Mali consilii sive Mali verdi). En 1229, c'était la rue Mâle-Parole, en 1300, dans le Dit des rues de Paris de Guillot, elle se nomme Male Parole, elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue Maleparole et depuis des Mauvaises Paroles. Habitée sans doute dans le principe par des gens de la lie du peuple, cette rue tira son nom des jurons, des mauvaises paroles qu'on y entendait à chaque instant du jour. Des commerçants, attirés par le voisinage de la rue SaintDenis, refoulèrent l'ancienne population dans le quartier des Arcis. elle est supprimée en 1853 par la rue de Rivoli.

Mauvais-Garçons (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Baudoyer commençait à la rue de Buci et finissait à la rue des Boucheries.

Au mois de février 1254, l'abbé de Saint-Germain-des-Près vendit à Raoul d'Aubusson un terrain en face des murs de la ville, moyennant une redevance annuelle de 40 sols parisis. On lit dans cet acte que l'abbé de Saint-Germain se réserva le droit de faire ouvrir derrière ce terrain un chemin de 3 toises de large. En 1265, ce chemin était tracé et fut désigné plus tard sous le nom de la Folie Reinier, en raison d'une maison de plaisance appartenant à un nommé Reinier. Cette propriété exista dans cette rue jusqu'en 1399. Vers cette époque, des bouchers étant venus habiter cette voie, elle prit alors le nom de l'Écorcherie. Ces mêmes bouchers et leurs garçons excitèrent des troubles sous le règne malheureux de Charles VI et le peuple donna plus tard à cette rue le nom des Mauvais-Garçons.

Mégisserie (Quai de la)

Quai se trouvant dans le premier arrondissement. Ce quai fut dénommé de la Saunerie en 1369 en raison de la proximité du port et du grenier à sel. Il se nomma aussi quai de la vallée de misère à l'époque où des marchands d’oiseaux vendaient leurs volatiles. Des oies, paons, cygnes, étourneaux et bien d’autres espèces étaient proposés aux amateurs. Le roi ou des particuliers garnissaient leurs somptueuses cages fermées de fil d’archal, des oiseaux les plus divers, du serin à l’oiseau-mouche. Les plus grands chanteurs étaient très prisés, ainsi que les oiseaux habillés des plus rutilantes couleurs.

Mégisserie (Rue de la)

Cette ancienne voie conduisait au, autrefois quai de la Vallée de Misère. Elle est citée en 1300 dans le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom de rue de la Mesgneiscerie, et présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue de la Mesgisserie. Elle se nomma aussi rue de la Descente de la Vallée de Misère, rue Trop va qui dure et fut supprimée lors de la création de la place du Châtelet, entre la Seine et la Grand Châtelet..

Ménétriers (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin aboutissait à la rue Saint-Martin et à la rue Beaubourg. Cette rue ne doit pas son nom, comme on pourrait le penser, à l'église de Saint-Julien-des-Ménétriers, qui n'en est pas éloignée, mais aux joueurs de vielle qui demeuraient dans cet endroit. On trouve dans le grand pastoral de Notre-Dame un acte du mois de mai I225, un chapitre intitulé vicus Viellatorumdans lequel est énoncée une maison sise in vico des Jugleours et, dans un terrier de Saint-Martin-des-Champs, du treizième siècle, cette rue est nommée vicus JoculatorumAu commencement du quinzième siècle, on disait rue des Ménestrels. Elle était connue en 1482 sous celui de Ménétriers. Elle a été remplacée par une partie de l'actuelle rue Rambuteau.

Merderet ou Merderiau (Rue de)

Cette ancienne voie présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris et citée dans le Dit des rues de Paris. Elle est renommée ultérieurement rue Verdelet, elle reliait la rue de la Grande Truanderie et la rue Mauconseil. 

Michel-le-Comte (Rue)

Rue se trouvant dans le troisième arrondissementCet ancien chemin de ronde extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste, dans le quartier Saint-Martin allait d'un bout dans la rue Beaubourg, vis-à-vis la rue Grenier-Saint-Lazare, dont elle fait la continuation, et de l'autre dans la rue du Temple, au coin de celle de Sainte-Avoie. Dès le milieu du treizième siècle, elle portait ce nom, vicus Michaelis comitis, probablement celui d'un Comte Michel, et n'en a pas changé depuis.

Moines de Cernay (Rue aux) 

Cette ancienne voie du quartier de la Sorbonne portait en 1332, le nom de rue de la Fennerie. En 1300, Guillot dans le Dit des rues de Paris, la désigne sous le nom de rue O Foin. A la fin du XIV° siècle, elle prit son nom de rue aux Moines de Cernay.  

Monceau-Saint-Gervais (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier de la Grève, qui faisait la continuation de la rue du Martroi, et aboutissait à l'église Saint-Gervais, doit son nom au terrain plus élevé que la Grève, sur lequel cette église a été bâtie. On la confondait à la fin du treizième siècle avec la rue du Pourtour, et on l'appelait rue entre Saint-Gervais et Saint-Jean, et rue du Cimetière-Saint-Gervais.  

Mondétour (Rue) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Située entre l'extrémité occidentale de la rue de la Grande Truanderie et le forum des Halles (rue Rambuteau), cette rue date de 1292. Elle aboutissait d'un côté dans la rue des Prêcheurs, et de l'autre dans celle du Cygne. Guillot et ceux qui l'ont suivi ont écrit Maudetouret avec raison. Elle est ainsi nommée dans les rôles de 1300 et de 1313 , et ce nom subsistait encore du temps de Corrozet. Sauval dit qu'elle s'appelait au quatorzième siècle Maudestour et Maudestours, et depuis la rue du Cygne jusqu'à celle de la Truanderie, ruelle ou rue JeanGilles. 

On varie sur l'étymologie de ce nom. L'abbé Lebeuf a inféré du nom de Maudetour, qui veut dire mauvais détour, ou que c'était un endroit dans lequel on avait fait quelque mauvaise rencontre, ou que ce nom pouvait venir de l'ancien château de Maudestor. Jaillot pense que c'est un nom de famille, et il cite à l'appui de son sentiment plusieurs titres et actes anciens, et entre autres les déclarations rendues au roi en 1540, parmi lesquelles on trouve celle d'une maison sise rue Pyrouet en Therouenne, aboutissant des deux parts aux héritiers de feu Claude Foucaut, sieur de Maudetour. Elle possédait de nombreuses maisons à encorbellement qui ont disparu. 

Monnaie (Rue de la) 

Rue se trouvant dans le premier arrondissement, quartier Saint-Germain l'AuxerroisCette rue existait au milieu du XIIIème siècle sous le nom de rue du Cerf ou rue aux Cerfs. Elle est présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue de la Monnoye. 

Origine du nom : L'ancien Hôtel des Monnaies, construit à la fin du XIVème siècle, était situé dans cette rue.

Montagne-Sainte-Geneviève (Rue de la)

Ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont. Elle est ainsi appelée parce qu'elle conduisait à l'abbaye Sainte-Geneviève située sur une montagne. Elle se nommait rue Sainte-Geneviève ; on l'appela ensuite rue Sainte-Geneviève la Grant, du Mont, et des Boucheries. Cette dernière dénomination lui avait été donnée en raison de plusieurs étaux qu'on permit d'y établir à la fin du XII° siècle et au commencement du suivant. De 1793 à 1805, elle porta le nom de rue de la Montagne.

Le collége de Laon avait son entrée dans cette rue. Guy, chanoine de Laon, trésorier de la Sainte-Chapclle de Paris, et Raoul de Presles, clerc du roi, s'unirent en 1314 pour fonder ce collège. Le premier donna mille livres de rente amortie et les maisons qu'il avait dans la rue Saint-Hilaire, et dans celle du clos Bruneau, appelée ensuite rue Saint-Jean-de-Beauvais. Le second fit don, pour sa part, de deux cents livres de rente. Tous deux se réservèrent la disposition et l'administration de leur collége, qu'ils destinèrent à recevoir les pauvres écoliers des diocèses de Laon et de Soissons. Par l'imprévoyance des fondateurs, de vives querelles s'élevèrent entre les habitants de ce collège ; ces contestations amenèrent. 

En 1323 la division de cet établissement en collége de Laon et en collége de Soissons ou de Presles : Le collége de Laon occupa les logements de la rue du Clos-Bruneau (Saint-Jean-de-Beauvais),  fut depuis le collège de Lisieux. Le collège de Soissons ou de Presles fut établi sur le terrain qui donnait sur la rue Saint-Hilaire (des Carmes), à la charge d'une redevance de vingt-quatre livres de rente envers l'autre collège.

En 1327, Guy de Laon établit dans le sien un principal, un chapelain et seize boursiers. Douze ans après, en 1339, Gérard de Montaigu, depuis avocat au parlement, légua aux écoliers sa maison appelée l'hôtel du Lion-d'Or, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ils y furent transférés en 1340, et l'on trouve qu'en 1342, Foulques de Chanac permit d'y célébrer l'office divin.

Le collège de la Marche y fut fondé en 1420, par Guillaume de la Marche et par Beuve de Vinville, pour six écoliers, quatre de la Marche et deux de Rosières-aux-Salines de Lorraine. Dans la suite le nombre des boursiers s'éleva jusqu'à vingt et un.

Le collége de Hubant ou de l'Ave-Maria y fut fondé en 1336, par Jean de Hubant, clerc, conseiller du roi, dans une maison qu'il acheta de sa majesté, au mois d'août 1327, moyennant 180 livres, et dans laquelle il établit quatre pauvres étudiants, un principal et un chapelain. Il donna une de ses propriétés rue des Poirées, et fit l'abandon de la troisième partie du produit des dîmes du territoire de Cormilliers. D'après l'acte de fondation, les boursiers devaient être nés au village d'Hubant dans le Nivernais. Cet établissement prit ensuite le nom d'Ave-Maria, parce que le fondateur fit graver sur la porte de ce collège ces deux mots en lettres d'or "Ave-Maria".  

Montmartre (Rue) 

Partie de la rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Ancienne voie du quartier Saint-Eustache, elle prit forme quand Louis VI, vers 1137, créa le Marché des Halles. Elle rejoignait un ancien chemin descendant de la Butte Montmartre et devint l'un des axes majeurs du quartier. Elle était construite entre les rues Rambuteau et Etienne Marcel, vers 1200. Au XIVe siècle, on l'appelait la partie de la rue Montmartre comprise entre l'Eglise Saint-Eustache et la rue d'Aboukir, rue de la Porte Montmartre et, pendant la Révolution, rue Montmarat.  

Origine du nom : Voie conduisant à Montmartre. La première porte de la ville qui chevaucha sur la rue Montmartre n'était qu'à la hauteur du n° 45 d'à présent ; elle tomba vers l'an 1380, et Paris s'étendit jusqu'à l'impasse Saint-Claude (Saint-Sauveur). La porte qu'on jeta bas en 1700 était située près de l'emplacement de la galerie qui communique au passage des Panoramas. 

Montmorency (Rue de) 

Rue se trouvant dans le troisième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin commençait à la rue Saint-Martin et finit à celle du Temple. Cette rue se bornait ci-devant à la rue Transnonain, et sa prolongation s'appelait Cour-au-Vïllainet par corruption Court-au-Villain mais à la requête des habitants, le roi rendit un arrêt en son conseil, au mois de mars 1768, par lequel il supprima le nom de Cour-au-Vilainet ordonna qu'elle serait appelée de Montmorency dans toute son étendue. On la nommait anciennement rue au seigneur de Montmorency, parce que son hôtel y était situé. C'est sous ce nom qu'elle est indiquée dans les censiers de Saint-Martin-des-Champs du quatorzième siècle. Sauval dit qu'elle était habitée dès 1297.

Au numéro 51 se trouve l'une des plus anciennes maisons de la capitale, construite en 1407 pour l'écrivain juré de l'université de Paris, Nicolas Flamel. Il y logeait gratuitement de pauvres errants avec le fruit des loyers des boutiques au rez-de-chaussée. Les piliers portent les initiales de l'alchimiste et sur les bas-reliefs dégagés lors d'une restauration de 1929, mais aujourd'hui très effacés, on peut lire la devise de Flamel : Ora et labora ("Prie et travaille").

Montorgueil (Rue) 

Partie de la rue se trouvant dans le premier arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Denis faisait la continuation de la rue Comtesse-d'Artois, et aboutissait à celle des Petits-Carreaux. On ignore l'étymologie du nom de cette rue, qu'on désignait, dès le treizième siècle , sous celui de vieux Montix Superbi, une autre origine viendrait du nom du mont Orgueilleux, auquel elle conduisait. Le sommet de cette petite colline est actuellement occupé par la rue Beauregard. Dans le manuscrit de Sainte-Geneviève (1450) on la trouve sous le nom de rue Mont-roqueil, ce qui semble être une erreur du copiste. 

Montorgueil (Rue) 

Partie de la rue se trouvant entre les premier et deuxième arrondissements. La rue porte depuis le XIIIe siècle le nom du mont Orgueilleux, auquel elle conduisait. Le sommet de cette petite colline est actuellement occupé par la rue Beauregard. Dans le manuscrit de Sainte-Geneviève (1450) on la trouve sous le nom de rue Mont-roqueil, ce qui semble être une erreur du copiste, elle est présente sur les plans de Paris en 1760 et 1771 et en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris, sous le nom de rue Mont-roqueil.

Mont-Saint-Hilaire (Rue du)

Ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont qui allait de la rue Saint-Jean-de-Beauvais à la rue des Carmes, n'était d'abord appelée que le clos Bruneau, à cause du clos de ce nom sur lequel elle avait été ouverte ; mais dès le XIII° siècle on la nomma rue du Mont-Saint-Hilaire, parce qu'elle conduisait à cette église. On l'appelait aussi rue du Puits-Certain

Mortellerie (Rue de la) 

Ancienne voie du quartier de la Grève. La partie de cette rue qui était dans ce quartier commençait à la Grève et finissait au coin de la rue Geoffroi-l'Asnier ; la partie qui se trouvait dans le quartier Saint-Paul allait du coin de la rue Geoffroi-l'Asnier et finissait au carrefour de l'hôtel de Sens. Il y a plusieurs opinions relativement à l'étymologie de son nom. Quelques uns ont cru qu'elle l'avait pris des meurtres qu'on y commettait autrefois. Sauval prétend qu'elle le doit à Pierre et à Richard Le Mortelier, qui y demeuraient en 1348, qu'on la nomma à cause d'eux Mortelière, ensuite de la Morteillerie, et enfin de la Mortellerie. Jaillot pense que ce nom vient des Morteliers, espèce d'ouvriers qui emploient la chaux et le plâtre, et dont il est parlé dans les règlements de la marchandise. Quoi qu'il en soit, si cette rue doit son nom à une famille des Mortelier, elle le portait longtemps avant l'époque que Sauval lui assigne : car elle est nommée rue de la Mortellerie dans un acte de 1212, et Mortelleria dans un autre de 1264, ainsi que dans des lettres de Simon, évêque de Paris en 1289. Guillot et le rôle de 1313 l'appellent aussi la Mortellerie, et il ne paraît pas que ce nom ait varié. Elle est présente en l'an 1450 dans le second quartier de Paris, ainsi que sur les plans de Paris en 1760 et 1771. Elle a porté antérieurement le nom de rue de la Foulerie.

Moussy (Rue de)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoie traversait de la rue de la Verrerie dans celle de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. A la fin du treizième siècle elle était connue sous le nom du Franc-Mourier, Morier et Meurier ; elle est ainsi désignée sur tous les anciens plans. Corrozet ne l'appelle que ruelle descendant à la Verrerie. Les papiers censiers de l'archevêché prouvent qu'elle portait le nom de Moussi dès 1644, quoiqu'on trouve quelques actes postérieurs qui lui conservent son premier nom.

Moutier (Rue du)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont portait en 1248 le nom de rue du Moutier, c'est-à-dire rue du Monastère, à cause de son voisinage de l'abbaye Sainte-Geneviève ; on la nomma aussi par cette raison en 1267 ruelle et ruellette Sainte-Geneviève.

Mouton (Rue du) 

Cette ancienne voie du quartier de la Grève aboutissait à la rue de la Tisseranderie et à la place de Grève. Son nom est dû à l'enseigne d'une maison qui probablement le devait elle-même au propriétaire : car au treizième siècle Jean Mouton en possédait deux en cet endroit. Cette maison est appelée domus de ariete, et domus arietis dans le cartulaire de Saint-Maur de 1263.

 Mûrier (Rue du)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont est désignée dans un acte de 1335 sous le nom de rue du Mûrier, dite des Poules.

Murs (Rue des)

 

Un des côtés de cette voie publique, bordait les murs de l'enceinte de Philippe-Auguste ; elle porta, en raison de cette situation, le nom de rue des murs. Le collège d'Arras s'y étant établi en 1332, cette voie en prit le nom de rue d'Arras. En 1515, on l'appelait indifféremment rue d'Arrasdu Puits et du Champs-Gaillard ; ce dernier nom lui avait été donné parce qu'elle servait de réunion aux femmes débauchées. 

 

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris  

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 01/08/2012

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