Histoire des rues de Paris durant la période médiévale

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Détail d'une toile du peintre Marc Peltzer

Dans cette rubrique, je vous propose de faire l'inventaire et découvrir l'histoire, l'origine et les anectodes des rues de Paris existantes ou disparues de l'époque médiévale.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Bacon ou Col de Bacon (Rue)b-1.jpg

Ancienne voie du quartier du Louvre, cette rue se nommait Chardeporc, elle était fermée des Culs-de-sac de Courbaton et de Sourdis, laquelle aboutissait dans la rue de l'Arbre-Sec et sur le Fossé. Adam Chardeporc avait plusieurs maisons sur le Fossé-Saint-Germain en 1251, et comme on l'appellait anciennement un porc bacon, et bacon quand il était salé, on donna à cette rue le nom de rue de Bacon. Elle le portait en 1340. On voit cependant qu'en 1313, elle s'appellait rue du Col de Bacon, vraisemblablement d'une enseigne. On altéra, ou plutôt on changea ce nom en celui de Cop ou Coup de Bâton, que l'on trouve dans la liste de 1450. On dit ensuite de Court-Bâton ; c'était la maison du coin de cette rue et de celle des Fossés que l'on appellait ainsi, qui lui fit donner ce nom.

Baillehoue (Rue) 

La rue Baille Hoë, rue Bailleheu, Bay le Hoeu ou Baillehoe, est devenue la rue Brisemiche, quartier Saint-Merri. Avant de devenir la rue Brisemiche elle porte les noms de rue de la Bouclerie ou de la Petite Bouclerie et de rue de la Baudroierie ou de la Baudrerie. Elle est citée dans le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom de Baillehoe, elle est aussi présente sur la liste de l'abbé Lebeuf en 1450.

Cette voie est citée en juin 1229 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Merry : "Composition faite entre l'abbé d'Hermières et les chanoines de Saint-Merry, au sujet d'une rente perçue sur des maisons de la rue Baillehoue".

Elle est citée en juin 1230 sur un acte d'un cartulaire du prieuré Saint-Merry : "Sentence de Giraud, doyen de Paris, par laquelle il condamne les chanoines de Saint-Merry à rendre à « Sanctissima Mulier » et à sa fille une maison sise dans la rue Baillehoue, à charge toutefois pour ces dernières de payer 4 sous parisis, et sans préjudice du cens annuel qu'elles devront aux chanoines pour la susdite maison".

En 1367, cette voie apparaît sur une ordonnance d’Hugues Aubriot, prévôt de Paris, obligeant les femmes publiques d'aller demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis, sous peine d'emprisonnement au Châtelet suivi du bannissement de la ville de Paris.

Baillet (Rue)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Ancienne voie du quartier du Louvre, elle donnait d'un côté, dans la rue de l'Arbre-Sec et de l'autre, dans la rue de la Monnaie (Monnoie). Elle s'est dénommée successivement rue Dame Gloriette (1297), rue Gloriette (1300). Vers 1350, elle prit le nom de Baillet, parce que Jean Baillet, trésorier du Dauphin (depuis Charles V), y avait une propriété.

Bailleul (Rue)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Ancienne voie du quartier du Louvre, elle donnait d'un côté, dans la rue de l'Arbre-Sec et de l'autre, dans la rue des PouliesLa rue Bailleul pourrait être d’origine royale. Elle porta le nom de rue d'Averon ou d'Avron en 1271, 1300 et 1313.

On dit pourtant que le parrain de cette rue fut Robert Bailleul, clerc des comptes, qui habitait une maison ayant un revers Rue des Poulies, qui pouvait être, en 1423, le n° 2 actuel.

Ballets (Rue des)

Ancienne voie du quartier Saint-Antoine. Sauval a pensé que la famille des Baillet avait pu donner son nom à cette rue, et que le peuple l'aura corrompu en l'appelant rue des Ballets au lieu de rue des Baillets ; mais il n'en donne aucune preuve. Guillot (1300) et le rôle de 1313 n'en parlent point. La liste du quinzième siècle et le censier de l'archevêché de 1495 en font mention sous le nom de rue des Ballays ; et celui de Saint-Eloi, en 1613, énonce une maison au coin de la rue des Ballays, acquise par la ville, pour agrandir cette rue. Cette orthographe détruit l'étymologie que Sauval en a donnée.

Barbette (Rue)

Cette ancienne voie est connue depuis 1234. On l'appela rue Vieille-du-Temple, rue des Francs-Bourgeois, rue des Trois-Pavillon. 

C’est une des rues pour lesquelles on a le plus de pièces et de mentions. – Il y avait deux rues de ce nom de Barbette. L’une, dite plus tard Vieille, ou Grande, est une partie de la rue Vieille-du-Temple actuelle,commençant à la courtille Barbette, faubourg de la ville, et finissant à la porte ou poterne Barbette de l’enceinte de Philippe-Auguste. L’autre rue, dite Neuve, ou simplement Barbette, était perpendiculaire à la précédente et aboutissait à la rue des Trois-Pavillons ; elle était donc fort courte. On verra plus loin à quelle occasion elle fut percée et pourquoi l’ancienne rue se trouva fondue dans la rue Vieille-du-Temple 

La rue Barbette devait son nom – et c’est une raison semblable qui a fixé le nom de la plupart de ces rues des XII° et XIII° siècles – à ce fait que l’hôtel d’Etienne Barbette s’y trouvait [1234 (S 5072, poterne Estienne Barbette), 1252-54 (MM 128, registre de cens et rentes) et depuis].

L'hôtel Barbette, qui a donné son nom à cette voie publique, tirait sa dénomination d'Etienne Barbette, maître des monnaies en 1298. Le roi Philippe-le-Bel, conseillé, dit-on, par ce financier, altéra trois fois les monnaies. Le peuple, pour en tirer vengeance, se porta en foule à l'hôtel Barbette, brûla, détruisit cette maison de plaisance, et arracha tous les arbres du jardin. Le roi, pendant cette émeute, s'était réfugié au Temple avec ses barons ; une partie des insurgés vint l'y assiéger en proférant ces cris : A bas Philippe-le-Bel ; à bas le faux monnayeur !... - La sédition s'étant calmée, le roi fit pendre vingt-huit prisonniers aux quatre entrées de Paris. - Cet hôtel appartint, en 1403, à Jean de Montagu, souverain maître d'hôtel du roi et vidame de Laonois, qui le vendit cette même année à la reine Isabeau de Bavière, femme de Charles VI. - C'est là, dit Sauval, qu'en 1407 elle accoucha d'un enfant mort-né. En sortant de cet hôtel le 23 novembre 1407, le duc d'Orléans fut assassiné à la porte Barbette.  

Barillerie (Rue de la)

Ancienne voie du quartier de la Cité. Elle commençait à la descente du Pont-Saint-Michel, du côté du Palais, et finissait à la rue Saint-Barthelemi

La première partie de cette rue voisine du pont au Change, portait anciennement la dénomination de rue Saint-Barthélemy, parce que l'église paroissiale et royale de ce nom y était située. La deuxième partie, depuis la rue de la Calandre jusqu'au pont Saint-Michel, était appelée, dès l'an 1280, Barilleria. Le poète Guillot, à la même époque, la nomme la Grand'Bariszerie. Cette qualification de grande, lui a été donnée sans doute pour la distinguée d'une ruelle de la Barillerie qui lui était parallèle, et qui allait de la rue de la Calandre à la rivière. Cette même partie se nommait, en 1398, rue du Pont-Saint-Michel. Quelques auteurs prétendent que le nom de Barillerie lui fut donné parce qu'elle était habitée par des marchands de tonneaux et de barriques. 

Barillerie (Rue de la)

Ancienne voie du quartier Saint-Eustache. Ancien nom de la rue Traînée, comme on peut le voir dans des titres des années 1476, 1489 et 1530.

Barnabites (Passage des)

Cette ancien voie du quartier de la Cité, commençait à la place du Palais-de-Justice et se terminait à la rue de la Calandre.

Ce passage doit son nom au couvent des Barnabites qui y était situé. Saint-Éloi, orfèvre, obtint de Dagobert une maison assez vaste, située en face du Palais. Il établit dans sa propriété une communauté de filles, sous l'invocation de Saint-Martial ; évêque de Limoges. L'espace s'étant trouvé trop étroit pour contenir le grand nombre de prosélytes qu'attirait la célébrité de cette maison religieuse, le pieux orfèvre eut recours à la bonté du roi, qui lui donna tout le terrain circonscrit ensuite par les rues de la Barillerie, de la Calandre, aux Fêves et de la Vieille-Draperie. Cet emplacement fut désigné bientôt dans tous les titres sous le nom de ceinture Saint-Éloi. Ce monastère qui garda longtemps le nom de Saint-Martial, prit ensuite le nom de son fondateur.

Au commencement du XII° siècle, de graves désordres eurent lieu dans ce monastère ; l'évêque de Paris fut obligé d'employer la rigueur pour arrêter le scandale. Les religieuses furent dispersées en divers monastères éloignés. L'abbaye fut donnée à Thibaud, abbé de Saint-Pierre-des-Fossés, sous la condition d'y mettre un prieur et douze religieux de son Ordre. Ces changements eurent lieu en 1107. Cet abbé la remit dix-huit ans après entre les mains de l'évêque de Paris, Etienne de Senlis, qui la garda neuf ans. Dans cet intervalle, l'église qui était d'une grande étendue, et qui tombait en ruine, fut coupée par une rue qui porta le nom de Saint-Éloi. Le chevet forma une église nouvelle sous le vocable de l'ancien patron Saint-Martial, et de la nef on fit une seconde église sur une partie de laquelle fut bâtie plus tard celle des Barnabites. En 1134, l'évêque donna de nouveau ce monastère aux religieux de Saint-Pierre. Jusqu'en 1530, ces moines occupèrent cette communauté.

Barre-du-Bec (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye commençait à la rue de la Verrerie, et aboutissait à celle de Saint-Avoye, au coin des rues Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et Neuve-Saint-Merri.

En 1300, Guillot l’appelle rue de l'Abbaye-du-Bec-Hellouin. Sauval a hésité sur l’orthographe du nom de cette rue et sur son étymologie ; il vient, dit-il, ou d'une maison appelée, en 1273, Domus de Barra, ou d'une autre qui, au milieu du XVI° siècle, se nommait l'hôtel de la Barre-du-Bec, ou enfin de l'hôtel de l'Abbé-de-Notre-Dame-du-Bec-Hellouin en Normandie. On ne voit pas trop la raison de cette hésitation, car il cite l'accord passé entre Philippe-le-Hardi et le chapitre de Saint-Merri, en 1273, lequel ne laisse à ce sujet aucune incertitude : cet acte fait mention de la maison de la Barre, qui avait appartenu à Simon de Paris, et qui était alors en possession de l'abbé du Bec. Il parait donc certain que c'est du séjour que les abbés du Bec y ont fait qu'elle a pris son nom. A l'égard de celui de la Barre, on peut également en rapporter l'origine à cette maison, qui était le siège de la justice que l'abbaye du Bec possédait en ce quartier. Ce nom, ainsi que celui de barreau, vient d'une barre de fer ou d'une barrière de bois qui séparait le lieu où se tenaient les plaideurs de celui qui était réservé aux juges, et c'était à cette barrière que se plaçaient ceux-ci por recevoir les mémoires et les requêtes qu'on avait à leur présenter. Le chapitre de Saint-Merri avait une semblable barre, qu'on nommait les barres de Saint-Merri

Barres (Rue des) 

Cette ancienne voie du quartier de la Grêve débutait d'un côté, à la rue Saint-Antoine pour finir au quai de Gréve. 

En 1250, on l'appelait la ruelle aux Moulins des Barres, en raison des moulins situés sur la rivière à l'endroit qu'on appelait les Barres.

En 1293, on l'appelait ruelle des Moulins du Temple, parce que ces moulins appartenaient aux Templiers.

En 1362, on lui donne, dans un titre passé sous le règne de Charles V, la dénomination de rue qui va de la Seine à la porte Baudets.

En 1386, on la nommait la rue du Chevet-Saint-Gervais, et parfois rue des BarresCependant l'Hôtel des Barres qui lui a donné son nom, était bâti longtemps auparavant, c'est-à-dire, dès l'an 1269. Cet Hôtel était en partie dans la rue des Barres, et en partie dans celle de la Mortellerie. En vis-à-vis de l'Hôtel se trouvaient des moulins qui en 1293 appartenaient aux Templiers. La partie située du côté la rue de Saint-Antoine était confondue avec celle du Pourtour, alors appelée rue du Cimetière-Saint-GervaisL'Abbé et les Moines de Saint-Maur l'achetèrent vers l'an 1302, il deviendra par la suite l'Hôtel de Charni. 

  • Un des plus anciens domaines de la Censive du Temple. C’est aux Barres qu’eut lieu une des premières donations que nous connaissions, celle d’une maison « de Froger l’asnier », avec toute sa justice, faite en 1152 par le comte Mathieu de Beaumont (orig. K 23t, 162). La plupart des pièces que nous avons sur ces rues et sur l’église Saint-Gervais sont du 13ème s., mais les autres vont jusqu’à la dernière époque.
  • Les templiers possédaient « une grange, aux Barres », en 1252 (MM 128, premier registre censier) ; on en voit mention dès 1233, « granchia Templi de Barris, in censiva Templi » (S 5075). C’est peut-être une dépendance ou l’origine même de ce grand bâtiment qu’on appelait le Vieux Temple, ou le Petit, comptoir de l’Ordre pour les arrivages par la rivière. Placé au « chevet Saint-Gervais », il fut toujours considéré comme une dépendance immédiate du prieuré et de l’Enclos, par exemple après le rachat des rentes foncières de la censive au XVI° siècle. (Censive du Temple, appendice à la thèse de Henri de Curzon « La Maison du Temple de Paris », publiée à Paris en 1888). 

Basfour (Passage)

Passage se trouvant dans le deuxième arrondissement. Cette ancienne voie commençait au passage Saint-Denis et finissait à la rue Saint-Denis, quartier de la porte Saint-Denis.

Au milieu du XIV° siècle, on le nommait ruelle sans chef aboutissant à la Trinité. Vers la fin du même siècle, on commença à lui donner le nom de Basfour, en raison d'un four situé dans ce passage.

Basfroi (Rue de)

Ancienne voie du quartier Saint-Antoine. Le plus ancien titre qui fasse mention de cette rue, est un bail à cens du 15 novembre 1393, d'un arpent et demi et sept perches de vignes au lieu dit Baffer, sur le chemin Saint-Antoine. Les déclarations passées au terrier du roi en 1540 énoncent le terroir de Basfert, Baffert ou Baffroi ; et dans un ancien compte on lit : Le chantier du Grand-Basfroi et celui de Popincourt, dit le Petit-Basfroi.

Bastille (Place de la) 

Etienne Marcel prévôt des marchands, avait fait bâtir une porte fortifiée qui défendait la rue Saint-Antoine. Cette porte était flanquée d'une bastille ou petit bastion. Charles V, voulant préserver son hôtel de Saint-Paul d'une attaque subite, ordonna de reconstruire ces fortifications sur un plan beaucoup plus vaste. 

Hugues Aubriot prévôt de Paris, en posa la première pierre le 22 avril 1370.

Cette forteresse n'avait, dans l'origine, que deux tours; on en ajouta bientôt deux autres. Vers l'année 1383, Charles VI en fit bâtir quatre nouvelles, les réunit par de gros murs et les entoura d'un, fosse. Sous Henri II, en 1553, on éleva de nouvelles fortifitions qui furent achevées en 1559. Ces travaux consistaient en une courtine flanquée de bastions, bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires furent taxés pour cette dépense ..depuis 4 livres jusqu'à 24, suivant le produit qu'ils tiraient de la location de leurs maisons. 

Au mois d'août 1418, les Bourguignons assiégèrent la Bastille pour s'emparer des Armagnacs qui s'y étaient réfugiés; les portes furent brisées. On voulut transférer les prisonniers au Grand-Châtelet; l'escorte fut attaquée, et le peuple massacra les malheureux Armagnacs.

Cette bastille, qui avait été construite pour mettre la capitale à l'abri des attaques des Bourguignons et des Anglais, servit de prison d'État lorsque la crainte de ces agressions n'exista plus. De grands noms se rattachent à l'histoire de cette forteresse. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connétable de France sous Louis XI, fut mis à la Bastille, le 27 novembre 1475, pour crime de lèse-majesté. Il eut la tète tranchée en place de Grève, le 19 décembre de la même année. 

Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, y fut également emprisonné pour crime de haute-trahison. Il fut décapité aux halles, le 4 août 1477.

La cruauté du roi Louis XI se montra ingénieuse dans la punition qu'infligea ce prince à Guillaume de Harancourt, évêque de Verdun. On lit dans les Comptes et ordinaires de la prévôté de Paris :

«Pour  avoir fait de neuf une grande cage de bois de  grosses solives, membrures et sablières, contenant neuf pieds de long sur huit pieds de lé (large), et de hauteur sept pieds entre deux planchers lissée et  boujonnée à gros boujons de fer, laquelle a été assise entre une chambre, étant en l'une des tours de la Bastille Saint-Antoine, à Paris, par devers la  porte dudit Saint-Antoine, en laquelle cage est mis et détenu prisonnier, par le commandement du roi, notre dit seigneur l'évesque de Verdun. Fut employé à la dite cage, quatre-vingt-seize solives de couche et cinquante-deux solives debout, dix sablières à trois toises de long, et furent occupés dix-neuf charpentiers pour équarrir, ouvrer et taillee tout le dit bois en la cour de la Bastille pendant vingt jours. Il y avoit à cette cage deux cent vingt gros boujons de fer, les uns de,neuf pieds de long, les autres de huit, et les autres moyens, avec les rouelles, les pommelles et contrebandes servants aux dits boujons, pesant, tout le dit fer, 3,735 livres,. outre huit grosses équières de fer servant à attacher ladite cage, avec les crampons.et doux pesants ensemble 218 livres de fer, sans compter le fer des treillis des fenestres de la chambre  elle fut posée, des barres de fer de la porte de la chambre et autres choses, revient à 317 livres 5 sols 7 deniers. Et fut payé, outrecela, à un maçon, pour le plancher de la chambre  était, la. cage, 27 livres 14 sols parisis, parce que'le plancher n'eût pu porter cette cage à cause de sa pesanteur, et pour faire des trous pour poser les grilles des fenestres et à un menuisier la somme de 20 livres 2 sols parisis pour portes, fenestrès, couche, selle percée, et aulres choses; plus 46 sols 8 deniers parisis à un vitrier pour les vitres de ladite chambre. Ainsi monte la dépense, tant de la chambre que de la cage, à la somme de 367 livres 8 sols 3 deniers parisis, etc.. » Sauval, tome 3, page 428. 

Comme on l'indique, les prisons de la Bastille ne restèrent pas dégarnies sous ce règne Louis XI enfonçait aussi bien ses griffes de fer dans les camails soyeux des évêques que dans les manteaux dorés des ducs et pairs. Si quelque imprudent avait un instant rêvé un joyau de sa couronne, Louis XI le devinait fut-il l'allié, le frère ou l'ami du roi, l'étreinte était cruelle, l'imprudent ne bougeait plus. 

Batave (Cour)

Elle était située rue Saint-Denis dans le quartier des Lombards. Elle a été ouverte sur remplacement de l'église et dépendances de la confrérie du Saint-Sépulcre, dont nous traçons ici l'origine. Quelques fidèles, de retour d'un pèlerinage à Jérusalem, se formèrent en confrérie au commencement du XIV° siècle. Louis de Bourbon, comte de la Marche et de Clermont, leur donna 200 livres pàrisis au mois de janvier 1325. Le derniers jour d'octobre de la même année, ils achetèrent dans la rue Saint-Denis, de Jean Chaumont, de Garmont de Saint-Quentin et de Jean ne-la-M aupeti te, l'emplacement nécessaire pour bâtir une église. La première pierre de cet édifice fut posée le 18 mai 1326, par l'archevêque d'Auch, assisté des évêques d'Amiens, d'Autun, de Tréguier et de Mende. Cette cérémonie eut lieu en présence de Louis de Bourbon, de Clémence, reine de France, d'Isabelle, reine d'Angleterre, et de Blanche de Bretagne, veuve de Philippe d'Artois. Cette confrérie, autorisée en 1329 par lettres du roi Philippe VI, lutta longtemps avec le chapitre de Saint-Merri et celui de Notre-Dame. L'église, dédiée en 1526, ne fut entièrement terminée qu'en 1655. 

Battoir-Saint-André (Rue du)

Cette ancienne voie du quartier de l'École-de-Médecine, commençait à la rue Hautefeuille et finissait à la rue de l'Éperon. Guillot, dans le Dit des rues de Paris de 1300, la nomme rue de la Plâtrière. Dans plusieurs titres de l'abbaye de Saint-Germain-des-Près, et notamment dans un terrier de 1523, elle est désignée sous le nom de Haute-Rue, dite du Battouer, autrement la Vieille-Plâtrière. Dans les lettres d'amortissement de l'hôtel des religieux de Vendôme, elle est indiquée sous la même dénomination de vicus altus. Le nom de rue du Battoir, qui lui fut donné peu de temps après, lui vient d'une enseigne. 

Baudoyer (Place) ... La place où un dauphin est tué par un cochon

Place se trouvant dans le quatrième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier de l'hôtel-de-Ville, commençait aux rues du Pourtour et de la Tixéranderie (Tisseranderie) et finissait aux rues des Barres et Saint-Antoine.

Cette place doit son nom à la première porte Baudoyer qui était située dans la rue Saint-Antoine, entre les rues Geoffroy-Lasnier et de Jouy. Une seconde porte du même nom fut construite sous Philippe-Auguste, entre la maison professe des Jésuites et la rue Culture-Sainte-Catherine. L'abbé Lebœuf pense que la porte Baùdoyer tire sa dénomination de Baudacharius (défenseur de Paris), officier ou magistrat dont les fonctions étaient très importantes et dont le nom se trouve inscrit dans le testament ; d'une dame Hermentrude, de 
l'an 700. Ainsi, de Baudacharius on a fait, par contraction, Baudarius, Baudaire, Baudaier ; de ce dernier nom. est venu Baudoyer, qu'on lit dans une charte de Charles V, en 1336.

"Le 13 octobre 1131, le dauphin Philippe, fils de Louis VI le Gros, pénètre dans Parismort-de-philippe-de-france.jpg par la place Baudoyer (à l'emplacement de l'actuelle place du même nom, devant la mairie du 4e arrondissement). A 15 ans, le jeune prince a déjà été sacré à Reims par la volonté de son père, qui l'associe au pouvoir. Soudain, le cheval du jeune souverain est effrayé par un troupeau de pourceaux qui divague. A cette époque, Paris n'est encore qu'une ville de chaumière et de boue. Philippe tombe et se fracasse le crâne. Mort, le dauphin !". 

Le lieu exact du drame est difficile à définir, car, au fil des siècles, l'emplacement de la place a bougé. Mais il faut sans doute le voir à l'intersection de la rue François-Miron et de la rue des Barres, qui descend vers la Seine. Douze jours seulement après la tragédie, le roi Louis VI fait déjà sacrer son deuxième fils, Louis, 11 ans, à Reims. Il régnera à son tour et sa postérité comprendra Philippe Auguste, Saint Louis, Henri IV, Louis XIV, jusqu'à Louis XVI... Tous doivent donc leur existence et leur règne... aux caprices d'un porc !

Tout ce qui est raconté ici est très exact d'un point de vue factuel. (Voir par exemple l'ouvrage d'Yves SASSIER, Louis VII, Fayard, 1991, page 15). De même la place Baudoyer était bien une des entrées de Paris.

Baudroirie (Impasse de la)

Cette impasse du quartier Sainte-Avoye, était située dans la rue de la Corroierie.

Elle qui était connue dès l'année 1300, a pris sa dénomination des corroyeurs qui vinrent l'habiter. En effet, le nom de Baudroyers était donné aux marchands ou apprêteurs de cuirs. 

Beaubourg (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin aboutissait dans la rue Simon-le-Franc et la rue Grenier-Saint-Lazare. Son nom lui vient de quelques maisons qui furent bâties en cet endroit vers la fin du XI° siècle, ou au commencement du suivant. Elles formèrent un territoire auquel on donna le nom de Beaubourg, in Pulchro Burgo. Il comprenait l'espace qui fut renfermé entre les rues Maubué, Grenier-Saint-Lazare, Saint-Martin, Sainte-Avoie ; ce qui durait encore dans le XIV° siècle, temps auquel toute cette étendue n'était désignée que sous le nom général de Biau-Bourc, qu'on a donné privativement depuis à la rue qui traverse cet espace du nord au sud.

Cette rue fut depuis coupée en deux par le mur de l'enceinte ordonnée par PhilippeAuguste. On ouvrit en et endroit une fausse porte ou poterne désignée dans tous les anciens titres sous le nom de Nicolas Huidelon, et quelquefois, mais mal à propos, Huidron et Hydron. On trouve aussi que, depuis cette porte jusqu'à la rue Transnonain, la rue Beaubourg s'appelait rue outre la poterne Nicolas Hydron ; mais la partie en-deçà de cette porte n'a jamais été nommée cul-de-sac le Grand, comme le prétendent Sauval et l'auteur des Tablettes parisiennes. En effet, cette partie de rue ne pouvait nullement être regardée comme un cul-de-sac, angiportus ; ce mot signifie une ruelle qui n'a pas d'issue ; or la rue Beaubourg, comme nous venons de le dire, aboutissait à une porte ; elle en avait même reçu le nom de rue de la Poterne et de la Fausse Porte ; et c'est ainsi qu'elle est désignée dans la liste des rues de l'Abbé Lebeuf de 1450. D'ailleurs elle avait des issues dans toutes les rues voisines, dont la plupart existaient déjà à cette époque. 

Beauregard (Rue)

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Cette rue existait au commencement du XVIe siècle et a toujours porté le même nom. 

Origine du nom : Voie située sur une hauteur appelée autrefois Butte aux Gravois.

Beaurepaire (Rue)

Quartier Saint-Denis. Elle donnait d'un bout dans la rue Montorgueil, et de l'autre dans celle des Deux-Portes. Cette rue, qui existait dès 1255, se trouve indiquée dans les cartulaires de l'évêché de cette année, sous le nom de Bellus Locus on la trouve encore dans un acte de 1258 sous celui de Vicus qui dicitur Bellus ReditusDès I'an 1313, cette rue et le terrain sur lequel elle était située avaient changé leur nom latin en celui de Beaurepaire qui signifie également Belle demeure, Belle retraite. Elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris. En 1478 on y voyait une plàtrière qui portait le même nom.

Beausire (Rue Jean-)

Cette ancienne voie du quartier du Marais s'appelait au XIV° siècle rue d'Espagne. Le plan de Boisseau lui donne le nom de rue du Rempart. En 1538 on commençait à la désignée sous la dénomination de Jean-Beausire.

Beauvais (Rue)

Cette ancienne voie du quartier du Louvre commençait à la rue Froid-Manteau et finissait à l'extrémité de la rue Champs-Fleuri. En 1372, on l'appellait rue Beauvoir. Anciennement, elle se prolongeait jusqu'à la rue du Coq. Elle était présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris (rue de Beauvais).

Beauvais (Rue Jean-de)

Ancienne voie du quartier Saint-Jacques qui commençait à la rue des Noyers et finissait aux rues Saint-Hilaire et Saint-Jean-de-Latran, fut ouverte au commencement du XIV° siècle, sur le clos Bruneau dont elle porta d'abord la dénomination. Elle doit son nom de rue Jean-de-Beauvais, selon Jaillot, à Jean-de-Beauvais, libraire, qui demeurait au coin de la rue des Noyers. D'autres auteurs ont pensé que le collège de Dormans-Beauvais qui était situé dans cette rue, lui avait donné sa dénomination. Ce collège fut fondé en 1370, par Jean de Dormans, évêque de Beauvais et chancelier, pour douze boursiers nés dans la paroisse de Dormans en Champagne, ou à leur défaut dans le diocèse de Soissons. Charles V posa la première pierre de leur chapelle qui fut construite aux frais de Miles de Dormans, neveu du fondateur, et dédiée en 1380 sous l'invocation de Saint-Jean-l’Évangéliste. Au commencement du XVI° siècle, ce collège devint public. 

Bec-Oie (Cul-de-sac) 

Cette impasse du quartier Sainte-Avoye située dans la rue Neuve-Saint-Merri, existait à la fin du XIII° siècle. Elle se nommait en 1305 cul-de-sac Bec-Oie, puis celui de la rue Neuve-Saint-Merri et impasse du Bœuf.  

Benoit (Rue du Cimetière-Saint-)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, commençait à la rue Fromentel et finissait à la rue Saint-Jacques. En 1300, c'était la rue de l'Oseraie ; plus tard on la nomma rue Breuneuse, puis rue des Poirées ; enfin, en raison de sa position, le nom de rue du Cimetière-Saint-Benoit.

Bernard (Rue des Fossés-Saint-)

Ancienne voie du quartier Maubert. Elle commençait à la rue Saint-Victor et finissait au quai de la Tournelle. 

Construite sur l'emplacement des fossés creusés sous le règne de Charles V, le long des murs de l'enceinte Philippe-Auguste, et dans le voisinage du couvent des Bernardins, cette voie publique fut nommée rue des Fossés-Saint-Bernard

Bernardins (Rue des)

Ancienne voie du quartier Maubert, elle commençait à la rue Saint-Victor et finissait au quai de la Tournelle.

Cette rue a été ouverte en 1246, sur le clos du Chardonnet. On la retrouve en 1380, la rue Saint-Bernard, via Sancti Bernardi, à cause du Collège des Moines de Citeaux qui était dans cette rue, et que l'on nomme quelquefois Bernardins, du Saint de ce nom qui a tant fait honneur à cet Ordre. A partir de 1427, on la trouve indiquée sous les deux noms de rues des Bernardins et de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Berneult (Rue Jacques-)

Quartier Saint-Eustache. Ancien nom de la rue Pagevin, que l'on à connue aussi depuis 1293 sous celui de rue Breneuse, sans doute par altération de celui de Berneult.  

Bertaut qui dort (Rue) 

Quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Dans des actes du XIIe siècle, elle est désignée sous les noms de rue Erembourgrue Hérambourg la Tréfelière ; Guillot, en 1300 dans le Dit des rues de Paris, l'appelle Sendebours la Tréfilière ; en 1388, c'est la rue Bertaut Qui Dort et, en 1512, la rue de Venise.

Berthaud (Impasse)

Impasse se trouvant dans le troisième arrondissementCette impasse en forme de L prend naissance au n° 22 de la rue Beaubourg et part vers l'est, puis tourne vers le nord. Elle était déjà construite en 1273 dans le quartier Sainte-Avoye. Sa dénomination lui vient d’un nommé Berthaud, qui dirigeait un jeu de paume dans cette impasse.

Berthe (Rue)

Cette ancienne voie du quartier de la Sorbonne n'a aucun acte antérieur à 1350 qui pourrait  constater son existence. C'était autrefois un petit chemin, une descente de la rue de la Huchette à la rivière. Dans un compte cité par Sauval, on énonce la rue et le port des Bouticles. En 1366, ce dernier nom était affecté à cette ruelle. A son extrémité se trouvaient des boutiques ou bateaux dans lesquels on conservait du poisson.

Bertin Poirée (Rue)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement, quartier Saint-Germain l'Auxerrois. Ancienne voie du quartier du Louvre qui commençait à la rue Saint-Germain-de-l'Auxerrois et finissait aux rues Thibault-aux-Dez et des Bourdonnais.

Une partie de cette rue portait dès 1240 le nom de Bertin Poirée, d'un bourgeois de cette voie au commencement du XIIIème siècle. La seconde partie était anciennement appelée place Bertin Poirée; elle avait été formée par la démolition d'un îlot de maisons séparant la ruelle des Quenouilles de la rue des Fuseaux. La ruelle des Quenouilles avait porté successivement les noms de rue Simon de Lille (XIV° siècle),rue Jean de Lille ou de rue Sac Epée (XV° siècle), ruelle de la Quenouille et ruelle des Trois Quenouilles (XVI° siècle). La rue des Fuseaux, englobée par la rue Bertin Poirée, portait au XV° siècle le nom de Jean Dumesnil

Elle est citée en 1300 dans le Dit des rues de Paris de Guillot sous le nom de rue Bertin Poree, elle est également présente en l'an 1450 dans le premier quartier de Paris sous le nom de rue Bertin Porée.

Béthisy (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Honoré allait d'un côté, au coin de la rue du Roule et de la Monnaie, et de l'autre, à l'extrémité de la rue des Deux-Boules et des Bourdonnais. Elle se prolongeais jusqu'à la rue de l'Arbre-Sec.

En 1300, la partie située entre cette voie publique et les rues de la Monnaie et du Roule, se nommait rue au Comte de Pontis ; le poète Guillot, dans le Dit des rues de Paris, dit en vieux style : rue au Queus de Pontis. La deuxième partie, à peu près à la même époque, était désignée sous le nom de la Charpenterie. En 1416, ces deux parties réunies avaient la même dénomination de rue de Béthisy. Jacques de Béthisy, avocat au parlement de Paris, y possédait alors un hôtel.

Ces différents noms lui ont été donnés de l'Hôtel que les Comtes de Ponthieu y avaient, ou des charpentiers, qui, pendant un certain temps, y firent leur demeure, ou de Jean de Béthisi, Procureur au parlement en 1410, ou de Jacques Béthisi, Avocat au parlement de Paris en 1416. Elle également présente en l'an 1450, sur la liste de l'abbé Lebeuf, dans le premier quartier de Paris.

Bièvre (Rue de)

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, commençait à la rue des Grands-Degrés et débouchait dans la rue Saint-Victor.

En 1224, elle portait déjà son nom actuel, lié au canal de dérivation creusé vers 1150 pour amener l’eau de la Bièvre dans les jardins de l’abbaye Saint-Victor. Réputée pour être sale, souillée par les tanneurs, équarisseurs, et autres teinturiers, son débit était trop faible. C’est la raison pour laquelle elle a commencé à être couverte à partir de 1868. Dante aurait habité rue de Bièvre vers l’an 1300 et il y aurait entrepris la rédaction de la Divine Comédie.

Billettes (Rue des)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye qui allait de la rue de la Verrerie à la rue de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie n'était au départ qu'un chemin qui traversait les jardins, on la nomma dans les lettres de Philippe-Auguste, du mois de décembre 1299, rue des Jardins, vicus Jardinorum ou de Jardinis. Piganiol se trompe en disant qu'en 1290 on la nommait vieus Hortorum

An XV° siècle, on trouve cette rue indiquée sous le nom de rue du Dieu Bouliz (Bouilli), cette dénomination fut donnée pour rappeler le sacrilège d'un Juif nommé Jonathas, qui, le jour de Pâques, le 2 avril 1290, avait plongée une hostie consacrée dans l'eau bouillante. Le peuple, avait saisi et brûlé Jonathas ; sa maison et son jardin avaient été donnés par Philippe-le-Bel, à un bourgeois de Paris, Réimer Flaming, lequel y avait fait construire une chapelle expiatoire. Cette voie est aujourd'hui une portion de la rue des Archives.

On a cherché et donné différentes étymologies de ce nom ; Sauval insinue qu'il pourrait bien venir d'une espèce de péage qu'on appelait encore de son temps billette, à cause d'un billot de bois qu'on suspendait à la porte de la maison où ce péage devait être acquitté. Pour autoriser cette idée, il pense que, la rue de la Verrerie conduisant à l'ancienne porte Saint-Merri, on payait peut-être le péage dans quelque maison de cette rue, située au coin de celle des Jardins, et que c'est de là que celle-ci en aura reçu le nom de rue des Billettes. Jaillot trouve cette conjecture un peu hasardée :

"Il est vrai, dit-il, qu'on a appelé "billette" une petite enseigne posée aux lieux où on devait payer le péage ; mais la rue de la Verrerie n'était point sur un chemin royal où l'on pût établir un bureau pour la perception d'un pareil droit ; les marchandises qui y étaient sujettes devaient le payer avant que d'entrer dans la ville ; ainsi les droits étaient perçus, de ce côté, à la porte Baudoyer, et de l'autre à celle de Saint-Merri."

Plusieurs autres auteurs ont aussi proposé leurs conjectures, qui ne paraissent pas mieux fondées. Ce qui est le plus vraisemblable, après avoir examiné toutes les discussions qui se sont élevées à ce sujet, c'est que le nom de cette rue est dû aux religieux hospitaliers de la Charité de Notre-Dame qui précédèrent les Carmes dans le couvent situé dans cette rue, et qui étaient connus sous le nom de Billettes dès les premiers temps de leur établissement à Paris. Il n'est pas même hors de vraisemblance que ces hospitaliers, qui, dans leur origine, n'étaient ni tout-à-fait religieux ni tout-à-fait séculiers, portassent des billettes (terme de blason, petite pièce carrée qu'on met dans l'écu pour signifier constance et fermeté) sur leurs habits comme un signe propre à les faire reconnaître, et que ce soit à cette occasion que le peuple leur eût donné ce nom.

Blancs-Manteaux (Rue des)

Cette voie du quartier Sainte-Avoye, allait de la rue Sainte-Avoie à la Vieille rue du Temple. Au treizième siècle elle n'était connue que sous le nom de la Parcheminerie et de la Petite-Parcheminerie. On la trouve ainsi nommée, en 1268, dans les archives du Temple ; mais les religieux qui s'y établirent vers le milieu du même siècle, portant des manteaux blancs, le peuple prit l'habitude de les appeler les Blancs Manteaux, et l'on en donna le nom à la rue ; elle le portait dès 1289.Tous ces noms différents sont rappelés dans des chartes du Trésor du Temple, des années 1440, 1480 et 1492. 

Titres originaux S 5066, 5068, et passim depuis MM 128.

Doit son nom actuel à la confrérie qui s’y établit sous Saint Louis. C’est Joinville qui le raconte (ch. 728) : « Revint une autre manière de freres que l’on appela l’ordre des Blans-Mantiaus ; et requistrent au roy que il lour aidast que il peussent demourer a Paris. Li roys lour acheta une maison et vieilles places entour pour aus herbergier, delez la vieille porte dou Temple de Paris… » (1258). Les Templiers permirent à leurs nouveaux censitaires d’avoir couvent, chapelle et cimetière. Saint Louis fit bâtir l’église en 1263. Mais l’ordre ayant été aboli en 1274 par le second concile de Lyon, avec les autres ordres mendiants inférieurs, on y substitua en 1297 les Guillelmites de Montrouge (bulle de Boniface VIII), et ceux-ci, bien que vêtus de noir, gardèrent l’ancien nom de Blancs-Manteaux. Ils se soumirent en 1618 à la réforme de Saint-Maur, mais en gardant leur nom. L’église et le monastère furent rebâtis en 1685 (Jaillot, XIII).

Avant l’arrivée de ces religieux, la rue portait le nom de Petite-Bretonnerie, ou Parcheminerie. – L’acte qui amortissait et permettait l’installation de l’ordre nouveau (sept. 1268) portait redevance de 5 s. 3 d. parisis de cens, et la justice temporelle intacte (S 5544, 5066). L’amortissement consenti par le Temple fut compensé par une indemnité, accordée par Saint Louis, de 40 s. parisis de rente (S 5066). – La rue avait déjà changé de nom : « rue Petite-Bretonnerie, à présent les Blancs-Manteaux » (1263, S 5066). On peut noter encore un autre nom ancien, employé encore quelquefois au 13ème s. : Champs aux BretonsParcheminerie ou des Parcheminiers resta plus longtemps (1485, S 5065). (MM 1252, 128 et S 5066-1283). (Censive du Temple, appendice à la thèse de Henri de Curzon « La Maison du Temple de Paris », publiée à Paris en 1888).

Bœuf (Impasse du)

Cette impasse du quartier Sainte-Avoye située dans la rue Neuve-Saint-Merri, existait à la fin du XIII° siècle. Elle se nommait en 1305 cul-de-sac Bec-Oie, puis celui de la rue Neuve-Saint-Merri.

Bœufs (Impasse des) 

Cette ancienne impasse du quartier Saint-Jacques était située dans la rue des Sept-Voies. C'était, au XIV° siècle, une voie qui ne portait pas de nom. Au XVI° siècle, on l'appelait rue des Bœufs. Des étables dans lesquelles étaient refermés des bœufs lui avaient donner cette dénomination.

Boisseau (Rue Guérin-)

Rue se trouvant dans le deuxième arrondissement. Ancienne voie du quartier de la Porte-Saint-Denis qui doit son nom à un particulier, commençait à la rue Saint-Martin et finissait à la rue Saint-Denis. Bâtie avant 1250, les actes de cette époque en font mention sous le nom de vicus Guerini Bucelli. Au commencement du siècle suivant, on disait rue Guérin-Boucel, et dès 1345, rue Guérin-Boisseau.

Bon (Rue Saint-)

Rue se trouvant dans le quatrième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier de la Grève commençait à la rue Jean-Pain-Mollet et finissait à la rue de la Verrerie. Elle pris son nom de la chapelle Saint-Bon. Quoique Guillot, dans le Dit des rues de Paris de 1300, n'en fasse pas mention, il est certain qu'elle existait avant cette période. Dans les titres du treizième siècle , elle portait déjà ce nom , vicus sancti Boniti.

 Dans une bulle du pape Innocent II, de l'année 1136, il est fait mention pour la première fois de la chapelle Saint-Bon appartenant à l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. Petite d'une construction très ancienne son sol était plus bas que le pavé des rues et prouvait l'exhaussement progressif de Paris. On y voyait une tour qui avait été probablement construite vers le XIe siècle.

Bons-Enfants (Rue des)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Cette voie du quartier Saint-Eustache, commençait à la rue Saint-Honoré, et aboutissait à la rue Baillis (cette partie a été supprimée par les agrandissements de la Banque de France) et à la rue neuve des Bons-EnfansCette voie doit sa dénomination au collège des Bons Enfants, fondé en 1208, en faveur de treize écoliers pauvres. Au XIIe siècle, cette voie était désignée sous le nom de chemin qui va à Clichy ou chemin de Clichy ; plus tard, on l'appela ruelle par où l'on va au collège des Bons Enfants, et en 1300, rue des Ecoliers (ou Escholiers) Saint-honoré. Il semble que, par les anciens plans de Paris, qu'elle a été longtemps un cul-de-sac, bordé de maisons, d'un côté, et du cimetière Saint-Honoré, de l'autre.

Périnet-le-Clerc ayant livré dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, la porte de Buci aux troupes Bourguignonnes, le connétable Bernard d'Armagnac, chef du parti opposé à Jean-Sans-Peur, se sauva déguisé dans la maison d'un maçon de la rue des Bons-Enfants. Trahi par ce misérable, d'Armagnac fut pris et enfermé à la Conciergerie. Le 12 juin, la populace força cette prison se rua sur le connétable et le perça de 
mille coups; son cadavre, traîné dans les rues de Paris, fut ensuite jeté à la voirie. Telle fut la fin d'un des descendants de Clovis par Charibert, frère de Dagobert. 
Le collége des Bons-Enfants était dans cette rue. En 1208, à l'époque  l'on achevait l'église Saint-Honoré, fondée par Renold Chereins, un bourgeois de Paris, nommé Belot, et Ada, sa femme, résolurent de former un collége à côté de cette église. Ils firent construire en conséquence une maison pour servir à treize pauvres étudiants de Paris, qu'ils confièrent à un chanoine de Saint-Honoré. Ce collège reçut d'abord la dénomination d'pital des pauvres Écoliers ; ce nom indiquait la triste situation de ces élèves qui allaient quêter leur nourriture 
dans les rues de la capitale. La pièce intitulée les Crieries de Paris nous en fournit ainsi la preuve 

« Les bons enfants orrer crier, Du pain nes veuil pas oublier. »

L'établissement des Bons-Enfants acquit peu-à-peu une aisance suffisante, grâce aux libéralités de plusieurs personnes, entre-autres de Jacques-Cœur, l'argentier de Charles VII. Ce collége fut réuni, en 1602, à l'église Saint-Honoré. On voyait près de la maison des Bons- 
Enfants une chapelle qui en dépendait et dont on attribue l'érection à Jacques Cœur. Elle fut d'abord placée sous l'invocation de la Vierge, mais une confrérie qui s'y établit le 29 octobre 1486, choisit Sainte-Claire pour patronne.

Bordet (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, dont il est fait mention dès le XIII° siècle, se nommait aussi rue Bordeille, qu'elle devait à un propriétaire qui y demeurait. C'est actuellement la rue Descartes.

Le collège de Boncourt était situé dans la rue Bordet. Il fut fondé en 1353 par Pierre Becoud, seigneur de Fléchinel, qui donna, avec quelques revenus, la maison qu'il possédait, pour l'entretien et l'enseignement de huit écoliers du diocèse de Thérouenne. Le nom de ce fondateur fut altéré, de Becoud on fit Beaucourt puis Boncourt.

Le collège de Tournay, situé également dans la rue Bordet, était contigu au collège de Boncourt. Fondé en 1353 par un évêque de Tournay qui donna une maison pour cet établissement, ce collège fut réuni plus tard à celui de Navarre.

Boucherie (Rue de la vieille-)

Quartier Saint-André-des-Arcs. Nom que portait en 1272, la rue de la Vieille-BouclerieEn 1367, cette voie apparaît sur une ordonnance d’Hugues Aubriot, prévôt de Paris, obligeant les femmes publiques d'aller demeurer et tenir leurs bordels en places et lieux publics à ce ordonnés et accoutumés, selon l'ordonnance de Saint Louis, sous peine d'emprisonnement au Châtelet suivi du bannissement de la ville de Paris.

Bouclerie (Rue de la Vieille-)

Cette ancienne voie commençait aux rues de la Huchette et Saint-André-des-Arts et finissait aux rues Saint-Séverin et MaconElle était désignée au XIIIe siècle sous les noms de Bouclerie, Vieille-Bouderie, Vieille-Boucherie et de l'Abreuvoir-Macon. En 1439 on l'appelait rue de la Porte-Bouclerière, ou rue Neuve outre la porte Saint-Michel.

Boulier ou Bulier (Rue du)

Quartier Saint-Eustache. Selon Sauval, c'est le nom que portait la rue Bouloi ou Bouloir en 1359.

Bouloi ou Bouloir (Rue du)

Rue se trouvant dans le premier arrondissement. Quartier Saint-Eustache. Elle aboutissait, d'un côté , à la rue des-Petits-Champs ; et de l'autre à la rue Coquillère. Elle s'appellait en 1359 la rue aux Bulliers, dite la cour Bazile, et que, de Bulliers ou Boulliers, le peuple a fait Bouloi ou Bouloir. En effet, dans tous les titres de l'archevêché du quatorzième siècle, elle set désignée sous le nom de rue aux Bouliers et de la cour Basile. Cette cour était située vis-à-vis le cimetière de Saint-Eustache, qui fut vendu au Chancelier Seguier. La maison du Bouloi, qui a donné son nom à cette rue, était située vis-à-vis la douane, et on l'appelait ainsi dès le commencement du seizième siècle.

Bourdonnais (Rue)

Rue se trouvant dans le premier arrondissementPrécédemment, rue de l'Arche Marion, entre le quai de la Mégisserie et la rue Saint-Germain L'auxerrois ; rue Thibault aux Dés, entre les rues Saint-Germain L'auxerrois et de Rivoli ; rue des Bourdonnais, entre les rues de Rivoli et Saint-honoré ; rue Lenoir Saint-honoré, entre les rues Saint-honoré et de la Poterie. L'ancienne rue de l'Arche Marion existait en 1300 ; au début du XIVème siècle, elle portait le nom de rue de l'Abreuvoir Thibaut aux Dés et, plus tard, rue des Jardins puis, ruelle Jean de la Poterne. En 1530, elle devint la rue des Etuves ou des Etuves aux Femmes et, enfin, rue de l'Abreuvoir Marion ou de l'Arche Marion. Elle aurait aussi porté le nom de rue de l'Archet ou de l'Archer. L'ancienne rue Thibault aux Dés existait en 1230, sous le nom de Théobaldi ad Decios. En 1295, rue Théobaldi ad Tados et rue Thibaud aux Dés. Ce nom a été souvent altéré. Au XVème siècle, on l'appelait rue Thibaut Ausdet ou rue Thibault Ausdet, Thibaut Todé, Thibault Oudet, Thiébaud Audet. L'ancienne rue des Bourdonnais était primitivement rue des Bourdonnas (Guillot) ; à la fin du XIIIème siècle, rue Adam Bourdon, rue Guillaume Bourdon et rue Sire Guillaume Bourdon ; au début du XIVème siècle, rue des Bourdonnais.

Au N° 11 : Se trouvait un grande maison bâtie par des grands Seigneurs au 14ème siècle, elle se nommait la grande maison des Carneaux. La tradition dit que Philippe-le-Bel y a demeuré, ce qui est destitué de vraisemblance ; c'est Philippe, Duc de Touraine et ensuite Duc d'Orléans, frère du roi Jean, qui l'acheta le 01 octobre 1363, pour deux mille francs. Elle appartenait en 1398, au preux Gui de la Tremouille, et en 1421 à Jehan de la Tremouille, Seigneur de Jonvelle. Elle devint l'hôtel seigneurial de cette illustre famille. L'hôtel de la Trémouille s'étendait alors le long de la rue Béthisy jusqu'à celle Tirechape (toutes deux disparues).Elle fut détruite en 1841.

Bourg-l'Abbé (Rue du)

Ancienne voie du quartier de la Porte-Saint-Denis, ne pas confondre avec l'actuelle rue du troisième arrondissement. Elle aboutissait d'un côté dans la rue aux Oues (ou aux Ours), et de l'autre dans la rue Greneta.

Il y a plusieurs opinions sur l'étymologie de ce nom. Sauval prétend qu'elle le doit à un particulier nommé Simon du Bourg-l'Abbé ou du Bourlabbé; Jaillot présume qu'elle le doit à un ancien bourg qui existait sous les rois de la seconde race; ce bourg s'étant accru, on y construisit la chapelle de Saint-George, dont nous avons déjà parlé, laquelle prit depuis le nom de Saint-Magloire; et comme elle dépendait de l'abbé de ce monastère, il lui paraît vraisemblable que le bourg voisin , qui s'augmentait tous les jours, en prit le nom de Bourg-l'Abbé.

Le commissaire Delamare a cru que ce nom venait de l'abbé de Saint-Martin-des-Champs, sur la censive duquel ce bourg était, dit-il, en partie situé ; mais il a confondu le Beaubourg, qui était véritablement dans la censive de Saint-Martin-des-Champs, avec le Bourg-l'Abbé, qui a été jusqu'aux derniers temps dans celle de Saint-Magloire. Elle est présente en 1450 sur la liste de l'Abbé Lebeuf.

Cette rue était autrefois affectée à la débauche. A tort ou à raison, ses habitants n'avaient point alors une réputation de chasteté ; leur esprit était aussi l'objet d'un doute. Voici de quelle manière on désigna longtemps à Paris les imbéciles et les libertins : "Ce sont gens de la rue Bourg-l'Abbé ; ils ne demandent qu'amour et simplesse."

Bourg-Thiboud (Rue)

Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye donnait d'un côté dans le marché du Cimetière-Saint-Jean, et de l'autre dans la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. On trouve dans les archives de l'archevêché un contrat de vente du mois de juillet 1220, où elle est appelée rue Bourtibou ; dans un acte de 1280, vicus Burgi Thiboudi. Ce même nom se trouve dans un arrêt de 1300. Guillot écrit rue Bourc-Thibout. Ainsi les autres noms de cette rue, tels que Beautibourg, Bourtibourg, Bourg-Thiébaut ne sont que des altérations de celui-ci. Quoique Sauval prétende que les rues Bourg-l'Abbé, Beau-Bourg, Bourg-Thiboust ne viennent pas du mot "bourg", mais de noms de famille, il paraît cependant plus vraisemblable de l'attribuer à des amas de maisons hors de la ville, qui ont formé peu à peu de petits bourgs, et auxquels on a donné le nom de l'église qui y était située, du signeur ou du particulier le plus remarquable qui y demeurait. Telle est sans doute l'origine des bourgs Saint-Germain, du bourg de l'abbé de Saint-Magloire, du Bourg-Thiboud, etc. 

Boutebrie (Rue)

Rue se trouvant dans le cinquième arrondissement. Cette voie de l'ancien quartier Saint-André-des-Arcs qui était en partie construite dès 1250, aboutissait dans la rue du Foin et la rue de la Parcheminerie. Elle s’appelait en 1284 rue Erembourg de Brie du nom d’un propriétaire local de l’époque. La corruption progressive du nom abouti au fil du temps à l’orthographe Bourg-de-Brie, Bout-de-Brye, Bouttebrie, Boure-de-Brie et Boudebrie. Elle a porté également temporairement le nom de rue des Enlumineurs au XIVe siècle en raison des Enlumineurs-Jurés de l’Université de Paris qui y résidaient alors.

Au n° 8 de la rue, l’immeuble possède un escalier en bois datant du XVIe siècle et classé.

Bouteille (Impasse de la)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Eustache, qui se situait dans la rue Montorgueil, règnait le long des anciens murs de l'enceinte de Philippe-Auguste. Elle existait déjà au XVI° siècle.

Bouticles (Rue et port des)

Nom que l'on donnait en 1366 à la Petite rue des Trois-Chandeliers (dans le quartier Saint-André-des-Arcs), à cause de certains bâteaux dans lesquels on conservait le poisson, et que l'on appelait, des boutiques.

Bouvard (Impasse)

Cette ancienne voie de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont, dans le quartier Saint-Jacques, qui donnait dans la rue Saint-Hilaire, était anciennement un grand sentier qui descendait dans la rue des Noyers à travers le clos Bruneau, désigné, en 1380, sous le nom de la Longue-Allée ; au XV° siècle, ce chemin fut appelé ruelle Josselin, rue Jousseline, enfin cul-de-sac Bouvard, sans doute à cause des bœufs que les bouchers y remisaient comme dans la cour des bœufs.

Braque (Rue de)

Rue se trouvant dans le troisième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Sainte-Avoye allait d'un bout dans la rue Sainte-Avoie ; de l'autre, dans celle du Chaume. On la nommait autrefois la rue des Bouchers et la rue aux Bouchers du Templeà cause d'une boucherie que les Templiers avaient établie en 1182 en cet endroit, comme faisant partie de leur territoire. Elle a pris le nom de Braque, qu'elle porte encore aujourd'hui, d'un Hôpital et d'une Chapelle qu'Arnoul de BraqueBourgeois de Paris, y fit bâtir en 1348, et d'un Hôtel que Nicolas Braque son fils, et Maître d'Hôtel du Roi Charles V, fit construire dans la rue du Chaume. La fortune enrichit tellement ce Nicolas Braque, qu'il donna son nom à une partie de ce Quartiercar, outre l'Hópital de Braque et l'Hótel de Braque, il y avait encore la fontaine de Braque, la porte de Braque et le jeu de paume de Braque qui était dans la rue du Temple. De tous ces lieux , il n'y a que la rue qui en ait retenu le nom. On la nomma aussi rue des Boucheries-de-Braque, rue de Braque, et de la Chapelle-de-Braque. Un Germain de Braque était échevin de la ville de Paris en 1447.

Bretonnerie (Rues de la grande et de la petite)

Ces anciennes voies de la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont partaient parallèlement de la rue Saint-Jacques et se réunissaient derrière quelques maisons qu'elles contournaient. On les trouve mentionnées sous ce nom dès le XVI° siècle. Elles portaient dans le XV° siècle celui de rue aux Bretons.

Brisemiche (Rue)

Rue se trouvant dans le quatrième arrondissement. Cette ancienne voie du quartier Saint-Martin  qui allait, d'un bout, dans la rue neuve-Saint-Merri ; et de l'autre, au cloître, n'a été ouverte qu'au commencement du quinzième siècle. Jusqu'a cette époque, il n'y avait là qu'une seule rue représentée par la rue Taille-Pain. Elle aboutissait à la rue Neuve-Saint-Merri ; était fermée par une porte à chacune de ses extrémités, et s'appellait Baillehoë, nom qui était déjà corrompu et altéré; car on trouve dans les archives de Saint-Merri un acte du 8 octobre 1207, dans lequel on lit très distinctement vicus de Bay-le-Hœu ; et, dans l'énonciation de la censive de Saint-Martin-des-Champs, en 1540, on indique la Fillette Saint Ladre au lieu dit Bailleheu , autrement Chaulmont, ce qui fait conjecturer que ces deux endroits dévoient leur nom à un particulier.

Il y avait dans cette rue un petit cul-de-sac qui fut prolongé et ouvert du côté du cloître. On donna dans le quinzième siècle le nom de Brise-Miche à cette nouvelle rue, et le nom de Baillehoë fut conservé à la partie qui était du côté de la rue de Saint-Merri II fut également affecté à l'entrée de la rue Taille-Pain, comme on peut le voir sur le plan manuscrit de la censive de Saint-Merri, fait en 1512. 

Sauval a conjecturé que le nom de Brise-Miche pouvait venir de quelques-uns des devanciers d'Étienne Brise-Miche, curé de Besons, qui mourut en 1515. Comme il n'appuie cette conjecture sur aucune autorité, nous croyons trouver une étymologie plus vraisemblable, en supposant que les noms Brise -Pain, Tranche-Pain, Taille-Pain et Brise-Miche ont été donnés à cet endroit parce qu'on y faisait la division et la distribution des pains de chapitre, que l'usage était de donner aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri.

De toutes les rues affectées aux femmes publiques, la rue Tire-Boudin et celle-ci , étaient les mieux fournies. En 1387 , le Prévôt de Paris rendit une ordonnance qui chassait ces sortes de femmes de la rue Brisemiche ou Baillehoue, à la requête du Curé de Saint Merri, et attendu l'indécence de leur domicile si près d'une Eglise et d'un Chapitre. Des Bourgeois s'opposèrent à l'exécution de cette ordonnance , et entreprirent de maintenir les femmes publiques dans l'ancienne possession où elles étaient de cette rue. Le Parlements, par Arrêt du 21 Janvier 1388, admit l'opposition des Bourgeois, sauf à prononcer définitivement, le premier lundi de carême, sur les nouvelles raisons des Parties. Quelque temps après, le Curé de Saint Merri trouva le moyen de se venger d'un de ces Bourgeois, en le faisant condamner à faire amende honorable, un Dimanche, à la porte de la Paroisse, pour avoir mangé de la viande un vendredi.

On trouvait dans ce quartier des "femmes folieuses"  qui en furent expulsées en 1425. Certains habitants du quartier pensaient que cette dernière activité était à l'origine du nom de la rue "Brise-miche" faisant allusion à ce qui advenait des "miches" des professionnelles de ce quartier livrées à la clientèle masculine mais en fait c'est une légende qui est fausse... En effet, il semble que la rue porte ce nom en raison d'une boulangerie dans laquelle les moines du chapitre Saint-Merri distribuaient du pain d'où le nom "brisemiche".

La rue a connu une première transformation importante quand les immeubles médiévaux ont été détruits en 1911 dans la partie Sud de la rue. La plupart des immeubles que l'on peut voir dans la partie Est de cette rue sont donc relativement récents.

Bruneau (Rue du Clos-)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, commençait à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et finissait à la rue des Carmes. Elle a été bâtie sur le clos Bruneau. Les Cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248, la nomment rue judas ; on croit qu'elle était autrefois habitée par des juifs.

Bucherie (Rue de la)

Cette ancienne voie du quartier Saint-Jacques, qui était construite à la fin du XII° siècle, commençait à la rue du petit-Pont, et finissait à la rue Pavée. Elle a pris son nom du port aux Bûches où se vendait anciennement du bois à brûler, et que l'on appellait en 1415 le Port-aux-Bûches, ou d'une boucherie qui y aurait été établie.

C'est dans cette rue que la Faculté de Médecine tenait son Ecole, qui y fut établie vers 1472. Anciennement les Professeurs de cette Faculté étaient Clercs, et obligés de garder le célibat. Ils pressèrent tant le Cardinal d'Estauteville , nommé pour la réformation de l'Université, en 1452 , et lui représentèrent, avec des couleurs si vives, les tentations auxquelles ils étaient sans cesse exposés , qu'ils obtinrent la permission de pouvoir se marier.

Buci (Rue de)

Sauval s'est trompé en disant que cette rue portait le nom de Saint-Germain dès 1209 ; elle n'existait point encore à cette époque. On commença seulement à bâtir des maisons dans cette rue en 1351. On n'y comptait que dix maisons en 1388, et on l'indiquait alors sous le nom 
de rue qui tend du pilori à la porte de Buci. Ce pilori, dont cette rue avait pris le nom, était situé au carrefour  elle aboutit. Il parait que ce fut un droit accordé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés par la charte de Philippe-le-Hardi, du mois d'août 1275, d'avoir un pilori en cet endroit. Dès 1523, on la nommait rue de Buci. En 1555, on commença à la paver. Elle tire sa dénomination de Simon de Buci, qui acheta en 1350 la porte Saint-Germain à laquelle il donna également son nom. 

Butte (Rue de la)

Quartier Saint-Germain. Ancien nom de la rue Saint-Guillaume, à cause d'une butte sur laquelle était un moulin en 1368. On donnait aussi le nom de rue des Buttes, à la rue Mazarine, à cause de plusieurs tertres qui s'étaient formés dans ce chemin qui règnait sur le bord du fossé de l'enceinte de Philippe-Auguste.

Bibliographie et sources concernant l’historique médiéval des rues de Paris 

  • Dictionnaire Historique de la ville de Paris et de ses environs. Par M. Hurtaut et Magny
  • Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris. Par J. De la Tynna
  • Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris. Par Jean Lebeuf
  • Paris sous Philippe-le-Bel d’après des documents originaux. Publié par H. Géraud
  • Paris ancen et moderne, d’après ses monuments. Par Jean Lacroix de Marlès
  • Histoire de Paris : Le quartier des halles. Par Camille Piton
  • Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par Henri Sauval
  • Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu’à nos jours. Par J.-B. de Saint-Victor
  • Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Charles Lefeuve, 1875
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Date de dernière mise à jour : 01/08/2012

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